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Adrien Jean LARRIBEAU

LARRIBEAU Adrien (1883 - 1974) [2932] LARRIBEAU Adrien, Joseph, est né à La Romieu, près de Condom, diocèse d'Auch (Gers), le 4 février 1883, fils de Jean Larribeau et de Anne Ducassé.
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    LARRIBEAU Adrien

    (1883 - 1974)


    [2932] LARRIBEAU Adrien, Joseph, est né à La Romieu, près de Condom, diocèse d'Auch (Gers), le 4 février 1883, fils de Jean Larribeau et de Anne Ducassé.

    Il fait ses études primaires à La Romieu et est reçu premier de tout le canton au certificat d'études; puis il fait toutes ses études secondaires au Petit Séminaire d'Auch et obtient facilement son baccalauréat; il entre ensuite au Grand Séminaire d'Auch. En septembre 1902, il adresse une lettre au Supérieur des Missions Étrangères de Paris dans laquelle il exprime son désir d'entrer aux Missions Étrangères, mais plus tard. En effet, l'archevêque d'Auch lui a demandé de mûrir sa vocation pendant un an. Le jeune Larribeau poursuit donc ses études au Séminaire d'Auch, fait son service militaire, reçoit la tonsure puis, en janvier 1904, présente sa demande formelle d'admission aux MEP. Admis, il entre tonsuré au Séminaire de la rue du Bac le 16 mars (selon sa fiche de Séoul; le 17 mars selon sa notice nécrologique) 1904. Il y poursuit normalement ses études théologiques, reçoit les ordres mineurs, le sous-diaconat et le diaconat, quand le régime Combes s'avise de faire faire aux Séminaristes une année de service militaire supplémentaire. Les directeurs de Paris décident de faire partir tous les diacres le 7 décembre 1906 pour le Collège Général de Pinang. Le diacre Larribeau y est ordonné prêtre le 10 mars 1907 et reçoit sa destination pour le vicariat apostolique de Corée. Parti de Pinang le 16 avril 1907, il arrive à Séoul le 23 mai suivant.

    Après avoir commencé l'étude de la langue à Séoul, le Père Larribeau est envoyé dans le nord-est du pays à Won-san, auprès du Père Bret qui est malade et qui va décéder le 24 octobre 1908. D'auxiliaire, le Père Larribeau devient successeur du Père Bret. Son district est immense : il recouvre non seulement les deux provinces du Ham-kyung Nord et du Ham-kyung Sud avec leurs 52.000 km2, mais encore la zone que les Coréens appellent Kanto et qui, située sur la rive gauche du fleuve Tu-men, appartient certainement au vicariat apostolique de Ki-rin, et peut-être à l'Empire chinois, mais qui compte une population essentiellement coréenne et que la Corée affirme faire partie de son territoire. De toute manière, le vicaire apostolique de Ki-rin a demandé à celui de Séoul, Mgr. Mutel, d'envoyer des missionnaires dans cette région où le Père Bret faisait déjà des tournées régulièrement. Mgr. Mutel y envoie le Père Curlier en 1909, puis le Père Larribeau en 1910. Celui-ci, laissant le poste de Won-san au Père Poyaud, va donc s'établir \en Mandchourie", dans l'arrondissement de Hwa-ryong, au village de Sam-won-bong. Il a tout de suite à s'occuper de 1.280 chrétiens et de 17 dessertes. En 1912, il y construit en briques l'église et le presbytère, tandis que, l'année précédente, il a transformé le "cours d'écriture" en véritable école primaire. Le Père Larribeau travaille dans cette paroisse, allant parfois à trois jours de marche de sa résidence pour tenter de créer une nouvelle desserte, jusqu'à sa mobilisation pour la guerre de 1914. En raison de la guerre, la paroisse devra attendre 1919 pour avoir un nouveau titulaire, le Père Philippe Perrin.

    Mobilisé pour la guerre, le Père Larribeau est vite réformé. Mgr. Mutel l'envoie alors prendre la charge de deux districts de la province du Choung-chong méridional : celui de Hap-tok où se trouvait le Père Krempff, mobilisé, et celui de So-san, où se trouvait le Père Polly, mobilisé lui aussi. Il y a la responsabilité de 40 dessertes, dont la visite lui prend beaucoup de temps, car les distances sont parfois bien longues entre les dessertes, surtout dans le district de So-san, avec ses nombreuses presqu'îles séparées les unes des autres par des bras de mer qui s'enfoncent très loin dans les terres. Il ne reste que deux (trois?) ans dans cette région, mais il y acquiert une réputation qui le suivra toute sa vie : celle d'avoir une mémoire extraordinaire des noms des personnes et de leur visage.

    En 1916 (il s'agit plutôt de 1917), le Père Larribeau quitte ce double district et est remplacé par deux tout jeunes prêtres coréens (ordonnés en 1917 même), un pour chaque district; en effet, il a lui-même été nommé procureur de la mission de Séoul, succédant au Père Villemot qui a été nommé curé de la paroisse de "Séoul-hors-les-murs", autrement dit de la paroisse St Joseph de Yak-hyon, à la suite du décès du Père Doucet. Le Père Larribeau est très apprécié dans cette fonction de procureur, d'autant plus que, grâce à son caractère enjoué et à son sens de la plaisanterie, il fait de la procure un lieu de détente pour les confrères qui ont des affaires à traiter à Séoul.1

    Mgr. Mutel, qui s'était rendu à Rome en 1925 pour la béatification de 75 martyrs de Corée, est sur le chemin du retour lorsqu'il apprend le décès soudain de son coadjuteur, Mgr. Devred, en janvier 1926. Aussitôt arrivé en Corée, il demande l'avis de son clergé pour le choix d'un nouveau coadjuteur. Les voix sont partagées, mais Mgr. Mutel propose le Père Larribeau, qui est agrée, nommé le 3 décembre 1926 et sacré le 1er mai 1927. Comme il l'avait fait avec Mgr. Devred, Mgr. Mutel confie à son nouveau coadjuteur le gouvernement de la mission. Entre autres choses, Mgr. Larribeau fait construire une grande maison près de l'évêché de Séoul pour accueillir les prêtres de passage, rachète les installations des Pères Bénédictins pour en faire le Petit Séminaire et innove en accordant des "fonds de démarrage" lors de la création de nouvelles paroisses, crée une nouvelle paroisse dans le nord-est de la ville de Séoul...

    Lorsque Mgr. Mutel décède en janvier 1933, Mgr. Larribeau lui succède de plein droit. En 1934, en conformité avec une décision du Concile Régional de Corée de septembre 1931, le catéchisme qui va servir dans toutes les missions du pays est achevé par une commission présidée par Mgr. Larribeau et Mgr. Demande. En 1939, Mgr. Larribeau cède la province du Kang-won, à l'est du pays, aux missionnaires irlandais de St Columban, cette région devenant la préfecture apostolique de Chun-chon en date du 25 avril 1939. - Déjà en 1928, la province du Hoang-hai, au nord-ouest de Séoul, avait été érigée en vicariat forain et avait à sa tête un prêtre coréen. L'intention était de faire de cette province une mission indépendante détachée de Séoul et confiée au clergé local. Mais les événements politiques allaient avoir une grande influence sur la marche de l'Eglise en Corée et ce projet de nouvelle mission ne se réalisera pas.

    Les Japonais, qui sont maîtres de la Corée depuis 1910, s'enfoncent de plus en plus dans la guerre : en Chine d'abord, dans toute l'Asie orientale et le pacifique ensuite, et se font de plus en plus méfiants à l'égard des étrangers. Sentant venir la tempête, Mgr. Larribeau donne secrètement sa démission de vicaire apostolique de Séoul le 20 décembre 1941, propose la nomination d'un vicaire apostolique coréen pour lui succéder et avance trois noms à cet effet, mais en ayant soin d'indiquer sa préférence pour le Père No Ki-nam, vicaire à la cathédrale de Séoul. Deux semaines plus tard, le 4 janvier 1942, le Père No est nommé par Rome administrateur apostolique du vicariat de Séoul, et Mgr. Larribeau lui transmet ses pouvoirs le 18 janvier 1942. Mais Mgr. Larribeau n'est pas satisfait et insiste pour que le Père No Ki-nam soit fait évêque et nommé vicaire apostolique. Il finit par obtenir gain de cause et le Père No est nommé évêque titulaire de Colbas et vicaire apostolique de Séoul, le 10 novembre 1942, et est sacré le 20 décembre suivant par Mgr. Larribeau lui-même. Entre-temps, Mgr. Larribeau s'est retiré au Grand Séminaire, qui a été fermé par les Japonais en février 1942, et s'occupe des chrétiens des environs, de la maison de retraite des Soeurs de St Paul de Chartres et d'orphelins. Il devient le réel fondateur de la paroisse de Yong-san Won-hyo-ro, qui va être la cinquième paroisse de la ville de Séoul, et va y rester jusqu'en 1948. En 1946, ayant fait construire les installations nécessaires à la paroisse, il quitte les locaux du Séminaire pour aller résider dans sa très modeste cure.

    Libérée du joug japonais en 1945, après avoir connu une période de flottement et de désordre, la Corée finit par retrouver le calme. C'est alors que Mgr. No, vicaire apostolique de Séoul, propose une division de son vicariat et demande que la province du Choung-chong méridional soit érigée en mission indépendante et confiée aux MEP. De fait, Rome crée la préfecture apostolique de Taejon en juin 1948 et en nomme administrateur Mgr. Larribeau, évêque en chômage mais curé-fondateur de paroisse, en date du 4 juillet 1948. Mgr. Larribeau rassemble autour de lui la majorité des missionnaires MEP jusque-là attachés aux vicariats de Séoul et Taegu, mais néglige de faire les papiers nécessaires, si bien que personne ne sait exactement si la nouvelle mission est réellement une préfecture apostolique ou seulement un "vicariat forain" de la mission de Séoul.

    Rentré en France pour l'Assemblée Générale MEP de 1950, Mgr. Larribeau ne connaît pas personnellement l'invasion nord-coréenne, mais dans la tourmente il perd 9 missionnaires, dont 7 (les Pères Colin, Cordesse, Leleu, Molimard, Perrin, Polly et Richard) sont massacrés à Taejon et deux (les Pères Bulteau et Cadars) sont emmenés en Corée du Nord où ils périssent après de longues et dures souffrances. Il perd aussi le premier prêtre coréen à avoir été ordonné depuis la création de la nouvelle mission de Taejon.

    Le 23 juin 1958, la jeune mission est officiellement élevée au rang de vicariat apostolique, ce qui ne change rien en pratique, mais clarifie et renforce la position de Mgr. Larribeau dans l'Église de Corée. En 1960, il participe à l'Assemblée Générale des MEP, puis fait sa visite "ad limina". Dès son retour en Corée, il entreprend la construction d'une vaste et solide cathédrale qui va heureusement remplacer la minable chapelle en planches dont il disposait jusque là. Le 10 mars 1962, la hiérarchie est établie en Corée, et Mgr. Larribeau devient le premier évêque de Taejon. L'année suivante, il procède lui-même à la consécration de sa nouvelle cathédrale, ce qui déplaît beaucoup au délégué apostolique en Corée, qui fait remarquer que "le délégué du Saint Père a préséance partout, sauf en présence d'un Cardinal", et qui refuse de participer à cette cérémonie, à laquelle il avait bien sûr été invité, mais pas invité à consacrer l'église cathédrale.

    Mgr. Larribeau participe à la première session du Concile Vatican II, puis donne sa démission d'évêque de Taejon, démission qui devient effective en date du 3 novembre 1963, et se retire à Condom chez sa soeur aînée. Quand celle-ci décède, il se retire à Montbeton le 12 août 1972. Là, il décline peu à peu, devient totalement sourd, perd la mémoire, finit par ne plus sortir de sa chambre, puis rend son âme à Dieu le 12 août 1974.




    Références bio-bibliographiques

    AME 1907 p. 380. 1911 p. 214. 1915-16 p. 103. 1926-27 p. 361-364. 1931 p. 242. 1932 p. 37. 92. 1933 p. 90. 226. 1934 p. 133. 177. 1935 p. 34. 231. 1936 p. 37. 133. 275. 1937 p. 38. 84. 275. 276. photo p. 134. 1938 p. 84. 133. 214. 1939 p. 30. 83. 229. 230. 1940 p. 93. Articles : 1911 p. 43. 1912 p. 140. CR 1907 p. 325. 1909 p. 46. 47. 328. 329. 1910 p. 46-48. 1911 p. 46. 1912 p. 49. 1913 p. 61. 1914 p. 23. 1915 p. 30. 33. 37. 1917 p. 23. 1921 p. 26. 1922 p. 20. 1925 p. 25. 1927 p. 18-23. (auteur de 27 à 38). 1928 p. 23-28. 1929 p. 33-41. 1930 p. 30-39. 1931 p. 29-37. 39. 1932 p. 34-44. 1933 p. 15-31. 47. 1934 p. 242. 1936 p. 24-28. 30. 42. 1938 p. 23-38. 1939 p. 22. 30. 1948 p. VII. 10. 12. 13. 1949 p. 20. 21. 1950 p. 14-16. 1952 p. 17. 1954 p. 32. 1956 p. 21. 1957 p. 22. 25. 1958 p. 27. 28. 31. 1959 p. 37. 1960 p. 36. 37. 1961 p. 12. 13. 1962 p. 19. 108. 1963 p. 32. 1964 p. 26. 1968 p. 131. 85/91. BME 1924 p. 341. 1925 p. 105. 106. 1927 p. 111. 179. 426. 1928 p. 150. photo p. 160. 1929 p. 104. 1930 p. 429. photo p. 728. 1931 p. 138. 535. 724. 725. 1932 p. 360. 446. 447. 527. 528. 531. 604. 689. 1933 p. 526. 848. photo p. 241. 1934 p. 776. 1935 p. 110. 184. 793. 869. 1936 p. 116. 729. 731. photo p. 539. 1937 p. 580. 717. 1938 p. 244. 319. 321. 532. 678. 408. 476. 478. 482. 1940 p. 41. 74. 109. photo p. 118. 1941 p. 320. 1948 p. 108. 1949 p. 96. 97. 99. 104. 107. 108. 369. 370-372. 399. 422-426. 572. 628-631. 661. 744. 765. 768. 1950 p. 53. 183. 330. 331. 387. 441. 442. 513. 577. 622. 717. photo p. 583. 1951 p. 11. 444. 485. 486. 557. 558. 582. 632. 691. 692. 751-753. 755. 1952 p. 29. 179. 181. 258. 406-408. 563. 564. 685. 1953 p. 39. 98. 100. 138. 144. 146. 148. 149. 150. 287. 470. 471. 573. 700. 772. 987. 1954 p. 673. 778. 891. 892. 1955 p. 140. 241. 285. 286. 634. 635. 774. 894-896. 993. 995. 1079. 1081. 1956 p. 159. 160. 455. 552. 647. 776. 988. 990. 1067-1069. 1957 p. 54. 56. 382. 455-457. 561. 628. 629. 751. 754. 791. 857. 858. 1958 p. 65. 66. 450. 451. 538. 742. 744. 746. 840. 842. 887. 969. 971. 1054. 1056. 1057. photo p. 56. 1959 p. 66. 67. 164. 257-260. 431. 432. 435. 530. 626-628. 965-967. photo p. 333. 1960 p. 80. 354. 357. 454. 538. 631. 633. 721-723. 846. 1027. 1961 p. 71-73. 145. 223. 306. 566. 743. 744. 924-926. EPI 1962 p. 197. 198. 392. 486. 487. 600. 687-692. 1963 p. 123. 124. 129. 418-420. 586. 587. 711. 712. 1964 p. 116. 543. 857. 1965 p. 835. R.MEP 1961 n° 114 p. 45 - 116 p. 29. 1962 n° 120 p. 48 - 121 p. 49. 50 - 124 p. 19-21. 1963 n° 125 p. 47 - 128 p. 54 - 129 p. 45 - 130 p. 18. 1965 n° 140 p. 47. EC2 N° 171/443 - 183/121. MEM sp. p. 37.

    1 ici surgit une question : le P. Larribeau a-t-il été responsable de la procure de la mission jusqu'en 1922 seulement, le P. Jaugey ayant été nommé à la procure cette année-là ? ou bien a-t-il gardé cette charge jusqu'en janvier 1926 ? En ce cas, le P. Jaugey serait seulement devenu aide-procureur en 1922. Aucune information ne permet de "boucher" ce "trou" de 4 ans, de 1922 à 1926.

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    • Numéro : 2932
    • Année : None