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Vincent de MEUR

[20]. MEUR (DE), Vincent, né au manoir de Kerhuon, commune de Tonquédec (Côtes-du-Nord), en 1628, commença ses études à la collégiale de sa ville natale. Sur le conseil de ses maîtres, on l'envoya en 1643 à Paris, au collège de Tréguier, d'où il suivit les études de l'Université. Sa vocation sacerdotale s'affirmant clairement, très tôt il prit le petit collet ; et il ne tarda guère à se distinguer entre tous ses condisciples par son zèle religieux.
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    [20]. MEUR (DE), Vincent, né au manoir de Kerhuon, commune de Tonquédec (Côtes-du-Nord), en 1628, commença ses études à la collégiale de sa ville natale. Sur le conseil de ses maîtres, on l'envoya en 1643 à Paris, au collège de Tréguier, d'où il suivit les études de l'Université. Sa vocation sacerdotale s'affirmant clairement, très tôt il prit le petit collet ; et il ne tarda guère à se distinguer entre tous ses condisciples par son zèle religieux. Sa famille, ayant des amis en cour, réussit de bonne heure à l'attacher à l'aumônerie du roi, et à le faire doter du prieuré de Saint-André-de-la-Bellière. Lors de son examen de doctorat en théologie, il soutint la thèse " que ceux qui ne reconnaissaient pas la condamnation des cinq propositions de Jansénius, étaient schismatiques ". Cette thèse lui valut un bref du Pape.
    Il était lié d'amitié, tout au moins il avait des relations fréquentes, avec Pallu, Poitevin, et quelques autres prêtres qui eurent occasion de rencontrer le P. de Rhodes, et d'entendre parler des missions, ainsi que du projet conçu par le religieux de faire envoyer des évêques en Annam. Il s'attacha à cette idée, la perfectionna, et voulut aider à son exécution. C'est dans ce but qu'en 1657, il partit pour Rome, avec Fr. Pallu, Méliand, et plusieurs prêtres. Ils obtinrent du Pape Alexandre VII une audience dans laquelle, s'inspirant des plans que la Propagande avait formés depuis longtemps, de Meur lut une supplique pressante pour l'envoi d'évêques en Annam et en Chine. Pendant l'étude de ce projet qui devait aboutir l'année suivante grâce à Pallu et Lambert de La Motte, de Meur revint à Paris, prêcha des missions dans plusieurs paroisses, ainsi que dans la Beauce et dans la Bourgogne.
    Après l'établissement du Séminaire des M.-E. et sa reconnaissance par le roi Louis XIV, en 1663, de Meur fut reçu directeur de cette maison le 10 mars 1664, par Gazil, de la Bernardière et Poitevin, et le 11 juin suivant il fut nommé supérieur. Il s'empressa de continuer les démarches commencées par Gazil, afin d'obtenir de Rome la confirmation de l'établissement du Séminaire. Cette confirmation fut donnée le 11 août 1664 par le cardinal Flavio Chigi, légat en France et neveu du pape Alexandre VII.
    En 1665, lui ou un des directeurs du Séminaire des M.-E. publia sur l'état des missions de Chine, et l'envoi des vicaires apostoliques, une brochure que l'on peut considérer comme le premier compte-rendu de la Société des M.-E.
    Cette même année, obligé par des deuils de famille de se rendre en Bretagne, il en profita pour prêcher des missions dans plusieurs paroisses de sa province natale ; il exerça ensuite le même apostolat en Champagne et en Bourgogne, notamment dans le diocèse d'Autun.
    Aux élections du 9 septembre 1667, il fut remplacé dans sa charge de supérieur par Gazil de la Bernardière ; il repartit alors pour la Bourgogne. Un malaise subit l'atteignit à Auxerre ; il trouva encore la force de se rendre à Vieux-Château (Côte-d'Or), où il s'était engagé pour une mission. Il reçut l'hospitalité chez Mme d'Aligre, une des bienfaitrices de la Société des M.-E., qui habitait la maison qu'on appelle aujourd'hui le Château, ou le Vieux-Château. C'est là qu'il mourut le 26 juin 1668. Son corps fut enterré dans l'église du village, où une inscription rappelle son souvenir. Son cœur, envoyé au Séminaire des M.-E., fut placé en 1683 dans la crypte de l'église avec cette inscription : Domini Vincentii de Meur cor plane apostolicum. Aux vertus apostoliques, il joignait un rare esprit d'humilité, de pauvreté et de mortification. Sa devise était : " Parler de Dieu ou se taire. "
    Bibliographie. - Estat sommaire des Missions de la Chine, et l'envoy de trois Evesques dans les nouvelles Eglises de cet Empire. - In-4 [s. l. n. d.], pp. 15.
    Notes bio-bibliographiques. - A. M.-E., 1914, A son tombeau, p. 98. - Bull. d'hist. et d'arch. rel. Dijon, 1883, Inscription sur sa tombe, p. 171. - Le Progrès de Côte d'Or, 1885, n° du 27 avril. - Ann. Cong. M.-E., p. 45.
    Docum. hist., Tab. alph. - Hist. gén. Soc. M.-E. Tab. alph. - Lett. à l'év. de Langres, pp. 14, 16. - Lett. de Mgr Pallu, Tab. alph. - Mém. du P. Rapin, ii, p. 457 ; iii, pp. 195, 200. - Hist. de l'ét. du Christ., i, pp. 22, 24. - La Franc. pont., ii, p. 733.
    Second parall. des prop. du P. Le Comte, p. 32. - Vie des Saints de Bretagne, iv, p. 354. - Descrip. du duc. de Bourgogne, iii, p. 590.
    Biographie. - Abrégé de la vie de Vincent de Meur, docteur de Sorbonne, l'un des fondateurs du Séminaire des M.-E. à Paris. - Imprimerie de Decourchant, rue d'Erfurth, n° 1, près de l'Abbaye, Paris, in-8, pp. 8 [s. n. et d].
    La rénovation religieuse au XVIIe siècle. Vincent de Meur, missionnaire breton, l'un des fondateurs et premier Supérieur du Séminaire des Missions-Etrangères à Paris (1628-1668), par Arthur du Bois de la Villerabel, président de la Société archéologique et historique des Côtes-du-Nord. - Imprimerie-librairie-lithographie de L. Prud'homme, Saint-Brieuc, 1885, in-4, pp. 106.


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    • Numéro : 20
    • Pays : France
    • Année : None