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Edouard Ferdinand Ernest MAIRE

[ 1142 ] MAIRE Edouard, Ferdinand, Ernest Missionnaire Yunnan ---------
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    [ 1142 ] MAIRE Edouard, Ferdinand, Ernest

    Missionnaire

    Yunnan

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    Edouard, Ferdinand, Ernest MAIRE naquit le 28 février 1848, à Trondes, diocèse de Nancy, département de la Meurthe-et-Moselle. Il reçut les ordres mineurs le 28 juin 1869. Ayant lu une vie de Saint Théophane Vénard, il décida de s'orienter vers les missions. A la demande de sa famille, M.Midon, vicaire au chef-lieu, futur évêque du Japon Central, qui avait déjà en poche sa lettre d'admission au Séminaire des Missions Etrangères, essaya de l'en dissuader, mais sans grande conviction. Le 6 janvier 1869, M. Edouard Maitre recevait de son évêque les lettres dimissoriales.

    Le 10 janvier 1869, M. Edouard-Ernest Maire entra au séminaire des Missions Etrangères. M.Midon, l'ancien vicaire, vint l'accueillir à la gare de l'Est, et lui ouvrant les bras, lui dit : \Bravo ! petit ; je t'attendais". Sous-diacre le 23 décembre 1871, diacre le 25 mai 1872, ordonné prêtre le 21 septembre 1872, M.E.E.Maire reçut sa destination pour le vicariat apostolique du Yunnan, qu'il partit rejoindre le 6 novembre 1872.

    Envoyé comme chef de district à Tongtchouan en 1884, M. E.E Maire y resta jusqu'en 1890. C'est alors que le 15 février 1890, décéda M. F.X. Bourgeois, procureur de la mission et provicaire apostolique du Yunnan. Mgr. Fenouil choisit M.E.E Maire comme provicaire et le nomma supérieur du bas Yun-nan avec résidence à Long-ki. Cette ville, assez proche de Sui-fu, aux confins de la mission du Yun-nan, et située dans les montagnes qui surplombent la plaine du Se-tchoan fut la résidence ordinaire du vicaire apostolique jusqu'en 1881. A cette date, le centre du vicariat fut transféré à Yun-nan-sen; là, s'établit Mgr. Fenouil, le nouveau vicaire apostolique. Celui-ci, âgé de 70 ans, confia souvent à son nouveau provicaire, éloigné de lui par "vingt et quelques jours de marche", le soin de rédiger les comptes-rendus annuels des travaux missionnaires.

    En 1891, M.E.E Maire écrivait : "...nous avons joui cette année, d'une paix presque ininterrompue", ce qui a permis aux missionnaires de "ressaisir les positions perdues, consolider les fondations nouvelles, voire même d'élargir un peu la zone catholique". En 1893, il soulignait le "manque d'ouvriers, obstacle au progrès de l'Evangile", les dispositions peu favorables des mandarins à l' égard des missiionnaires et des chrétiens, la famine, le mauvais vouloir des autorités locales pour le développement des orphelinats. Cependant, la visite des chrétiens s'était faite régulièrement, et la chrétienté grandissait dans la capitale et chez les "Kouen-min", race différente des chinois.

    En 1894, aux difficultés de l'année précédente, il ajoutait celle de la dispersion des chrétiens, victimes de la famine. Mais une révolte des aborigènes "Ly-sou", réprimée violemment, n'avait pas laissé le temps aux mandarins de "s'occuper des chrétiens". Cependant, l'achat d'une maison pour servir de procure à Mong-tse, non loin de la frontière du Tonkin, donna lieu à un conflit avec le mandarin local. Mais, l'administration des chrétientés s'était faite d'une façon normale. L'oeuvre des orphelinats et celle des écoles avaient repris leurs cours normaux.

    En 1895, M.E.E Maire faisait remarquer que le conflit sino-japonais avait ravivé la haine de l'étranger.."Nous avons entendu gronder sur nos têtes l'orage qui vient d'éclater au Su-tchuen.." Mais, l'évènement capital, durant cet exercice, avait été le sacre de Mgr.Excoffier, coadjuteur de Mgr. Fenouil, le 18 août 1895.

    En 1898, M.E.E Maire fut rappelé à la capitale, pour diriger les travaux de construction d'une grande église paroissiale à Yun-nan-sen. En juin 1899, accompagné d'une trentaine d'officiers et d'ingénieurs, M.Paul Doumer, gouverneur général de l'Indochine, arriva à Yun-nan-sen pour fixer le tracé définitif de la voie ferrée qui devait relier la capitale du Tonkin à celle du Yun-nan. ..." Pendant le séjour du gouverneur à la capitale, écrit M. E.E Maire, le 26 juin 1899, je ne l'ai pas quitté d'une semelle...." et il se trouva "bombardé" interprète à la "Commission du Chemin de fer". L'établissement de cette voie ferrée donna lieu à des soulèvements et manifestations de la population locale contre ce projet.

    En 1900, lors de la révolte des Boxers, NN.SS Fenouil, Escoffier et plusieurs missionnaires dont M.E.E Maire s'unirent au Consul Général de France à Yunnansen et aux membres de la "Commission du Chemin de fer" pour se défendre contre la foule surexcitée qui les attaquait. Pendant ce temps, l'évêché de Yun-nan-fou, la cathédrale, le collège situé à quelque distance de la ville étaient pillés et détruits.

    Son compte-rendu de 1904, fait la rétrospective des évènements récents qui venaient d'agiter le Yunnan. La tourmente de 1900 avait jeté hors du vicariat vingt-deux missionnaires, dont dix-neuf s'étaient rendus à Hong-Kong. Mais, le 14 juin 1901, après dix mois d'exil, la paix ayant été signée à Tien-tsin, "nous faisions notre entrée à Yun-nan-sen" où "les autorités provinciales mirent à notre disposition un vaste et bel immeuble qui nous servit de résidence provisoire".

    En 1902, ..."l'église paroissiale de Yun-nan-sen, l'évêché, le presbytère, les écoles de garçons et de filles, pour ne parler que de la capitale, sortirent successivement de leurs ruines..." En 1905, écoles et orphelinat fonctionnaient bien. Le collège St. Joseph, installé sur un emplacement nouveau, comptait 36 élèves dont trois théologiens. En 1906, il notait qu'à la capitale "le progrès religieux se dessine de plus en plus". La fréquentation des écoles etait bonne; des noyaux de chrétientés s'étaient formés à Tchen-kiang, Tchen-kong, et à Kouen-iang, trois villes voisines de Yun-nan-sen.

    A la mort de Mgr. Fenouil, le 10 janvier 1907, suivie, dix jours plus tard, de celle de M.le Guilcher, provicaire de la partie ouest du Yun-nan, M. E.E Maire devint le supérieur officiel de la Mission. En fait, il exerçait déjà cette charge depuis quatre ans... "L'année qui s'achève, écrit il, a été semée de luttes et de contrariétés : lutte pour la vie, lutte contre l'antipathie populaire, lutte contre l'arbitraire mandarinal.."La Chine aux chinois" est le mot d'ordre du jour... Dénoncer, ou éluder les traités onéreux, telle est la tendance universelle.." Malgré la misère qui touchait la capitale, il avait été possible d'assurer le ravitaillement au séminaire et de rappeler les élèves. Les cours reprirent au début de l'année chinoise. Au milieu de juin 1907, s'ouvrit à la capitale une école secondaire avec 15 élèves. Mais la misère qui touchait toute la population eut des répercussions fâcheuses sur les oeuvres paroissiales : les écoles étaient peu fréquentées, le catéchuménat à peu près désert, l'assistance aux offices en baisse.

    Le 10 décembre 1907, M.de Gorostarzu fut nommé vicaire apostolique du Yunnan, et sacré à Hanoï le 29 mars 1908, par Mgr. Gendreau. En 1908, M. E.E Maire regagna le district de Tong-tchouan, ville préfectorale à une altitude d'environ 2.500 mètres, et à huit journées de marche de Yun-nan-sen. En 1912, il ouvrit une salle de prédication en ville, organisa des écoles, mais, à l'apathie des gens s'ajouta aussi une certaine xénophobie. En 1913, la ville de La-kou possédait sa chapelle de St. Joseph, avec résidence pour le missionnaire et écoles où l'on se pressait... " Ce nouvel établissement est devenu la grande attraction du pays," écrit il. Le 22 août 1914, il reçut le dernier soupir de M. Joseph Alazard, décédé à Tong-tchouan, après quelques mois de mission.

    En mai 1922, M.E.E Maire accueillit chez lui un Père Bétharramite en vue de le guider dans sa formation missionnaire. Le 21 septembre 1922, il célébra le 50ème anniversaire de son ordination sacerdotale; cette même année, il rédigea "Traditions et Souvenirs", "Journal d'un futur Missionnaire", et en 1925, "Rêveries d'un vieux Chinois", tout en assurant, avec l'aide du P.André Tchen, l'administration des districts de Tong-tchouan, Loupou, Kiao-kia. En 1926, il déplorait les malheurs engendrés par les mauvaises récoltes : la famine, les épidémies, le brigandage, le désarroi universel, l'impuissance des autorités..

    C'est à Tong-tchouan que le 19 août 1932, vers sept heures du matin, M.Edouard Ernest Maire, depuis longtemps immobilisé sur son lit, rendit son âme à Dieu. Les funérailles eurent lieu le 22 août 1932. Le cortège funèbre mit plus d'une heure à traverser la ville où il avait passé de 1884 à 1890 et 1908 à 1932 trente ans de son existence, et la moitié de sa vie de missionnaire.


    Novembre 2000
    Mémorial MAIRE Edouard, Ferdinand, Ernest page 3
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    • Numéro : 1142
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