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Joseph Eugène MARTIN

[ 1311 ] MARTIN Joseph, Eugène Missionnaire Se-tchoan Méridional - Suifu ----------
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    [ 1311 ] MARTIN Joseph, Eugène

    Missionnaire

    Se-tchoan Méridional - Suifu

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    Joseph, Eugène MARTIN fils de Matthieu, auvergnat d'origine, commerçant en bois, et de Clotilde Riondellet, naquit le 17 août 1853, à Tarare, paroisse Sainte Madeleine, diocèse de Lyon, département du Rhône. La famille comptait trois garçons et sept filles, dont deux devinrent et moururent religieuses. En octobre 1862, Joseph fut envoyé au petit séminaire de l'Argentière, où il parcourut le cycle complet des études secondaires, philosophie incluse, jusqu'en juillet 1873.

    Le 26 septembre 1873, il entra laïque, au séminaire des Missions Etrangères où il passa trois ans. Tonsuré le 30 mai 1874, minoré le 19 décembre 1874, sous-diacre le 22 mai 1875, diacre le 11 mars 1876, ordonné prêtre le 23 septembre 1876, il reçut sa destination pour le vicariat apostolique du Se-tchoan Méridional (Suifu), qu'il partit rejoindre le 14 décembre 1876.

    Arrivé dans sa mission en 1877, M.Joseph Eugène Martin fut envoyé pour apprendre la langue chinoise d'abord à Chen-ki-keou, puis à Ly-pin, dans la sous-préfecture de Tsin-ky. Il devint, vers la fin mai 1877, titulaire de ce petit poste. En 1884, Mgr. Lepley estimant qu'un district mieux fourni en voies de communications serait plus adapté à sa forte myopie, le nomma curé de Che-li-chan, dans la sous-préfecture d'Omei. Mais en raison d'une certaine difficulté d'adaptation et de la malaria, M. J.E Martin ne put y rester qu'un an ; l'année suivante, il prit le poste de Ta-tien-che où il ne passa que quelques mois.

    Pendant son séjour dans la sous-préfecture de Tsin-ky, M.J.E. Martin avait eu des contacts avec les autochtones Lolo. Pour lui permettre de développer ces relations avec eux, en 1886, il fut envoyé aux confins de leur territoire, et nommé chef du district de Houang-mou-tchang. Là, il se mit à l'étude de la langue Lolo, qu'il parla bientôt couramment.

    En mai 1890, M.J.E. Martin, invité par un chef aborigène Lolo, il franchit sur un radeau le Tong-ho, rivière au cours impétueux, frontière entre le pays chinois et lolo. Bien accueilli, il prolongea son séjour dans cette région, projetant la fondation d'un poste missionnaire. Avec l'accord de Mgr. Chatagnon, il s'installa au milieu d'eux, sur la rive droite du Tong-ho, laissant à M.Delolme le district de Houang-mou-tchang. En octobre 1890, il se fixa à Pien-ma, localité lolo située plus à l'intérieur de leur territoire, mais distante d'une journée de marche du village le plus rapproché. Mal logé, mal nourri, il vécut de privations. En 1893, en leur langue, il avait rédigé un catéchisme et un livre de prières.

    En 1894, ces arbares des montagnes", en proie à la famine depuis plus de deux ans, descendirent piller les gens de la plaine qui se défendirent, ce qui donna lieu à des troubles. M. J.E.Martin se trouva alors en situation délicate. En juillet 1895, il assista à la retraite annuelle. A cette occasion, il composa une chanson amusante sur "l'âne Martin" qui devait se rendre à Chungking pour y subir une opération.

    A son retour, M.J.E. Martin prit sa part de labeur commun pour relever les ruines accumulées par la persécution du vice-roi Lieou, au printemps de 1895. De nouveau, il assura l'administration du district de Houang-mou-tchang jusqu'en 1899.

    Il tenta alors d'évangéliser les Lolo proches de la ville de Yue-hi, au Kieng-tchang. Installé chez eux à Lie-o, il en fut chassé, et, en 1899, il se replia au village lolo de Lo-tse-keou, situé dans un petit vallon à six kms de Pien-ma, et proche d'un centre chinois installé à la frontière sino-lolo du Kien-tchang et où vivaient quelques chrétiens. A Lo-tse-keou, il construisit une résidence, ouvrit une école enseignant lui-même une vingtaine d'élèves. Il n'osa faire que quelques baptêmes.

    A Gié-leou-kha, où il évangélisait aussi une tribu lolo, il reçut la visite de M.Philippe Berthelot, de M. Bons d'Anty, consul de France et du docteur Legendre, que le P. de Guébriant avait accueilli à Kia-tin, le 21 février 1904, cinq jours après la clôture de la retraite annuelle des missionnaires, en cette ville.

    Par Lettres Apostoliques du 12 août 1910, le Saint Père érigea le Kien-tchang en vicariat apostolique distinct de celui de Suifu, et le confia à Mgr. Budes de Guébriant, sacré le 20 novembre 1910, à Suifu par Mgr. Chouvellon. Le personnel du nouveau vicariat se composait de huit missionnaires dont M. J.E. Martin, et de trois prêtres chinois. Le district de Houang-mou-tchang fit partie du nouveau vicariat.

    Survint la révolution chinoise ; elle surprit M.J.E. Martin à son passage à Kia-tin-fu, l'obligeant ainsi à prendre dans cette ville une année de repos. En 1912, pendant une semaine, Kia-tin fut bombardée par les forces "Loyalistes". Puis, en septembre 1912, M.J.E. Martin s'établit à Opientin, sorte de camp retranché chinois sur les confins du pays sino-lolo.

    Le 18 août 1922, M. J.E. Martin, eût une légère attaque d'apoplexie. Le 1er septembre 1922, accompagné du P. Philippe Niem, il entra à l'hôpital de Suifu. Un peu plus tard, il se retira à l'évêché de Suifu. Son état de santé s'aggrava à compter du 3 janvier 1925. La nuit du 20 au 21 janvier 1925 fut agitée jusqu'à une heure du matin, calme ensuite. A cinq heures, ses gardes-malades allèrent tout préparer pour sa communion quotidienne. A leur retour, M. J.E. Martin ne donnait plus signe de vie.

    Ses obsèques furent célébrées le 22 janvier 1925 ; M.J.E. Martin fut inhumé le lendemain, à Ho-ti-keou, au cimetière des prêtres, près du grand séminaire. C'est là qu'il repose entre M. Raison et le P. Augustin Yang.


    Décembre 2000
    Mémorial MARTIN Joseph, Eugène page 2
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    • Numéro : 1311
    • Année : None