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Frédéric HAROU (1906-1983)

HAROU Frédéric (1906-1983)
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    [3430]  HAROU Frédéric, est né le 10 mars 1906 à Forest, dans le diocèse de Malines (Belgique). Il fit ses études primaires et secondaires à St Pierre à Uccle. Il entra au Grand Séminaire de Louvain et suivit les cours de philosophie à l'Université de Louvain. Il obtint son doctorat en philosophie à l'âge de 20 ans. Il entra au Séminaire des Missions Étrangères, à Bièvres, le 14 octobre 1926. Il ne passa qu'une année à Bièvres, et fut envoyé à Rome, pour suivre les cours à l'Université Grégorienne pour ses études de théologie. Disciple du fameux Père Vermesh, il pourra plus tard communiquer l'enseignement de ce maître réputé à ses séminaristes de Bangalore.

    Il fut ordonné prêtre à Louvain, le 13 juillet 1930. De retour à Rome, il termina son doctorat en théologie.

    Il eut la douleur de perdre son père, qui était avocat et juge suppléant, et qui mourut subitement le 13 décembre 1930 à l'âge de 53 ans.

    Le Père Harou reçut sa destination pour la mission de Salem, dans le sud de l'Inde. Il s'embarqua pour l'Inde le 7 septembre 1931. Après quelques semaines à l'évêché de Salem, il fut envoyé à Namakkal, un centre de conversion de nombreux parias des villages environnants, et lieu de leur formation à la vie chrétienne. Il connut la pauvreté et la souffrance, surtout pendant la terrible épidémie de choléra qui fit beaucoup de victimes, malgré les soins très dévoués des missionnaires.

    Au mois d'août 1932, il fut envoyé au Petit Séminaire de Bangalore, où étudiaient à l'époque les petits séminaristes de Salem. En mars 1934, il est nommé supérieur du nouveau Petit Séminaire de Salem. Mais comme les bâtiments n'étaient pas encore prêts, il fut envoyé à Krishnagiri, une paroisse au nord de Salem. Les chrétiens n'étaient pas nombreux, mais l'évêque chercha à développer cette paroisse, en invitant des religieuses françaises, les Franciscaines servantes de Marie, de Blois. Elles trouvèrent dans le Père Harou, selon leur expression, "un Père, un frère, un ami". Il les initia à la vie missionnaire, par son exemple, sa prédication et sa direction spirituelle.

    En 1936, il fut nommé professeur au Grand Séminaire régional de Bangalore. Il y restera jusqu'à sa mort, le 26 février 1983 : 47 ans dans la même institution. Ainsi, pendant 47 ans, il s'adonna en priorité à la formation des séminaristes. Il compte, parmi ses anciens élèves, une bonne douzaine d'évêques et environ 800 prêtres. Pour tous, il fut un professeur apprécié et respecté. Dans les conférences spirituelles qu'il donnait aux séminaristes, il avait un talent remarquable pour parler des mystères de la Foi en termes simples et avec des expressions percutantes qui se fixaient dans les esprits et les coeurs.

    Encore plus que par la parole, c'est certainement par sa personnalité et sa façon de vivre qu'il fut un excellent directeur. À un certain âge, en raison de sa mauvaise vue et de ses trous de mémoire, il avait songé plusieurs fois à quitter le Séminaire. Les évêques ne consentirent jamais à son départ. Ils estimaient que, par sa seule présence, il formait les séminaristes. Effectivement, pour beaucoup d'entre eux, il représentait en quelque sorte le prêtre idéal. Ils étaient très impressionnés par sa foi, sa simplicité, sa pauvreté et son amour des pauvres, l'authenticité de sa vie, son zèle.

    Les séminaristes n'étaient pas les seuls à apprécier la présence du Père Harou au Séminaire. Ses confrères du corps professoral considéraient, eux aussi, qu'ils avaient besoin de lui. Pour eux, et pour bien d'autres prêtres et évêques, en Inde et ailleurs, le Père Harou était le prêtre ami qu'on consultait volontiers.

    Il fut également très apprécié des Religieuses. Non loin du Séminaire, sur la colline avoisinante, il y avait une autre institution qui occupait une grande place dans le coeur du Père Harou : le Sanatorium Ste Thérèse, dirigé par les Salésiennes missionnaires. Elles accueillaient des malades pauvres, et en particulier des tuberculeux. Le Père Harou était l'aumônier de cette institution, toujours très dévoué et attentif.

    Une autre activité du Père Harou fut l'aide financière qu'il a prodiguée à plusieurs institutions. Avec les dons qu'il reçut à l'occasion du 25è anniversaire de son ordination, il fit bâtir une belle chapelle pour le Sanatorium Ste Thérèse. Puis il consacra une grosse somme d'argent à la construction, à Badravathi, près de Shimoga, pour les Soeurs de St Charles de Wez (Belgique), d'une grande école et d'un centre social. Il aida ainsi beaucoup les Soeurs de St Charles de Wez, près de Tournai, à développer leurs oeuvres en Inde. Également, il contribua à l'établissement des Soeurs Franciscaines servantes de Marie à Hosur, sur la route de Bangalore à Salem.

    Jusqu'au bout, le Père Harou est resté très actif. Pourtant, au cours des années, il avait accumulé plusieurs handicaps physiques : en 1933, il est atteint par une crise de malaria. En septembre 1949, il est menacé de cécité totale. Il rentre en Europe. Les docteurs ne réussissent pas à sauver son oeil droit. Son oeil gauche, malade lui aussi, est sauvé de justesse. La lecture le fatigue. En 1963, c'est son coeur qui faiblit. Quelques années plus tard, il a des ennuis avec ses reins. Le Père Harou aurait eu bien des raisons de se ménager. Jusqu'au bout il refusa de le faire.

    Le mercredi 23 février, à midi, lors du repas qui réunit à la maison régionale, tout près du Séminaire, les conseillers régionaux et les confrères MEP de Bangalore, il nous surprit par la pâleur de son visage, par son manque d'appétit, par ses efforts pour cacher un malaise oppressant. Ce soir-là, il fit encore une conférence spirituelle aux séminaristes, mais avec une telle verve que ces derniers ne soupçonnèrent rien.

    Le jeudi 25 février, il put encore concélébrer avec les évêques de la Région et les directeurs du Séminaire, à l'occasion de leur rencontre annuelle; mais il se sentit tellement fatigué qu'on l'emmena à l'hôpital Ste Marthe. Le vendredi 26 février son état empira et on lui administra le sacrement des malades. Le Père Harou mourut paisiblement le vendredi 26 février dans l'après-midi.

    Le lendemain, trois évêques et 80 prêtres venus de divers diocèses étaient présents à ses obsèques, avec 400 grands séminaristes, de très nombreuses religieuses et une foule de laïcs. Désormais, le Père Harou repose à l'ombre du bâtiment du Séminaire, dans le jardin même où est enterré déjà le Père Gayet, qui fut supérieur du Séminaire pendant 36 ans.

     

    Références bibliographiques

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    MEM 1983 p. 47.

     

     

    • Numéro : 3430
    • Pays : Inde
    • Année : 1931