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Jean Marie MAZÉ

MAZÉ Jean-Marie (1897-1964) [3272] MAZE Jean-Marie (Mgr) Vicaire Apostolique de Hung-Hoa Jean-Marie MAZE naquit le 2 octobre 1897, à Henvic, près de Saint Pol de Léon, diocèse de Quimper, département du Finistère. Son père était quartier-maitre dans la marine, et fut mortellement blessé en 1911, lors de l'explosion en rade de Toulon du cuirassé \Liberté". "
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    MAZÉ Jean-Marie (1897-1964)

    [3272] MAZE Jean-Marie (Mgr)

    Vicaire Apostolique de Hung-Hoa


    Jean-Marie MAZE naquit le 2 octobre 1897, à Henvic, près de Saint Pol de Léon, diocèse de Quimper, département du Finistère. Son père était quartier-maitre dans la marine, et fut mortellement blessé en 1911, lors de l'explosion en rade de Toulon du cuirassé \Liberté".

    Jean-Marie était l'ainé de quatre garçons.Il fit ses études primaires dans son village natal, et les termina en 1910, avec son certificat d'études. Il demanda à sa mère, devenue veuve, de lui permettre de continuer ses études. Il prit ses premières leçons de latin auprès du vicaire de sa paroisse, et en janvier 1912, il entra en sixième au Collège du Kreisker, à St. Pol de Léon. L'année suivante, il passa en quatrième, En troisième, il obtint le second prix d'excellence. En novembre 1914, la maladie l'obligea à rentrer chez lui; il étudia seul, tout en assurant les fonctions de secrétaire de mairie.Il se présenta au baccalauréat à la session d'octobre 1915, et fut reçu avec la mention "assez bien".

    Mobilisé le 7 janvier 1916, dans les tranchées de l'Aisne en décembre 1916,. blessé le 16 avril 1917, il obtint sa première citation et ses galons de caporal. Dirigé sur St.Cyr, en juillet 1917, il en sortit aspirant en décembre 1917; versé au 72 R.I., il combattit en Champagne. Sur sa demande, en avril 1918, il passa dans l'aviation de bombardement, et fut affecté à l'escadrille des "Cygnes" comme observateur mitrailleur. Le 28 août 1918, il ne dût son salut que grâce à l'intervention d'un avion de protection. Il termina la guerre avec deux nouvelles citations et la croix de guerre. Il fit quelques mois d'occupation à Landau, en Allemagne, prépara sa seconde partie du baccalauréat, qu'il réussit avec mention "assez bien".

    Démobilisé le 25 septembre 1919, il entra dans les chemins de fer; affecté à Conlie, dans la Sarthe, il y resta jusqu'en août 1920; après une retraite chez les jésuites de Brest, il prit la décision de s'orienter vers le grand séminaire de Quimper, où il arriva en octobre 1920, et y passa deux ans.

    Le 16 septembre 1922, il arriva acolyte, au séminaire des Missions Etrangères. Sous-diacre, le 25 mai 1924, diacre, le 20 décembre 1924, il fut ordonné prêtre le 6 juin 1925,et reçut sa destination pour le vicariat apostolique de Hung-Hoa qu'il partit rejoindre le 14 septembre 1925. Il s'embarqua à Marseille le 18 septembre 1925.

    Arrivé à Hung-Hoa, quelques jours avant la Toussaint 1925, et ayant reçu de Mgr. Ramond le nom viêtnamien "Kim", il se mit avec ardeur à l'étude de la langue viêtnamienne, avec l'aide d'un catéchiste; après son premier sermon en viêtnamien, le premier dimanche de mai 1926, il s'occupa des chrétientés nouvelles proches de Hung-Hoa. En septembre 1927, il devint aide-procureur de la Mission. En 1931, il eût en charge une douzaine de chrétientés sur la rive gauche de la Rivière Noire, et une dizaine de groupes chrétiens sur les deux rives du Fleuve Rouge, en amont et en aval de Hung-Hoa. M.Mazé fut souvent leur porte-parole pour régler leurs affaires avec les autorités. En 1934, avec l'aide d'un vicaire viêtnamien, il avait en charge le district de Hung-Hoa.

    Mgr. Ramond choisit très souvent M. Mazé comme compagnon lors de ses visites pastorales et de son repos estival à Chapa. A plusieurs reprises, il le délégua pour être son représentant auprès des autorités civiles En février 1932, il le chargea de guider Mgr.de Guébriant à travers la mission, et de l'accompagner jusqu'à Yunnanfu. En 1935, il espérait bien faire de lui son coadjuteur.

    Après un voyage à Shanghai, où en juin 1936, il était allé voir ses frères et cousins, M. Mazé s'embarqua à Hai-Phong pour la France le 27 juillet 1936, pour prendre son congé régulier qui fut bien rempli. Le Supérieur Général de la Société lui demanda de faire connaitre les missions dans le diocèse de Quimper. En août 1937, pressenti comme professeur à Beaupréau, Mgr. Ramond exigea son retour. Le 3 décembre 1937, M. Mazé rentra dans sa mission et retrouva ses chrétiens de la région de Hung-Hoa.

    A la fin du mois d'août 1938, Mgr. Vandaele accepta de céder pour un an, M. Mazé comme professeur de latin-grec en classe de Première à l'Institut de la Providence à Hué, qui présentait ses premiers élèves au baccalauréat. A la mi-août 1939, succédant à M.Quioc, il prit la direction du petit séminaire de Hà-Tach. Le 21 novembre 1943, Mgr. Vandaele mourut à Son-Tây; le 15 août 1944; Mgr.le Délégué Apostolique accepta la démission de M.Hue provicaire de sa charge d'administrateur apostolique qu'il confia à M.Mazé.

    Le 11 janvier 1945, M. Mazé fut nommé évêque titulaire de Sauatra, et vicaire apostolique de Hung-Hoa. Malgré les évènements, il continua à diriger le petit séminaire; après le 15 août 1945, il fut arrêté, libéré, puis interné à la cure de Phu-Tho, où M.Quioc était bien malade. Le 28 janvier 1946, après trois jours d'angoisse, en compagnie de MM.Guidon et Fleury, il arriva, de nuit, à l'évêché de Hanoï, où il retrouva tous les missionnaires de Hung-Hoà, à l'exception de M. Lanter.

    Mgr. Mazé reçut la consécration épiscopale dans la cathédrale de Hanoï, lr 19 mars 1946. Les évènements l'obligèrent à se fixer à Hanoï. Pendant des mois, il demeura sans nouvelles de sa mission. Une opération militaire de mi-mai 1947 détruisit l'évêché de Hung-Hoà et tous les bâtiments annexes, sauf la cathédrale. Malgré les difficultés, il visita ses communautés chrétiennes.En 1948, la mission de Hung-Hoa était divisée en deux parties: la Haute Région où quelques missionnaires pouvaient travailler, et la région du delta aux mains du "Viêtminh". Les grands séminaristes furent accueillis à Phat-Diêm, le petit séminaire continua à fonctionner à Hà-Tach, mais il fut bombardé le 20 janvier 1948.

    Le 14 mai 1948, Mgr. Mazé arriva à Paris et après un séjour de six mois rentra à Hanoï où il retrouva sa mission dans la souffrance. De là, par avion, il visita les postes où travaillaient les missionnaires, et les importantes paroisses du delta. La mission de Hanoï profita très souvent de son activité apostolique. En janvier 1950, il entreprit une série de voyages, partout où cela lui était possible afin d'apporter encouragements et reconfort.

    Le 19 mai 1950, Mgr Mazé partit pour la France où il participa à l'Assemblée Générale de la Société. Le 9 décembre 1950, il s'envola pour Hanoï où il atterit le 14 décembre 1950. En novembre 1950, Lao-Kay évacuée, Hung-Hoa abandonnée; ce fut le repli sur Son-Tây.qui devint le centre de la mission. C'est dans cette ville que, le 21 décembre 1950, Mgr. Mazé s'installa et officia pour Noël. En 1951, se déplaçant souvent en avion, parfois en jeep ou à bicylclette, il visita les postes, les paroisses, les centres de réfugiés où il lui était possible de se rendre. En novembre 1951, il assista à Hanoï à l'Assemblée plénière des Ordinaires du Viêtnam et du Cambodge présidée par Mgr. Dooley, délégué apostolique et au sacre de ce dernier le 21 décembre 1951 à Hanoï.

    En 1952, Il envoya ses jeunes missionnaires dans la Haute Région; il continua ses visites des paroisses,et installa son petit séminaire à Tông; alors que l'insécurité gagnait le pays thai, la province de Son-Tây vivait en paix. En 1954, Mgr. Mazé visita des centres de réfugiés, bénit trois églises, fit le projet d'agrandir son petit séminaire, mais la bataille de Diên-Bien-Phu, MM.Guidon et Guerry emmenés en captivité, les accords de Genève, le partage du Viêtnam en deux zônes, M. Yves Tygréat tué par une mine, le 22 juillet 1954, l'exode des réfugiés marquèrent la fin d'un temps. Malgré un avenir incertain, et surement difficile, Mgr. Mazé et plusieurs missionnaires restèrent à leur poste.

    Durant les derniers mois de 1954, il fut encore possible d'aller à Hanoï où se tint en janvier suivant, la retraite annuelle des missionnaires. A Son-Tây, la vie religieuse ne subit pas encore d'entrave, le petit séminaire reprit ses cours. Cependant Mgr. Mazé n'obtint pas de permis de circuler pour visiter les districts de sa mission. En mars1955, il pût se rendre à Hanoï pour la retraite des évêques du Tonkin, présidée par Mgr. Dooley, à la délégation apostolique, en même temps que se tenait dans la ville, le congrès des catholiques patriotes. Quelques temps plus tard, tout le clergé de Son-Tây, évêque compris fut convoqué pour entendre, pendant quinze jours, les accusations publiques portées contre les missionnaires et les prêtres viêtnamiens.

    Au printemps de 1956, le gouvernement imposa la réforme agraire. Presque tous les prêtres de la province de Son-Tây subirent des outrages publics. En 1957, craignant une révolte générale, le régime se libéralisa; Mgr. Mazé organisa des retraites et établit un bilan. Les vieilles chrétientés avaient bien tenu, mais d'autres avaient sombré presque entièrement. Malgré ses demandes, Mgr. Mazé n'obtint jamais l'autorisation de visiter sa mission; les missionnaires furent ramenés à l'évêché. Le 7 décembre 1959, Mgr. Mazé fut invité à se présenter à la Sûreté vers 16 heures. Le lendemain à 7 heures du matin, il quitta Son-Tây, passa quelques jours à Hanoï et arriva à Paris la veille de Noël 1959.

    En mars 1960, il fut reçu en audience par le Pape Jean XXIII, participa à l'Assemblée Générale de 1960, et présida de nombreuses manifestations religieuses. A la fin de l'année il apprit la nomination espicopale de Mgr.Quang, qu'il avait choisi comme supérieur de la Mission. En 1961, il accepta l'aumônerie de l'hôpital civil de Vichy. En août 1962, il devint aumônier du carmel de Brest, et participa aux deux sessions du Concile de Vatican II.

    Mgr. Mazé reçut de nombreuses décorations dans le cours de sa vie. Voici les principales: En 1910, Diplôme d'Honneur de la Société Centrale de Sauvetage, pour avoir sauvé de la noyade un camarade, le 19 septembre 1910.
    -En 1911, Témoignage de satisfaction du Ministère de la Marine, pour s'être porté à l'aide d'un canot, au secours d'un enfant qui se noyait dans la rivière.
    -En 1918, il sauva un soldat qui se noyait; en 1939, il arracha à la mer deux élèves qui avaient perdu pied.
    -En 1932, en date du 10 mars, sur proposition du Ministre de la Défense nationale..est nommé dans l'ordre de la Légion d'Honneur, au titre des Réserves, pour Chevalier, Mazé Jean-Marie...Titres exceptionnels: très beaux services de guerre,1 blessure, 3 citations..
    -Croix de guerre à trois étoiles.
    -En 1950, en date du 14 février, par décret de Mr.Le Ministre de la France d'Outre-Mer, Mgr. Mazé fut promu officier de la Légion d'Honneur.
    -En 1962, à la date du 1 mai, il fut promu au grade de Commandeur de la Légion d'Honneur. Il reçut cette décoration des mains de M.Sainteny.

    A la fin de janvier 1964, il entra à l'hôpital Morvan de Brest pour infarctus du myocarde. Le dimanche 2 février 1964, à 5 heures, une crise très forte survint, et vers six heures, il rendit son âme à Dieu. Ses obsèques présidées par Mgr Fauvel, évêque de Quimper, eurent lieu au Carmel où son corps avait été ramené. Le T.R.P.Quéguiner, Supérieur Général de la Société des Missions Etrangères lut le récit de sa vie. Il fut inhumé dans un caveau, à l'intérieur de l'église de Henvic.

    Mars 1996



    Références bibliographiques

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