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Jean Joseph LAFRENEZ

LAFRENEZ Jean (1911-1985)
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    LAFRENEZ Jean

    (1911-1985)


    [3568] LAFRENEZ Jean, est né le 27 septembre 1911, à Euville, dans le diocèse de Verdun (Meuse). Pendant la guerre, sa famille émigra, en 1917, à Cléry, dans le Loiret. Son père mourut d'une laryngite en 1919. Jean eut une partie de son éducation primaire à Cléry, mais sa famille, après l'armistice, revint non pas à Cléry, mais à Commercy. Il fit alors la rencontre d'un Père MEP, le Père Nassoy, qui l'envoya à l'école apostolique de Montmélian, en octobre 1922. Il fut admis comme postulant des Missions Étrangères. De Montmélian, il passa à Conglans, le 25 septembre 1925. Brillant élève, il aurait pu passer avec succès son baccalauréat, mais il dut être hospitalisé à la suite d'une chute de barre fixe quelques jours avant l'examen.

    Il entra au Séminaire de Bièvres en septembre 1929, fit son service militaire, non pas en France, mais en Tunisie, dans le 4ème régiment des Chasseurs d'Afrique. Le 3 juillet 1936, il rejoignit ses condisciples au sous-diaconat et le 21 décembre de la même année, il reçut le diaconat. Il fut ordonné prêtre le 5 juillet 1936.

    Destiné à la mission de Pondichéry, il y arriva le 9 octobre 1936, et fut accueilli par l'archevêque Mgr. Colas, MEP. C'est avec le Père Leblanc, un expert de la langue tamoule, qu'il commença à apprendre le tamoul. Il fut alors envoyé comme aumônier des orphelins de Tindivanam à Kadampakkam. Mais dès l'année suivante, il fut envoyé à Viyur comme vicaire du Père Peyroutet, le 22 janvier 1937. Pendant quelques mois, il se lança à faire des sermons en tamoul et à entendre les confessions. Mais, en juin suivant, il fut nommé à Tindivanam où il resta deux ans. Bien que responsable de la construction de bâtiments, il fit bon usage de son tamoul avec les élèves de l'École normale.

    Puis, en juillet 1940, il fut nommé curé d'Anilady. Il y resta jusqu'au 4 juillet 1947. C'était un district de 4000 chrétiens dispersés dans 32 villages, sans aucune route. Il donna là le meilleur de lui-même, et eut le bonheur de baptiser environ 500 hindous. Il développa l'école existante et ouvrit une école de filles.

    En 1947, il se sentit fatigué et alla à l'hôpital de Pondichéry. Selon l'avis du docteur, il aurait dû retourner en France, mais Mgr. Colas dut prendre la décision de l'envoyer comme professeur au Grand Séminaire à Bangalore. Il enseigna la sociologie, la liturgie, le Droit Canon. On lui demanda également de faire la lecture spirituelle aux séminaristes de terminale. Un de ses brillants élèves fut le Cardinal Lourdusamy, qui devint archevêque de Bangalore, puis secrétaire de la Congrégation des Oeuvres missionnaires pontificales à Rome, et par la suite président de la Congrégation des Églises orientales.

    Il prit son congé en France, en avril 1949, et revint le 15 février 1950, pour prendre la suite du Père Cailleault à la procure de la mission. Tout en assurant l'intérim de la procure pendant l'absence du Père Cailleault, il eut la joie d'aider le Père Hougard, à la paroisse N-D. des Anges à Pondichéry, pour diverses activités pastorales.

    Puis, changement complet de ministère : il fut envoyé dans les montagnes Shivaroy, comme planteur de café, à la plantation de Balmadès de Yerkaud. Grâce à sa facilité d'adaptation extraordinaire, il devint un excellent planteur, sans oublier le côté pastoral : il baptisa, au cours de ses 9 ans de séjour à Balmadès, une soixantaine d'adultes parmi ses coolies et les gens des environs.s

    Le 3 mai 1959, il prit son deuxième congé en France. À la demande de son évêque, il écrivit un Précis de l'histoire de la mission de Pondichéry, ouvrage qui reçut le Prix Georges Goyau 1954 faisant ainsi de notre confrère un lauréat de l'Académie française".

    De retour en Inde, il fut nommé curé de Villupuram, centre ferroviaire important, paroisse indienne comprenant de nombreuses familles d'anglo-indiens. Il y resta 17 ans. Entouré de la sympathie et de l'affection de ses paroissiens, il célébra son jubilé d'or sacerdotal en juillet 1961. En 1976, on lui donna un socius en la personne du Père Massot, qui devait mourir en janvier 1977. Le voilà donc seul à l'âge de 66 ans. Il continua son apostolat à Villupuram. Il construisit, en 1978, un nouveau bâtiment pour son école, qui devint "high school", école secondaire avec 2300 élèves, 43 maîtres et 5 personnes auxiliaires.

    Au début de 1983, il se sentit vraiment fatigué. En compagnie d'un de ses confrères de Bangalore, le Père Renard, il prit un dernier congé en France, et revint le 11 novembre dans sa paroisse de Villupuram. Le Seigneur lui permit de s'adonner encore à de nombreuses activités : Nouveau couvent de Soeurs indiennes (Carmélites apostoliques d'Ernakulam) avec école et dispensaire. École anglaise avec 1300 élèves, divers ateliers de travail pour jeunes filles pauvres. Villupuram est devenue une belle paroisse de 544 anglo-indiens, 2144 tamouls, tous pratiquants, faisant église comble chaque dimanche.

    La maladie le terrassa. On détecta un cancer du poumon gauche. Il donna sa démission et resta avec le nouveau curé indien à Villupuram. Ses paroissiens tenaient beaucoup à lui. En 1984, en plus de son cancer, sa vision s'obscurcit avec la cataracte. Il ne se faisait aucune illusion sur sa fin prochaine. Comme il désirait mourir à Villupuram, on le transporta là-bas le 6 mai. Il ne savait comment remercier le Père Yves Ollivier, supérieur local, de l'avoir si fidèlement soigné. Le Père Lafrenez expira le 17 mai 1985. Le Père Ollivier écrivit : Étonnant de jeunesse, ce "Lafraise" qui voulut à 74 ans faire de son enterrement une fête, la fête de son entrée au ciel! Ses désirs furent exaucés : chasuble blanche, ornements blancs pour les célébrants, trois évêques et 88 prêtres, guirlandes dans l'église, chants joyeux en anglais et en tamoul, sonnerie aux morts par un cor si expressif qu'il fit venir les larmes à plus d'un parmi les quelques milliers de personnes venues faire leur adieu à leur père bien aimé.



    Références bibliographiques

    AME 1936 p. 239. photo p. 284. CR 1936 p. 233. 1960 p. 81. 1961 p. 86. 1962 p. 98. 1963 p. 109. 1964 p. 67. 1965 p. 133. 1966 p. 175. 1967 p. 120. 1969 p. 138. 139. 1974-76 p. 188. AG 80-81 p. 205. 82 p. 206. 85 p. 217. BME 1948 p. 253. 1951 p. 152. 508. 1952 p. 146. 487. 769. 1953 p. 216. 308. 1001. 1954 p. 278. 279. 935. 1136. 1955 p. 794. 1956 p. 383. 1957 p. 656. 657. 1958 p. 86. 1959 p. 656. 1960 p. 264. 1961 p. 394. 948. 950. EPI 1965 p. 564. 1969 p. 614. 1970 p. 164. MDA 1950 articles p. 10. 68. 108. 150. Enc. PdM 12P4. HIR N° 163/1. 165. EC1 N° 177. 340. 469. 478. 661. 673. NS. 4P122. 5P150. 9P257. 11P341. 343. 15P12. 28. 49P55. 59P13. 85/C2. 87P218. 91/C2. 106P115. 170/407ss. 175/C2. 177/627ss. 180/C2. 197/C2. 216ss.



    Bibliographie

    "Histoire de la Mission de Pondi". Prix G. Goyau, 1954.

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    • Numéro : 3568
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