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Dominique LEFEBVRE

[418]. LEFEBVRE, Dominique, naquit à Courtonne-la-Meurdrac (Calvados) le 1er août 1810, fut élève au petit séminaire de Lisieux et au grand séminaire de Bayeux. Il entra diacre au Séminaire des M.-E. au commencement de septembre 1833, fut ordonné prêtre le 20 décembre 1834, et partit pour la Cochinchine le 15 mars 1835. Il débarqua au Tonkin, apprit la langue près du Bx P. Borie, dans le Bo-chinh, et entra en Cochinchine au moment où la persécution battait son plein.
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    [418]. LEFEBVRE, Dominique, naquit à Courtonne-la-Meurdrac (Calvados) le 1er août 1810, fut élève au petit séminaire de Lisieux et au grand séminaire de Bayeux. Il entra diacre au Séminaire des M.-E. au commencement de septembre 1833, fut ordonné prêtre le 20 décembre 1834, et partit pour la Cochinchine le 15 mars 1835. Il débarqua au Tonkin, apprit la langue près du Bx P. Borie, dans le Bo-chinh, et entra en Cochinchine au moment où la persécution battait son plein. Il commença par diriger le petit séminaire situé en Basse-Cochinchine, et séjourna ordinairement à Cai-nhum ou à Cai-mong, dans la province de Vinh-long ; mais il était souvent obligé de fuir pour échapper aux perquisitions.
    Choisi en 1840 pour provicaire, puis pour coadjuteur par Cuenot, il fut, en vertu d'un bref du 10 décembre 1839, sacré évêque d'Isauropolis à Go-thi le 1er août 1841.
    Comme, à cette époque de persécution, Rome ne pouvait être rapidement informé des événements qui se passaient dans les missions de l'Annam, et qu'elle tenait à parer à toutes les éventualités, elle avait, par le bref Pastorale officium (Jus Pont. de Prop. Fid., v, p. 263), du 26 février 1841, nommé Lefebvre vicaire apostolique de la Cochinchine, en cas de mort de Cuenot.
    Revenu en Basse-Cochinchine, l'évêque fonda, en 1844, le couvent des Amantes de la Croix à Cai-mong. Cette même année, le 3 octobre, il fut arrêté près de Cai-nhum ; conduit à Hué, il fut condamné à mort par les mandarins ; mais le roi Thieu-tri qui craignait d'attirer sur lui la colère de l'Europe, ne se pressa pas de ratifier la sentence, et, au printemps de 1845, le prisonnier fut délivré par le contre-amiral français Cécille. Il débarqua à Singapore en avril, et y apprit que Grégoire XVI venait de lui confier le vicariat de la Cochinchine occidentale, créé le 11 mars 1844, et comprenant aussi le Cambodge. Il s'embarqua le 23 mai 1846, avec le missionnaire Duclos et trois séminaristes, pour gagner sa mission ; mais des douaniers les arrêtèrent le 8 juin suivant, au moment où ils remontaient la rivière de Saïgon. Vainement les proscrits tentèrent-ils d'acheter leur libération, ils furent livrés aux mandarins et conduits à Saïgon, d'où Lefebvre fut transféré à Hué. On le condamna de nouveau à la peine capitale avec sursis ; puis, après l'avoir gardé quelque temps dans la maison des ambassadeurs, on l'emmena à Singapore, et on le remit aux autorités anglaises. Le gouverneur des Straits Settlements lui offrit son yacht pour le reconduire dans sa mission, et demanda au gouverneur de l'Inde d'envoyer des navires afin d'obtenir l'entrée des missionnaires en Annam ; l'évêque déclina cette offre en déclarant \ que, pour l'honneur de son pays, il avait toujours refusé l'assistance des autres nations ".
    L'année suivante, il rentra dans la Cochinchine par une des embouchures du Mékong, se cacha tantôt à Thi-nghe, tantôt à Lai-thieu, et, du fond de sa retraite, administra son vicariat. Le 13 juin 1847, il sacra évêque de Dansara son coadjuteur J.-C. Miche. Peu après il demanda et obtint la division de sa mission. Par le bref Quoties benedicente (Jus Pont. de Prop. Fid., vi, 1re part., p. 103) du 30 août 1850, Pie IX sépara le Cambodge de la Cochinchine occidentale, après avoir, le 27 août précédent, nommé Miche vicaire apostolique du Cambodge.
    Lorsqu'en 1858 la France fit l'expédition de Cochinchine, la persécution redoubla de violence. L'évêque, dont la tête avait été mise à prix, s'était caché dans la plaine de Rach-bang, d'où un courageux annamite le conduisit en barque jusqu'aux vaisseaux français embossés devant Saïgon.
    Après la prise de cette ville, 1859, il s'installa sur le territoire qui forme aujourd'hui la chrétienté de Xom-chieu, et réunit autour de la ville de nombreux fidèles accourus des régions persécutées. Vers la fin de 1860, il se fixa à Saïgon même, organisa quelques uvres, particulièrement à Cho-quan un petit hôpital où se dévouèrent les religieuses de Saint-Paul de Chartres, déjà installées à Saïgon sur la demande du gouverneur de la Cochinchine, et il appela les Carmélites dans son vicariat. Fort affaibli, il donna sa démission en 1864, se rendit à Rome, puis en France, et expira le 30 avril 1865, peu après son arrivée à la procure des M.-E. à Marseille ; il fut enterré dans le cimetière de cette ville.
    Il devait à son détachement de toutes choses une sérénité qui ne l'abandonnait jamais, même aux heures les plus critiques. Plein d'affection pour les Annamites, il se donnait réellement à tous, et aimait particulièrement les pauvres et les enfants. Son souvenir est demeuré vivant en Cochinchine occidentale, où l'on parle encore aujourd'hui de l'évêque Dominico ; à Saïgon, une rue porte son nom.
    Bibliographie. - (Livre pour l'instruction des catéchumènes). - Imprimerie de la mission, Saïgon-Tandinh, 1869, in-16, pp. 16 ; 2e édit., 1882, in-8, pp. 28 ; 3e édit., 1892, in-8, pp. 34 ; 4e édit., 1911, in-8, pp. 34.
    Notes bio-bibliographiques. - C.-R., 1877, p. 64 ; 1909, p. 191. - A. P. F., xiv, 1842, p. 478 ; xv, 1843, p. 117 ; xvii, 1845, Son arrestation en 1844, p. 515 ; xviii, 1846, pp. 95, 471 ; xix, 1847, p. 359 ; Ib., Son arrestation et sa délivrance en 1846-47, p. 361 ; Ib., p. 376 ; xxi, 1849, Relation du martyre de Matthieu Gam, p. 356 ; xxvi, 1854, Relation du martyre de Philippe Minh, p. 138 ; xxxi, 1859, p. 328 ; xxxvii, 1865, p. 335. - A. S.-E., i, 1843-48, p. 207 ; ii, 1848-50, p. 357 ; v, 1853, p. 172 ; vii, 1855, p. 69 ; x, 1858, p. 306 ; xiii, 1861, p. 248 ; xv, 1863, Fondation de l'orphelinat des Surs de Saint-Paul, p. 375 ; xvii, 1865, p. 215.
    B. O. P., 1892, p. 582. - Sem. liturg. Marseille, 1865, p. 288. - Sem. rel. Bayeux, 1865, pp. 137, 189, - Am. de la Rel., cxxii, 1844, pp. 138, 410 ; cxxvi, 1845, p. 747 ; cxxviii, 1846, p. 61.
    Chinese Reposit., xvi, 1847, Details respecting Cochin-China, p. 554. - The Journ. of the Ind. archip., i, 1847, Details respecting Cochin-China written by his Lordship for this journal at the instance of the Hon. Butterworth, C. B., Governor of the Straits Settlements, p. 49 ; Ib., Narrative of the events connected with the arrest of the RR. Mgr Le Febvre (sic) by the Cochin-Chinese Govt, in 1846, p. 109.
    Les Sauv. Bahn., pp. 251, 253. - Le Tonk. de 1872 à 1886, p. 9. - L'emp. d'Annam, p. 122. - Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. - Vie de Mgr de Marion-Brésillac, p. 412. - La Coch. rel., ii, pp. 99, 100, 148 et suiv., 234 et suiv., 284, 337 et suiv., 346 et suiv., 353 et suiv., 371 et suiv., 443, 517 et suiv., 544. - La Franc. pont., ii, p. 698. - Nuove glorie, pp. 151, 162.
    Collect., 27 sept. 1843 : n° 41 ; 30 sept. 1848 : nos 419, 1870 ; 12 mai 1850 : n° 1059 ; 12 juin 1850 : nos 326, 1457 ; 20 juill. 1851 : n° 2117 ; 23 juill. 1851 : n° 727 ; 19 août 1851 : n° 1230 ; 24 août 1851 : n° 1495 ; 9 juin 1853 : n° 327 ; 30 juil. 1854 : n° 1151.


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    • Numéro : 418
    • Année : None