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Guillaume Clément MASSON

[352]. MASSON, Guillaume-Clément, originaire de Saint-Clément (Meurthe-et-Moselle) où il naquit le 1er avril 1801, fit ses études au petit séminaire de Pont-à-Mousson et au grand séminaire de Nancy. Trop jeune pour être ordonné prêtre quand elles furent terminées, il fut précepteur dans la famille de Frauemberg, à Lunéville. Il entra au Séminaire des M.-E. le 18 juin 1823. Prêtre le 20 décembre suivant, il partit le 12 janvier 1824 avec sa destination pour le Tonkin occidental, où il arriva en juin 1825.
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    [352]. MASSON, Guillaume-Clément, originaire de Saint-Clément (Meurthe-et-Moselle) où il naquit le 1er avril 1801, fit ses études au petit séminaire de Pont-à-Mousson et au grand séminaire de Nancy. Trop jeune pour être ordonné prêtre quand elles furent terminées, il fut précepteur dans la famille de Frauemberg, à Lunéville. Il entra au Séminaire des M.-E. le 18 juin 1823. Prêtre le 20 décembre suivant, il partit le 12 janvier 1824 avec sa destination pour le Tonkin occidental, où il arriva en juin 1825.
    Après avoir étudié l'annamite à Ke-vinh, il fut en 1826 envoyé dans le Nghe-an qu'administrait alors Jeantet. Il y resta bientôt le seul prêtre européen chargé des deux provinces du Nghe-an et du Ha-tinh ; en 1830, il fut nommé provicaire de cette région dont il visita toutes les chrétientés. Malgré des travaux apostoliques considérables, il écrivit de nombreuses lettres, dont plusieurs, adressées à l'abbé Ferry, supérieur du grand séminaire de Nancy, furent publiées. Elles attirèrent sur le missionnaire l'attention de l'Académie Stanislas, qui, dans sa séance du 5 janvier 1832, étudia le projet d'entretenir avec lui une correspondance scientifique.
    La persécution qui éclata en 1833 força Masson de se cacher pendant quelque temps ; il trouva asile surtout dans les chrétientés de Ke-gom et de Lang-doai. La tranquillité revenue, il continua de convertir les païens et d'administrer les paroisses de son vaste district.
    Mgr Havard ayant voulu le choisir pour coadjuteur, il refusa d'une façon absolue. Ce refus, connu à Rome, fut l'objet d'un blâme sévère de la part de Grégoire XVI qui, considérant que le manque d'évêques au Tonkin pendant la persécution portait un grave préjudice au vicariat, manifesta son mécontentement à Masson dans le bref Ad supremi apostolatus (Jus Pont. de Prop. Fid., v, p. 186), du 1er mai 1837.
    Deux ans plus tard, n'ayant pu, par suite des communications difficiles et lentes à cette époque, être informé de ce qui se passait au Tonkin, le Pape pensa que le missionnaire ainsi averti s'était décidé à accepter l'épiscopat et à se faire sacrer évêque d'Acanthe ; c'est pourquoi, il donna au Séminaire des M.-E., par le bref Cum per obitum (Jus Pont. de Prop. Fid., v, p. 217), du 2 août 1839, le pouvoir de lui choisir un coadjuteur. Pendant ce temps, Havard et Borie (Voir ces deux noms) étaient morts, Retord était devenu l'évêque d'Acanthe et le vicaire apostolique du Tonkin occidental ; Masson continua ses travaux comme missionnaire dans la région qui lui était confiée. En 1843, il établit l'archiconfrérie de la Sainte Vierge dans les chrétientés dont il était chargé, et utilisa les loisirs forcés que lui faisait la persécution, en traduisant plusieurs ouvrages de piété.
    En dehors de ceux qui ont été imprimés, il paraît avoir traduit complètement ou commencé à traduire : l'Imitation de J.-C., les Méditations de saint Augustin, la Vie de sainte Elisabeth de Hongrie, la Vie de sainte Thérèse, une collection des Décrets pour les Missions, et un cours de Diaconales.
    Lors de l'érection du Tonkin méridional en vicariat apostolique (1846), il fut nommé provicaire par Mgr Gauthier qui le choisit pour son coadjuteur en 1848, et le sacra évêque de Laranda le 3 décembre de cette même année, à Xa-doai. Son élévation à l'épiscopat ne changea guère son genre de vie ; il demeura chargé de la plus grande partie de la province du Nghe-an.
    Pendant les dernières années de sa vie, quoiqu'il fût souvent et parfois gravement indisposé, il ne voulait diminuer ni ses travaux, ni ses courses apostoliques. Un jour qu'il était plus fatigué, le 24 juillet 1853, il partit pour une chrétienté voisine de sa résidence ; ses forces trahirent son courage, et il mourut ce même jour, en route, à Trai-do. Dans une lettre du 20 octobre 1853, Gauthier raconte ce fait : \ Un des chefs de la chrétienté où se rendait Mgr Masson, lorsqu'il fut frappé de mort, souffrait depuis deux ans d'une maladie rebelle à tous les remèdes. La difficulté de respirer le fatiguait au point de ne pouvoir se tenir assis sans être appuyé, et l'avait réduit à l'état de squelette. S'étant fait porter auprès du corps de Mgr Masson, il s'est trouvé complètement guéri, pouvant vaquer aux travaux les plus pénibles de la pêche et de l'agriculture. Aujourd'hui, il jouit encore d'une parfaite santé. "
    Tous ceux qui connurent cet évêque sont unanimes à louer sa prudence, son humilité, son amour du travail ; le Bx Dumoulin-Borie l'appelait " l'ancre de salut de la mission. " Il envoya au grand séminaire de Nancy et au Séminaire des M.-E. des tableaux, uvres de peintres tonkinois, et représentant l'arrestation et la mort de plusieurs martyrs. Il dressa les actes du martyre de Dumoulin-Borie et envoya ses ossements au Séminaire des M.-E. Un certain nombre de ses lettres, adressées à plusieurs de ses parents, existent dans les archives de la paroisse de Saint-Clément (Meurthe-et-Moselle).
    Bibliographie. -
    Tú~nguyên yêú ly (Doctrine chrétienne) [par Lhomond]. - Imprimerie de Nazareth, Hong-kong, 1897, 2 vol. in-12, pp. 706.
    (Les dix commandements). - Imprimerie de la mission, Ke-so, 1889.
    Id. - Imprimerie de la mission, Ninh-binh, pp. 260.
    (Méthode d'oraison). - Imprimerie de Nazareth, Hong-kong, 1903, in-18, pp. 96.
    Ouvrage revu par lui :
    (Guide du chrétien) [par M. Sérard]. - Imprimerie de la mission, Ke-so, 1881.
    Id. - Imprimerie de la mission, Ninh-binh.
    Notes bio-bibliographiques. - C.-R., 1909, p. 153. - A. P. F., ii, 1826-27, pp. 188, 190 ; Ib., Statistique du Tonkin occidental, p. 193 ; iii, 1828-29, p. 428 ; Ib., Vie du missionnaire, p. 434 ; iv, 1830-31, p. 310 ; Ib., Le Tonkin religieux, civil, physique, p. 320 ; v, 1831-32, p. 310 ; Ib., Croyances religieuses des Tonkinois, p. 324 ; Ib., p. 337 ; vi, 1833-34, pp. 385, 394, 406 ; vii, 1834-35, p. 413 ; Ib., Martyre de Pierre Tuy, p. 420 ; ix, 1836-37, p. 382 ; xiii, 1841, Réception des corps de Mgr Borie et des PP. Khoa et Diem, p. 278 ; xv, 1843, pp. 260, 264 ; Ib., Martyre du P. Khanh, p. 352 ; xvi, 1844, p. 447 ; xvii, 1845, p. 360 ; xxiv, 1852, p. 321 ; xxvii, 1855, Sa mort, p. 30. - M. C., xxxiii, 1901, pp. 394, 405.
    Rev. eccl. Nancy et Saint-Dié, 1841, pp. 5, 6, 43, 57, 67, 102, 116. - Sem. rel. Nancy, 1913, p. 50. - L'Espérance Nancy, 1843, pp. 156, 157, 158 ; 1849, pp. 553, 609 ; 1852, Mort de M. Schffler, p. 178 ; Ib., pp. 589, 647, 718. - Cour. lorrain, 1832, n° du 8 janv. - Bull. par. Saint-Clément, 1910, Lettres, nos de mars et de nov. ; 1911, tous les nos de l'année ; 1912, nos de janv. à août, n° de déc. ; 1913, nos de janv. à juin. - Am. de la Rel., cxv, 1842, p. 74 ; cxli, 1849, p. 664 ; cliv, 1851, p. 185. - Tablet. du Clergé, v, 1824, p. 73.
    Les
    Bienh. de la Soc. M.-E., pp. 128, 181. - Lett. à l'év. de Langres, pp. 391, 426, 429. - Not. sur le Bx Schffler, p. 29. - La Coch. et le Tonk., pp. 7, 75, 85, 246, 332, 333, 373. - Croq. annam., pp. 159 et suiv. - Sau ông phuc lôc, pp. 15, 111, 115, 274.
    Collect., 16 janv. 1840 : n° 199.


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    • Numéro : 352
    • Année : None