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Jean Donat Donatien Etienne MAILLARD

[1521]. MAILLARD, Jean-Donat (Donatien-Etienne), né dans la paroisse de Domprel, commune de Grand-Fontaine-sur-Creuse (Doubs), le 6 août 1851, fit ses études au petit séminaire de N.-D. de Consolation, non loin d'Avoudrey, au séminaire de philosophie à Vesoul, et au grand séminaire à Besançon. Il fut ordonné prêtre le 27 août 1876, exerça le ministère à Aïssey pendant un an, puis, ayant suivi Mgr Besson dans le diocèse de Nîmes, il fut vicaire à Bagnols-sur-Cèze pendant quatre années.
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    [1521]. MAILLARD, Jean-Donat (Donatien-Etienne), né dans la paroisse de Domprel, commune de Grand-Fontaine-sur-Creuse (Doubs), le 6 août 1851, fit ses études au petit séminaire de N.-D. de Consolation, non loin d'Avoudrey, au séminaire de philosophie à Vesoul, et au grand séminaire à Besançon. Il fut ordonné prêtre le 27 août 1876, exerça le ministère à Aïssey pendant un an, puis, ayant suivi Mgr Besson dans le diocèse de Nîmes, il fut vicaire à Bagnols-sur-Cèze pendant quatre années.
    Il entra au Séminaire des M.-E. le 11 juillet 1881, et en partit le 12 avril 1882 pour la Cochinchine orientale. Il débuta à Vinh-minh, fut vicaire en 1883 dans le district de Gia-huu, et en 1884 reçut la direction du district de Phu-thuong, dans la province du Quang-nam. Un an plus tard, au moment de la persécution occasionnée par l'expédition française au Tonkin, il organisa ses chrétiens pour résister aux païens, et, de septembre 1885 à juillet 1886, repoussa quatre assauts.
    Par ses instances auprès des autorités militaires, le district de Tra-kieu, voisin du sien, fut délivré des bandes armées qui ne cessaient de l'attaquer. Grâce à son énergie, 900 catholiques bloqués sur les collines de Trung-son furent sauvés, et, pendant deux ans, il aida au ravitaillement de ceux qui s'étaient réfugiés à Tourane. Ses chrétiens, qui avaient commencé par redouter son caractère vigoureux, lui vouèrent une profonde affection et lui donnèrent le titre de \ sauveur de Phu-thuong " qu'il avait bien mérité. Dénoncé aux autorités françaises pour sa conduite que l'on qualifiait de belliqueuse, il alla trouver Paul Bert et se justifia si bien, que le gouverneur général donna l'ordre de le laisser agir à sa guise.
    Les troubles finis, il se rendit en Chine pour s'initier à tout ce qui concerne la manipulation du thé, et, à son retour, il propagea la culture de cette plante ainsi que celle du café. Ayant acquis des terrains, il les partagea entre ses chrétiens, auxquels il fournit des fonds et des plants. D'autre part, il transforma en rizières, non sans peine, des terrains salés aux environs de Tourane ; et ainsi, par ses soins, la région prospéra. Ces services furent reconnus par la décoration du Mérite agricole, et par sa nomination de membre de la Chambre d'agriculture et de commerce de l'Annam. Ses succès apostoliques ne furent pas moindres : il fonda plus de vingt chrétientés, dont les deux tiers ont formé le district de Le-son. Un colon, ennemi des missionnaires, ayant jugé à propos de l'attaquer, il y répondit par une brochure dont la publicité fut assez grande, et força son adversaire au silence sur ce qui concernait Phu-thuong.
    Malade en 1904, il alla se faire soigner à Tourane et à Hong-kong. Aucune amélioration n'en étant résultée, il retourna à Phu-thuong, y continua ses travaux tant qu'il eut quelques forces.
    Devenu incapable de célébrer la messe, il allait communier à l'église. Comme on lui faisait observer qu'il pouvait recevoir la communion dans sa chambre, il répliqua : " Tant que j'aurai un brin de force, le bon Dieu ne se dérangera pas ; j'irai le recevoir chez lui ; quand je ne pourrai plus, alors, Il viendra. " Il succomba le 20 mai 1907. Très souvent il avait déclaré : " Je veux mourir debout et tout d'une pièce. " Le mot peint l'homme ; mais on ne meurt pas comme on veut. Tout au moins, les œuvres qu'il a fondées sont debout et prolongeront son souvenir. Il fut enterré dans l'église de Phu-thuong qu'il avait construite.
    Bibliographie. - Un Camille turbulent et brutal ou mœurs d'un télégraphiste français à Tourane (Annam). - Chez les principaux libraires, Paris, 1891, in-8, pp. 24.
    Notes bio-bibliographiques. - C.-R., 1884, p. 106 ; 1885, pp. 85, 90 ; 1887, p. 147 ; 1888, p. 128 ; 1889, p. 141 ; 1890, p. 127 ; 1891, p. 158 ; 1892, p. 181 ; 1894, p. 211 ; 1895, p. 216 ; 1896, p. 202 ; 1897, p. 163 ; 1898, p. 166 ; 1899, p. 189 ; 1900, p. 158 ; 1901, p. 157 ; 1903, p. 177 ; 1905, p. 152. - M. C., xviii, 1886, Calomnie contre M. Maillard, p. 51. - A. M.-E., 1906, p. 210. - Miss. Quinhon. Mém., 1904-05, pp. 27, 29, 35, 41 et suiv., 57 et suiv., 69, 82, 104, 124, 147, 149, 160, 165 ; 1906, pp. 4, 17, 38, 78, 87 ; 1907, ii, pp. 5, [19] et suiv., 41, 45 ; 1908, p. 46. - L'Univers, 1886 [Lettres], nos des 6, 8, 9 juill. - Le Correspondant, 1889, n° du 10 nov., p. 416.
    Les miss. en Indoch., pp. 72 et suiv. - En Indo-Chine 1896-1897, p. 317.
    Notice nécrologique. - C.-R., 1907, p. 367.


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    • Numéro : 1521
    • Année : None