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Clovis Jules MAINIER

[ 3537 ] MAINIER Clovis, Jules, Marie Missionnaire Mandalay ---------------
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    [ 3537 ] MAINIER Clovis, Jules, Marie

    Missionnaire

    Mandalay

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    Clovis, Jules, Marie MAINIER naquit le 9 mai 1909, au petit village du Bizot, diocèse de Besançon, département du Doubs. Ses parents étaient agriculteurs; mais il devint orphelin de bonne heure; son père, soldat de l'armée d'Orient, mourut en Serbie en 1916, et sa mère Thérèse Cressier décéda en avril 1918. L'Abbé Louis Mainier le prit en charge ; au Russey, sa tante Léa Mainier veilla sur lui avec une sollicitude toute maternelle. Après ses études primaires au Bizot et au Russey, il parcourut le cycle des études secondaires au petit séminaire de Maîche.

    Le 25 juin 1928, M. Clovis Mainier fit sa demande d'entrée au séminaire des Missions Etrangères; arrivé à Bièvres le 7 septembre 1928, pendant trois ans, il fit sa philosophie et commença la théologie. Il partit alors au service militaire. En octobre 1932, il entra au séminaire de la rue du Bac. Sous-diacre le 2 juillet 1934, diacre en décembre 1934, ordonné prêtre le 7 juillet 1935, et ce même soir, il reçut sa destination pour le vicariat apostolique de Mandalay (Birmanie) qu'il partit rejoindre le 15 septembre 1935. Il s'embarqua à Marseille, le 20 septembre 1935. Son cousin Louis,Marie, François Mainier avait reçu sa destination pour le Laos, le 9 février 1933.

    Dès son arrivée en Birmanie, M. Clovis Mainier se mit à l'étude de l'anglais et du birman. Après quelques mois passés à l'évêché, il fut envoyé à une soixantaine de milles au nord de Mandalay, au village chrétien de Chaung-Yo, dans le district de Shwebo; il y acquit une bonne connaissance du birman qu'il parlait avec aisance et qu'il lisait et écrivait correctement.

    A la mi-novembre 1938, avec son socius, le P. Moïse U-Ba-Khin, qui deviendra archevêque de Mandalay, en novembre 1965, M.Clovis Mainier prit en charge le nouveau poste missionnaire de Taung-Dwingyi, à 300 kms de Mandalay, chez les chins birmanisés de la plaine, dans la partie sud-ouest du vicariat. Installé dans une hutte de bambou, il rayonna dans tous les villages des alentours. En 1939, un ancien bonze blâmé par ses \confrères" vint chez lui pour étudier la religion chrétienne. Puis, en février 1939, dans un long voyage d'exploration vers le nord, il accompagna Mgr. Falière qui installa deux catéchistes à Tonzang.

    En juillet 1940, M. Ghier dont la santé n'était plus très bonne, résigna les charges de procureur de la Mission et de provicaire. M. Clovis Mainier prit la succession en ces deux fonctions. En 1941, à son travail ordinaire, il ajouta celui de Superintendant de la léproserie St. Jean de Mandalay, située à 5 kms de l'évêché. Il le resta jusqu'à la nationalisation de celle-ci en 1965. Il sût faire preuve de doigté, de compétence, de patience et de fermeté pour diriger cet établissement de cinq cents malades; C'est là que pendant l'occupation japonaise de mai 1942 à la mi-mars 1945, furent concentrés tous les missionnaires catholiques de la Haute Birmanie. M. Clovis Mainier accomplit des prodiges d'audace pour les ravitailler. Autorisé par les japonais à résider à Mandalay, il visitait souvent les pauvres, et même comme Tobie, enterrait discrètement les morts.

    Le jour du Vendredi Saint 1942, Mandalay bombardée par l'aviation japonaise reçut une véritable pluie de feu. Tout un quartier de la ville, l'évêché et la cathédrale furent incendiés. M. Mainier ne réussit à sauver que la Sainte Réserve. Au soir de ce jour, Mgr. Falière et son procureur trouvèrent refuge chez les Soeurs de St. Joseph de l'Apparition, puis, les autorités japonaises le permettant, ils restèrent à Mandalay où, d'une vieille maison birmane appartenant à la mission, ils firent leur résidence: l'evêque à l'étage, le procureur dans un grand couloir obscur qui devint à la fois son bureau, son magasin et sa chambre.

    La guerre finie, il releva les ruines de la mission. En 1946, pendant une dizaine de jours, malgré l'insécurité, il visita les postes missionnaires établis sur les montagnes chins du sud, et un peu plus tard, ceux des chins hills du nord ravagés par la guerre. Du 1er avril au 22 mai 1951, délégué par Mgr. Falière, il fit la visite pastorale des chrétientés chins du sud; à Mindat, à 400 kms au sud ouest de Mandalay, il confirma 56 nouveaux chrétiens.

    Nommé supérieur local, le 3 mars 1953, pour tous les confrères de Haute Birmanie, il fut reconduit plusieurs fois dans cette charge. Peu après, il fit une tournée de près de deux mois sur les montagnes chins du nord. Fatigué, il rentra en France où il arriva le 29 mai 1953; reparti par avion le 31 août 1953 vers Mandalay, il reprit ses occupations habituelles.

    En 1955, la hiérarchie catholique fut établie en Birmanie. Mgr. Falière devint archevêque de Mandalay, et M. Clovis Mainier son vicaire général. En 1959, chez les Chins du nord, le dimanche de Quasimodo, il bénit la nouvelle église de Saïzang, village où il était passé avec son évêque, vingt ans auparavant. Outre son travail ordinaire, il assura un remplacement à la paroisse St.François-Xavier, et fut, pendant un temps curé de la cathédrale.

    En 1961, Mgr. Falière, cinquième et dernier évêque français de Mandalay se retira; il remit l'archidiocèse entre les mains de Mgr.U Win, premier archevêque birman de Mandalay. Ce dernier et ses successeurs confirmèrent jusqu'à sa mort, M. Clovis Mainier dans la charge de vicaire général. Cheville ouvrière de la mission, il aurait été, en d'autres temps, l'évêque auxiliaire et successeur de Mgr.Falière. Il accepta de seconder les trois archevêques birmans successifs de Mandalay; procureur du diocèse, aumônier du couvent et de l'école Saint Joseph, confesseur à la cathédrale, et administrateur de la léproserie, il s'acquitta de toutes ces tâches, à la satisfaction de tous .

    Le 1er janvier 1967, M. Clovis Mainier devint conseiller régional, le départ obligé de 28 jeunes missionnaires en 1966, ayant conduit à réunir en une seule région les communautés missionnaires de Rangoon et de Mandalay. Il assura le lien avec Paris et Hong-Kong. Cette même année, la léproserie étant nationalisée depuis 1965, et pour pallier au manque de prêtres, il fut nommé curé de la paroisse birmane Saint Michel à Tan-Win, un bas quartier très pauvre de la ville de Mandalay et chargé de la desserte d'Amarapura; il garda sa résidence à l'évêché où il s'occupait de la procure et de l'accueil. En 1979, il choisit de prendre la nationalité birmane.

    En mai 1981, un immense incendie ravagea en totalité le quartier de Tan-Win, n'épargnant que l'église et le presbytère de la paroisse St.Michel. Du jour au lendemain, il eut le souci de reloger et d'aider des milliers de sinistrés. Ce fut pour lui une immense douleur. Mais il eut aussi une très grande joie, celle de recevoir, à la fin mars 1982, les membres de sa famille venus à Mandalay pour le voir et lui porter de l'aide.

    En octobre 1982, M. Clovis Mainier dut se résoudre à entrer en clinique, à Mandalay. C'est là qu'il décéda paisiblement le 15 janvier 1983. A la grande fatigue du coeur, était venu s'ajouter un cancer du poumon. Son corps fut transporté à l'évêché et exposé dans la grande salle du rez-de-chaussée. Les prêtres du diocèse se trouvant tous réunis à Mandalay pour la retraite annuelle, la messe des funérailles fut une concélébration grandiose, dans une cathédrale comble. Puis, une longue procession à travers les rues de la ville accompagna M. Clovis Mainier jusqu'au cimetière où lui-même, quinze ans plus tôt, avait conduit Mgr.Falière, son évêque.



    (3537) MAINIER Clovis, Jules

    Notices biographiques. - AME 1935 p. 237. -CR 1935 p. 241. 1938 p. 199. 1939 p. 184-5. 1947 p. 150. 1951 p. 101. 1953 p. 67. 1958 p. 72. 1960 p. 76-7. 1961 p. 80. 1962 p. 92. 1963 p. 97. 1964 p. 65. 1965 p. 122. 1966 p. 169-70. 1967 p. 111-15. 1974-76 p. 177. 1980-1 p. 193. 1982 p. 188-90. - BME 1928 p. 511. 1935 p. 683, 827. 1936 p. 678. 1937 p. 741-2. 1938 p. 63, 349. 1940 p. 144, 217-8, 434, 633, 752. 1941 p. 118, 205, 498. 1948 p. 124-5, 251. 1950 p. 463. 1951 p. 367, 435-6-7, 507. 1953 p. 56, 306, 592-4, 627, 803, 904. 1954 p. 548-54, 702. 1955 p. 1093 ph 623. 1956 p. 178, 287, 792. 1959 p. 362, 647-48. 1961 p. 870. - RMEP 1961 n° 116 p. 10. 1962 n° 121 p. 50. 1965 n° 140 p. 47. 1967 n° 150 p. 26. - EPI 1969 p. 425-44-5, 596, 601. - EC1 n° 318-21, 481, 540-44, 678, 752-55. - EC2 n° 1 p. 4. 2 p. 58. 6 p. 188. 20 p. 182. 28 p. 90-1. 35 p. 279-80. 37 p. 24. 45 p. 293. 54 p. 210-11. 107 p. 150. 110 p. 252-3. 171/C2/435. 173 p. 484. 181 p. 49. 224 p. 17, 21. - HIR n° 116-24-27/8.

    Mémorial MAINIER Clovis, Jules, Marie page 3
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    • Numéro : 3537
    • Année : None