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Robert Etienne Joseph LEBAS

[ 3404 ] LEBAS Robert, Etienne, Joseph Missionnaire Pakhoi - Hanoï - Saïgon - Madagascar ------------
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    [ 3404 ] LEBAS Robert, Etienne, Joseph

    Missionnaire

    Pakhoi - Hanoï - Saïgon - Madagascar

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    Robert, Etienne, Joseph LEBAS naquit le 25 janvier 1905, à Lille, paroisse Saint Vincent de Paul, diocèse de Lille, département du Nord. Son père était ingénieur de l'école centrale textile, sa mère se dévouait aux oeuvres de la paroisse. La famille comptait six enfants, trois garçons et trois filles. Durant la première guerre mondiale, Robert fut élève au petit lycée Condorcet de Paris. En 1913, il commença ses études secondaires au Collège Jeanne d'Arc, rue Colbert, à Lille; c'est là qu'il les poursuivit de 1919 à 1923. Il se dirigea alors vers le grand séminaire St.Thomas d'Annappes (Nord) où il ne passa que quatre mois.

    Le 7 janvier 1924, M. Lebas demanda son admission au séminaire des Missions Etrangères; le 12 mars 1924, il entra laïque au séminaire de Bièvres. Ses études furent interrompues par le service militaire en 1927. Ordonné prêtre le 21 décembre 1929 par Mgr.Deswazières, il reçut, le jour de Noël 1929, sa destination pour le vicariat apostolique de Pakhoi, qu'il partit rejoindre le 28 avril 1930. Il s'embarqua à Marseille, à bord du \Porthos", le vendredi 2 mai 1930.

    Le 6 juin 1930, après une escale à Hong-Kong, M. Lebas arriva dans sa mission; Mgr. Pénicaud, son évêque était en France pour l'Assemblée Générale de la Société; M.Genty provicaire l'accueillit et l'envoya au petit séminaire pour apprendre le cantonnais, et enseigner le latin à cinq jeunes chinois. Six mois après, M.Lebas fut nommé vicaire à la paroisse de Pakhoi, sous la direction de M. Cellard; en février 1932, outre son travail ordinaire, il reçut l'administration du vaste district de Tsap-ly, à 60 kms de Pakhoi, où il prit la succession de M Sonnefraud. En 1933, il établit à Pakhoi la Croisade Eucharistique, et un patronage très sportif. Il lança ensuite le mouvement de l'Apostolat de la Prière, et porta une attention particulière aux oeuvres de jeunesse, au groupe d'enfants de choeur, et au travail de l'école catholique.

    Le 6 janvier 1936 au soir, après avoir contourné la presqu'île de Leizhou, M. Lebas débarqua à Fort Bayard (Kouang-tcheou-wan) où, succédant à M. Cellard, il venait d'être nommé curé. Ce territoire chinois situé à 250 kms de Pakhoi, avait été prêté à la France par bail de 99 ans, le 10 avril 1898. Son district comptait une centaine de Français, une quarantaine de Viêtnamiens, environ 250 Chinois et 50 Cantonnais, et quelques 900 chrétiens dispersés dans une vingtaine de villages. En 1937, il développa l'école des filles, le centre d'Action Catholique, et lança un second patronage pour les garçons. Du presbytère ancien, il fit une résidence accueillante pour les missionnaires de passage. Elle fut inaugurée le 1er juillet 1937. En 1938, il éleva une chapelle au village de Eouloikè, dans la région de Taiping. Dès 1937, la guerre sino-japonaise éprouva durement la mission de Pakhoi. A Pâques 1938, la construction d'une léproserie au village de Hoi-Téou fut décidée; M.Lebas eût en charge l'animation et la vie spirituelle de cet établissement où, au début de 1939, les malades s'installèrent. Il connaissait chaque malade par son nom.

    En 1939, à Fort-Bayard, il fut mobilisé pour une courte période, mais pût assurer son ministère. En 1940, de nombreux chinois vinrent se réfugier à Fort Bayard qui restait le dernier port du Sud de la Chine permettant l'acheminement des marchandises vers l'intérieur du pays non encore occupé par les japonais; de ce fait, M. Lebas donna l'hospitalité à de nombreux missionnaires américains rejoignant les missions de Wuchow et Kweilin.

    Le 7 juillet 1940, un avion d'Air-France tomba en flammes à cinq ou six kms en mer, à la hauteur de la paroisse de la Sainte Trinité. Le surlendemain, MM Jégo et Lebas fouillèrent la grève sur une longueur de vingt kms et découvrirent les restes de six cadavres qu'ils ramenèrent à Fort-Bayard. En raison de leur dévouement, les deux missionnaires reçurent la décoration du "Kim-Khanh".

    A partir de 1943, la situation de la mission s'aggrava très sérieusement. Après leur coup de force du 9 Mars 1945, les Japonais internèrent M. Lebas, les religieuses et les Français de Fort-Bayard. Ils bombardèrent la léproserie. En 1946, la France rétrocéda à la Chine Nationaliste Fort Bayard devenue Saiying et sa région appelée désormais Tchamkong. Ce retour créa une situation nouvelle pour M.Lebas. Les aides caritatives des autorités françaises cessèrent. Mais grâce à la générosité de ses amis, il put assurer la nourriture des 70 lépreux dont il avait la charge.

    En 1947, remplacé à Saiying par M. Thouvenin, M.Lebas prit un congé en France; au début de 1948, il retrouva Saiying et son district de Tchamkong qui comptait alors 25 stations et 1.400 chrétiens. En outre, il y ajouta les fonctions de procureur pour les missionnaires de la région; avec l'aide des soeurs Catéchistes Missionnaires de Marie Immaculée, il dirigeait aussi deux orphelinats, une léproserie, un jardin d'enfants et un dispensaire. Le dimanche il assurait la messe à Tchékam, ville éloignée de sa résidence de 12 kms. En novembre 1948, il agrandit son orphelinat de Tchekam.

    Le 1er Octobre 1949, à Pékin, Mao Zedong proclama la République Populaire de Chine. Vers juillet 1950, pour s'être opposé à des vols dans une maison dont il avait la garde, M. Lebas, accusé de brutalité, fut convoqué quatre fois à la police et emmené en prison. Libéré après huit jours de détention, il dut signer une déclaration publiée dans la presse et dans laquelle il se reconnaissait coupable.

    A la mi-mars 1951, convoqué à la police, M.Lebas se vit interdire les visites de villages et tout séjour à la léproserie. Le 11 avril 1951, à l'orphelinat de Tchekam géré par des soeurs chinoises, la police fit irruption dans sa chambre à 23h30, lui reprochant sa présence non autorisée en ce lieu. Photographié, il fut condamné à faire paraitre sa "confession" dans le journal local pendant 10 jours. Le 20 juin 1951, il fut incarcéré, en raison d'une double accusation: Directeur d'un orphelinat, il aurait exterminé 13.241 enfants depuis 1935; il aurait poussé des lépreux à des activités contre-révolutionnaires.

    Inculpé, M. Lebas fut soumis à deux séances de jugement populaire très pénibles. La première le 4 août 1951, se tint dans la salle du cinéma Tchong-Kook, puis celle du 6 août 1951, très humiliante se déroula sur le terrain de sport, en compagnie de M.Blusson, son vicaire, et des six religieuses réfugiées dans sa maison. Le 9 août 1951, il subit encore de pressants interrogatoires au sujet de cachettes renfermant de l'argent. Condamné à cinq ans de réclusion, sa peine et celles de M.Blusson et des religieuses furent commuées en expulsion définitive de Chine.

    Au matin du 10 août 1951, sous escorte chinoise, les "expulsés" furent transportés par route jusqu'à Pakhoi, puis en jonque jusqu'à Tounghing à la frontière du Tonkin qu'ils atteignirent au bout de 4 jours. M.Lebas gagna Hong-Kong. Affecté à Hanoï, il s'y rendit le 12 octobre 1951, et exerça son ministère à la cathédrale auprès des Européens et des Chinois, jusqu'en avril 1952. Il partit alors pour Saigon où, vers juin 1952, il fut chargé de la paroisse St.François-Xavier à Cholon et y agrandit l'école primaire; l'année suivante, il travailla auprès des étudiants chinois de Cholon.

    Le 19 février 1955, M.Lebas arriva à Paris. Après son congé en France, il s'embarqua à Marseille pour Madagascar, le 2 septembre 1955. Affecté au Centre Catholique Chinois de Tamatave, accueilli par M. Cotto, le 22 septembre 1955, il fut chargé d'un cours, de la procure et de l'économat. Mais souffrant d'abimes, il rentra en France où il arriva le 16 octobre 1956.

    De Noël 1956 à juillet 1959, M. Lebas fut aumônier de l'aéronavale à l'hôpital militaire de Brest, puis à la base aéronavale de Fréjus, d'août 1959 à 1963. Le 7 juillet 1963, il célébra sur un terrain vague sa première messe en tant que curé de la nouvelle paroisse du Sacré-Coeur à Fréjus-la-Gabelle, dont il construisit l'église. De 1973 jusqu'en 1975, il assura l'aumônerie de l'hospice des Platanes à St-Tropez. Puis il se retira pour un temps à Lauris. Le 16 février 1977, il s'installa à paroisse Ste Rita de Nice pour aider les prêtres italiens dans leur ministère.

    Atteint d'une mauvaise phlébite, en janvier 1978, il rejoignit la maison de Lauris, puis le sanatorium de Montbeton. Le 22 décembre 1979, il célébra, en famille ses noces d'or sacerdotales, et le 20 décembre 1989, son jubilé de diamant.

    Il s'éteignit à Montbeton le 9 octobre 1995.

    (3404) LEBAS Robert, Etienne, Joseph

    Notices biographiques. - AME 1930 p. 93, 132 ph . 1937 p. 185, 278. 1939 p. 89. CR 1930 p. 249. 1932 p. 147-48. 1933 p. 111-15. 1934 p. 107-8. 1935 p. 102-6. 1936 p. 103, 105. 1937 p. 105. 1938 p. 109. 1940 p. 61. 1947 p. 43. 1948 p. 61, 161-87. 1949 p. 68-9. 1951 p. 31. 1955 p. 31, 85, 254. - BME 1924 p. 263. 1930 p. 253-56, 443, 510. 1931 p. 225-26, 906. 1932 p. 134, 208, 858. 1933 p. 449, 783. 1934 p. 205. 1935 p. 613. 1936 p. 127, 451, 896. 1937 p. 356, 593. 1938 p. 203, 841. 1939 p. 202, 505, 656-93-95, 727, 866. 1941 p. 758. 1940 p. 695. 1948 p. 41-3, 185, 315. 1949 p. 45-6, 181-2, 303, 642, 779. 1950 p. 60, 370, 504-63, 628. 1951 p. 440, 511-77-8, 647, 707-80. 1952 p. 34, 57, 422-78, 574. 1953 p. 47. 1954 p. 911, 1024. 1955 p. 148, 370, 1007-8-10-11. 1956 p. 271-72, 469, 523, 802-4, 1089-90. 1961 p. 471. - EC1 n° 55, 193-98, 449-57, 503-4-7-74-84. - EC2 n° 71 p. 46. 88 p. 242. 113 p. 347. 114 p. 28. 125 p. 27, 205/124. - HIR n° 196/2.

    Mémorial LEBAS Robert, Etienne, Joseph page 2
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    • Numéro : 3404
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