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Henri KAICHINGER (1883-1947)

[3136] KAICHINGER Henri, Marie,Léon Missionnaire Cochinchine Septentrionale - Hué. -------------------------------- [3136] Henri, Marie Léon KAICHINGER naquit le 22 Août 1883, au hameau de Klangen, commune de Kemplich, diocèse de Metz, à cette époque, province de Lorraine, Allemagne, aujourd'hui département de la Moselle.
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    [3136] Henri, Marie Léon KAICHINGER naquit le 22 Août 1883, au hameau de Klangen, commune de Kemplich, diocèse de Metz, à cette époque, province de Lorraine, Allemagne, aujourd'hui département de la Moselle.

    Après avoir satisfait aux obligations militaires dans l'armée allemande, il entra laïque, au Séminaire des Missions Etrangères, le 18 mars 1908. Tonsuré le 06 Mars 1909,minoré le 12 Mars 1910,sous-diacre le 01 Avril 1911, diacre le 23 Septembre 1911, il fut ordonné prêtre le 29 Septembre 1912, et reçut sa destination pour le Vicariat Apostolique de la Cochinchine Septentrionale (Hué), qu'il partit rejoindre le 27 Novembre 1912.

    Arrivé à Hué, il fut envoyé à Phu-Cam, chez M. Stoeffler pour apprendre la langue viêtnamienne. Il y passa un an. Son oreille ne distinguant pas les tons, il eût beaucoup de difficultés dans cette étude. L'année suivante, il alla comme vicaire à Di-Loan,à l'embouchure du fleuve Ben-Hai, chez M. Chabanon. Après deux ans d'intérim à My-Phuoc, il fut nommé curé de Van-Thiên en 1917. Il resta six ans dans cette chrétienté composée de "vieux chrétiens" ayant subi les persécutions de Ming-Mang et de Tu-Duc; en 1885, une partie de la population avait été massacrée sur ordre des mandarins.

    En Septembre 1923, il devint aumônier de l'école Pellerin. En 1927, il fut nommé curé de An-Do-Tây, paroisse voisine du petit séminaire de An-Ninh. Il y construisit un nouveau presbytère, et fit d'importantes réparations à l'église.Très proche des enfants et des jeunes, il lança le mouvement de la Croisade Eucharistique.Il s'interessa beaucoup à l'école, aux soeurs enseignantes et aux élèves. Il leur rendait visite chaque jour, se faisait remettre la liste des absents, et allait voir leurs parents.Il aimait les belles cérémonies et les beaux chants. Lui qui n'avait pas d'oreille, monta une chorale qui obtint un certain renom !

    Le 24 Novembre 1937,il célébra ses noces d'argent sacerdotales, en même temps que le centenaire du martyr de St. Vincent Nguyên-The-Diêm, prêtre viêtnamien, appartenant à la mission du Tonkin, mis à mort à Dong-Hoi, avec Mgr. Borie, en 1838, enfant de la paroisse de An-Do-Tây, et dont il alla chercher les reliques à Vinh.

    En Septembre 1938, Mgr. Lemasle le nomma Procureur de la Mission.Il eût à s'occuper de toutes les questions matérielles du Vicariat. En 1944, un prêtre viêtnamien lui fut donné comme assistant, et au bout de quelques mois, ce dernier prit sur lui tout le travail. Fatigué, M.Kaichinger prit une demie-retraite, à An-Dôn.

    En mars 1945, après le coup de force japonais, il fut concentré à Hué, avec ses confrères. Le 26 Septembre 1946, Mgr. Lemasle mourut à Saigon. M. Urrutia, provicaire devint supérieur de la Mission. L'évolution de la situation politique du pays permit aux missionnaires de rentrer dans leur poste.M. Kaichinger était à l'Evêché, affaibli, mais il circulait facilement. En décembre 1946, il demanda à son Provicaire la permission d'aller visiter ses anciens paroissiens d'An-Do-Tây, pensant être de retour dans deux ou trois semaines.

    Il resta à An-Do-Tây une dizaine de jours, alla passer deux jours à la trappe de Phuoc-Son où il connaissait plusieurs moines. Le 19 décembre 1946, il voulut prendre le train pour rentrer à Hué. Ce jour là le train ne circula pas, M.Kaichinger retourna à An-Do-Tây pour passer la nuit. Et ce fut cette nuit là, du 19 au 20 Décembre 1946 que la guerre éclata. Hué fut assiégé pendant 43 jours. Les missionnaires qui avaient regagné leurs postes furent arrêtés et amenés à Vinh d'où ils ne revinrent qu'après plus de six ans et demi de détention.

    Trop faible pour marcher, les Viêtminh laissèrent M. Kaichinger à An-Do-Tây, mais le surveillèrent. Il était au presbytère; son successeur, un prêtre viêtnamien et les chrétiens le soignèrent avec affection et dévouement. Il avait , en effet, beaucoup travaillé dans cette paroisse; coiffé d'un large chapeau, habillé à la viêtnamienne, pieds nus,il avait adopté le style de vie des gens au milieu desquels il vivait. Il était fort aimé des pauvres et des petits, donnant tout ce qu'il avait. D'un caractère entier,les injustices le mettaient hors de lui. Il a souffert toute sa vie de ne pas pouvoir parler comme il faut la langue du pays, mais il a su faire instruire ses chrétiens parfaitement.

    Malgré les attentions que tout le monde avait pour lui, il ne retrouva pas ses forces; il garda toute sa connaissance jusqu'à la fin. Au matin du 07 Février 1947, vers 9 heures du matin, il appela le curé, et lui dit : "C'est le moment, donnez-moi l'Extrême-Onction et le Viatique " -"Mais, répondit le curé, vous êtes mieux qu'hier, vous n'avez pas l'air fatigué.." -"C'est le moment, dit le mourant, faites ce que je vous demande !" La veille en effet, le curé avait proposé les derniers sacrements à M.Kaichinger qui lui avait répondu : "Non, pas encore..!"

    Une heure après, en ce 07 Février 1947, M.Kaichinger rendit son âme à Dieu.  La chrétienté fit un caveau au cimetière, et c'est là qu'il repose.

     

    Références biographiques

    AME 1913 p. 52. 53. 1934 p. 79.

    CR 1912 p. 314. 1924 p. 176. 1936 p. 158. 1937 p. 159. 1947 p. 370.

    BME 1924 p. 536. 740. 1929 p. 302. 1933 p. 69. 219. 1935 p. 787. 815. 1937 p. 63. 64. 1938 p. 53. 57. 770. 1939 p. 59. 1940 p. 285. 1941 p. 188.

    EC1 N°  451.

    • Numéro : 3136
    • Pays : Vietnam
    • Année : 1912