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Jean Martin MOŸE

[235]. MOŸE, Jean-Martin (Le Ve), naquit le 27 janvier 1730 à Cutting (Lorraine, Meurthe). Il commença ses études chez les Jésuites de Pont-à-Mousson, les continua chez ceux de Strasbourg, et les acheva au séminaire Saint-Simon, à Metz. Après son ordination sacerdotale qui eut lieu le 9 mars 1754, il devint vicaire à Metz, d'abord à Saint-Victor, puis à Saint-Dizier et à Sainte-Croix ; ensuite il exerça le ministère successivement à Dieuze, à Avricourt, à Gondrexanges. En 1767, à la fin d'octobre, il alla diriger pendant une année le séminaire de Saint-Dié.
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    [235]. MOŸE, Jean-Martin (Le Ve), naquit le 27 janvier 1730 à Cutting (Lorraine, Meurthe). Il commença ses études chez les Jésuites de Pont-à-Mousson, les continua chez ceux de Strasbourg, et les acheva au séminaire Saint-Simon, à Metz. Après son ordination sacerdotale qui eut lieu le 9 mars 1754, il devint vicaire à Metz, d'abord à Saint-Victor, puis à Saint-Dizier et à Sainte-Croix ; ensuite il exerça le ministère successivement à Dieuze, à Avricourt, à Gondrexanges. En 1767, à la fin d'octobre, il alla diriger pendant une année le séminaire de Saint-Dié. Pendant qu'il remplissait ses différentes fonctions, il avait, en dépit de bien des obstacles, fondé la Congrégation des Sœurs de la Providence, consacrée à l'instruction de l'enfance. Après avoir confié cette œuvre à deux excellents prêtres, il se rendit au Séminaire des M.-E. au commencement de l'année 1771, y resta peu de temps, retourna en Lorraine, et revint au Séminaire le 15 septembre de la même année. Le 4 novembre suivant, il se dirigea vers Lorient où il s'embarqua le 30 décembre pour le Se-tchoan.
    Ses progrès dans la langue chinoise furent fort rapides, et bien supérieurs à ceux qu'on attendait d'un homme de son âge. En 1773, il fut nommé provicaire pour la partie orientale du Se-tchoan et pour le Kouy-tcheou. Il travailla avec une activité extraordinaire, régénéra la chrétienté de Kiang-tsin hien où de nombreux néophytes avaient apostasié, augmenta le nombre des fidèles à Tchong-king, baptisa plus de trois cents adultes à Tchang-cheou, et y ouvrit une école. Ses efforts donnèrent également des résultats dans les montagnes des environs de Fou-tcheou.
    En mai 1773 (et non 1772), comme il évangélisait les chrétientés du Kouy-tcheou, il fut arrêté et conduit à Ou-tchoan hien ; toutefois, après avoir été frappé, il fut remis en liberté. Il revint au Kouy-tcheou quelques mois plus tard, et eut la consolation de baptiser la femme qui naguère avait dénoncé sa présence. Cependant, les païens ayant cherché de nouveau à s'emparer de sa personne, il retourna au Se-tchoan et continua d'enregistrer de nombreuses conversions.
    En même temps, il commença à fonder des écoles de filles ; il employa, pour en être les institutrices, les vierges chrétiennes auxquelles l'évêque d'Ecrinée, de Martiliat, avait en 1744 donné un règlement, que Moÿe modifia ou compléta. Ce fut une des grandes œuvres de sa carrière apostolique. Les vierges chrétiennes furent également ses auxiliaires dévouées pour le baptême des enfants de païens ; grâce à son initiative, le nombre de ces baptêmes, qui précédemment atteignait seulement quelques centaines, dépassa parfois le chiffre de 20 000.
    Dans ces deux œuvres très belles et très efficaces, Moÿe dépassa un peu les limites de la prudence nécessaire en Chine. Des mémoires sur ce sujet furent envoyés à la Propagande qui traça des règles de modération. Outre ces œuvres, le missionnaire composa d'admirables prières aujourd'hui encore en usage au Se-tchoan, au Kouy-tcheou et au Yun-nan ; il travailla avec énergie à supprimer les contrats usuraires, et à réveiller la vie chrétienne parmi les néophytes de son vaste district. En un mot, il se montra un apôtre plein d'initiative, de zèle, de sainteté, encore que son zèle parût dépasser parfois la mesure, que sa sainteté fût rude, son commandement sévère, et son initiative portée de temps à autre à s'affranchir de la direction de son supérieur.
    En 1782, il demanda à quitter le Se-tchoan et à rentrer en France ; son évêque Pottier le lui permit. Moÿe quitta définitivement la Société des M.-E. en 1783. Son retour au pays natal, extérieurement basé sur des raisons de santé, fut assez mal interprété par quelques-uns, qui l'attribuèrent au peu d'entente existant entre lui et de Saint-Martin nouvellement nommé coadjuteur.
    L'historien de Moÿe a pensé que son retour était un fait providentiel, car il fut fort utile à sa Congrégation des Sœurs de la Providence. Cette Congrégation en effet périclitait : Moÿe la remit en bon état. En même temps, jusqu'en 1792, il prêcha des missions dans un certain nombre de paroisses lorraines.
    La Révolution l'obligea de quitter la France ; il se retira à Trèves où il continua de s'occuper des religieuses et d'exercer le saint ministère. Entre temps, il visitait les malades des hôpitaux, et trouvait le moyen, quoique pauvre, de secourir maints émigrés. En 1793, la ville ayant été encombrée de blessés autrichiens, il se dévoua auprès d'eux. Atteint de l'épidémie qui les décimait, il succomba le 4 mai 1793, à Trèves, laissant une grande réputation de sainteté. En 1878, la Congrégation des Sœurs de la Providence commença des démarches en vue de faire introduire sa Cause ; le procès de l'Ordinaire fut instruit, et le 14 janvier 1891, le Souverain Pontife Léon XIII signa le décret d'introduction de la Cause du Vénérable serviteur de Dieu.
    Bibliographie. - Tous les opuscules et ouvrages ci-dessous indiqués ont été imprimés au Se-tchoan vers 1780. Depuis cette époque ils ont été réimprimés plusieurs fois, sans que nous sachions exactement à quelle date, mais encore récemment à l'imprimerie de la Sainte-Famille, Cha-pin-pa, actuellement Tsen-kia-gay (Se-tchoan oriental). D'autres éditions que nous indiquons ont été imprimées à l'imprimerie de Nazareth, Hong-kong.
    (Prière des 63 années de la Sainte Vierge). - 1893, in-18, pp. 60.
    (Le chemin du ciel). - 1904, in-12, pp. 46.
    (Chemin de la Croix) [En usage dans les provinces de l'ouest de la Chine]. - 1904, in-18, pp. 40.
    (Règle des Vierges chrétiennes). - 1905, in-18, pp. 74.
    (Le livre de prières) [En usage au Se-tchoan, Yun-nan, Kouy-tcheou, Siam, Malacca, Birmanie]. - 1908, in-18, pp. 480.
    A propos de ce dernier ouvrage, voici quelques remarques écrites le 19 janvier 1913 par M. Gourdon, missionnaire au Se-tchoan oriental : \ Ce livre renferme des prières dont on ignore l'origine ; elles sont communes à toute la Chine, et offrent seulement quelques variantes selon les pays. On pourrait en attribuer certaines à André Ly et autres. Mais c'est le Vénérable Moÿe qui en a fait le plus et a donné au livre sa disposition. Ainsi c'est lui qui est l'auteur de San che san ou Trente-trois Méditations pour la petite Couronne de Notre-Seigneur. Il est l'auteur des Prières avant et après la communion ; c'est lui aussi qui a fait les Méditations des 15 mystères du Rosaire, et en a organisé le mode de récitation qui s'observe encore aujourd'hui, en ajoutant d'autres Méditations pour chaque jour de la semaine. Il y a encore deux Actes d'offrande : l'un à la prière du matin et l'autre aux prières du dimanche, qui semblent refléter et les idées, et le style du Vénérable Moÿe. "
    Mgr de Saint-Martin revisa tout le livre, mais je ne sais s'il y ajouta quelque chose ; il conserva le plan du Vénérable Moÿe. Celui-ci est-il l'auteur des Méditations ajoutées au rosaire au temps de l'Avent et du Carême et aux jours de fête ? Je n'ose me prononcer, car lorsque j'arrivai ici, on désignait ces Méditations ou Louanges, sous le nom de Sin tsan mey, Nouvelles Louanges ; on en trouvait le style peu coulant, difficile à réciter, comme des formules auxquelles on n'était pas accoutumé. C'est pourquoi je suis porté à croire que ces nouvelles prières ont été ajoutées par Mgr Pérocheau ou peut-être Mgr Fontana. Ces dernières années, on a ajouté quelques prières au Sacré-Cœur, à la Sainte-Famille, etc. Depuis le synode de Tchong-king, on a abrégé les prières du matin et du soir. Il faut ajouter, que du temps de M. Moÿe, il y avait très peu de livres imprimés. Chacun copiait pour soi. On avait peur que les planches ne tombent entre les mains des payens. "
    Tsào ouàn k'ó (Prières du matin et du soir) [En usage au Se-tchoan, Yun-nan, Kouy-tcheou]. - 1905, in-8, pp. 64.
    (Devoirs réciproques des parents et des enfants). - 1905, in-12, pp. 56.
    Notes bio-bibliographiques. - C.-R., 1890, p. 249 ; 1894, p. 103 ; 1911, p. 80. - N. L. E., i, pp. 90, 91, 177 ; Ib., Son arrestation au Kouy-tcheou, p. 180 ; Ib., pp. 207 et suiv., 235 et suiv., 303 et suiv., 330 et suiv., 385 et suiv. ; Ib., Abrégé de tout ce qui est arrivé à M. Moÿe pendant son séjour en Chine, p. 401 ; ii, pp. 222, 462 ; Ib., Mémoire sur les vertus de M. Sun et de la veuve Lo, p. 467 ; iv, p. 64 ; v, p. 96. - Nouv. des miss. or. 1787-1788, 2e part., Mémoire sur les vertus de M. Sun et de la veuve Lo, p. 27 ; Ib., p. 29.
    A. P. F., lxiii, 1891, p. 454. - A. S.-E., x, 1858, L'œuvre des baptêmes au Kouy-tcheou, p. 183. - M. C., iv, 1871-72, p. 662 ; xxiii, 1891, p. 339. - B. O. P., 1891, pp. 391 et suiv. - A. M.-E., 1909, p. 267 ; 1910, pp. 261, 269, 270.
    Rev. ecclés. Metz, xii, Une âme d'apôtre, p. 395 ; xiii, p. 56. - Sem. rel. Lorraine, 1868-69, Notice, p. 7. - Sem. rel. Saint-Dié, 1885, Sur sa Cause de Béatification, p. 214 ; 1891, Décret d'introduction de sa Cause, p. 83 ; 1893, p. 643 ; 1895, p. 402 ; 1897, p. 26 ; 1898, p. 879 ; 1899, pp. 21, 145 ; Ib., Notice, pp. 417, 433, 449, 469, 485, 501 ; Ib., p. 835 ; 1900, Sur ses œuvres en Chine, pp. 375, 390 ; 1904, Notes sur sa Cause, p. 190 ; 1913, Lettre pastorale de Mgr de Saint-Dié [Foucault], annonçant la prochaine séance de la Sacrée Congrégation des Rites dans la Cause de Béatification du Vénérable J.-M. Moÿe, p. 85. - Sem. rel. Paris, 1891, Lettre du cardinal Richard pour la recherche des écrits, p. 16 [Même Lettre, 24 juin 1891, n° 69 des Mandements et Lettres]. - Le Lorrain, 1891, Notice, n° du 2 mars.
    Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. - Hist. miss. Kouy-tcheou, Tab. alph. - Lett. à l'év. de Langres, pp. 201 et suiv. - Les miss. cath. franç., ii, p. 502 ; iii, pp. 240. 246, 248, 252, 287, 314, 370. - Les vies de saints du dioc. de Saint-Dié, ii. Notice, p. 433.
    Collect., 5 avril 1785 : n° 1942.
    Liste des actes imprimés à Rome pour l'étude de la Cause de Béatification de M. J.-M. Moÿe.
    Sacra Rituum Congregatione Emo ac Rmo Dno Card. Cajetano Aloisi-Masella, Relatore. - Sancti Deodati seu Sinarum Beatificationis et Canonizationis Ven. servi Dei, Joannis Martini Moÿe, sacerdotis ab Exteris Missionibus, fundatoris Congregationis Sororum a Providentia. Positio super Fama in genere. - Typis Guerra et Mirri, Romæ, 1898.
    I. Informatio super dubio : An constet de validitate et relevantia Processûs apostolica auctoritate constructi in curia ecclesiastica Sancti Deodati super fama sanctitatis vitæ, virtutum et miraculorum in genere præfati Ven. servi Dei, in casu et ad affectum de quo agitur ? [11 avril 1898] pp. 1-10.
    II. Summarium super dubio : An constet de validitate et relevantia, etc. ? pp. 1-197.
    III. Animadversiones R. P. Promotoris Fidei super dubio : An constet de validitate et relevantia, etc. ? [7 sept. 1898] pp. 1-8.
    IV. Responsio ad animadversiones R. P. Promotoris Fidei super dubio : An constet de validitate et relevantia, etc. ? [18 oct. 1898] pp. 1-26.
    Sacra Rituum Congregatione Emo et Rmo Dno card. Cajetano Aloisi-Masella, Relatore. - Sancti Deodati, etc. Positio super validitate Processuum. - Typis Guerra et Mirri, Romæ, 1902.
    I. Informatio super dubio : An constet de validitate Processuum tam apostolica quam ordinaria auctoritate constructorum, testes sint rite ac recte examinati, et producta jura legitime compulsata, in casu et ad effectum de quo agitur ? [10 déc. 1901] pp. 1-14.
    II. Summarium super dubio : An constet de validitate Processuum, etc. ? pp. 1-95.
    III. Animadversiones R. P. D. Promotoris Fidei super dubio : An constet de validitate Processuum, etc. ? [8 avril 1902] pp. 1-10.
    IV. Responsio ad animadversiones R. P. D. Promotoris Fidei super dubio : An constet de validitate Processuum, etc. ? [19 avril 1902] pp. 1-25.
    Decretum. Sancti Deodati seu Sinarum. Beatificationis et Canonizationis Ven. serv. Dei, Joannis Martini Moÿe, fundatoris Congregationis Sororum a Providentia [6-29 mai 1902], 1 F.
    Biographie. - Vie de M. l'abbé Moÿe de la Société des Missions-Etrangères, fondateur de la Congrégation des Sœurs de la Providence en Lorraine, et des Vierges chrétiennes, directrices des écoles de filles au Su-tchuen, en Chine, par M. l'abbé J. Marchal, vicaire général de Saint-Dié. - Bray et Retaux, libraires-éditeurs, 82, rue Bonaparte, Paris, 1872, in-8, pp. x-631.
    Comp.-rend. : Etud. rel., 5e sér., ii, 1872, p. 129.
    Une âme d'apôtre. Le Vénérable Jean-Martin Moÿe, prêtre du diocèse de Metz, missionnaire en Chine, fondateur des Sœurs de la Providence en Lorraine, organisateur des Vierges chrétiennes au Su-tchuen, d'après un plan nouveau et des documents inédits [avec portrait], par F.-A. Weyland, docteur en théologie, curé de Vernéville (diocèse de Metz), membre de plusieurs Sociétés d'histoire et d'archéologie. - En vente à Metz : librairie de l'Evêché, 14, rue des Clercs ; librairie Catholique, rue de la Tête-d'Or, 1901, in-16, pp. 327.
    Portrait. - Voir Biographie.


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    • Numéro : 235
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