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Victor LEROUX

LEROUX Victor (1913 - 1989) [3593] LEROUX Victor, André, est né le 20 juillet 1913 à Cabane en Siran, diocèse de Saint Flour (Cantal). Il fit ses études primaires à Siran, et ses études secondaires à Aurillac. Puis, il entra aux Missions Étrangères le 6 septembre 1930. Ordonné prêtre le 4 juillet 1937, il partit pour la mission du Sichang-Kientchang le 14 septembre 1937.
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    LEROUX Victor

    (1913 - 1989)

    [3593] LEROUX Victor, André, est né le 20 juillet 1913 à Cabane en Siran, diocèse de Saint Flour (Cantal). Il fit ses études primaires à Siran, et ses études secondaires à Aurillac. Puis, il entra aux Missions Étrangères le 6 septembre 1930. Ordonné prêtre le 4 juillet 1937, il partit pour la mission du Sichang-Kientchang le 14 septembre 1937.

    Le voyage jusqu'à Kunming, via Hanoi, et le chemin de fer du Yunnan fut facile, mais il fallut ensuite chevaucher à dos de mulet, en se joignant à des caravanes, pour traverser de profondes vallées et des chaînes de montagnes élevées. Il arriva à Ningyuanfu en novembre 1937.

    Après un voyage mouvementé pour aller voir son frère aîné Jules à Lentsi, Victor dut s'installer chez son vicaire apostolique dès le 15 avril pour commencer l'étude du chinois. On l'envoya bientôt continuer cette étude à Hosi et au mois d'août, il fut nommé chef du poste de Hongpouso, à l'extrême Sud de la mission. Là, il eut à souffrir de l'inflation, des impôts nouveaux et de la disette en raison de la guerre sino-japonaise qui affecta indirectement la mission de Kientchang.

    En août 1941, M. Leroux fut nommé à Hosi. Les missionnaires pouvaient se déplacer comme ils voulaient, et M. Leroux en profita pour aller visiter ses chrétiens dispersés. À cette époque, les chrétiens eurent à subir de nombreuses vexations : perquisitions, réquisitions de presbytère, et même des tortures. Le Père ne resta pas longtemps dans ce village, car Mgr Baudry le nomma, en 1943, à Fulin, dans l'extrême Nord de la mission. Ce poste venait d'être complètement pillé, mais M. Leroux, profitant d'une accalmie, se mit à relever les ruines.

    La fin de la grande guerre de 1945 pouvait laisser espérer un renouveau de l'action missionnaire, mais une autre guerre, locale celle-là, menaça le Kientchang : la lutte entre Chinois et Lolos.

    Le 27 mars 1950, l'armée communiste arriva à Sichang. Le Père fut transféré à Yeusi, mais la domination communiste devenait de plus en plus lourde, et rendit la vie du missionnaire très difficile. Il dut travailler de ses mains pour survivre. En juillet 1952, il fut arrêté et expulsé et arriva à Hongkong au mois de septembre.

    Le 30 septembre, il monta sur un bateau en partance pour la France, mais s'arrêta et débarqua à Saigon. Après un court séjour, il prit un avion pour la France où il arriva le 4 avril 1953. N'ayant que quarante ans, il rêvait de retourner en mission. Ses supérieurs de la rue du Bac l'affectèrent à la mission de Malacca le 1er avril 1954.

    Mgr Olçomendy l'envoya pour quelques mois à Kajang, à 25 km au sud de Kuala Lumpur, pour apprendre le dialecte chinois hakka, sous la direction de M. Mamet. Lors de la division du diocèse en 1955, il fut nommé à la paroisse de la Sainte Famille à Singapore, où il put faire usage de la langue anglaise qu'il avait bien apprise. Il parlait également le mandarin. En février 1959, il fut nommé curé de Segamat, en Malaisie, à 200 km de Singapore. Cette paroisse comprenait environ 700 Chinois et quelques Indiens et Eurasiens. En dehors de la ville, il y avait des villages stratégiques où avaient été regroupés les paysans chinois pendant la guerre japonaise. Ce fut pour l'armée un bon moyen de contrôler la rébellion communiste. Le Père allait souvent visiter ces villages. Puis il fonda la Conférence de St Vincent de Paul et la Légion de Marie. Même avant les décrets de Rome concernant les innovations liturgiques, il se mit à dire la messe face au peuple, et introduisit chinois et anglais dans les textes, en plus du latin.

    Il prit un congé pour se rendre en France en 1959, et au bout d'un an, il revint dans sa mission, le 25 octobre 1960. À Singapore, il retrouva sa paroisse de la Sainte Famille, où se trouvaient MM. Munier et Amiotte. Il se mit au travail, mais arrivant à la cinquantaine, sa santé, malgré les apparences, laissait à désirer. Sa colonne vertébrale devint douloureuse et les traitements n'apportèrent guère d'amélioration. Alors il décida de rentrer en France définitivement en août 1962.

    On le nomma chapelain des Clarisses de Périgueux, mais le climat de cette région ne lui convenait pas, alors on l'envoya en juin 1965 à St Rémy, dans le diocèse d'Aix en Provence. Puis en avril 1971, il partit pour l'Afrique, où il fut accepté pour trois ans, en Côte d'Ivoire. Il fut nommé à Danané, poste perdu dans la brousse africaine, tout près de la frontière avec le Libéria. Sa santé malheureusement se détériora et il dut quitter l'Afrique le 22 avril 1974 pour revenir en France.

    Il passa les dernières années de sa vie, soit chez ses amis près d'Avignon, soit dans son village natal de Siran en Auvergne. Il dut faire plusieurs stages en clinique et en maison de repos, et il mourut à l'hôpital d'Apt, le 1er juillet 1969.

    Missionnaire un peu remuant en raison de son esprit d'indépendance, il fut un prêtre très zélé, entreprenant et généreux.


    Références bio-bibliographiques

    AME 1937 p. 239. CR 1937 p. 233. 1939 p. 67. 1948 p. 38. 1967 p. 153. BME 1929 p. 704. 1937 p. 674. 720. 817. 868. 894. 1938 p. 45. 110. 331. 465. 466. 608. 752. 839. 1939 p. 194. 1940 p. 486. 610. 1941 p. 755. 1948 p. 86. 88. 310. 1949 p. 178. 378. 1950 p. 501. 562. 1951 p. 439. 1952 p. 495. 644. 646. 704. 1953 p. 294. 414. 1954 p. 492. 598. 809. 1958 p. 270. 728. 729. 1960 p. 1027. MDA 1960 p. 40 (art.). Hir n° 137 - 236. ISG 60.EC1 N° 362. 511. 524. 537. 555. 556. 663. 686. 721. EC2 N° 94/C2. MEM 1989 p. 69.

    • Numéro : 3593
    • Année : None