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Charles Marin LABBÉ

[61]. LABBÉ, Charles-Marin, naquit vers 1648 à Notre-Dame de la Délivrande, alors commune de Luc-sur-Mer (Calvados), actuellement de Douvres. Il fit ses études à Paris, probablement au collège d'Harcourt où existaient des bourses pour les étudiants de plusieurs diocèses de Normandie, et en particulier de Bayeux. Il était professeur dans ce collège, quand il résolut de se consacrer à l'apostolat dans les pays infidèles.
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    [61]. LABBÉ, Charles-Marin, naquit vers 1648 à Notre-Dame de la Délivrande, alors commune de Luc-sur-Mer (Calvados), actuellement de Douvres. Il fit ses études à Paris, probablement au collège d'Harcourt où existaient des bourses pour les étudiants de plusieurs diocèses de Normandie, et en particulier de Bayeux. Il était professeur dans ce collège, quand il résolut de se consacrer à l'apostolat dans les pays infidèles.
    Il partit du Séminaire des M.-E. le 22 décembre 1678, et s'embarqua à Port-Louis le 1er février 1679. A son arrivée au Siam, il fut question de l'envoyer au Laos, et finalement il partit pour la Cochinchine, dont Mgr Mahot le nomma provicaire en 1684. Il travailla dans les provinces de Thua-tien et de Quang-binh. A dater de 1689, il eut des difficultés au sujet de l'administration des chrétiens, avec Barthélemy d'Acosta, jésuite portugais ; d'ailleurs, à cette époque et dans les années précédentes, les Portugais l'inquiétèrent souvent, et voulurent même lui faire quitter la Cochinchine.
    Lorsque Pérez, évêque de Bugie et vicaire apostolique de Cochinchine, arriva à Faï-fo au commencement de 1692, Labbé le reçut dans son presbytère.
    Une de ses lettres écrite l'année suivante, 1693, donne de la mission de Cochinchine la statistique suivante : \ Il y a dans ce royaume 200 églises ou oratoires où s'assemblent 30 000 chrétiens, qui mènent une vie assez réglée pour pouvoir fréquenter les sacrements. Je me suis informé du nombre des fidèles qu'il y avait lorsque M. Hainques commença sa mission. Les plus anciens catéchistes et les chrétiens les plus sages, que j'ai interrogés en divers lieux, m'ont assuré qu'alors il n'y avait pas plus de 5 000 à 6 000 chrétiens, tant bons que mauvais. Ainsi, depuis l'entrée des prêtres français dans la Cochinchine, près de 25 000 idolâtres ont embrassé la foi par le ministère de ces prêtres, des PP. Jésuites, et des prêtres et des catéchistes du pays. "
    En 1697, il fut envoyé en France afin de collaborer à la rédaction du Règlement général de la Société des M.-E. Il arriva en 1698, et, ce travail achevé, il se rendit à Rome pour exposer la situation difficile de la mission de Cochinchine, par suite de l'administration médiocre de Pérez. Revenu en France, il y publia ou on publia, en 1702, une de ses lettres sur les Rites. Dans cette lettre, il combattait deux des principales objections présentées par les partisans des Rites contre toute décision du Pape : la patente de l'empereur de Chine, et la nécessité d'une nouvelle information sur les lieux mêmes ; pour conclure, il priait le Souverain Pontife de donner au plus tôt une solution définitive. En 1703, il écrivit une lettre sur la persécution de Cochinchine.
    Le 15 janvier 1697, il avait été nommé évêque de Tilopolis et coadjuteur du vicaire apostolique de la Cochinchine ; il avait refusé, craignant des difficultés avec Pérez. Il finit par consentir, et fut sacré à Paris dans la chapelle de l'archevêché, par Mgr de Noailles, le 24 février 1704.
    Quelques jours auparavant, 22 janvier 1704, il avait reçu le bref Acceptis fraternitatis (Jus Pont. de Prop. Fid., vii, supplém., p. 76), dans lequel le Pape Clément XI encourageait ses chrétiens qui venaient de subir la persécution.
    Cette même année, il repartit pour la Cochinchine ; mais s'étant attardé au Siam, et ayant fait naufrage lorsqu'il se rendait à Macao pour voir le légat de Tournon, il n'arriva qu'en 1708. Selon ses prévisions, son rôle de coadjuteur fut assez difficile ; il se dédommagea de ne pouvoir le remplir comme il le désirait, en exerçant directement le ministère apostolique ; c'est ainsi qu'en 1711 il baptisa 120 adultes et entendit plus de 3 000 confessions. Il s'occupa aussi des religieuses Amantes de la Croix qui, à cette époque, possédaient 20 petits couvents. La persécution qui sévit de 1714 à 1717, spécialement dans le Dinh-cat, arrêta son activité. Il mourut près de la principale chrétienté du Phu-yen, aux environs de Mang-lang, le 24 mars 1723. Ses nombreuses lettres sur la situation religieuse de la Cochinchine sont intéressantes et instructives.
    Bibliographie. - Lettre de M. Marin Labbé nommé par le Saint-Siège évêque de Tilopolis, et coadjuteur au Vicariat apostolique de la Cochinchine, au Pape, sur le certificat de l'Empereur de la Chine, et sur la nécessité de condamner sans délai toutes les superstitions chinoises. - mdccii, in-12, pp. 132, s. l'av.
    Id. - Chez les héritiers de Jean Keerberg à Anvers, mdccii, in-12, pp. 127, s. l'av.
    Récit abrégé de la dernière persécution de la religion chrétienne dans la Cochinchine, par un missionnaire de ce royaume-là. - Chez L. V. Thiboust et Pierre Esclassan, libraire-imprimeur, place de Cambray vis-à-vis le collège royal, Paris, mdcciii, in-18, pp. 120.
    Notes bio-bibliographiques. - N. L. E., vi, p. 89. - Rev. rel. Cahors, 1913, Lettre sur M. Ausiès de Fonbone, pp. 751, 767, 780, 798.
    Rép. de MM. des M.-E., p. 186. - Lett. édif. et cur., i, pp. 105 et suiv., 112, 120 et suiv., 142 et suiv. - Hist. gén. miss. cath., ii, 2e part., p. 482. - Docum. hist., i, Tab. alph. - Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. - La Coch. rel., i, pp. 311, 341. - Lett. à l'év. de Langres, p. 348. - La Franc. pont., ii, p. 691. - Les pr. voy. fr. à la Chine, pp. xxx, 8.


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    • Numéro : 61
    • Année : None