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Camille HÉRAUD (1867-1937)

[ 1890 ] HERAUD Camille, Léandre, Raoul Missionnaire Kouang-si. ------------- Camille, Léandre, Raoul HERAUD naquit le 8 juin 1867, à Mervent, canton de St.Hilaire-des-Loges, diocèse de Luçon, département de la Vendée. Orphelin de bonne heure, une tante s'occupa de son éducation. Il fit ses études secondaires au petit séminaire de Luçon.
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    Camille, Léandre, Raoul HÉRAUD naquit le 8 juin 1867, à Mervent, canton de St.Hilaire-des-Loges, diocèse de Luçon, département de la Vendée. Orphelin de bonne heure, une tante s'occupa de son éducation. Il fit ses études secondaires au petit séminaire de Luçon.

     

    Le 30 septembre 1885; il entra, laïque, au séminaire des Missions Etrangères. Tonsuré le 26 septembre 1886, minoré le 24 septembre 1887, sous-diacre le 22 septembre 1888, diacre le 21 septembre 1889, prêtre le 1 mars 1890, il reçut sa destination pour la préfecture apostolique du Kouang-si, qu'il partit rejoindre le 30 avril 1890.

     

    Mgr.Foucard, préfet apostolique du Kouang-si étant décédé à la résidence épiscopale de Chang-se, le 31 mars 1889, M. Camille Héraud fut accueilli par M.Paulin Renault, pro-préfet depuis 1880. Ce dernier envoya le jeune missionnaire dans la petite chrétienté de Tong-tchong pour y apprendre la langue cantonaise. Au bout de un mois, M.Héraud dut se rendre à Hong-Kong pour quelques semaines. A son retour, il alla à Kouy-hien saluer dans son poste, Mgr.Jean Chouzy, nouveau préfet apostolique, qui lui confia la chrétienté de Sanly, dans le Ou-siuen, (Ousuen) où il succéda à M.Frayssinet, nommé au district des "Cent Mille Monts".

     

    M. Camille Héraud se mit à l'étude de la langue hakka et des caractères chinois; il devint plus tard un sinologue distingué. En août 1893, il se rendit chez les aborigènes "Yaou indépendants" habitant les montagnes de Kou-ping-Tchong, à la lisière de la sous-préfecture de Pin-nan, puis il y envoya un catéchiste. Quelques familles aborigènes devenant catéchumènes, il ouvrit un petit internat à Santy pour leurs enfants.

     

    En 1896, M.Héraud visita son district de Pin-nan, à plusieurs journées de Santy; il baptisa quelques adultes. Il entreprit aussi de grouper ses chrétiens et néophytes du district de Ou-siuen-hien afin de les tirer de leur état de torpeur. Dans ce but, en 1895, il acheta à Lou-mey une vaste propriété pour la peupler de chrétiens de son district, ainsi que de ceux qui venaient du Kouy-hien et de Long-niu. Son projet ayant réussi, il quitta Sanly, se fixa à Lou-mey où il ouvrit une école, organisa cette implantation agricole, essaya de développer en plus du riz, diverses autres  cultures dont le manioc, les patates et les arachides. En 1897, il revint chez ses chrétiens, dans la sous-préfecture de Pin-nan où, dit-il, "tous les mauvais bruits sont tombés; on aime à questionner sur le christianisme, on parle de l'embrasser". Mais, le 22 mars 1898, des bandes de brigands attaquèrent la maison qu'il avait achetée dans la ville de Pin-nan et qui servait d'oratoire et d'école; ils pillèrent les neuf familles chrétiennes du voisinage. Avertis à temps, écoliers et chrétiens se réfugièrent dans une sous-préfecture voisine.

     

    Le 14 avril 1898, pendant que M. Héraud se trouvait à Kouy-Hien des malfaiteurs vinrent démolir une partie de sa ferme de Lomei, et le surlendemain, ils enlevèrent une douzaine de buffles. L'année suivante, M.Héraud obtint du sous-préfet une indemnité pour les dégâts ainsi que la restitution de onze des animaux volés.

     

    Dans les premiers mois de 1900, M.Héraud, délégué par Mgr.Joseph Lavest, traita avec le mandarin de Yun-ngan-tcheou, l'affaire du meurtre de M.Bertholet, massacré à Tcheng-tsuen le 21 avril 1898. Il obtint la concession d'un terrain et effectua le transfert de la dépouille mortelle de son confrère au village de Long-niu, lieu de la résidence du défunt. Cette même année, il prit possession d'une maison achetée dans la ville de Siun-tcheou-fou (Koui-pin). C'est dans cette préfecture qu'il se fixa vers la fin de 1901, tout en continuant à administrer les distrcts de Ou-suen et de Pin-nan, avec l'aide de MM. Auguin.et Crocq. Ce dernier s'établit à Pin-nan vers la fin de 1901..

     

    En 1902, chargé des districts de Koui-pin et de Ou-suen, M.Héraud donna dans sa résidence de Siun-tcheou-fou des leçons de sciences à des lettrés de la ville, afin de leur confier plus tard la direction d'écoles dans ses districts. En août 1902, alors qu'il se rendait à Loumey, il fut attaqué et blessé par des pirates. Vers 1904, il reçut du gouverneur Houâng le globule de mandarin de quatrième classe, en témoignage de satisfaction pour la manière dont il avait traité, au nom de son évêque, les affaires litigieuses du nord-ouest de la mission.

     

    Vers 1908, la santé de M. Héraud commença à faiblir. Il dut quitter Koui-pin, et aller se soigner au sanatorium de Béthanie à Hong-Kong. Délégué par Mgr.Lavest, il participa en 1909, au second synode de Hong-Kong. Sa santé rétablie, le supérieur de Nazarteh lui proposa la surveillance de l'impression des livres chinois, mais il préféra rentrer dans sa mission où Mgr. Ducoeur le nomma professeur au séminaire, puis en décembre 1911, curé de la paroisse de la cathédrale à Nanning, succédant à M. Albouy. Dans un faubourg à l'ouest de la ville, il entreprit la construction de la léproserie projetée par Mgr.Lavest. Quand tout fut terminé, le gouverneur chinois fit massacrer et brûler les 36 premiers lépreux. C'était le 14 décembre 1912.

     

    Le 27 décembre 1912, à la demande des supérieurs de Paris et de Nazareth, M.Héraud quitta Nanning pour la maison de Nazareth à Hong-Kong où il travailla deux ans et demi. En 1915, il alla célébrer ses noces d'argent à Nanning, et demanda à revenir dans la mission; en juillet 1915, il s'installa à nouveau à Koui-pin, et porta ses efforts vers l'ouest à Pit-tchouk-tong, où il créa un centre missionnaire. En 1918, sentant ses forces diminuer, il remit Foung-tong et les environs entre les mains de M.Albouy, ne gardant pour lui que Koui-Pin (Siun-tcheou-fou), à quelques lieues en aval de Koui-hien.et le pays des "Hakkas" Le 21 juin 1928, à l'occasion des noces d'argent de M. Albouy, et du cinquantenaire de la fondation de la chrétienté de Koui-shien, il rappela les débuts de l'évangélisation, ses difficultés, la ténacité des missionnaires, la fermeté et la persévérance des chrétiens malgré les mauvais traitements, et les persécutions.

     

    Le 7 mai 1929, M.Héraud embarqua à Hong-Kong pour accompagner en France, Mgr. Ducoeur, atteint d'une grave maladie de coeur. Pendant toute la traversée, il se dévoua au chevet de son évêque, alité à partir de Colombo, et qui décéda à Marseille, le 10 juin 1929, surlendemain de leur arrivée. Après un séjour en Vendée, et un temps de repos à Montbeton, il repartit pour le Kouang-si, où il arriva vers décembre 1930.

     

    Chargé des postes de Pit--tchouk-tong, Tai-lo-ling, et Kat-tao, (Ki-teou), M. Héraud se fixa en ce dernier lieu, y bâtit sa résidence centrale, et, en l'honneur de Ste Thérèse de Lisieux, entreprit la construction d'une chapelle inaugurée le 3 octobre 1934. En novembre 1934, répondant au désir de Mgr. Albouy, M.Héraud anémié et fatigué, alla se reposer au sanatorium de Béthanie, à Hong-Kong. C'est là qu'il se retira et décéda le 20 mai 1937. Le lendemain, M.Cador célébra la messe des obsèques, et la dépouille mortelle de M.Camille Héraud fut conduite au cimetière de Béthanie et inhumée  tout près de celle de Mgr. Joseph Lavest.

     

    Références bio-bibliographiques

    AME 1890 p. 227. 1926-27 p. 482. 1929 p. 167. 1930 p. 208. 209. 1935 p. 87. 1937 p. 190.

    CR 1890 p. 219. 296. 1891 p. 135. 1892 p. 152. 153. 1893 p. 157. 1894 p. 169. 173. 1895 p. 180. 1896 p. 154. 1897 p. 131. 1898 p. 130. 135. 1899 p. 166. 302. 1900 p. 134. 137. 1901 p. 135. 1902 p. 147. 148. 1903 p. 138. 1904 p. 150. 1905 p. 123. 1906 p. 134. 1908 p. 130. 1909 p. 251. 1911 p. 118. 124. 1913 p. 177. 1916 p. 101. 1917 p. 73. 1918 p. 57. 1919 p. 61. 1920 p. 44. 1921 p. 66. 1922 p. 81. 1923 p. 97. 1924 p. 75. 1927 p. 96. 1928 p. 92. 1929 p. 125. 254. 1931 p. 134. 1932 p. 155sq. 1934 p. 116. 1937 p. 108. 234. 278. 1940 p. 67.

    BME 1928 p. 497. 1928 p. 370. 413 (art.). 470. 1930 p. 320. 382. 524. 550. 1931 p. 67. 866. 1932 p. 941. 1933 p. 783. photo p. 16. 1934 p. 497. 871. 1935 p. 690. photo p. 1. 1936 p. 610.

    EC1 N°  178. 179. 192. 194. 195. 208. 359.

     

    • Numéro : 1890
    • Pays : Chine
    • Année : 1890