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Charles François LANGLOIS

[299]. LANGLOIS, Charles-François, naquit dans la paroisse Saint-Jean, à Rennes (Ille-et-Vilaine), le 14 septembre 1767. Son ordination sacerdotale eut lieu le 25 septembre 1791 au Séminaire des M.-E., mais secrètement, parce que l'église avait été fermée, par suite du refus des directeurs du Séminaire de prêter serment à la Constitution civile du clergé. Il partit pour le Tonkin occidental le 29 janvier 1792. Il assista en 1795 à la réunion présidée par Mgr Longer, et dans laquelle fut rédigé le règlement de la mission.
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    [299]. LANGLOIS, Charles-François, naquit dans la paroisse Saint-Jean, à Rennes (Ille-et-Vilaine), le 14 septembre 1767. Son ordination sacerdotale eut lieu le 25 septembre 1791 au Séminaire des M.-E., mais secrètement, parce que l'église avait été fermée, par suite du refus des directeurs du Séminaire de prêter serment à la Constitution civile du clergé. Il partit pour le Tonkin occidental le 29 janvier 1792. Il assista en 1795 à la réunion présidée par Mgr Longer, et dans laquelle fut rédigé le règlement de la mission. Cette même année, il eut à souffrir de la persécution ; habitant la province de Thanh-hoa, il resta durant 15 jours caché dans une caverne. Pendant les années 1798 et 1799, il faillit plusieurs fois être arrêté. Il travailla pendant un certain temps dans la sous-préfecture de Nam-xang, et fit une petite carte de cette région.
    Par un acte du 22 janvier 1805, il fut nommé député de la mission du Tonkin occidental au Séminaire des M.-E. Lors de son passage à Macao, il reçut du procureur Letondal le conseil de se rendre à Madrid, pour obtenir du gouvernement espagnol l'autorisation d'établir le Collège général à Manille. Débarqué à Lisbonne, après s'être enquis avec soin de l'état des esprits en Espagne et à Rome, il jugea qu'il valait mieux aller dans cette dernière ville. Il y arriva en 1806, puis vint à Paris peu de temps avant le décret impérial du 26 septembre 1809, qui supprimait le Séminaire des M.-E. Il se retira dans sa famille à Rennes, et fut, par ordre de Napoléon, placé sous la surveillance de la police. Il rentra à Paris après la première abdication de l'empereur, et fut officiellement reçu directeur le 2 septembre 1814. Ce fut lui qui avec D. Chaumont sollicita le rétablissement légal du Séminaire et de la Société, rétablissement accordé par une ordonnance de Louis XVIII, datée du 2 mars 1815.
    Huit ans plus tard, le 15 octobre 1823, il obtint une autre ordonnance du roi portant confirmation et approbation des Lettres patentes signées par Louis XVI au mois de mai 1775.
    Le Séminaire rétabli, il fallait lui trouver des aspirants à l'apostolat et des ressources ; Langlois y travailla avec une active et persévérante intelligence. Il aida D. Chaumont dans la composition et la publication d'une notice sur une association de prières pour les missions, dont on trouve des traces avant la Révolution (Voir CHAUMONT). Il s'adressa au Pape Pie VII, afin d'obtenir des indulgences en faveur des personnes qui contribueraient au bien des missions. Sa supplique est datée du 7 octobre 1817 ; le Pontife lui accorda sa demande par un rescrit du 30 novembre suivant. Langlois s'employa à la diffusion de cette association dans laquelle on peut voir les premiers linéaments de l'uvre de la Propagation de la Foi. De 1818 à 1823, il publia les Nouvelles Lettres édifiantes des missionnaires de la Chine et des Indes orientales, huit volumes contenant les lettres les plus intéressantes adressées au Séminaire de 1767 à 1820 ; il y joignit des notices sur les missions. Les préfaces de ces différents volumes parurent dans l'Ami de la Religion. De 1819 à 1824, il publia également plusieurs brochures ayant pour but d'appeler l'attention des catholiques sur la Société et sur ses missions.
    Il fut nommé : le 11 janvier 1819, assistant du supérieur ; le 9 avril 1820, directeur des aspirants et chargé des Archives dont il classa une partie ; le 9 décembre 1821, procureur de la recette ; le 14 janvier 1823, supérieur. Il fut réélu supérieur les 10 janvier 1826, 13 janvier 1829, 15 novembre 1832. Assistant le 11 janvier 1836, il fut de nouveau élu supérieur les 14 janvier 1839, 10 janvier 1842, 27 janvier 1845, 18 octobre 1847. Le 18 janvier précédent, il avait donné sa démission de député des missions du Tonkin. Par une dérogation au Règlement général, dérogation approuvée par le Pape Pie IX et basée sur les grands services qu'il avait rendus, il fut encore réélu supérieur le 17 octobre 1850.
    Sa longue administration fut marquée par des mesures nombreuses et importantes pour le progrès de la Société des M.-E. : acceptation de nouvelles missions, Corée, Japon, Thibet ; création de plusieurs vicariats apostoliques ; augmentation notable du nombre des missionnaires, puisque, durant cette période, le Séminaire en envoya en Extrême-Orient 247, c'est-à-dire, à 50 près, autant qu'il en avait envoyé de 1660 à 1823 ; comptes-rendus annuels autographiés. Ces comptes-rendus sont de deux sortes : les uns résument les nouvelles politiques d'Europe, d'Amérique et d'Asie ; ils sont signés d'un seul directeur, secrétaire du Conseil ou non ; le premier est du 5 avril 1841. Les autres, dont le plus ancien est du 28 mars 1842, indiquent assez brièvement la situation des missions de la Société ; ils portent la signature de tous les directeurs du Séminaire. A dater de 1860, ce dernier genre de compte-rendu seul continua à être fait.
    Il importe également de signaler le travail qui lui incomba, en partie, de promouvoir les premières procédures pour les Causes de nos martyrs. Deux décrets décidant l'Introduction de ces Causes furent rendus ; le premier en 1840 et le second en 1843.
    Langlois s'occupa de la révision du Règlement général de la Société des M.-E., et, en 1837, envoya aux vicaires apostoliques un exemplaire du Règlement de 1700, afin qu'il pût être examiné par eux. Plusieurs fois pendant son supériorat, il fut question d'une réunion des supérieurs majeurs de la Société, dans laquelle serait fait un examen approfondi, suivi d'une nouvelle rédaction du Règlement, s'il était nécessaire ; cette réunion n'eut pas lieu.
    Le plus grand service qu'il ait rendu à la Société est d'avoir fait triompher, en théorie et en pratique, l'idée de ne prendre pour directeurs du Séminaire que des prêtres appartenant à la Société des M.-E. et ayant travaillé dans les missions. S'il fit une ou deux exceptions, par exemple la nomination de Voisin et celle de Barran, c'est qu'elles se présentaient avec des caractères particuliers qui leur enlevaient tout inconvénient. Le 6 juillet 1845, il avait été honoré, ainsi que M. Dubois, du bref très laudatif Licet in dubia (Jus Pont. de Prop. Fid., v, p. 356) de Grégoire XVI, lorsque ce Pontife fit don au Séminaire des M.-E. du corps de saint Phosphore.
    Il mourut au Séminaire des M.-E. le 13 janvier 1851, laissant la réputation d'un excellent supérieur et d'un très vertueux prêtre. Il fut enterré au cimetière Montparnasse.
    Bibliographie. - Ces brochures ne portent aucun nom d'auteur, mais les Archives du Séminaire des M.-E. en possèdent les manuscrits originaux de la main de M. Langlois. Elles ont toutes été imprimées à l'imprimerie Adrien Le Clere, 35, quai des Augustins, Paris.
    Nouvel exposé de l'état présent, et des besoins des missions confiées aux missionnaires envoyés par le Séminaire des Missions-Etrangères de Paris. - In-8, pp. 17.
    Précis des Nouvelles reçues des missions de Chine et des royaumes voisins, en 1819. - In-8, pp. 8.
    Précis des Nouvelles contenues dans les lettres des missionnaires de la Chine, du Tong-king et de la Cochinchine, écrites en 1819 et 1820, reçues à Paris en 1820 et 1821. - 1821, in-8, pp. 16.
    Précis des Nouvelles reçues des missionnaires de Chine et des royaumes voisins, en 1822. - In-8, pp. 14.
    Aperçu général des charges et dépenses supportées par l'Etablissement des Missions-Etrangères. - In-8, pp. 15.
    La publication des N. L. E. fut également faite par M. Langlois ; les introductions, les notes sont de lui, ainsi que les corrections de forme et de fond des lettres qui n'avaient pas été imprimées dans les publications précédentes, de 1784 à 1808.
    Nouvelles Lettres édifiantes des missions de la Chine et des Indes orientales. - De l'imprimerie d'Adrien Le Clere, imprimeur de l'Archevêché de Paris, 35, quai des Augustins, 1818-1823, in-12, 8 vol., pp. xxxviii-486, 560, 503, 567, viii-603, cxiv-511, 419, 448.
    Comp.-rend. : Journ. des Savants, 1819, n° de mars, p. 174, sur les tom. i et ii ; 1820, n° d'oct., p. 595, sur les tom. iii, iv, v ; 1822, n° de fév., p. 65, sur le tom. vi.
    Précis des Nouvelles des missions orientales reçues à Paris au commencement de l'année 1824. - Imprimerie ecclésiastique de Beaucé-Rusand, imprimeur de Mgr le Grand Aumônier de France, Hôtel Palatin près Saint-Sulpice ; chez Rusand, 3, rue de l'Abbaye, Paris ; et rue Mercière, Lyon, in-12, pp. 14.
    Notes bio-bibliographiques. - N. L. E., v, p. 208 ; vii, pp. 211, 269 et suiv. ; viii, pp. 37, 50 ; Ib., Edit de Gia-long sur les fêtes, la religion bouddhique, la religion catholique, p. 223. - A. P. F., i, 1822-25, n° ii, pp. 65, 72 ; n° v, pp. 13, 15 ; n° vi, p. 30 ; ii, 1826-27, pp. 32, 162 ; iii, 1828-29, p. 98 ; iv, 1830-31, Emploi des aumônes de la Propagation de la Foi, p. 624 ; v, 1831-32, p. 554 ; vii, 1834-35, Emploi des aumônes de la Sainte-Enfance, p. 20 ; Ib., Etat général des missions, p. 568.
    Nouv. des miss. or. 1794-1807, pp. 132, 160, 173. - Estrat. del. lett., i, p. 170 ; ii, pp. 13, 67, 103. - Brev. Not. sul. sta., pp. 28, 34.
    Am. de la Rel. [Extrait des N. L. E.], xvii, 1818, pp. 1, 271 ; xxi, 1819, pp. 65, 241 ; xxv, 1820, p. 97 ; xxx, 1822, p. 353 ; xxxiv, 1823, p. 367 ; xxxv, 1823, p. 305 ; xxxvi, 1823, Aperçu général des charges et des dépenses des M.-E., p. 14 ; cxxviii, 1846, p. 228 ; cliii, 1851, p. 121. - Tablet. du Clergé, v, 1824, Précis des nouvelles des missions, p. 367. - Bull. Soc. Géog. [Paris], 1re sér., xiii, 1830, p. 295 ; 2e sér., iv, 1835, p. 419 ; v, 1836, p. 59 ; xiii, 1840, p. 58.
    Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. - Hist. miss. Kouy-tcheou, Tab. alph. - Hist. miss. Inde, Tab. alph. - Vie de Mgr de Marion-Brésillac, pp. 44 et suiv., 65 et suiv., 211, 213 et suiv., 232, 243, 248, 269, 278, 425. - Lett. à l'év. de Langres, pp. 342 et suiv., 487. - Vie de Mgr de Forbin-Janson, p. 447. - Lett. ch. du Bx Th. Vénard, pp. 171, 197, 200. - La Franc. pont., ii, p. 740.
    Collect., 5 fév. 1820 : n° 1807 ; 7 janv. 1827 : n° 622 ; 29 avril 1827 : n° 743 ; 29 sept. 1827 : n° 198 ; 27 mars 1831 : nos 744, 828, 994, 1071 ; 15 mai 1831 : nos 986, 2021 ; 13 juill. 1834 : n° 945 ; 26 sept. 1837 : n° 1336 ; 16 janv. 1840 : nos 199, 611 ; 21 juin 1840 : n° 2084 ; 1er août 1841 : n° 659 ; 10 juill. 1842 : n° 2083 ; 30 mai 1843 : n° 1255 ; 3 mars 1844 : n° 2116 ; 28 avril 1844 : n° 963 ; 7 juin 1845 : n° 1090 ; 17 août 1845 : n° 2072 ; 28 mai 1846 : n° 1452 ; 6 juin 1847 : n° 702 ; 23 oct. 1848 : n° 1094 ; 9 sept. 1850 : n° 1756.
    Portrait. - Peint à l'huile, est au Séminaire des M.-E. - Le Bx Th. Vénard, p. 151.


    • Numéro : 299
    • Année : None