Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Napoléon François LIBOIS

[430]. LIBOIS, Napoléon-François, originaire de Chambois (Orne), où il naquit le 14 décembre 1805, était en 1824 maître d'études au petit séminaire de Séez. Après son ordination sacerdotale qui eut lieu le 18 septembre 1830, il devint professeur de philosophie dans la même maison ; il demanda et obtint d'y introduire l'enseignement de la musique vocale et du plain-chant ; en même temps il était aumônier des religieuses de la Sainte-Famille. Il fut nommé chanoine honoraire par son évêque, A. Saussol, à la fin de 1832 ou au commencement de 1833.
Add this
    [430]. LIBOIS, Napoléon-François, originaire de Chambois (Orne), où il naquit le 14 décembre 1805, était en 1824 maître d'études au petit séminaire de Séez. Après son ordination sacerdotale qui eut lieu le 18 septembre 1830, il devint professeur de philosophie dans la même maison ; il demanda et obtint d'y introduire l'enseignement de la musique vocale et du plain-chant ; en même temps il était aumônier des religieuses de la Sainte-Famille. Il fut nommé chanoine honoraire par son évêque, A. Saussol, à la fin de 1832 ou au commencement de 1833.
    Il entra le 29 juillet 1836 au Séminaire des M.-E., et partit le 20 février 1837 pour les missions ; il devait aller à Hing-hoa (Fo-kien), ou rester à la procure de Macao. Ce dernier poste lui incomba ; il y fit fonctions de sous-procureur. En 1842, il devint procureur, et acquit une réputation justifiée de sagesse ; sa prudence était telle que d'aucuns l'ont parfois jugée trop grande. Dès le début, il continua les bonnes relations que ses prédécesseurs avaient entretenues avec les officiers de la marine française faisant escale à Macao, peut-être même les rendit-il encore plus cordiales, comme on le voit par sa correspondance avec plusieurs d'entre eux.
    Il eut de fréquents rapports avec le plénipotentiaire français, de Lagrené, qui estimait fort sa discrétion et son expérience. Le procureur avait des sentiments de sincère reconnaissance pour notre représentant ; il défendit son uvre, le traité du 24 septembre 1844, contre certains missionnaires trop portés à désirer davantage, sans tenir compte des difficultés vaincues et des progrès réalisés.
    En 1847, Libois reprit le projet de son prédécesseur Legrégeois, et s'occupa de transférer la procure à Hong-kong, où, sous le gouvernement anglais, les procureurs et les missionnaires, leurs hôtes, devaient trouver plus de tranquillité que sous l'autorité trop souvent tracassière et ombrageuse du Portugal ; ceci soit dit sans oublier les services très réels que ce dernier pays rendit aux missions. Ce transfert se réalisa définitivement dans les premiers mois de l'année 1847. Au cours de l'année suivante, le procureur retourna cependant plusieurs fois à Macao pour y régler les comptes.
    Les provinces du Kouang-tong et du Kouang-si ayant été confiées à la Société des M.-E. en 1848, mais sans supprimer la juridiction que l'évêque de Macao y possédait, Libois en fut, cette même année, nommé supérieur, et, le 30 janvier 1850, préfet apostolique. Cette nomination fut intimée à l'évêque de Macao, H.-J. da Matta, qui s'opposait à l'apostolat des missionnaires français au Kouang-tong et au Kouang-si. De plus, par le bref Probe noscis (Jus Pont. de Prop. Fid., vi, 1re part., p. 86), du 10 février 1850, Pie IX fit connaître à l'évêque que, s'il se refusait à accorder des pouvoirs aux prêtres des M.-E., lui-même les donnerait. La fonction de préfet apostolique telle que l'exerça Libois, tout en restant procureur général, consista principalement à envoyer quelques missionnaires dans le Kouang-tong ; et, au dire de plusieurs, ses conseils en cette occasion dénotaient, ce qui était tout naturel, une certaine inexpérience de la vie dans les districts. Il garda cette charge jusqu'en 1853. En 1854, il fut nommé supérieur de la mission du Japon, et le demeura jusqu'en 1857 ; son action n'eut guère à s'exercer, puisque le Japon était alors complètement fermé à l'apostolat.
    En mars 1857, il se rendit à Singapore avec M. Osouf, et y acheta, le 24 de ce mois, le terrain sur lequel est situé la procure des M.-E. ; peu après il retourna à Hong-kong.
    L'expédition anglo-française en Chine le mit en rapport avec les officiers supérieurs anglais et français, et lui permit de leur rendre des services. Il donna deux missionnaires comme interprètes, l'un, Deluc, au général en chef de l'armée française, Cousin-Montauban ; l'autre, Delamarre, à l'ambassadeur de France, baron Gros.
    L'ambassadeur lui ayant offert le choix d'une récompense, il demanda la franchise postale pour les correspondances des procureurs et des missionnaires avec le Séminaire des M.-E. On la lui accorda. Cette faveur s'est perpétuée pendant une quarantaine d'années.
    En 1864, Libois alla installer M. Cazenave à la procure de Chang-haï, dont les missions de Chine désiraient depuis longtemps l'établissement régulier.
    Il fut le dernier des procureurs qui reçut des missionnaires sans destination précise, et put les diriger vers les missions qu'il jugeait les plus nécessiteuses. Dès lors, par suite de l'ouverture de l'Extrême-Orient, de la fréquence et de la rapidité des relations avec l'Europe, le Séminaire des M.-E. ne laissa plus cette initiative au procureur général, et le fait n'arriva à ses successeurs que très exceptionnellement.
    En 1866, le procureur fut appelé au Séminaire des M.-E., reçu directeur le 7 mai de la même année, et, quelques mois plus tard, nommé procureur de la Société à Rome. Il demeura d'abord au séminaire français, puis acheta, via Poli, une maison qui devint la procure. C'est dans cette maison que logèrent la plupart des vicaires apostoliques venus au concile du Vatican en 1870, et que se tinrent les réunions pour la révision du Règlement général de la Société. Libois y mourut le 6 avril 1872 ; il fut enterré au cimetière de Rome (agro Verano). On a dit de lui \ qu'il n'avait fait de bruit nulle part, et qu'il avait fait du bien partout ".
    Armes. - Lorsque M. Libois fut nommé préfet apostolique de la mission du Kouang-tong et Kouang-si, il choisit ces armes : Coupé : au 1 d'azur au monogramme des M.-E. d'argent ; au 2 d'argent au tombeau de saint François-Xavier au naturel (Les mêmes à peu près que celles de Mgr Guillemin).
    Devise. - Defunctus adhuc loquitur.
    Notes bio-bibliographiques. - C.-R., 1872, p. 50 ; 1912, p. 339. - A. P. F., xv, 1843, p. 449. - A. S.-E., vi, 1854, Les baptêmes dans les hospices du gouvernement chinois, p. 219 ; Ib., p. 398 ; vii, 1855, p. 140. - M. C., iv, 1871-72, pp. 317, 400. - Sem. rel. Séez, 1906, Notice, p. 848. - Le Correspondant, 1846, p. 902.
    L'expéd. de Chine 1857-58, Tab. alph. - Souvenirs, ii, pp. 92, 137, 401 ; iii, pp. 53, 71, 108, 168, 230. - Docum. hist., Tab. alph. - Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. - Hist. miss. Kouang-si, Tab. alph. - Hist. miss. Kouy-tcheou, Tab. alph. - Hist. miss. Thibet, Tab. alph. - Miss. orig. du dioc. Séez (même Notice que Sem. rel. Séez), p. 20. - La Rel. de Jésus, i, pp. 94 et suiv., 124, 191 et suiv., 219 et suiv., 227 et suiv., 233, 248, 262, 279, 296 et suiv., 335 et suiv., 376 et suiv., 400, 408 et suiv., 434, 466, 551 et suiv. - Camp. du Cassini, pp. 105, 172, 191. - Vie de Mgr de Forbin-Janson, p. 289. - Les miss. domin., ii, p. 442. - Lett. ch. du Bx Th. Vénard, pp. 433, 439, 488, 557. - Descrip. méthod., Tab. alph. - Vie de Mgr Forcade, p. 45.
    Collect., 30 mars 1851 : n° 517.
    Portrait. - M. C., iv, 1871-72, p. 404.


    "
    • Numéro : 430
    • Année : None