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Pierre Paul MICHEL

[1135] MICHEL Pierre-Paul Missionnaire Kouy-Tcheou ------------
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    [1135] MICHEL Pierre-Paul

    Missionnaire

    Kouy-Tcheou

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    Pierre-Paul MICHEL naquit le 16 janvier 1849, à Châteauroux-les-Alpes, diocèse de Gap, département des Hautes-Alpes. Fils cadet d'une modeste famille de cultivateurs chrétiens, deux de ses soeurs devinrent religieuses. Il commença ses études primaires dans son village natal, puis vers l'âge de neuf ans, un de ses oncles, pharmacien à Marseille l'amena avec lui et le fit entrer en huitième, dans l'un des meilleurs collèges de cette ville. Pierre y passa deux ans et eût pour camarades Léo Taxil et Gambetta. Son oncle s'étant installé à Paris, il revint alors dans son diocèse où il continua et termina ses études secondaires au petit séminaire d'Embrun.

    Il se dirigea vers le grand séminaire de Gap. Il était minoré lorsque éclata la guerre de 1870; en raison des circonstances, et pour leur éviter l'enrôlement dans l'armée, l'évêque du diocèse jugea bon d'ordonner sous-diacres, vers la fin de 1870, les séminarites minorés. M.Pierre Michel fut du nombre. Il reçut le diaconat le 2 juillet 1871.

    Le 1 septembre 1871, il rentra au séminaire des Missions Etrangères. Prêtre le 25 mai 1872, il reçut sa destination pour le vicariat apostolique du Kouy-Tcheou (Kweiyang) qu'il partit rejoindre le 17 juillet 1872

    Arrivé dans sa mission, dans le courant du mois de décembre 1872, et après un séjour d'environ une année à Kweiyang pour une première étude de la langue chinoise, Mgr. Lions l'envoya, en 1873, dans le district de Mou-yeou-se pour perfectionner son chinois, tout en étant vicaire. Là, il trouva des communautés chrétiennes fort éprouvées par la persécution quelques années auparavant; administrées par un prêtre chinois très zélé et maitre en catéchèse, le P. Ouang, elles restaient fortement attachées à la foi de leur baptême. M. Pierre Michel grâce à son travail sérieux et à ses dons divers progressa rapidement en langue chinoise, et arriva à la parler avec une justesse et une clarté parfaites. Devenu chef de ce vaste district, pendant 18 ans, il en visita les nombreuses stations instruisant et préparant ses fidèles à la réception des sacrements. Il baptisa aussi un grand nombre de \Hé-Miao", minorité ethnique appelée "Barbares Noirs" par les chinois.

    En 1890, rappelé à la capitale par son évêque, M.Pierre Michel fut placé à la tête de la paroisse de la cathédrale St. Joseph du Pe-tang qui comptait 1.500 chrétiens environ, ainsi que de nombreuses écoles. Parlant parfaitement le chinois, riche d'une grande expérience, accordant beaucoup d' importance à la prédication et à l'enseignement du catéchisme, il y fut vite apprécié, grâce à son sourire et à son contact simple et facile. En 1890, il aida Mgr.Guichard pour terminer les procès canoniques, en vue de la béatification des Vénérables Martyrs du Kouy-Tcheou.

    Les récoltes de 1893, 1894 et 1895 furent fort mauvaises; la famine s'installa surtout dans le nord de la mission. M.Pierre Michel constatait dans son compte-rendu de 1896 que "depuis bien des années, il n'y avait eu aussi grande mortalité parmi tous les fidèles de la capitale. A peu près tous ceux qui sont morts n'avaient point de maladie, ils avaient seulement trop souffert de la faim." Aussi son aide fut souvent sollicitée.

    Lors du soulèvement "Boxers" de 1900, il vit plusieurs fois, son église envahie par une populace haineuse, insolente et menaçante. Et survint de nouveau la famine. Dans son compte-rendu de 1901, il écrivait : "Je me souviendrai longtemps de ces années 1900 et 1901. J'ai perdu mon compagnon, mon ami, mon soutien, le regretté M. Lucas. Mes paroissiens ont été décimés, et beaucoup de ceux qui sont partis étaient les meilleurs." Il donnait alors des secours à 12 veuves chargées d'enfants, soit environ une cinquantaine de bouches à nourrir, et avait pris en charge 7 ou 8 vieillards infirmes.

    En 1902, nommé chef du district de Kiang-Long, de fondation récente, dans l'ouest de la mission, M. Pierre Michel y trouva de nombreux nouveaux chrétiens en majorité "autochtones" et pas le moins du monde antipathiques à l'européen; il sentit la nécessité d'avoir des catéchistes, et d'ouvrir des écoles..En 1905, ce district comptait 25 stations avec un total de 752 chrétiens.

    En 1905, M. Pierre Michel fut chargé du district de Gan-chouen; il se fixa en cette ville et bâtit une coquette résidence dans cette station de création récente. Le 3 décembre 1907, il présenta à Mgr. Seguin en visite pastorale, "plus de 60 familles d'adorateurs et parmi eux beaucoup de lettrés".Outre l'administration des nombreux chrétiens, et la direction de deux grands orphelinats, travailleur acharné, il trouva assez de temps pour composer un traité complet de prédication.

    En 1909, fut fondée à Kouy-Yang une école de catéchistes et d'instituteurs; dès son ouverture, en mars 1910, elle comptait 20 élèves originaires des diverses ethnies du Kouy-Tcheou et envoyés par les missionnaires. M.Pierre Michel fut choisi pour en assurer la direction. Il s'appliqua à donner à ses élèves une haute idée de leur fonction et de leur service, et il les voulut fort instruits. A cette charge, il ajouta aussi celle de prêcher des retraites aux séminaristes et aux prêtres chinois.

    A la fin de 1913, sa santé déclinant, il dût quitter la direction de son école pour prendre un peu de repos à la campagne, espérant un mieux qui ne se produisit pas. Anémié, épuisé par une dysenterie chronique rebelle à tout traitement, il rentra à Kouy-Yang en février 1914. Vers la fin de mai 1914, il se rendit au grand séminaire, et c'est là qu'il s'endormit paisiblement dans le Seigneur le 4 juin 1914, à 23 h.45, assisté par Mgr. Seguin et plusieurs confrères.

    Un service solennel fut célébré dans la chapelle du grand séminaire; sa dépouille mortelle fut ensuite transportée au Pe-tang; ses funérailles eurent lieu le 8 juin 1914. M.Pierre Michel repose, selon son désir, au pied de la montagne au sommet de laquelle se trouve la chapelle dédiée à St.Joseph, patron de la mission du Kouy-tcheou.



    Août 1997

    Bibliographie
    Traité complet de prédication composé à Gan-chouen


    Note Bio-bibliographique
    P. Piolet "Les Missions Catholiques Françaises au XIXème siècle" p.324


    Références biographiques

    AME 1901 p. 310. 1930 p. 60. CR 1872 p. 53. 1882 p. 122. 123. 1889 p. 105. 1890 p. 91. 1892 p. 133. 135. 1896 p. 135. 1898 p. 122. 1900 p. 119. 427. 1901 p. 115. 116. 1903 p. 114. 115. 1904 p. 129. 1905 p. 102. 1908 p. 106. 1910 p. 122. 1911 p. 104. 1913 p. 153. 1914 p. 61. 189. 1947 p. 138. 140. BME 1929 p. 365. 1931 p. 121. "Les Missions Cath. Françaises au XIXème siècle", P. Piolet, p.324.








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    • Numéro : 1135
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