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Charles Abel Georges MONTILLON

[ 3517] MONTILLON Charles, Abel, Georges Missionnaire Sui-fu (Ibin) -------------
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    [ 3517] MONTILLON Charles, Abel, Georges

    Missionnaire

    Sui-fu (Ibin)

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    Charles, Abel, Georges MONTILLON naquit dans une famille bourgeoise non pratiquante, le 12 janvier 1910, à Corbigny, diocèse de Nevers, département de la Nièvre. Il fut incardiné au diocèse d'Orléans. Il fit ses études secondaires à l'Institution Saint François de Sales de Gien (Loiret). Après ses deux bacs, il monta à Paris, obtint ses diplômes d'ingénieur en électricité, entra à la faculté de Droit où obtint le diplôme de la première partie. Vu ses nombreuses qualités naturelles, sa facilité d'assimiler rapidement de nouvelles connaissances, et selon le désir de sa famille, un avenir brillant s'ouvrait devant lui. Son père travaillant à la SNCF lui obtint une place d'employé à la gare de Lyon d'emblée à l'échelle 7. Un cousin éloigné lui réservait une place de choix dans l'administration de l'Assemblée Nationale. Enfin une carrière musicale s'offrait à cet excellent violoniste.

    Alors qu'il était en classe de seconde, un Père des Missions Africaines de Lyon fit une conférence dans son collège. Ce fut pour lui un \coup de foudre". Quand discrètement il fit part aux siens de son projet de devenir prêtre et missionnaire, il y eût levée de boucliers! Malgré tout, en 1928, M.Montillon se présenta à la rue du bac pour avoir des renseignements. Peu au fait du vocabulaire de la maison, quelqu'un, un "barbu" le dirigea vers M. Depierre qui le conduisit à Mgr. de Guébriant qui le confia à M Marie Antime.Lefèvre.

    Après une visite à sa famille où larmes, colère, ironie, moqueries ne lui furent pas épargnées, le 21 octobre 1929, il entra laïque au séminaire des Missions Etrangères à Bièvres, où il alla de surprise en surprise. Des pressions s'exercèrent pour le convaincre de rentrer à la maison. Mais il se roda à la vie de communauté, parcourut le cycle normal des études écclésiastiques, et fut organiste jusqu'à son départ en mission. Tonsuré le 20 décembre 1930, il reçut les premiers ordres mineurs, le 24 juin 1931, et les seconds le 29 juin 1932. Sous-diacre le 23 septembre 1933, diacre le 23 décembre 1933, ordonné prêtre par Mgr.de Guébriant, le 1 juillet 1934, il reçut le soir même sa destination pour le vicariat apostolique de Suifu (Yibin), qu'il partit rejoindre le 16 septembre 1934; il s'embarqua à Marseille, le 21 septembre 1934, sur le "Chenonceaux"

    Le 14 octobre 1934, MM. Perriot-Comte, Caset et Montillon arrivèrent à Chungking. Le 3 décembre 1934, ce dernier, en vers français et latins alternés, exprima à Mgr. Jantzen qui fêtait ses vingt-cinq ans de sacerdoce, ce que chacun sentait et n'aurait su si bien dire. Le dimanche 9 décembre 1934, vers le 7h30 du matin, le vieux "Chou-T'ong" à bord duquel avaient pris passage à Chungking MM. Lebreton et Montillon abordait au port de Sui-fu. Mgr. Renault donna à M. Montillon le nom chinois de "Mong-tee-iong" et un mois après son arrivée, le confia à M.Jouve chef du district de Kian-gan pour l'étude de la langue et sa formation missionnaire.

    En mars 1936, M.Montillon fut nommé à Che-houi-ki (Shihuiqi), près de Fushun, sur le bord du Luho, affluent du fleuve Bleu, à une journée de chaise de M.Jouve et à une petite journée de chez M.Morge. C'était un district de chrétiens de vieille souche. M.Montillon resta dans ce poste jusqu'en janvier 1942. A son travail ordinaire, à la visite des stations, aux soins des écoles et de la Ste Enfance, il ajouta des activités médicales, des constructions, et le professorat. En mars 1937, en accord avec Mgr.Renault, M. Morge, curé de Lan-ki (Nan-ki), lui demanda de prendre en main la construction de l'église de ce centre missionnaire, dédiée à Ste Thérèse de l'Enfant-Jésus, et qui fut bénite en 1938. A Che-houi-ki, M. Montillon subit le passage des communistes, connut les bombardements japonais, l'incendie de la ville voisine de Luxian.

    En janvier 1942, envoyé à Neikiang (Neijiang), grande ville au centre de la route entre Chungking (Chongqing) et Chengtu (Chengdu) il eût à sa charge, pendant ces années de guerre et de famine, dix-sept orphelins. Il donna des concerts, fonda une école de musique et de danse avec des professionnels chinois, composa de la musique. Vite connu et apprécié grâce à ses activités culturelles et à son dispensaire; il noua des relations d'amitié avec le mandarin local. La dernière année, il ouvrit une école de doctrine. Mais les difficultés ne lui manquèrent pas dans le cadre de l'administration des biens de la mission. En ce temps de guerre, Il subit les méfaits des soldats nationalistes, communistes, provinciaux, et les exactions du fisc.

    En avril 1946, Mgr. Boisguérin demanda à M. Montillon de s'installer à Yibin (Suifu), comme "administrateur" chargé de tout le côté matériel de la mission. Grâce à ses leçons d'anglais, et à ses talents de musicien, ce dernier devint l'ami du mandarin de Yibin, et du général commandant la région. Il construisit un nouvel hôpital avec maternité, dispensaire, jardin d'enfants à la "Porte Sud" de la ville. Il organisa au jardin public de Yibin, des spectacles avec danses, sketches, chants, musique.

    En février 1949, peu avant l'arrivée des communistes, M. Montillon partit en congé en France. Arrivé à Hong-Kong le 13 février 1949, il s'envola, le 1 mars 1949, pour Paris où il attérit le 5 mars 1949. Le régime communiste s'installa à Yibin; M. Montillon y fut jugé "en effigie". Peu après en France, il reçut une lettre de là-bas le priant de "revenir pour être jugé plus correctement".

    En France, M. Montillon fut nommé délégué régional aux oeuvres pontificales missionnaires, d'abord à Lyon, puis à Paris. Il travailla en sinologie avec M. le professeur Démiéville. En relation avec l'équipe linguistique des Pères Jésuites de Formose, il mit sa connaissance de la culture chinoise au service du CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) pour la rédaction d'un grand dictionnaire Chinois-Français. La mort a interrompu son travail.

    Rentré à la clinique des Diaconnesses, à Paris, c'est là que M.Montillon rendit son âme à Dieu, le 4 janvier 1991. Ses funérailles furent présidées dans la chapelle des Missions Etrangères, par Mgr. Boisguérin, son ancien évêque de Chine.

    Références biographiques

    AME 1934 p. 187. photo p. 282. CR 1934 p. 233. 1940 p. 133. 1948 p. 28. 31. 1949 p. 41. 1968 p. 57. BME 1934 p. 659. 660. 813. 892. 1935 p. 46. 115. 117. 118. 1936 p. 279. 1937 p. 248. 584. 585. 1938 p. 251. 1940 p. 689. 1949 p. 231. 375. 1956 p. 476. 1959 p. 278. R.MEP n°135 p. 79. ECM 1946 p. 133. 134. Hir n°139 p. 4. - 147 p. 3. - 264. EC1 N° 186. 293. 468. 654. NS. 1P15. 181/60. Zhong n° 21 p4ss. 30p5. 32p15. 34p26ss. 35p8. 36p22. 37p22ss. 38p20ss. 39p2ss. 41p24. 43p02.

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    • Numéro : 3517
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