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Basile Auguste LANTER

[3117] LANTER Basile, Augustin Missionnaire Haut-Tonkin - Hung-Hoa -------------- Basile, Augustin LANTER naquit le 9 août 1885, à Hommartingen, près de Sarrebourg, diocèse de Metz, alors province de Lorraine (Allemagne), actuellement département de la Moselle. Ses parents avaient une exploitation agricole, et élevèrent quatre garçons et deux filles.
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    [3117] LANTER Basile, Augustin

    Missionnaire

    Haut-Tonkin - Hung-Hoa

    --------------
    Basile, Augustin LANTER naquit le 9 août 1885, à Hommartingen, près de Sarrebourg, diocèse de Metz, alors province de Lorraine (Allemagne), actuellement département de la Moselle. Ses parents avaient une exploitation agricole, et élevèrent quatre garçons et deux filles.

    Après ses études primaires à Hommartingen, Basile fut envoyé, en 1897, au collège de Bitche. Neuf années d'études secondaires selon le programme allemand le conduisirent jusqu'au baccalauréat qu'il passa avec succès. Il se dirigea alors vers le grand séminaire de Metz, où il fit deux années de philosophie et reçut la tonsure le 19 juillet 1908. Voulant être missionnaire, il avait d'abord songé à entrer dans la Congrégation du Verbe Divin, mais M.Eugène Wassereau, son condisciple à Bitche et à Metz, le persuada d'opter pour la Société des Missions Etrangères.

    Le 18 septembre 1908, il arriva au séminaire de Bièvres. Minoré le 26 septembre 1909, sous-diacre le 19 décembre 1910, diacre le 11 mars 1911, ordonné prêtre le 23 septembre 1911, il reçut sa destination pour le vicariat apostolique du Haut-Tonkin (Hung-Hoa) qu'il partit rejoindre le 29 novembre 1911.

    Au début de l'année 1912, il commença l'étude de la langue viêtnamiienne à l'évêché de Hung-Hoa; puis, pour sa formation missionnaire. Mgr. Ramond l'envoya chez M.Chatellier, à Yên-Tap, sur les bords du Fleuve Rouge, à quelque 30 kms de Hung-Hoa; il y resta de juillet 1913 à septembre 1915. A l'école de M.Chatellier, homme de grande expérience et maitre en langue, M.Lanter apprit beaucoup, et par son travail régulier, il posséda bien la langue viêtnamienne et la parla avec aisance.

    En septembre 1915, M.Lanter étant aux yeux de la loi sujet allemand, fut éloigné du Tonkin. Il se rendit dans le vicariat apostolique de Phnom-Penh, et devint professeur au petit séminaire de Culaogien, dans une île du Mékong. Il y resta jusqu'en mai 1918, puis il rentra dans sa mission. De retour à Hung-Hoa, Mgr. Ramond l'envoya à Nghia-Lô, en pays thô, prendre soin de deux ou trois chrétientés viêtnamiennes, en remplacement de M.Cornille mobilisé. Ce dernier revenu de France, reprit son poste de Ban-Heo, en août 1919 et M. Lanter revint à l'évêché.

    Mgr. Ramond l'envoya alors à Phi-Dinh, dans la moyenne région où il passa vingt quatre ans, de septembre 1919 à mai 1943. Ce district s'étendait sur la rive gauche du Fleuve Rouge, à environ 30 kms en amont de Phu-Tho, chef-lieu de la province, et à la même distance de Yên-Bai. M. Lanter organisa son district. Il établit résidence et église sur une colline, dominant le Fleuve Rouge. Ses chrétiens étant pauvres, il améliora les rizières, défricha la forêt, lança la culture de la canne à sucre, et trouva des débouchés pour vendre ses produits.

    Il donna beaucoup de son temps à la visite des malades, à l'oeuvre des nouveaux chrétiens et à la formation spirituelle de ceux qui vivaient dans une douzaine de petites chrétientés dispersées en forêt, et d'accès difficile. Fidèle à ses deux tournées annuelles pour l'administration de son district, il restait trois semaines ici, huit à dix jours ailleurs. Il fonda de nouvelles chrétientés dans la province de Phu-Tho. Le mercredi 23 septembre 1936, il fêta ses noces d'argent sacerdotales, dans sa résidence de Phi-Dinh.

    En mai 1943, M.Lanter quitta Phi-Dinh, s'installa à Vât-Lam où il retrouva M.Jacques, confrère lorrain qui y vivait retiré. Il prit en charge la concession de la mission et le district de Phu-Yên-Binh, succédant ainsi à M. Pierre Gautier nommé à Yên-Bai. Cette \concession de peuplement" fondée par M.Girod, comptait environ quatre mille chrétiens. Lors des évènements du 9 mars 1945, et de septembre de la même année,MM.Jacques et Lanter furent laissés à Vât-Lam. En février 1946, M. Lanter démissionna de ses fonctions de curé et de gérant de la concession, et il partit résider dans la paroisse voisine de Lang-Kha. Il resta huit ans dans cette zône "viêtminh", coupé de son évêque et des autres confrères, et sans conctact direct avec l'extérieur. Les autorités en place lui permirent de visiter ses chrétientés les plus rapprochées. Il assista M.Jacques qui décéda le 2 février 1948, à Phu-Yên-Binh. Plus tard, il fut réduit à vendre ses objets personnels pour améliorer son ordinaire.

    En 1953, interdiction fut faite à M. Lanter de quitter l'enclos de la résidence. Traduit devant une assemblée populaire, il fut ligoté, jeté à genoux, et giflé. Un soir de mars 1954, il fut arrêté et on lui signifia sa sentence: "comme ennemi du peuple, opposé aux doctrines du parti, inutile à la communauté", il fut condamné à l'expulsion avec départ immédiat. Marchant de nuit, à travers la montagne et la forêt, au bout de 17 jours, ses gardes le laissèrent aux abords de Vinh-Yên dans une famille catholique qui l'accueillit avec effusion. C'était le vendredi saint 16 avril 1954. Le lendemain matin, on lui indiqua la direction du poste militaire le plus proche.où il se fit reconnaitre des soldats qui, dans l'après-midi, le conduisirent à la communauté missionnaire de Hanoï. Quelques jours plus tard, il se rendit à SonTây rencontrer Mgr. Mazé et ses confrères.

    Homme au caractère énergique et discipliné, d'un naturel plutôt réservé, bien au courant des coutumes du pays, M. Lanter ne s'en laissait pas compter. Admistrateur très entendu, il réalisa un type de missionnaire broussard bien adapté à un ministère laborieux. Soucieux de son indépendance, mais de relations agréables, il aimait la gaieté des fins de retraite; savait régaler ses confrères d'une aubade de violon. Aimant la liturgie, il remplissait avec dignité les fonctions de cérémoniaire.

    Le 27 mai 1954, il quitta Hanoï par avion et arriva à Paris le 31 mai 1954. Après un temps passé en famille, il sollicita un ministère, dans le diocèse de Metz. Le 1er novembre 1954, il fut nommé vicaire à Sarralbe, puis curé-administrateur à Voyer, le 1 janvier 1955.

    Le 5 juin 1965, il tomba à l'autel, et fut transporté à l'hôpital d'Abreschwiller. Une crise d'urémie se déclara. Il reçut le sacrement des malades, et le 16 juin 1965, après deux jours de coma, il s'éteignit sans souffrance. Ses obsèques eurent lieu le surlendemain dans son église de Voyer. Il repose dans le caveau réservé aux prêtres de la paroisse, dans le cimetière de Voyer.

    Références bibliographiques

    AME 1912 p. 43. CR 1911 p. 271. 1915 p. 96. 1922 p. 95. 1923 p. 110. 1924 p. 85. 1926 p. 104. 1927 p. 100. 1929 p. 141. 1930 p. 162. 1931 p. 154. 1932 p. 186. 1933 p. 139. 1934 p. 133. 1935 p. 130. 1936 p. 128. 1937 p. 132. 1938 p. 134. 1947 p. 67. 1948 p. 81. 82. 1949 p. 89. 189. 209. 1951 p. 40. 42. 1952 p. 25. 1953 p. 30. 33. 1954 p. 35. 1965 p. 150. BME 1929 p. 501. 1931 p. 455. 1933 p. 700. 1935 p. 518. 1936 p. 828. 1938 p. 345. 1939 p. 278. 1941 p. 190. 267. 1948 p. 91. 1949 p. 72. 114. 596. 1951 p. 305. 426. 490. 761. 1952 p. 408. 409. 1953 p. 40. 482. 706. 1954 p. 266. 568. 569. 570. 575. 679. 703. 903. EPI 1965 p. 710. 1968 p. 162. ECM 46P27. MDA 1949 p. 158. 1951 p. 126. EC1 N° 529. 557. 559. 755.

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    • Numéro : 3117
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