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Guillaume MAHOT

[26]. MAHOT, Guillaume, naquit entre 1630 et 1640 à Argentan (Orne) où son oncle était curé. Devenu prêtre, et ayant appris que son oncle travaillait à lui laisser sa cure, il s'enfuit à Paris. Son confesseur, le P. Paulin de l'ordre des Ermites de Saint-Augustin, lui ayant reconnu la vocation apostolique, il se présenta au Séminaire des M.-E., et partit pour la Cochinchine le 8 novembre 1665.
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    [26]. MAHOT, Guillaume, naquit entre 1630 et 1640 à Argentan (Orne) où son oncle était curé. Devenu prêtre, et ayant appris que son oncle travaillait à lui laisser sa cure, il s'enfuit à Paris. Son confesseur, le P. Paulin de l'ordre des Ermites de Saint-Augustin, lui ayant reconnu la vocation apostolique, il se présenta au Séminaire des M.-E., et partit pour la Cochinchine le 8 novembre 1665.
    En 1671, avec Mgr Lambert de la Motte et B. Vachet, il pénétra dans sa mission, après avoir fait naufrage sur un îlot peuplé de pirates. Il avait alors le titre de provicaire qu'il conserva jusqu'en 1674. Il évangélisa le Binh-dinh et le Quang-ngai. En 1673, il se rendit à Hué pour remettre au roi des présents que Lambert de La Motte lui adressait. En remerciement, ce prélat fut autorisé par le monarque à venir en Cochinchine ; Mahot alla le chercher au Siam et le conduisit à Hué. L'imprudence d'une mauvaise chrétienne ayant excité une persécution dans le Quang-ngai, le missionnaire fut emprisonné pendant quatre mois, et reçut l'ordre de sortir du royaume. L'année suivante, il passa dans le Binh-thuan qui comptait plus de 50 chrétientés.
    En 1679, Mgr Pallu étant à Rome demanda et obtint, par un décret du 29 janvier 1680, qu'il fût nommé évêque de Bide (à ce sujet l'Hist. Gén. de la Soc. des M.-E. fait erreur, i, p. 242). L'élu refusa d'abord d'accepter cette dignité ; mais sur les instances des missionnaires et des catéchistes, il finit par consentir. Sa consécration épiscopale, faite par Mgr Laneau, eut lieu à Faïfo le 4 octobre 1682 ; après quoi, avec son consécrateur, il tint dans cette même ville un synode où se réglèrent différentes questions d'ordre administratif. Il commença ensuite sa première visite pastorale dont une lettre d'un missionnaire parle en ces termes :
    \ Il s'arrêta six semaines dans une contrée qu'on appelle le bailliage de Baou-Tay, confirma 6 000 personnes, en baptisa 1100, ou leur suppléa les cérémonies du baptême, prêcha, écouta les confessions, termina les différends, pacifia les familles divisées, reçut à la pénitence ceux qui étaient tombés, réveilla la ferveur de ceux qui vivaient dans le relâchement, réunit en communauté les Amantes de la Croix que la persécution avait dispersées, réhabilita 130 mariages, établit 11 nouvelles églises, auxquelles il préposa des chrétiens pieux et bien instruits pour y faire, les jours de fête et de dimanche, les prières et le catéchisme, au défaut des prêtres et des catéchistes ; il acheta avec le secours des chrétiens deux maisons assez grandes, où les malades pauvres devaient être reçus et secourus par la charité, abolit des restes de superstitions que l'ignorance faisait régner parmi les fidèles, assigna des districts aux catéchistes. "
    Il parcourut en 1683 une grande partie de la Cochinchine qui, d'après les lettres des missionnaires, comptait alors huit provinces : Quang-binh, Dinh-cat, Hoé (Hué), Cham (Quang-nam), Quang-nghia, Qui-ninh (Binh-dinh), Phu-yen, Nha-ru ou Binh-kang (Khanh-hoa). A ceux qui lui reprochaient de compromettre gravement sa santé par ses incessants travaux, il répondait : " Il ne m'est pas ordonné de vivre, mais il m'est ordonné de remplir mon ministère. "
    Ou bien encore il disait : " Le métier de missionnaire ne mène guères à la vieillesse. Il faut être toujours sur pié, et quand un pauvre homme se voit presque seul dans une grande province, chargé du soin de vingt ou trente mille âmes, il fait plus qu'il ne peut, le zèle le transporte et l'huile de la lampe est bientôt usée. "
    Il succomba bientôt à Faï-fo, province du Quang-nam, le 1er ou le 4 juin 1684. On lui fit de solennelles funérailles auxquelles assistèrent plus de 2000 chrétiens.
    Notes bio-bibliographiques. - N. L. E., vi, pp. 87 et suiv. - Relat. des miss. des evesq., pp. 21, 134. - Relat. des miss. et des voy. 1672-1675, pp. 1, 10 et suiv., 53 et suiv., 134 et suiv., 145 et suiv., 153, 248 et suiv., 266 et suiv., 334 et suiv. - Relat. des miss. et des voy. 1676-1677, pp. 18, 29 et suiv., 41 et suiv., 154, 187 et suiv. - Ann. Cong. M.-E., p. 134.
    Journ. du voy. de Siam, p. 166. - Hist. gén. miss. cath., ii, 2e part., pp. 404, 481. - Docum. hist., Tab. alph. - Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. - Miss. orig. du dioc. Séez, p. 3. - La Coch. rel., i, pp. 288 et suiv., 301 et suiv., 309 et suiv. - Lett. à l'év. de Langres, pp. 62, 90, 348. - Lett. de Mgr Pallu, Tab. alph. - Hist. de l'ét. du Christ., ii, pp. 19, 94 et suiv., 142 et suiv., 220 et suiv., 238, 250, 256 et suiv., 279 et suiv., 284 et suiv. - La Franc. pont., ii, p. 689.


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    • Numéro : 26
    • Pays : Vietnam
    • Année : None