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Joseph marie GUYOMARD

GUYOMARD Joseph (1883 - 1965) [2887] GUYOMARD Joseph est né le 2 mai 1883 à Guénin, diocèse de Vannes (Morbihan). Il fit ses études primaires à Guénin, Baud et Pontivy, et ses études secondaires à Ste Anne d'Auray. Puis il entra aux Missions Étrangères de Paris le 9 septembre 1901. Il fut ordonné prêtre le 22 septembre 1906 et partit le 28 octobre suivant pour le Yunnan.
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    GUYOMARD Joseph

    (1883 - 1965)


    [2887] GUYOMARD Joseph est né le 2 mai 1883 à Guénin, diocèse de Vannes (Morbihan). Il fit ses études primaires à Guénin, Baud et Pontivy, et ses études secondaires à Ste Anne d'Auray. Puis il entra aux Missions Étrangères de Paris le 9 septembre 1901. Il fut ordonné prêtre le 22 septembre 1906 et partit le 28 octobre suivant pour le Yunnan.

    Arrivé à Yunnanfu, il est envoyé en 1908 vers le nord-ouest, à Machang, au-delà du Fleuve Bleu. Là, auprès du Père Leparoux, il étudie la langue chinoise et s'initie au ministère apostolique. La mission du Yunnan est très vaste et les missionnaires peu nombreux. Le poste de Tienpatéou est devenu vacant. Le Père Guyomard est nommé curé de ce poste. Il y trouve environ un millier de chrétiens de vieille souche, des rescapés de la persécution du XVIIIè et XIXè siècles au Setchuen. Sa résidence est assez vétuste et délabrée. Il décide de tout reconstruire : église, presbytère et école des garçons. Il restaura ensuite l'école des filles. Les conversions ne sont pas nombreuses, toutefois, il put faire quelques baptêmes d'adultes.

    Au bout de 10 années dans ce poste, il fut nommé, en 1918, à Kokoui (Iléang), plus au sud, sur le Houen Kiang. C'est une paroisse d'environ 1.400 chrétiens. Il sut s'entourer de jeunes, qui l'aidèrent beaucoup dans ses travaux et son ministère paroissial. Il décida de bâtir une belle église qui comporterait une dizaine de colonnes monolithiques en granit. Il réussit à exécuter son plan, malgré la saison des pluies et les inondations. Au début de 1925, l'église est prête pour le culte; sa bénédiction eut lieu le 6 février, au milieu d'une explosion de piété bruyante que partagèrent même les non-chrétiens.

    Après l'église, vint le tour du presbytère. Il le bâtit tout en maçonnerie, avec étage et une vaste salle de classe pour les garçons. Le Père Guyomard ne négligea pas ses paroissiens disséminés dans la campagne. Il les visita et garda toujours le contact avec eux.

    À la fin de 1927, il reçut son changement et sa nomination comme procureur de la mission à Yunnanfu. Il sut sauvegarder les finances de la mission et fut toujours gentil avec les confrères. Mais il tomba malade et son médecin lui conseilla un voyage en France. Il reprit contact avec la rue du Bac, revit sa famille et ses amis. Il fit une cure à Vichy, qui lui fit beaucoup de bien, puis retourna dans sa mission, où il arriva en janvier 1932.

    Nommé curé de Tchaofong, voisin du poste de Kokoui, les temps sont durs : guerres civiles, passages de l'armée rouge à travers la province. Le Père put quand même vaquer à ses occupations d'administration spirituelle et temporelle du district. Il resta seul missionnaire de la Société dans cette partie nord de la mission, car une division ecclésiastique est prévue pour le clergé local. Au début de l'année suivante, il se mit en route pour Yunnanfu. Averti à temps, afin d'éviter l'armée rouge, il fit demi-tour. Ce n'est que l'année suivante qu'il put reprendre le chemin de Kunming et fut définitivement de retour parmi ses confrères le 29 juillet 1936.

    Il fut alors nommé à Sanpéfou. Il y arriva le 17 août 1936, et trouva là une paroisse un peu abandonnée en raison du manque de personnel, du brigandage et de la guerre civile. Il ouvrit des écoles de doctrine et essaya de raviver la foi dans le coeur de ses fidèles.

    Il resta dans ce poste jusqu'en 1942. À cette époque, son évêque le nomma procureur de la mission. Il fit ce qu'il put pour sauvegarder les finances de la mission, au milieu de circonstances financières difficiles. Il se mit également à bâtir. En effet, les Soeurs de St Paul de Chartres eurent besoin d'un chef de chantier pour la construction de leurs écoles, du pensionnat et de leur chapelle. Le Père réussit à mener à bien tous ces travaux.

    Mais en raison de sa santé qui se détériorait, il décida d'un retour en France, pour un congé après 40 ans de mission. À Paris, où il arriva le 11 octobre 1949, il alla consulter les docteurs de l'hôpital Pasteur, puis trouva un poste d'aumônier au couvent de Kermaria, dirigé par les Filles de Jésus. Mais la nostalgie du Yunnan le poursuivit et il voulut retourner en Chine. Ce ne fut pas possible. Entre-temps, la province du Yunnan a été occupée par les communistes. En 1950 le pays est sous le pouvoir du Parti, de l'armée et de la Police.

    Obligé de rester en France, le Père accepta l'aumônerie du Couvent des Dominicaines, à Notre Dame de toutes Grâces, à Mortefontaine, en Seine et Oise, en 1951. Il y passa dix années heureuses, avec les Soeurs et les enfants du catéchisme.

    En 1961, en raison d'une réorganisation de l'Ordre des Dominicaines, il dut quitter Mortefontaine. Comme il avait vieilli, il alla se retirer dans notre maison de Montbeton. Là il fut heureux de retrouver des confrères bien connus. Il ira dire la messe pendant quelque temps dans une communauté de religieuses du voisinage. Mais avec l'âge, les infirmités se multiplièrent : perte de la vue, difficulté d'élocution, surdité et perte partielle de la mémoire. En 1965, il fêta, le 2 mai, son 83ème anniversaire. Mais le 20 mai, il fut pris d'un malaise, accompagné de vomissements, et il rendit son âme à Dieu, après avoir reçu l'absolution et l'Extrême Onction.

    Le Père Joseph Marie Guyomard fut un prêtre d'une profonde vie intérieure. Il vécut à une époque où la Chine connut le brigandage et la guerre. Il fut partout un apôtre de paix. Plusieurs prêtres et Religieuses lui doivent l'éveil de leur vocation. Il se montra toujours disponible et alla docilement dans tous les postes qu'on lui confia. Il dut dire bien souvent : Non recuso laborem.



    Références biographiques

    AME 1907 p. 61. CR 1906 p. 274. 1907 p. 136. 1910 p. 110. 1912 p. 140. 1913 p. 147. 1916 p. 84. 1922 p. 62. 1923 p. 75. 1924 p. 53. 54. 1926 p. 66. 1931 p. 97. 98. 1932 p. 105. 106. 1934 p. 71. 1936 p. 75. 1938 p. 81. 1939 p. 71. 72. 1948 p. 193. 1962 p. 108. 1965 p. 150. BME 1922 p. 28. 309. 1924 p. 730. 1925 p. 169. 235. 1928 p. 170. 492. 561. 1931 p. 674. 835. 1932 p. 147. 151. 291. 1934 p. 568. 1935 p. 190. 509. 1936 p. 285. 660. 740. 1937 p. 198. 868. 796. 1938 p. 333. 399. 754. 1939 p. 649. 1940 p. 487. 1948 p. 351. 1949 p. 517. 774. 1956 p. 807. EPI 1962 p. 86. 87. 1965 p. 710. 843. ECM 1947 p. 117. EC1 N° 217. 223. 225. 233. 234. 473. 603. 754.

    • Numéro : 2887
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