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Louis Bon Jules LE MERRE

LE MERRE Louis (1858 - 1928) [1718] LE MERRE Louis, Bon, Jules, est né le 12 novembre 1858 à Flottemanville, dans la Manche, diocèse de Coutances, fils de Clément Le Merre et de Rosalie Tison. Il fait ses études secondaires au Petit Séminaire de Valognes de 1876 à 1882, puis entre au Grand Séminaire de Coutances où il se trouve de 1882 à 1884, et est ordonné sous-diacre le 29 juin 1884.
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    LE MERRE Louis

    (1858 - 1928)


    [1718] LE MERRE Louis, Bon, Jules, est né le 12 novembre 1858 à Flottemanville, dans la Manche, diocèse de Coutances, fils de Clément Le Merre et de Rosalie Tison.

    Il fait ses études secondaires au Petit Séminaire de Valognes de 1876 à 1882, puis entre au Grand Séminaire de Coutances où il se trouve de 1882 à 1884, et est ordonné sous-diacre le 29 juin 1884.

    Il entre au Séminaire des Missions Étrangères de Paris le 6 octobre 1884, y est ordonné diacre le 27 septembre 1885 et prêtre le 7 mars 1886. Destiné à la mission de Corée, il part de Paris le 1er décembre 1886 et arrive à Séoul le 13 février 1887.

    Après avoir commencé l'étude du coréen, il est en 1888 auxiliaire du Père Deguette à Won-san, dans le nord-est du pays, et visite quelques chrétientés de montagne. En 1889, il visite trente chrétientés, donne 87 baptêmes d'adultes et assiste le Père Deguette dans les derniers jours qui précèdent son décès, le 29 avril 1889.

    En 1890, le Père Le Merre reçoit la charge du district dit \de la province du Kang-won". Peut-être vaudrait-il mieux parler du district "de la partie occidentale de la province du Kang-won"; en effet, le missionnaire de Won-san s'occupe déjà de la partie orientale de cette province où il a plusieurs dessertes le long de la côte de la "mer du Japon". Mais il est exact que le Père Le Merre est le premier missionnaire à résider dans cette province. Il établit sa résidence à Poung-sou-won, dans l'arrondissement de Hoing-seng, tout près de la province limitrophe du Kyong-ki, ou province qui entoure Séoul. Il a la charge de 12 arrondissements dans lesquels il a 29 chrétientés. Les chrétiens, qui atteignent le chiffre de 2.000 personnes, sont pour la plupart des réfugiés des persécutions des années 1866 et suivantes ou leurs descendants, qui ont quitté les villes pour aller se cacher dans les campagnes et les montagnes. En 1891, le Père Le Merre se construit un petit presbytère et pose les fondations d'une chapelle en style coréen qui sera faite pour recevoir 200 personnes. En 1892, une campagne contre les étrangers éclate dans la province, mais il se trouve que le Père Le Merre est à ce moment là le seul étranger de la province... pas pour longtemps d'ailleurs. En effet, en cette année 1892, le Père Rault, qui missionne dans le nord-est de la province du Hoang-hai, franchit la frontière provinciale et va s'établir à peu de distance du chef-lieu de l'arrondissement de I-chon, également dans la partie ouest de la province du Kang-won, mais très au nord de la province. Les distances... et les montagnes qui les séparent sont telles que le Père Rault et le Père Le Merre ne se gêneront en rien... En 1894, le Père Le Merre va avertir le jeune Père Bouillon, son confrère le plus "proche", que des troubles ont éclaté un peu partout dans le pays et se réfugie avec lui à Séoul en attendant que passe l'orage.

    En 1896, le district du Père Le Merre est divisé pour donner le jour à un nouveau district, établi à Won-ju, la capitale de la province à l'époque. Tandis qu'un prêtre coréen lui succède à Poung-sou-won, le Père Le Merre va s'établir à Won-ju où il y a en tout et pour tout trois chrétiens. Mais l'ensemble du nouveau district compte plus de 1.100 chrétiens1 dispersés en 19 dessertes, dont certaines se trouvent d'ailleurs, non pas dans la province du Kang-won, mais dans les villes importantes de la province du Choung-chon septentrional, telles que Jé-chon ou Choung-ju, capitale de la province à l'époque. Mais, dans leur très grande majorité, les chrétiens vivent dans les villages profondément enfouis dans les montagnes, car le souvenir de la persécution de 1866 reste très vif et les gens continuent d'avoir peur...

    Alors que le Père Rigoulot lui succède à Won-ju en 1898, le Père Le Merre va succéder au Père Le Gendre à Pyong-yang et prendre la charge d'une partie de la province du Pyong-An méridional. Son district est bien moins étendu que ne l'était celui de son prédécesseur, car le Père Chapelain s'établit à environ 50 km au nord de Pyong-yang et fonde un nouveau poste dans l'arrondissement de Pyong-won. À vrai dire, le Père Chapelain est plus ou moins sous la tutelle du Père Le Merre, ce qui explique pourquoi c'est lui (et non pas le Père Chapelain qui en est plus proche) qui fait un voyage d'exploration en 1899 dans le nord de la province du Pyong-An septentrional et fonde une petite desserte avec huit chrétiens à Eui-jou, au bord du fleuve Yalou, à la frontière de Chine. En 1900, le Père Le Merre remplace la maison-chapelle que lui a laissée le Père Le Gendre par une véritable petite église qu'il dote d'un clocher de 17 m de haut. Avec les 302 baptêmes qu'il donne en 1900 et les 419 qu'il donne en 1901, le Père Le Merre compte désormais 1.800 chrétiens "pour les deux provinces du Pyong-An", celle du Sud et celle du Nord, ce qui est un progrès considérable par rapport aux "quatre cents chrétiens" que le Père Le Gendre disait avoir en 1897. En raison des tensions à la frontière entre la Chine et la Corée, le Père Le Merre renonce à fonder un nouveau poste avec un missionnaire en résidence à Eui-jou (il faudra attendre 1911 pour cela). Par contre, il a le plaisir de voir le Père Faurie venir en 1900 s'établir à Jin-nam-po, port important situé à l'extrémité méridionale de la province sur l'estuaire du fleuve Tai-dong, près de son embouchure dans la mer Jaune.2

    En septembre 1905, le Père Le Merre fonde une école de garçons en ville de Pyong-yang et une école de filles l'année suivante, et, devant l'affluence des élèves, il doit bientôt les agrandir. En 1909, il se décharge de l'école de filles qu'il confie aux religieuses de St Paul de Chartres. En 1914, il prêche la retraite des catéchistes du vicariat apostolique de Séoul et, à cette occasion, prépare et publie un manuel pour les catéchistes. À la suite de la mobilisation du Père Lereide, successeur du Père Faurie à Jin-nam-po, le Père Le Merre doit aussi s'occuper de ce poste jusqu'au retour des missionnaires mobilisés pour la guerre mondiale. À la suite de leur retour, il a seulement la charge de la paroisse de Pyong-yang qui, en 1922, compte 1.121 chrétiens dont une bonne partie est dispersée dans 8 dessertes, tandis que les deux écoles de garçons ont 116 élèves et l'école de filles 210.

    En 1923, le Père Le Merre fait un voyage en France pour se soigner, et son vicaire coréen lui succède à la tête de la paroisse. Les deux provinces du Pyong-An ont été érigées en vicariat forain, confié aux Pères de Maryknoll en 1922; les premiers missionnaires de cette société arrivent en mai 1923 et sont à pied d'oeuvre à partir d'avril 1924. Le vicariat forain deviendra préfecture apostolique en 1927. Quant au Père Le Merre, rentré en Corée en octobre 1923, il devient le mois suivant le premier missionnaire à résider au nouveau poste de Su-won3, ville importante à une quarantaine de kilomètres au Sud de Séoul. Dans cette ville, il y a des chrétiens et une desserte depuis la fin du 19è ou le début du 20è siècle. Le Père Alix, responsable du district de Wang-rim, a prévu l'avenir quand il a acquis dans le quartier de Pouk-su-dong en 1906 une grande maison en forme de "L" qu'il a transformée en chapelle. L'autel de la chapelle est dans le coin, l'une des branches du "L" est réservée aux hommes et l'autres aux femmes, en vertu d'un principe qui veut que "les hommes et les femmes ne soient plus assis ensemble; dans les églises ou chapelles de forme rectangulaire de l'époque, le côté des hommes est séparé du côté des femmes par une cloison qui va depuis la porte du fond jusqu'à la "table de communion". Le Père Alix avait prévu l'avenir quand il a acheté cette maison pour la transformée en chapelle, ainsi qu'une petite maison adjacente qui servirait de presbytère, non seulement pour le Père Le Merre, mais pour lui-même d'abord. En 1908, il y avait résidé durant un an, à la suite d'un incident qui avait amené le vicaire apostolique à punir la paroisse de Wang-rim en la privant pendant un an de son pasteur.

    Quand il arrive à Su-won en novembre 1923, le Père Le Merre a une petite communauté de 80 chrétiens (ils seront 300 deux ans plus tard) en ville, et au total 1.500 chrétiens dans les dessertes attachées à la nouvelle paroisse. En 1924, il prêche la retraite annuelle aux élèves du Grand Séminaire à Séoul (à l'époque, le Grand Séminaire et le Petit Séminaire sont établis dans un seul corps de bâtiments). En 1925, à l'occasion de la béatification des martyrs des persécutions de 1839 et 1946, le Père Le Merre compose en poésie coréenne les paroles d'un "chant des martyrs" qu'il met sur une musique de Gounod, bien connue aux Missions Étrangères.

    Célèbre pour ses catéchismes aux petits enfants, mais malade, le Père Le Merre quitte Su-won le 19 novembre 1928, et décède à l'âge de 70 ans à l'évêché de Séoul le 25 décembre 1928 à midi. Ses restes sont inhumés au cimetière de la mission, dans le quartier de Yong-san, en ville de Séoul.

    Références bio-bibliographiques

    AME 1911 p. 211. 212. 1913 p. 29. 1925 p. 96 (art.). 1929 p. 46. CR 1886 p. 154. 1888 p. 12. 1889 p. 19. 319. 1890 p. 14. 1891 p. 21. 1892 p. 264. 1893 p. 26. 1894 p. 24. 1895 p. 35. 1896 p. 19. 21. 1897 p. 29. 1898 p. 29. 1899 p. 57. 1900 p. 49. 324. 1901 p. 56. 1902 p. 70. 1908 p. 45. 46. 1909 p. 54. 1910 p. 55. 1914 p. 21. 1916 p. 40. 41. 1919 p. 21. 1921 p. 27. 28. 1922 p. 27. 1928 p. 25. 221. BME 1923 p. 394. 665. 793. 1924 p. 726. photo p. 481. 1925 p. 695. 1926 p. 135. 195. 1929 p. 289. 1931 p. 282. 1933 p. 923. 1936 p. 116. 804. EC1 N° 26. 36. 41. 46. 167.

    1 du moins selon les sources coréennes. La notice Vérinaud parle de 905 chrétiens. Et ce que dit la notice Vérinaud pour l'année 1897 est faux et inutile, car en réalité c'est la répétition pure et simple de ce qui a été mentionné pour l'année 1895 et qui, selon les sources coréennes, date d'août 1896.
    2 et non pas "la mer du Japon", comme le dit à tort la notice Vérinaud.
    3 c'est pourquoi la phrase "1924... Reçoit la visite du Délégué Apost. à Pyong-yang" de la notice Vérinaud ne se comprend pas; ou bien le Délégué a été à Pyong-yang avant 1923, ou bien, s'il est venu en Corée en 1924, il aura été à Su-won.

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    • Numéro : 1718
    • Année : None