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Elie Jean MAILLOT

MAILLOT Élie (1904 - 1986)
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    MAILLOT Élie

    (1904 - 1986)

    [3387] MAILLOT Élie Jean, Marie, Philomain, est né le 7 juin 1904 à Barboux, diocèse de Besançon (Doubs). Il fit ses études primaires à Barboux et au Russeye et ses études secondaires à Maiche. Il entra ensuite aux Missions Étrangères et fut admis à Bièvres le 15 septembre 1922. Il fut ordonné prêtre le 29 juin 1929 et partit le 8 septembre suivant pour la mission du Kouangsi. Sa vie missionnaire se divise en trois périodes : au Kouangsi (1929-1949); au Vietnam (1949-1967); enfin l'Île Maurice (1970-1977). Puis ce fut la retraite forcée pour cause de maladie, d'abord dans sa famille, puis à Montbeton, où il décéda le 27 février 1986.


    Au Kouangsi (1929-1949)

    La région de Nanning, à l'ouest de Canton, est infestée de brigands, mais profitant d'un moment d'accalmie, le Père Maillot parvint à Long Tchéou, où se trouvait le Père Barrière. Le calme ne devait pas durer longtemps. À la mi-février 1930, les Communistes pillèrent et incendièrent la mission. Les Pères s'enfuirent et réussirent à atteindre la mission de Lang Son, où ils furent accueillis par les Pères Dominicains. Au bout de huit jours le Père Maillot se rendit à Hanoi. Mais il essaya de rentrer au Kouangsi, et en septembre 1931 il fut envoyé à Tai Pin Fou, pour relever les ruines. Il installa d'abord une résidence provisoire, puis reconstruisit le poste et l'église. En 1933, le Père Billaud, arrivé de Paris à Nanning en 1932, est destiné à la région sud où travaille le Père Maillot. Tous les deux vont faire équipe pendant plusieurs années. Tout en travaillant à Tai Pin Fou, le Père Maillot fonda la chrétienté de Palem, à quelques heures de marche de là, et construisit une résidence et un dispensaire, où il put soigner son premier lépreux.

    Depuis 1937 la guerre sévissait entre la Chine et le Japon. Le Japon voulait dominer tout le Sud-Est asiatique. Ce fut alors l'occupation japonaise. Ces incidents n'empêchèrent pas le Père Maillot de faire des plans pour la fondation d'une léproserie à Ting Leung, car il voulait réunir et soigner les nombreux lépreux qui traînaient un peu partout dans la région. Il fallait d'abord obtenir un terrain et c'est grâce à l'intervention d'un personnage important, Ma Sian Pe, un ancien diacre jésuite réduit à l'état laïc, qu'il obtint enfin l'autorisation d'acheter le terrain. Il construisit une vraie cité, la \Cité à la brise légère", telle est la traduction des deux mots chinois : Ting Leung. Pour le soin des malades et pour catéchiser les infirmes qui le désiraient, il fit appel à une petite communauté de religieuses chinoises "les vierges de la Sainte Famille", une congrégation diocésaine.

    Nous sommes en 1939-1940. Au mois d'août 1940, la léproserie de Ting Leung fut complètement pillée par les troupes japonaises. Par peur des Japonais, les malades et le personnel se dispersèrent, puis le "beau temps" revint. Les malades récupérèrent les bâtiments qui n'avaient pratiquement pas été endommagés, et la vie continua pour le Père Maillot, toujours en quête de subsides pour sa léproserie. Il fut décoré de la Légion d'honneur en 1948, mais ne voulut jamais la porter. Et nous arrivons à la fin 1949. La guerre avec les Japonais est terminée. Ce fut alors le "péril communiste". Les troupes de Mao Tse Tung envahirent peu à peu le pays. L'armée nationale chinoise commandée par Chang Kai Chek céda partout du terrain et finit par se replier avec le Gouvernement à Taiwan.

    Le Père Maillot, en 1949, a gagné le Tonkin, où il se trouva bloqué sans pouvoir rentrer au Kouangsi. Il connaissait particulièrement le directeur des Charbonnages du Tonkin. Il proposa ses services, qui furent agréés et rétribués, pour s'occuper de nombreux Chinois venus travailler dans cette entreprise. Il servait alors d'interprète. Peu à peu des religieuses chinoises et des chrétiens purent s'échapper du régime communiste et rejoindre le Père Maillot. Il s'établit dans un centre nommé Montferrand situé entre Campha Mines et Campha Fort.

    Pendant ce temps, les événements suivaient leur cours. Ce furent les accords de Genève, qui coupèrent le Vietnam en deux parties : le Nord jusqu'au 18ème parallèle, abandonné aux Communistes, et le Sud dirigé par un Gouvernement d'union nationale. D'autre part, d'après les accords de Genève, les troupes françaises pouvaient stationner à Haiphong et dans toute la région des Mines jusqu'en mai 1955. Sans plus tarder, le Père Maillot se mit à évacuer tout son personnel, ainsi que tout le matériel dont il disposait... Une fois arrivé dans le Sud, il alla s'établir dans la plantation Michelin de Quanag Loi. Il allait rester là jusqu'en août 1967. Il put ainsi travailler au milieu des Chinois, donna plusieurs baptêmes d'adultes et réussit à avoir 122 chrétiens dans cette plantation. Mais peu à peu, ces Chinois quittèrent la plantation pour devenir commerçants et s'adonner en ville à une profession plus en rapport avec leur tempérament. De plus, l'insécurité augmenta dans le pays et le Père Maillot dut quitter la plantation et la région en août 1967. Il s'en alla à Hongkong où il devint vicaire du Père Madéore à la paroisse de Kennedy Town, puis à notre maison de Béthanie, où il se reposa quelque temps. Puis, il quitta l'Asie pour la France.

    Il retrouva ainsi son pays natal, après un séjour de 39 ans en mission. Mais il rêvait de continuer sa vie missionnaire, et il demanda à partir pour Madagascar. Il fut affecté au centre chinois du Père Cotto à Tamatave, en décembre 1969. Il n'y resta pas longtemps et partit en septembre 1970 pour l'Île Maurice.

    Île Maurice (1970-1977)

    Arrivé à l'Île Maurice, il est nommé vicaire à la cathédrale de Port-Louis. Là, en plus du service paroissial, il commença à visiter les familles chinoises de la paroisse. Chaque jour, il assure à la cathédrale le service des confessions, et est très apprécié des fidèles, des religieuses et des prêtres.

    En juin-juillet 1977, il fut frappé d'une congestion cérébrale bénigne, mais qui entraîna cependant un léger trouble des facultés intellectuelles. Il revint en France et le 12 août 1979, il célébra à Malbuisson son jubilé d'or sacerdotal, et demanda l'autorisation de se retirer à Montbeton.

    Il avait 75 ans. Peu à peu son état de santé se dégrada; les jambes ne le portaient plus, et il devint de plus en plus dépendant. Il rendit son âme à Dieu le 27 février 1986. Le 1er mars, après la messe célébrée dans la chapelle de Montbeton, deux de ses neveux l'emmenèrent au Barboux, sa paroisse natale, où les obsèques furent célébrées le 2 mars après-midi, avec la participation d'une vingtaine de prêtres dont plusieurs Pères MEP. Son corps fut déposé dans le caveau de sa famille.

    Dans sa mission du Kwangsi, toujours plus ou moins en "ébullition", il trouva un ministère qui correspondait à son tempérament, à son goût du risque, à son esprit d'organisation et à son zèle. Il put faire valoir toutes ces qualités pendant 20 ans au Kwangsi, puis à Nanning, puis à l'Île Maurice, jusqu'à sa retraite.


    Références bio-bibliographiques

    AME 1929 p. 186. 187. photo p. 173. 1930 p. 124. 160. 241. 244. 247. 248. 250. 256. 1931 p. 27. 171. 1932 p. 24. 25. 1935 p. 87. 250. 1938 p. 185. 1939 p. 183. 232. CR 1929 p. 235. 1930 p. 140. 142. 1932 p. 149. 150. 404. 1934 p. 118. 1935 p. 112. 1939 p. 101. 1940 p. 65. 1947 p. 310. 477. 1948 p. 69. 1949 p. 75. 1955 p. 38. 1957 p. 55. 1958 p. 53. 1962 p. 64. 66. 1963 p. 71. 72. 1964 p. 37. 1965 p. 80. 1966 p. 92. 96. 1967 p. 48. 1969 p. 163. 164. 1974-76 p. 223. AG80-81 p. 232 - 82 p. 221. BME 1929 p. 575. 758. 1930 p. 51. 55. 240. 310. 383. 492. 578. photo p. 48. 1931 p. 450. 753. 837. 907. 1933 p. 292. 783. 863. photo p. 15. 1934 p. 872. 1935 p. 358. 1937 p. 729. 731. photo p. 32. 1938 p. 118. 120. 258. 421. 1939 p. 203. 1940 p. 656. 750. 1941 p. 105. 338. 480. 555. 623. 759. 1948 p. 50. 231. 233. 1949 p. 47. 484. 706. 707. 1950 p. 62. 121. 1951 p. 318. 511. 744. 1954 p. 316. 784. 899. 1956 p. 267. 1079. 1957 p. 268. 1959 p. 834. 1961 p. 484. 675. EPI 1962 p 491. Enc. PdM. 13P4. Hir 178/1. EC1 N° 179. 182. 193. 196. 495. EC2 N° 2P46 - 9P258 - 27/C2 p. 44 - 56P265 - 69P327 - 75/C2 - 77/C2 - 82P50 - 94P80. 82. 92 - 98P220 - 99P246. 109/C2 - 115P59 - 119P170 - 124/C2 - 127P71 - 133P274. 278 - 205/C2.

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    • Numéro : 3387
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