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Albert HAROSTEGUY (1883-1946)

[ 2950 ] HAROSTEGUY Albert Missionnaire Kouy-tcheou - Kweiyang ---------------
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    Albert HAROSTEGUY naquit le 16 novembre 1883, à Mulchen, diocèse de Conception, province de Biobio, au Chili. Il appartenait à une de ces familles basques partie "aux Amériques" pour un temps, mais décidée à revenir un jour au pays. Albert n'avait que six ans, à la mort de son père. Sa mère ne pouvant mener de front l'éducation de ses quatre enfants et la gérance de ses biens-fonds, décida de rentrer au pays natal, à Urrugne, dans les Pyrénées Atlantiques.

    Quelques années plus tard, elle s'installa à Larressore, dans ce même département, afin de suivre de près l'éducation de trois fils qu'elle confia au petit séminaire de cette localité. C'est dans cet établissement que Albert parcourut le cycle des études secondaires, à titre d'externe. Un de ses frères devint prêtre dans le diocèse, et sa soeur entra au cloitre. En 1903, Albert se dirigea vers le grand séminaire de Bayonne où il fut tonsuré le 16 juillet 1904, et incardiné à ce diocèse.

    Le 29 septembre 1904, M. Albert Harostéguy entra au séminaire des Missions Étrangères, où il reçut les ordres mineurs le 23 septembre 1905. A la fin de 1906, par suite des menaces qui pesaient sur les congrégations religieuses en France, avec d'autres condisciples, il fut envoyé au Collège général de Penang où il acheva ses études cléricales. Sous-diacre le 10 mars 1907, diacre le 25 mai 1907, il fut ordonné prêtre le 7 juillet 1907, reçut sa destination pour le vicariat apostolique du Kouy-tcheou (Kweiyang) qu'il partit rejoindre le 10 juillet 1907.

    Le 3 janvier 1908, M. Harostéguy arriva à Kweiyang. Il étudia la langue chinoise au petit séminaire de Lou-tchong-kouan. A la fin de l'année 1908, il fut envoyé à Toan-po, à l'est de la mission, une importante chrétienté de 800 fidèles. Dès son arrivée, il parcourut montagnes et vallées pour bien connaitre son vaste district, étudier la mentalité des gens, et visiter ses chrétiens. Patiemment, il prépara les matériaux nécessaires en vue de constructions futures, et encouragea la fondation d'écoles. En 1911, il reçut la visite pastorale de Mgr. Seguin, évêque-codajuteur qui à cette occasion, confirma 169 chrétiens dans ce district.

    Entre 1913 et 1919, M. Harostéguy dota son district d'une église propre et décente, ainsi que d'une résidence convenable. Il s'interessa à l'avenir du district, par la fondation d'écoles, et la création de revenus pour les religieuses catéchistes. Il se vit confier par interim le district de Hoang-pin. Chaque année, il visita toutes ses chrétientés, veillant à l'instruction des enfants. Le brigandage, la rapine, l'insécurité des routes, les troubles, les rivalités pour le pouvoir grandirent après la révolution chinoise de 1911. Toan-po étant démuni de murailles protectrices, il lui arriva de passer des nuits dans les montagnes, dans les bois, partageant les craintes et les peurs de ses chrétiens. Ainsi, en juillet 1923, à Yeou-yang (Youn-yang), il faillit tomber aux mains des pirates. Ceux-ci surveillant Toan-po, M.Harostéguy ne put regagner sa résidence.

    En 1924, il prit une année de repos au petit séminaire afin de refaire sa santé. C'est là qu'il apprit le saccage de sa résidence et de son église. Vite, il regagna Toan-po où il constata que quelques uns de ceux qu'il avait le plus aidés avaient participé à ce pillage. Découragé, il demanda son changement. Mgr.Seguin lui confia le district de Kiang-long, vers septembre 1925. M.Harostéguy administra les nombreuses chrétientés de son district, releva les chapelles de secours, en bâtit une. En septembre 1931, il partit pour la France, en vue de refaire sa santé..

    Au retour, parti de Chung-king, à la fin janvier 1933, en chaise à porteur, M. Harostéguy parvint à Tong-tse sans encombre en huit étapes. Il prit alors l'autobus et le 15 février 1933, il était de nouveau dans sa mission. Il reprit son poste de Kiang-long où sa résidence subit un nouveau pillage le 14 avril 1935, et lui-même courut beaucoup de risques au passage des communistes. En août 1935, il céda Kiang-long à M. Guettier et devint curé de Houang-ko-chou, succédant ainsi au P. Henri Lo. En raison de son état de santé, et ce poste comprenant de nombreuses stations de chrétiens disséminés dans la campagne, M. Duris lui fut donné comme vicaire.

    Vers mars 1936, pour succéder à M. Gros procureur de la mission et fatigué, Mgr. Seguin appela M. Harostéguy à Kweiyang, pour lui confier cette charge, tout en assurant l'office d'aumônier auprès des Soeurs de Notre Dame des Anges. En octobre 1939, son état de santé l'obligea à se rendre à Hanoï pour consulter la Faculté. Durant sa gestion, de bon coeur et avec bonhomie, il sut rendre service, en se faisant tout à tous. En 1944, aux premières atteintes de paraplégie, il se retira à l'évêché de Kweiyang. Peu à peu condamné à une inaction complète, c'est là qu'il décéda le 19 mars 1946.

    Entouraient son cerceuil, trois vicaires apostoliques, un préfet apostolique, une quarantaine de prêtres, une cinquantaine de séminaristes, et une grande affluence de fidèles. La mort et la sépulture de M. Albert Harostéguy coïncidait avec la retraite annuelle de ses confrères, et les préparatifs du Centenaire de la Mission.

    Références bio-bibliographiques

    AME 1907 p. 381. 1923 p. 228.

    CR 1907 p. 326. 1908 p. 112. 1911 p. 182. 1922 p. 68. 1932 p. 115. 1935 p. 81. 82. 1936 p. 83. 1947 p. 310.

    BME 1923 p. 443. 575. 646. 1924 p. 113. 530. 1925 p. 638. 700. 1927 photo p. 457. 1928 p. 102. 1931 p. 750. 835. 902. 903. 1932 p. 44. 292. 562. 1933 p. 83. 288. photo p. 775. 1935 p. 430. 736. 1936 p. 448. 1937 p. 46. 1939 p. 861. 862. 1940 p. 55. 120. 1941 p. 618. 1948 p. 20.

    EC1 N°  232. 243. 254. 255. 445.

     

    • Numéro : 2950
    • Pays : Chine
    • Année : 1907