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Claude François LETONDAL

[268]. LETONDAL, Claude-François, procureur à Macao et fondateur du Collège général à Pinang, était originaire du hameau des Courtots dans la paroisse de Montbenoît, commune de La Longeville (Doubs). Il naquit vers 1753. Il entra prêtre au Séminaire des M.-E. le 26 avril 1784, et partit le 12 mars 1785 pour la procure de Macao où il succéda à Descourvières. Dès les débuts de son administration, il se montre actif et entreprenant.
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    [268]. LETONDAL, Claude-François, procureur à Macao et fondateur du Collège général à Pinang, était originaire du hameau des Courtots dans la paroisse de Montbenoît, commune de La Longeville (Doubs). Il naquit vers 1753. Il entra prêtre au Séminaire des M.-E. le 26 avril 1784, et partit le 12 mars 1785 pour la procure de Macao où il succéda à Descourvières. Dès les débuts de son administration, il se montre actif et entreprenant. Il entretient avec les officiers de la marine française, dont les navires relâchent à Macao, les meilleures relations : La Pérouse, d'Entrecastraux, Richery, de Kersaint le traitent avec affection et respect ; il en profite pour leur demander, ainsi qu'au gouverneur de Pondichéry et au consul de France à Canton, de Guignes, leur protection contre les Portugais, toujours plus ou moins hostiles aux procureurs et aux missionnaires français. Bientôt, d'ailleurs, il se met en bons termes avec l'évêque de Macao.
    Il paraît estimer que sa situation lui donne le devoir de renseigner le Séminaire des M.-E. sur les événements des missions, et sur la condition des missionnaires et des évêques. En 1790, apprenant les débuts du catholicisme en Corée, il demande que le Séminaire y envoie des prêtres. Quand la Révolution française prive l'apostolat d'hommes et de ressources, il écrit aux missions \ de s'arranger comme s'il n'y avait plus rien à attendre de France ", et le premier, il met en pratique le conseil qu'il donne. Dès 1793, il négocie, avec les autorités civiles et religieuses de Manille, l'établissement dans cette colonie espagnole du Collège général détruit par les Birmans lors de la prise de Juthia, plus ou moins rétabli au Cambodge et en Cochinchine, transféré à Pondichéry, où, trop éloigné des missions de Chine et d'Indo-Chine, il a cessé d'exister faute d'élèves. Le vicaire général qui gouverne le diocèse tient le procureur en grande estime ; il lui envoie de l'argent, l'invite à aller aux Philippines pour quêter et pour s'occuper de la fondation du Collège. Tout d'abord, Letondal se contente d'envoyer des mémoires sur la Société des M.-E., sur ses besoins, sur l'utilité de la maison qu'il projette ; en 1798, il se rend à Manille, est bien accueilli par le gouverneur, de Aguilas, reçoit des dons, et, à son retour à Macao, adresse une lettre à tous les vicaires apostoliques des M.-E., demandant de prier pour leurs bienfaiteurs espagnols. Ces démarches ne l'empêchent pas de gérer la procure avec soin, de rendre service au consul de France, de Guignes, qui lui confie ses papiers, de proposer à l'ambassadeur anglais en Chine, lord Macartney, un plan pour lui fournir des interprètes, et d'exhorter sa famille de Franche-Comté à conserver la foi au milieu des troubles de la Révolution.
    Désireux " de constituer un capital aux M.-E. " ruinées par la Révolution, il part en 1801 pour le Mexique, afin de faire appel à la charité ; il y passe près de trois ans en quêtes continuelles et assez fructueuses ; il revient à Macao en 1805, et les lettres de remerciement qu'il adresse au Mexique, aux autorités civiles, à l'archevêque de Mexico, F. X. de Lizana, à des religieux, des religieuses, des séculiers, montrent combien de relations il a nouées. Il reprend alors son projet d'établir le Collège général à Manille, où il a obtenu un terrain et l'autorisation du gouverneur de la colonie. Pour réaliser son dessein il ne lui manque plus que la permission du roi. Il la sollicite, et prie la Propagande d'appuyer sa démarche ; il indique même que la maison devra être sous la juridiction de la Sacrée Congrégation. La réponse de Rome est favorable, mais l'autorisation royale n'arrive pas.
    Alors, de concert avec Garnault, vicaire apostolique du Siam, il se décide à installer le Collège général à Pinang ; il prie Lolivier, missionnaire à Hing-hoa dans le Fo-kien, de se rendre dans cette île pour prendre la direction de la future maison, que lui-même va établir en 1807 dans la ville même de Georgetown, capitale de l'île. Il étudie la situation spéciale de ce Collège, établi pour recevoir des élèves de toutes les missions, et par conséquent ne devant pas être sous la direction du curé de Georgetown, Rectenwald, qui la réclame, et pas davantage sous celle du vicaire apostolique du Siam ; et il met en avant l'idée que le supérieur soit revêtu du caractère épiscopal. Il revient à Macao en 1808, à temps pour subir de nouveaux ennuis de la part des Portugais. Il dénonce ces vexations au représentant du Pape à Lisbonne, en demandant sa protection qui lui est accordée. Les archives du gouvernement à Macao possèdent encore le rescrit de la reine de Portugal, Marie, ordonnant que, à sa rentrée dans la colonie, Letondal " ne soit ni attaqué, ni lésé, ni malmené par quiconque. " Désormais, chaque année, le procureur pourra se rendre à Pinang et revenir en toute liberté. Dans un de ses voyages, il fait changer le Collège de place et le transfère à environ 4 kilomètres de la ville, à Pulo Tikus, sur le terrain où il est actuellement. Il achète à Georgetown des maisons dont les revenus pourront être employés pour la nouvelle institution. Malheureusement, le 29 juin 1812, un incendie détruit ces maisons<<1. Le terrain sur lequel elles étaient situées demeura inoccupé pendant une vingtaine d'années, puis fut vendu vers 1837 ou 1838, par M. Albrand, sans doute afin de pouvoir construire une partie des bâtiments qui durèrent jusqu'en 1888 et 1889.>>.
    Sur les conseils du gouverneur des Straits Settlements, Letondal part pour Calcutta solliciter la charité anglaise ; grâce à M. Palmers, il trouve quelques secours. Il se rend alors à Pondichéry pour s'entretenir du Collège général avec le supérieur de la mission. C'est sa dernière étape : il meurt le 17 novembre 1813 à Pondichéry, ayant pendant 28 ans travaillé pour le bien général de la Société des M.-E., avec un zèle infatigable et une initiative hardie, prudente et heureuse, qu'aucun de ses prédécesseurs n'avait égalés.
    Bibliographie. - Les brochures ci-après indiquées furent publiées sous son inspiration et avec les documents qu'il donna ; il en écrivit la Préface.
    Tribulaciones de los fieles en la parte oriental de la Asia, Dálas á Luz Don Manuel Antonio Valdés. - En la Imprenta de D. Mariano Joseph de Zuñiga y Ontiveros, Mexico, año de 1803, in-8, pp. 45.
    Relacion de las tribulaciones de los fieles, y de las necesidades del sagrado ministerio, para conservar la semilla de la fe y propagarla en las partes orientales de la Asia, dedicada a la gloriosisima patrona universal de la América septentrional, la Santisima Virgen de Guadalupe nuestra señora. - En la Imprenta de Don Mariano de Zuñiga y Ontiveros, Mexico, año de 1804, in-8, pp. 96 + tab.
    Extracto y compendio del plan de un Seminario magno y Colegio de misiones de varias lenguas, ciencias y artes, para convertir a la fe y religion catolica mas de 660 millones de infieles, existentes en la Asia y Américas, y poderlos salvar a todos, segun la voluntad de Dios. - In-8, pp. 4, s. d. l. n.
    Notes bio-bibliographiques. - N. L. E., ii, pp. 92, 395, 398, 410 et suiv., 497 ; iii, Abrégé d'une relation de la persécution exercée contre le christianisme dans la province de Canton en 1797, p. 270 ; Ib., pp. 371 et suiv. ; iv, p. 207 ; Ib., Affaire du P. Adéodat, p. 232 ; Ib., pp. 240, 263, 352, 539, 562 ; v. pp. 148, 237, 362, 589 ; vii, pp. 54, 148. - Nouv. des miss. or. 1785-1786, 2e part., p. 232. - Nouv. des miss. or. 1787-1789, 1re part., p. 139 ; 2e part., pp. 63, 66, 206. - Estrat. del lett., i, p. 1. - A. M.-E., 1908, p. 114. - T'oung-pao, 2e sér., viii, 1907, p. 458 [Tirage à part : La Corresp. gén. de la Coch., p. 136]. - Bull. Soc. acad. indoch., 2e sér., 1882-83, p. 109.
    Hist. gén. miss. cath., ii, 2e part., p. 642. - Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. - Lett. à l'év. de Langres, pp. 216, 303, 304, 487.


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    • Numéro : 268
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