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Joseph MARAVAL

MARAVAL Joseph (1860 - 1916) [1615] MARAVAL Joseph, Gabriel, Edmond, est né à Castes, diocèse d'Albi (Tarn), le 21 novembre 1860, fils de Jean Maraval et de Élizabeth Bonnery. Il entre minoré au Séminaire des Missions Étrangères de Paris le 14 septembre 1882 et y est ordonné prêtre le 20 septembre 1884. Destiné au vicariat apostolique de Corée, il part de Paris le 19 novembre (du moins selon les sources coréennes; mais il serait parti le 23 novembre selon sa fiche de Paris)1884 et arrive à Séoul le 5 mai 1885.
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    MARAVAL Joseph

    (1860 - 1916)


    [1615] MARAVAL Joseph, Gabriel, Edmond, est né à Castes, diocèse d'Albi (Tarn), le 21 novembre 1860, fils de Jean Maraval et de Élizabeth Bonnery.

    Il entre minoré au Séminaire des Missions Étrangères de Paris le 14 septembre 1882 et y est ordonné prêtre le 20 septembre 1884. Destiné au vicariat apostolique de Corée, il part de Paris le 19 novembre (du moins selon les sources coréennes; mais il serait parti le 23 novembre selon sa fiche de Paris)1884 et arrive à Séoul le 5 mai 1885.

    Du mois d'octobre 1885 au mois de mars 1887, il est au lieu-dit \Pou-eung-kol", ou "trou de hiboux", où il est responsable de quelques candidats au sacerdoce et des chrétientés des environs. Ce village est à tous points de vue un "trou perdu", situé à une centaine de kilomètres au sud-est de Séoul, dans la province du Kyong-ki, arrondissement de Yo-ju, canton de Kang-chon, village de Pou-pyong. Mais ce "trou perdu" a des avantages considérables, surtout en temps de persécution, et le temps de la grande persécution de 1866 et des années suivantes n'est pas tellement éloigné. D'une part, la région constitue une petite presqu'île située dans une boucle du fleuve Han; d'autre part, trois provinces, celles du Kyong-ki, du Kang-won et du Choung-chong Nord, se rejoignent tout près de là. Et quand la persécution éclate dans une province, il suffit de franchir une montagne pas trop élevée pour aller chercher la tranquillité dans la province voisine. Le Père Achille Robert, premier missionnaire à avoir résidé à Pou-eung-kol, avait déjà résidé quelque temps en 1878 dans un lieu quelque peu similaire, aux confins de trois provinces, et en connaissait les avantages; et les chrétiens qui avaient fui les villes pour se réfugier en de tels lieux en vue d'échapper à la persécution les connaissaient encore mieux. Mais les temps commencent à changer et, en mars 1887, le séminaire est transféré dans le quartier de Yong-san, en banlieue de Séoul à l'époque, mais en pleine ville bientôt, et le Père Maraval y poursuit son activité jusqu'en 1890.

    En mai 1890, il est nommé à la tête du poste dit "de Wonsan", où il succède au Père Deguette qui est décédé l'année précédente. Wonsan est une ville portuaire importante au nord-est du pays, dans la partie méridionale de la province du Ham-kyung Sud; la paroisse ne se trouve pas encore en ville même, mais à l'extérieur, au lieu-dit Nountari. Son frère cadet, le Père Jean-Baptiste Maraval, arrivé en Corée en février 1890 et bien malade, vient tenter de se faire soigner à Won-san, mais rien ne peut le guérir de sa tuberculose avancée et il décède chez son frère aîné Joseph le 24 octobre 1890. Le district dit "de Wonsan" comprend non seulement les deux provinces du Ham-kyung, celle du Nord et celle du Sud, mais encore tout le nord-est de la province du Kang-won du côté de la mer du Japon. Voyant l'importance de la ville de Wonsan, le Père Maraval projette de transférer le siège de sa paroisse dans la ville même et obtient pour cela l'accord du vicaire apostolique. Mais, quand il est en pourparlers pour l'acquisition d'un terrain, il tombe malade et doit aller se faire soigner à Béthanie à Hongkong en décembre 1891. Le Père Chargeboeuf va lui succéder à Wonsan.

    Revenu rétabli en fin mars 1893, le Père Maraval est envoyé à la ville portuaire d'In-chon, à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de Séoul. Le poste d'In-chon n'a plus de titulaire depuis que le Père Le Viel a dû aller en octobre 1892 se faire soigner à Hongkong, où d'ailleurs il décèdera en avril 1893, quoique le Père Villemot y ait assuré l'intérim. Peu après l'arrivée du Père Maraval à In-chon, une grave épidémie de cholera se déclare et le père s'empresse d'installer à la paroisse un centre de soins pour les victimes de l'épidémie. Convaincu de l'avantage d'avoir des religieuses pour l'aider dans son travail, il fait part de son désir à Mgr. Mutel, vicaire apostolique, qui exprime son accord et demande aux Soeurs de St Paul de Chartres de se préparer à ouvrir une maison à In-chon. De son côté, le Père Maraval commence, dès juillet 1893, la construction d'un couvent pour elles, avec le concours d'ouvriers chinois et japonais, et peut terminer les travaux en août 1894, malgré les difficultés créées par la guerre sino-japonaise qui sévit en Corée où les Chinois et les Japonais se battent les uns contre les autres. Deux religieuses françaises sont envoyées à In-chon dès le 18 août 1894 pour la première fondation en province de ces religieuses depuis leur arrivée en Corée 6 ans plus tôt. Les religieuses commencent par établir un dispensaire, et par accueillir quelques orphelines, puis quelques orphelins, et ce sera le commencement d'un orphelinat. En 1895, le Père Maraval, qui avait 241 chrétiens en 1894, parmi lesquels quelques Japonais, entreprend la construction de l'église paroissiale, bien que la guerre sino-japonaise se poursuive. Cette église, bénite le 4 novembre 1896 (du moins selon une source; mais le 4 juillet 1897 selon une autre source), remplace avantageusement la très modeste chapelle commencée par le Père Wilhelm en 1890 et terminée par le Père Le Viel, et servira jusqu'en 1933 quand la construction d'un plus grand édifice s'imposera. Mais le nombre des chrétiens, qui avait atteint le chiffre de plus de 700 en 1895, grâce à une forte émigration interne, venue essentiellement des arrondissements de So-san et de Tang-jin dans la province du Choung-chong Nord, tombe à 550 en 1896 et à 530 en 1897. Les baptêmes que donne le Père Maraval, partiellement grâce au travail des religieuses, ne compensent pas l'émigration des citadins de date récente vers la province d'où ils sont venus et vers laquelle ils repartent, ruinés dans la plupart des cas. Mais le nombre des chrétiens remontera à plus de 700 en 1899. En 1900, le clocher de l'église reçoit trois cloches, commandées à l'étranger et payées par une souscription ouverte parmi les chrétiens. À la même époque, le Père Maraval ouvre une desserte dans l'île de Yeng-jong, située face au port d'In-chon à peu de distance du continent.

    Mais, vers 1898, une brouille éclate entre des religieuses du couvent d'In-chon et entre elles et des religieuses de la maison provinciale de Séoul. La brouille devient de plus en plus vive avec le temps et le Père Maraval s'en mêle, ce qui ne fait que compliquer l'affaire, et ce qui amène Mgr. Mutel à se rendre en personne au couvent d'In-chon en février 1901. Les choses traînent, mais en décembre 1903 le conseil épiscopal à Séoul estime qu'il faut renvoyer en France deux des religieuses françaises d'In-chon et envoyer le Père Maraval "prendre du repos" à Hongkong. En janvier 1904, le Père Maraval explique à Mgr. Mutel que ce serait mieux pour tout le monde qu'il reste à In-chon jusqu'aux prochaines nominations, lors de la retraite annuelle d'après Pâques, quitte à être nommé ailleurs alors, et Mgr. Mutel en aurait accepté le principe. Mais à la fin de ce mois de janvier 1904, Mgr. Mutel ordonne à ces deux religieuses de quitter la Corée rapidement. Celles-ci se rebiffent et déclarent qu'elles resteront en Corée, quitte à quitter leur congrégation s'il le faut. De fait elles quittent le couvent d'In-chon au début de février, et vont habiter chez une connaissance en ville. En fin avril 1904, le Père Maraval est prévenu officiellement que, refusant de quitter la Corée pour "aller prendre du repos à Hongkong", il est déclaré suspens. Et sa fiche d'identité à l'évêché de Séoul porte la mention "sorti de la mission et de la Société le 1er mai 1904". Ici le mot "sorti" semble signifier "expulsé". Quoiqu'il en soit, ce 1er mai 1904, le Père Maraval fait ses bagages, et quitte la paroisse d'In-chon pour aller s'établir dans l'île de Yeng-jong, mais prend son repas de midi avec les deux religieuses "en fuite", dans leur logement. Le Père Deneux, qui a reçu sa nomination le 14 avril, vient à In-chon succéder au Père Maraval. Celui-ci revient de son île le samedi suivant pour mettre le Père Deneux au courant de diverses affaires, notamment en ce qui concerne la procure et les tractations en douane, car le missionnaire qui réside à In-chon joue aussi le rôle d'aide-procureur de la mission; et le lendemain, dimanche 8 mai 1904, il assiste "en laïc" à la messe dominicale dans cette église qu'il a bâtie, non seulement au sens de la règle de grammaire latine "César construit un pont", mais en y "travaillant parfois de ses propres mains", selon une source coréenne qui cite le C.R. MEP de 1897.


    Références biographiques
    AME 1911 p. 211. 214. CR 1884 p. 158. 1886 p. 15. 1887 p. 26. 1890 p. 24. 310. 311. 1891 p. 20. 21. 1892 p. 263. 1893 p. 33. 336. 1894 p. 34. 1895 p. 43. 1896 p. 35. 1897 p. 39. 1898 p. 33. 1899 p. 65.


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    • Numéro : 1615
    • Année : None