Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Jean François MARTIN DE LA BALUÈRE

[111]. LA BALUÈRE (MARTIN DE), François, né dans la paroisse Toussaints, à Rennes (Ille-et-Vilaine), le 23 février 1668, était fils de Jean Martin de La Baluère, conseiller du roi, maître des Comptes de Bretagne. Il partit pour l'Extrême-Orient le 10 mars 1698. Après un séjour au Siam pendant lequel il fut professeur au Collège général, il alla en 1701 à Canton, d'où Mgr de Lionne l'envoya avec Basset au Se-tchoan. Il résida à Tchen-tou, et y commença un séminaire en réunissant quelques jeunes chrétiens, et en leur enseignant le latin.
Add this

    [111]. LA BALUÈRE (MARTIN DE), François, né dans la paroisse Toussaints, à Rennes (Ille-et-Vilaine), le 23 février 1668, était fils de Jean Martin de La Baluère, conseiller du roi, maître des Comptes de Bretagne. Il partit pour l'Extrême-Orient le 10 mars 1698. Après un séjour au Siam pendant lequel il fut professeur au Collège général, il alla en 1701 à Canton, d'où Mgr de Lionne l'envoya avec Basset au Se-tchoan. Il résida à Tchen-tou, et y commença un séminaire en réunissant quelques jeunes chrétiens, et en leur enseignant le latin. Plusieurs de ses élèves parvinrent au sacerdoce, parmi eux André Ly, dont le Journal, écrit en latin, a été publié en 1903.
    En 1707, l'affaire du piao le força de quitter le Se-tchoan. Voici le résumé de cette affaire : L'empereur Kang-hi ordonna à tous les missionnaires, sous peine d'expulsion, de prendre le piao, patente impériale qui portait les trois déclarations suivantes : 1° Le Dieu des Chinois étant le Dieu même des chrétiens, il est naturel de lui donner le même nom ; 2° les cérémonies en l'honneur de Confucius ne sont pas incompatibles avec le christianisme ; 3° les hommages rendus aux ancêtres ne sont pas davantage inconciliables avec cette religion. Le légat du Pape, Mgr de Tournon, défendit aux missionnaires de demander cette patente ; naturellement, de La Baluère se soumit à cette prescription. Il vint à Canton avec quelques séminaristes qu'il continua d'instruire, et ainsi que la plupart des missionnaires qui avaient refusé de prendre la patente, il fut chassé de Chine. Le 2 mars 1708, on le conduisit avec ses élèves à Macao ; il y supporta patiemment bien des misères. Il assista le 8 juin 1710 à la mort du légat.
    En février 1713, les Portugais l'expulsèrent, et l'embarquèrent de force sur un navire en partance pour Madras, d'où il gagna Pondichéry. Il revint à Macao en 1714, se rendit au Fo-kien, puis au péril de sa vie regagna la province du Se-tchoan, et arriva à Tchen-tou en février 1715. Il commençait à visiter les chrétientés, lorsqu'il fut obligé, pour aller voir un malade, de traverser un torrent en ayant de l'eau jusqu'aux épaules ; il contracta \ une grave inflammation de poitrine ", et mourut le 2 novembre 1715 à Tchen-tou. Il fut enterré dans le cimetière Fong-houang-chan. Son tombeau existe encore, mais l'inscription est en partie effacée.
    Notes bio-bibliographiques. - Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. - Journ. d'A. Ly, Tab. alph. - Lett. à l'év. de Langres, pp. 185 et suiv. - Descrip. du roy. Thai, ii, p. 195. - Mém. de la Cong., iv, pp. 488, 577, 631, 643. - Les pr. voy. fr. à la Chine, p. 116.


    "

    • Numéro : 111
    • Année : None