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Jean André MIRONNEAU

[3251] MIRONNEAU Jean, André Missionnaire Tonkin Maritime (Phat-Diêm)- Thanh-Hoa- Pnompenh -----------------
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    [3251] MIRONNEAU Jean, André

    Missionnaire

    Tonkin Maritime (Phat-Diêm)- Thanh-Hoa- Pnompenh

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    Jean, André MIRONNEAU naquit le 24 juillet 1898, à Vannes, département du Morbihan, diocèse de Vannes. Il fut baptisé à la paroisse St. Pierre de cette ville. Il était le quatrième d'une famille de huit enfants. Son père, officier d'active, était sujet aux diverses mutations liées à cette carrière et en 1906, il fut envoyé à Angers. C'est là que Jean-André fit ses études primaires, puis il entra à \l'externat Saint Maurille" où il obtint sont baccalauréat à seize ans et demi. Admis au grand séminaire d'Angers, en 1915, il y étudia la philosophie et la théologie, pendant dix-huit mois, et y reçut la tonsure.

    Mobilisé en avril 1917, il fut affecté, en mai 1918, au 80ème R.I. auquel il restera attaché jusqu'à sa démobilisation. Après l'armistice de 1918, il fut envoyé à Narbonne où il séjourna jusqu'en mars 1920. Depuis cette ville, le 20 mars 1920, il fit sa demande d'admission au Séminaire de Missions Etrangères où il entra le 13 septembre 1920; il y poursuivit sa formation écclésiastique; ordonné prêtre le 26 mai 1923, il reçut sa destination pour le vicariat apostolique du Tonkin Martime (Phat-Diêm) qu'il partit rejoindre le 1er octobre 1923. Il s'embarqua à Marseille le 5 octobre 1923, à bord du paquebot "Angkor", en compagnie de neuf jeunes confrères.

    Après quarante jours de navigation, M.Mironneau débarqua à Haiphong, passa quelques jours à Hanoï, puis gagna Phat-Diêm, où Mgr. Marcou le confia à un catéchiste instituteur pour l'étude de la langue viêtnamienne. Au début de 1925, il fut envoyé à Thanh-Hoa, chez M. Bourlet qui l'initia à l'apostolat auprès des non-chrétiens; en novembre 1925, Mgr. Marcou lui demanda de monter au Chau-Laos, dans la province de Sam-neua, qui administrativement dépendait alors du Viêtnam, puis fut rattachée au royaume de Luang-Prabang en 1933. Le 9 novembre 1925 M.Mironneau quitta Thanh-Hoa en direction de Muong-Xia, région montagneuse, au climat malsain, peuplée de "Thai Rouges" évangélisés par MM.Canilhac et Varengue, où il. arriva le 16 novembre 1925. Le 20 juin 1926, ce dernier atteint d'un accès de fièvre bilieuse, appela M. Mironneau à Muong-Xia; le 24 juin 1926, celui-ci l'évacua péniblement en radeau, vers l'hôpital de Thanh-Hoa, distant de 200 kms.

    M.Varengue étant décédé le 3 juillet 1926, M. Mironneau le remplaça à Ban-Ten, en janvier 1927, et il fut chargé des districts de Muong-Xoi et Muong Pun. En 1928, il commença la construction d'une église, d'une maison et d'une école à Muong-Xoi , et rebâtit la maison de Muong-Xia, incendiée le 20 novembre 1926. En juin 1930, il fut fait "chevalier de l'Ordre des cent millions d'éléphants et du parasol blanc".En 1931, il eût la joie d'achever l'église de Ban-Ten, et d'inaugurer l'école de Muong-Xôi.En 1932, il construisit le poste de Muong-Pun.

    En 1933, M.Mironneau s'occupait de 1 200 chrétiens environ, dispersés dans une trentaine de hameaux très éloignés les uns des autres.

    En 1934, il est chargé du vaste district de Muong-Xôi, comprenant presque toute la province de Sam-nua au Laos, vécut une année d'épreuves : son vicaire viêtnamien terrassé par la fièvre a dû quitter son poste, quatre catéchistes sont tombés gravement malades, deux sont morts, deux ont été évacués, les domestiques ont été éprouvés, M.Canilhac venue présider à des baptêmes est tombé de cheval.., plus de 54 décès parmi ses néophytes; mais deux nouveaux villages se sont faits chrétiens, ce qui porte à 24 le nombre de ses chrétientés, et à près de 2.000 le nombre de ses chrétiens.

    Vers la fin de 1934, il reçut délégation officielle d'opérer le recensement administratif dans la sous-préfecture de Muong-Xôi. Cela lui donna occasion de circuler par monts et par vaux, et souvent d'être le premier européen à pénétrer dans cette multitude de villages. Du 26 février 1935 au 25 mars 1935, avant de partir en congé régulier, en France où il arriva le 17 mai 1935, il voulut faire connaissance avec Vientiane, Luang-Prabang où le prince héritier lui accorda la faveur d'une audience, et les autres missions du Laos..

    Reparti pour sa mission le 6 mars 1936, il revint dans son immense district, après une visite à la mission de Kontum. Il prepare l'érection d'une église au chef lieu provincial, à deux jours de sa résidence habituelle: elle fut inaugurée le jour de Pâques 1937, et en 1937 signale un important mouvement de sympathie pour l'évangile chez les Thay-Nua. Dans la sous-préfecture de Xiêng-kho qui comprend plus de la moitié de la population de toute la province de Sam-Nua, les habitants de Xô-Phao ont sollicité sa visite. M. Mironneau pense à la création d'une préfecture apostolique dans le royaume de Luang-Prabang. Ce projet sera réalisé en 1958: Par décret du 14 février 1958, N°636/59, le cardinal Fumasoni-Biondi préfet de la Propagande, détacha de Thanh-Hoa le Samnua et le rattacha à Vientiane.

    En 1939, il fut peiné de constater que un certain nombre de villages l'ont abandonné. De plus les chrétiens émigrent à cause des incessantes corvées nécessitées par l'ouverture d'une route de Sam-Nua à Hôi-Xuân.

    Le 11 mars 1945, M.Mironneau, avec un groupe de 30 français environ, sur ordre des autorités civiles, quittait son district et le 16 commençait la grande retraite par Dien-Bien-Phu, Phongsaly, Muong-Lié, Szeu-Mao. Durant 58 jours, on marcha jusqu'à la frontière du Yunnan, Le 7 mai 1945, il arriva à l'Evêché de Kunming où il resta jusqu'en mai 1946. Il devint aumônier militaire s'occupant avec M.Vacher lui aussi replié à Kunming, des militaires français repliés dans cette ville. Il rentra alors à Hanoï le 1er mai 1946,il partit pour Savannakhet et Vientiane,d'où il se proposait de revenir à Samnua par la piste de Xieng-Khouang.. Mais on le lui déconseilla fortement. Après avoir attendu pendant un mois une occasion pour se rendre directement à Sam-Nua, il se décida à quitter Vientiane pour rejoindre Hanoï par Saigon. A Hanoï il dût attendre septembre 1946 pour atterir à Dien-Bien-Phu et rejoindre Sam-Nua après onze jours de piste.

    De fin 1946 à mars 1947, la province de Samnua jouissant d'une paix relative M. Mironneau reprit la visite des chrétientés, de Muong-Xoi, Muong-Phun et les diverses activités missionnaires; en mars 1947, M. Mironneau accueillit l'unique séminariste de Samnua, M.Joseph Tien et M. Ngo-Dinh-Nhu frère du président Diêm et aida ce dernier à regagner Saigon; tous deux avaient fui Hanoï,.L'hiver 47-48 fut une période calme, mais dès juillet 1948, les troupes se replièrent sur Samnua.L'année 1948, fut relartivement calme.

    La situation devenant difficile, M. Mironneau se décida à aller chercher du secours pécuniaire en France; il gagna Dien-Bien-Phu, puis Hanoï et Saigon et s'embarqua pour la France où il arriva le 29 juillet 1947, et resta jusqu' au 26 mars 1948. Après six mois d'arrêt forcé à Hanoï, en septembre 1948, M. Mironneau rentrant de congé a atterri sur le petit aérodrome de Sam-Nua le 4 octobre 1948.

    L'année 1948 fut relativement bonne, au point de vue apostolique et la vie est très chère. Toutes les chrétientés à une près ont été visitées et administrées. Dans la zone viêtminh, les six paroisses de Hoi-Xuân, Muong-xia, Muong-mot, Muong-Nhan, Muong-Chu, Muong-Khiêt sont privées de pasteurs depuis 1946. Au Chau-Laos, MM Mironneau et Donjon parcourent les chrétientés où il est possible de stationner, sans excès d'imprudence.


    Vers septembre 1949, Mgr. Drapier, délégué apostolique nomma M.Mironneau comme supérieur du Chau-Laos.Vers Juin 1952, la Sacrée Congrégation de la Propagande nomma M.Mironneau administrateur apostolique du Sam-nua, nomination jugée nécessaire vue l'impossibilité de Mgr.de Cooman de diriger cette partie de la mission. En Juin 1950, M;Mironneau est bloqué près des fortins qui défendent Samnua; le 19 septembre 1950, M. Mironneau est toujours bloqué à San-Nua. Il travaille à la composition de dictionnaires en langue laotienne.Dans toute la région, il devient impossible de s'éloigner de quelques kms des points fortifiés.

    La situation reste fort troublée . Pendant l'hiver 1951-52, le pays thai au nord de la province de Samnua est conquis par les Viêt. En décembre 1952, l'offensive viêt se déclenche. Le 16 décembre 1952,MM.Mironneau et Donjon quittent en convoi la ville de SamNua "quatrième départ depuis 1945"; i;ls se dirigent vers Siêng-Khouang. .Ils célébrèrent la messe de minuit au camp militaire de Kang-Khay puis partirent en avions pour le Tonkin. .M.Mironneau quitta définitivement le Chau-Laos, le 25 décembre 1952.MM. Mironneau et Donjon ont dû sur l'ordre de l'autorité militaire évacuer la région de Samnua et se sont repliés temporairement à Hanoi. En mai 1953, M. Mironneau devient aumônier bénévole des hôpitaux de Haiphong où il succède à M. Kerbaol., et de Hanoï.pendant deux ans, puis un an à l'hôpital Grall de Saigon.

    M.G Raballand , supérieur de la région Sud Indochine depuis 1952, et qui réside à Saigon, rue Nguyên-Du, fit connaissance de M. Mironneau; Nommé Vicaire Apostolique de Pnom-Penh, en mars 1956, et sacré par Mgr. Lemaire le 1er mai 1956.Mgr. Raballand amena M. Mironneau à Pnom-Penh et lui confia la paroisse de la Cathédrale dont il devint curé en juillet 1956. Ses paroissiens sont les membres de la mission militaire de la mission culturelle française, une élite en quelques sorte où M.Mironneau est à l'aise. Il a des relations privilégiées avec les familles de militaires. Les célébrations liturgiques sont appréciées. Il rentra en France du 25 juin 1960 au 31 janvier 1967, et du 1 mai 1970 au 10.août 1970. Mais au fil des années sa santé se dégrade. Il a de l'arthrose à la hanche et au genoux gauche.

    En 1968, il se retire à l'évêché de Pnom-Penh. Il lit beaucoup et commence la rédaction de ses mémoires sur le Chau-Laos. En mars 1970, la guerre s'étend au Cambodge, et son évêque lui conseille de rentrer en France, et prend l'a vion le 1er mai 1970. Quelques jours avant, il avait été fait chevalier de la Légion d'Honneur.

    Il passe un certain temps en famille, puis remplace l'aumônier chez des religieuses à Dieppe pendant deux mois, finalement le 10 Août 1970, il arrive à la maison d'accueil de Lauris, où il retrouve M.Donjon. Il reprend la rédaction de ses souvenirs. Au bout de trois ans environ, son travail aboutira à un gros volume de plus de 700 pages ronéotées: "C'était cela l'Indochine" !. Il écrit aussi ses "Souvenirs d'un missionnaire d'Indochine" journal personnel très détaillé sur son apostolat au Chau-Laos.

    Le 26 mai 1983, il fêta son jubilé de diamant dans la chapelle de Lauris.
    Il passa les cinq dernières années de sa vie dans sa chambre, lisant ou faisant semblant, incapable de soutenir son attention.Il s'ennuie terriblement, et peu à peu perd la mémoire. On lui apporte ses repas dans sa chambre, il faut le faire manger. Le 6 mai 1990, au matin, la soeur lui monte son petit déjeuner et le trouve au lit endormi pour toujours.

    Ses obsèques se déroulèrent dans la chapelle de la maison de Lauris; Mgr. Ramouisse présida la messe concélébrée. Il repose dans le caveau des Missions Etrangères à Lauris.


    Références bibliographiques

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    Mémorial MIRONNEAU Jean, André page 4
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    • Numéro : 3251
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