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Eléazard Joseph GUIMET

GUIMET Joseph (1915-1995) [3681] GUIMET Joseph, Éléazare, naquit le 20 novembre 1915, au Reposoir, dans le diocèse d'Annecy (Haute Savoie) d'un père cultivateur, Honoré, et d'une mère née Cécile, Françoise Blanchet qui allait donner le jour à 10 enfants, 5 garçons et 5 filles.
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    GUIMET Joseph

    (1915-1995)


    [3681] GUIMET Joseph, Éléazare, naquit le 20 novembre 1915, au Reposoir, dans le diocèse d'Annecy (Haute Savoie) d'un père cultivateur, Honoré, et d'une mère née Cécile, Françoise Blanchet qui allait donner le jour à 10 enfants, 5 garçons et 5 filles.

    Baptisé le 21 novembre 1915, Joseph sera confirmé plus tard, à Cluses, le 7 mars 1926. Il fera toutes ses études au Petit Séminaire St François de Sales de Thonon-les-Bains. Après quoi, il demanda son admission aux Missions Étrangères le 25 juillet 1935, ce qu'il obtint le 31 juillet suivant.

    Il était muni d'une lettre testimoniale de Mgr. Florent du Bois de la Villerabel datée du 15 novembre 1937, et reçut la tonsure le 17 décembre 1937.
    Après son service militaire (octobre 1938 à octobre 1940), il reçut les ordres majeurs : sous-diaconat (juin 1942), diaconat (19 décembre 1942) et sacerdoce (20 mars 1943). Agrégé à la Société des Missions Étrangères le 15 septembre 1943, il reçut sa destination pour la mission de Nan-Ning (Chine). Cependant, il dut attendre la fin de la guerre pour s'embarquer, à Marseille, sur le \Pasteur", le 24 mai 1946.

    Ce fut le 27 août 1946 que le Père Guimet arriva à Nan-Ning où il fut accueilli par Mgr. Paulin Albouy et chez qui il s'initia au cantonnais. On le retrouvera, plus tard, en 1948, au poste de Shamly, dans la région de Guixiên, pour y remplacer le Père Crocq, âgé et malade. Mgr. Albouy constata sans peine l'excellent travail du jeune missionnaire dont le seul regret était de manquer de temps pour l'étude des caractères chinois.

    Entre temps, après quelques années de paix relative, la menace d'une hégémonie d'un totalitarisme athée avait grandi, à partir de 1949, sans réussir à ralentir les activités pastorales du Père Guimet, auprès des 600 habitants des villages qu'il administrait. Pourtant, en 1952, la situation se détériora au point de valoir au Père Guimet un séjour en prison, sous prétexte qu'il était assimilé aux "propriétaires terriens" avec tous les tracas attachés à ce titre, notamment, les "jugements populaires"... Tant et si bien qu'au début de 1953, le processus de son expulsion était déjà en marche et finit par produire ses effets sur le Père Joseph Guimet, le 31 juillet 1953.

    À Hongkong où il séjourna quelques jours, il reçut son affectation "provisoire" pour la mission de Saigon. À son arrivée dans la métropole de l'ancienne Cochinchine, le Père Guimet commença par prendre en charge la paroisse de St François Xavier, à Cholon (faubourg de Saigon) qui comportait quelque 700.000 habitants d'origine chinoise.

    Mgr. Jean Cassaigne, vivement encouragé par le Père Robert Séminel, curé de la cathédrale, confia alors au Père Guimet la succession du Père Robert Lebas, désireux de se consacrer uniquement au milieu scolaire chinois. Ce choix fut d'ailleurs rapidement justifié, si l'on note que le nombre des catholiques chinois -qui n'était guère que d'un millier à son arrivée- passa sans tarder à 2.400, grâce à de nombreux baptêmes et à une meilleure organisation paroissiale, ainsi qu'à l'arrivée fortuite de 300 réfugiés du Tonkin.

    Le Père Guimet, bien décidé à entreprendre une prospection systématique du milieu chinois de Saigon-Cholon, fit alors appel à du "renfort" de confrères et en obtint. Ce fut d'abord le Père Nguyen Kim Thanh à qui fut confié la population vietnamienne de ce district, puis, dès juillet 1954, trois missionnaires MEP, pris sur place, lui furent adjoints, tandis que trois autres s'apprêtaient à entamer le milieu des étudiants. De plus, le concours de la Légion de Marie et celui des mouvements "Coeurs Vaillants-Âmes Vaillantes" s'avéra fructueux.

    Ce travail écrasant lui valut un congé, volontairement écourté, du 19 avril au 19 juillet 1956, dans sa Savoie natale.

    À son retour, il put s'adjoindre les Pères Fernand Billaud, Abel Garreau et Aimé Pinsel que viendra compléter, plus tard, en 1957, le Père Gabriel Lajeune, un ancien missionnaire du Nord Viêt-nam.

    Ce n'était pas trop de toute cette équipe, dûment secondée par des militants laïques, pour conquérir de nouveaux adeptes, par centaines, et réveiller la foi de ceux qui l'avaient laissée s'endormir.

    Le rôle des enseignants de l'école paroissiale du Sacré Coeur, auprès de 1.300 jeunes qui la fréquentaient, était primordial. Il fallait penser, en outre, aux futures vocations, en les confiant d'abord à un Père -le Père Charles Chang- avant de construire un Petit Séminaire ("St Charles", dans la banlieue de Cholon -d'où sortira, un jour, le Père Pierre Lâm Minh). Aucun rouage de la vie paroissiale n'était négligé par le Père Guimet, sans compter un centre paroissial -annexe fondée en pleine ville de Saigon et rapidement fréquentée par 200 Chinois.

    Au total, ce sont 200.000 chrétiens qui étaient ainsi atteints de façon permanente. Et, parmi les moyens de les atteindre, l'école figurait au premier plan, ainsi que la Légion de Marie. Cependant, le Père Guimet aurait vite été débordé, sans l'aide accrue de confrères, tels que le Père Guy Marchand, qui lui fut adjoint en 1958. Le résultat fut qu'une nouvelle paroisse "N.D. de la Paix" fut érigée, et bientôt confiée à un prêtre chinois, rentré de France, le Père Melchior Cheng.

    En 1959, l'année du Congrès Marial du Viêt-nam, la paroisse du Père Guimet reçut la visite du Cardinal Agagianan, Légat du Pape. L'année suivante, en février 1960, ce fut le tour du Cardinal Tiên, en route vers son poste, à Taïwan. À cette époque, la fondation du Père Guimet groupait 6.000 catholiques, avec une moyenne annuelle de 200 baptêmes d'adultes, préparés par 37 catéchistes que formaient les Pères Billaud et Garreau, tandis qu'une vingtaine de "praesidia" facilitait, à la Légion de Marie, un travail d'approche efficace.

    Plus tard, l'attention du Père Guimet se portera volontiers vers l'annexe sino-viêtnamienne de Phulam, où 16.000 enfants étudiaient le catéchisme (pendant leur vacances, pour plus de la moitié d'entre eux) grâce à une organisation originale, créée par le Père Guimet.

    En 1963, l'équipe se renforça grâce à un jeune Père chinois, le Père Stephen Chan Tat Ming, originaire de Pakhôi et venu de Hongkong où il avait fait ses études, au Séminaire de Chine méridionale. Dès lors, quatre centres d'apostolat assurèrent journellement l'enseignement du catéchisme, tandis qu'un nouveau centre paroissial, celui de l'Épiphanie, était érigé à Phulam, à la périphérie de Cholon et confié au Père Pinsel, précédemment absorbé par son ministère dans deux camps de Réfugiés chinois, comportant une centaine de chrétiens.

    Du 19 mai au 3 novembre 1964, le Père Guimet prit un congé en France et s'y fit soigner les yeux, se sachant remplacé à Cholon par le Père Lajeune.

    À son retour, il entreprit de nouvelles constructions destinées à des écoles, et aussi à un logement pour les prochains confrères attendus de France.

    C'est ainsi qu'en 1967, sept confrères purent exercer leur apostolat dans ce qui était devenu "la Mission chinoise de Saigon" et qui dépassait le diocèse, pour englober tout le monde chinois de la Province, évalué à 2 ou 3 millions de personnes se réclamant d'une ascendance chinoise. Parmi eux, on comptait 7.000 catholiques.

    Une revue mensuelle, publiée par la paroisse St François Xavier et tirée à 1.500 exemplaires, était distribuée gratuitement aux familles catholiques et diffusée par la Légion de Marie aux sympathisants.

    Pour répondre aux nouvelles demandes, le Père Guimet n'hésita pas à mettre en route la construction d'un nouveau centre paroissial, en plein milieu urbain, ainsi qu'une "Chapelle de Secours" à Cholon.

    Exceptionnellement, le Père Guimet se permit une escapade, avec le Père Antoine Vitte, à Taïwan, où il visita surtout la mission montagnarde de Hualiên.

    À son retour, dès février 1968, la grande offensive Viêt-cong vint saccager le faubourg de Saigon qui constituait le champs d'apostolat du Père Guimet. Chassés par le feu et les bombes, des victimes par milliers vinrent de Phulam se réfugier à l'église St François Xavier, et dans les locaux de la mission chinoise.

    Bientôt, les infiltrations des Nord-viêtnamiens contraignirent les Pères Guimet et Lajeune à aller s'abriter ailleurs, en attendant que tout fût rentré dans l'ordre. Entre temps, le 20 mars 1968, les chrétiens du Père Guimet avaient tenu à lui fêter le jubilé de ses 25 années de sacerdoce, avec tout le décorum cher aux Chinois (podium dans la cour de l'école paroissiale, concélébration avec 9 prêtres, etc.).

    Peu après, au début de la Semaine de la Passion, le Père Guimet se rendit à Da Nang, pour y célébrer Pâques, avec 16 familles chinoises catholiques dont le Père Claude Charmot, curé du lieu, s'était occupé.

    À la fin de cette année 1968, le Père Guimet laissa le Père Lajeune ainsi que des confrères plus jeunes, prendre en main la mission catholique chinoise. Parmi eux se trouvaient les Pères Paul Vallat et Émile Louis Tisserand, qui s'étaient préparés à ce ministère depuis deux ans et demi, par des stages à Kuala Lumpur et à Hongkong. Quant au Père Guimet, il se réservait la nouvelle paroisse, St Joseph, comportant 800 catholiques sur un ensemble de 300.000 habitants. Cette paroisse inaugurée à Noël 1968 était voulue comme un Centre de rayonnement apostolique, dans le quartier de Hòa Bình, par le Délégué apostolique.

    Les débuts de cette fondation furent modestes, à cause des préjugés de la population (98% de non-chrétiens). Mais, grâce au contact des enfants et du zèle des catéchistes, visitant les familles, les 80 premiers auditeurs se multiplièrent. En 1969-70, le Père Guimet y comptait déjà un millier de baptisés (dont 10 néophytes adultes).

    Le Père Guimet fit un voyage en France, du 26 mai 1970 au 24 nov. 1970, tandis que sa paroisse était administrée par le Père Émile Louis Tisserand.

    Après son retour, le Père Guimet acheta un terrain qui lui permit des agrandissements, grâce à l'aide du Père Étienne Mamet de la Procure -ce sera son "chant du cygne", car sa santé avait fini par se dégrader sérieusement et les événements politiques du début de 1975, l'amenèrent à accepter l'idée de son rapatriement, qui eut lieu le 12 avril 1975.

    Dès le 14 juin 1975, le Père Guimet reçut la lettre que lui avait fait remettre le Conseil Central, pour la question de son avenir; or, après avoir été tenté d'opter pour l'île Maurice, puis pour la Réunion, Madagascar ou Tahiti, il répondit, le 18 juin, que sur le conseil du R.P. J.B. Itcaïna, il souhaitait un temps de réflexion. C'est alors, les 19 et 20 septembre 1975, qu'eut lieu, à Bièvres, avec les 19 confrères sortis du Viêt-nam en juillet, une réunion qui groupa une trentaine de confrères, de la Diaspora, en présence du R.P. Léo Roncin, du Père J.M Cuny, du Père Jean Verinaud et du Père Gabriel Espie, en vue d'examiner "le sens d'un nouveau départ en mission". Au terme de cette consultation, le Père Guimet accepta le principe d'un service temporaire, dans l'Église de France. En attendant, il faisait de la suppléance, depuis octobre 1975, à Thoissey, dans le diocèse de Bellay (faute de place disponible pour celui d'Annecy).

    Mgr. René Dupanloup, appréciant ses services comme vicaire à St Didier-sur-Chalaronne, lui proposa la charge curiale de Nattages et Massigniers de Rives (700 habitants), à 10 km de l'évêché. Ceci sera entériné le 1er août 1976, par la Société des Missions Étrangères, qui lui confiera, en outre, le soin des Réfugiés du S.E. Asiatique.

    Le Père Guimet s'habitua assez vite à cette fonction, c'est ainsi qu'au cours de l'été 1978, il accueillit, dans son presbytère, des anciens paroissiens de Cholon, réfugiés à Annonay et qu'il participa, en septembre, à Bellay, à l'ordination d'un diacre vietnamien.

    Cependant, en octobre 1982, la santé du Père Guimet l'obligea à passer 8 jours à l'hôpital de Bellay, pour une forte grippe, accompagnée d'une bronchite et d'une crise d'asthme. À sa sortie, le 23 octobre, il ne put reprendre le travail qu'au ralenti. Toutefois, il s'en remit et on le retrouva, le 11 octobre 1979, à Haute Combe, en compagnie de 7 confrères, lors d'une rencontre régionale.

    En octobre 1988, il avoua à un de ses amis que ses crises d'asthme ne faisaient qu'augmenter. Celles-ci le ramèneront à l'hôpital; après quoi, au lieu de regagner la cure de Nattages, il ira se reposer au Grand Séminaire de Bellay. Alors, sur le conseil du Père Pierre Morel, il séjourna à la Maison de Lauris.

    Enfin, après avoir demandé un service moins lourd, il sera transféré à Corbonod, comme aumônier du Foyer St Vincent, tenu par les Filles de la Charité. Il s'y inséra aisément, très apprécié de tous les Résidents. Cependant, en août 1992, on dut l'hospitaliser au service de réanimation de l'hôpital de Bellay. Son état inquiéta le médecin qui diagnostiqua une méningite foudroyante.

    Après plusieurs jours passés dans le coma, le Père Guimet rendit son âme à Dieu, le 12 février 1993.


    Références biographiques

    CR 1947 p. 48. 125. 1949 p. 73. 1951 p. 29. 1954 p. 18. 1955 p. 47. 1957 p. 54. 1958 p. 52. 1961 p. 54. 1962 p. 64. 1963 p. 70. 1966 p. 36. 1965 p. 78. 1966 p. 92. 93. 95. 1969 p. 79. 1970 p. 112. 117. 1974-76 p. 261. BME 1949 p. 47. 645. 1950 p. 631. 1952 p. 55. 770. 1953 p. 615. 617. 621. 720. 721. 1954 p. 911. 1023. 1024. 1955 p. 148. 1956 p. 560. 576. 893. 1006. 1957 p. 261. 267. photo p. 44. 1959 photo p. 522. 1960 p. 363. 1961 p. 471. R.MEP 1961 n°118 p. 28. 1963 n°130 p. 15. Hir n°116 p. 138/2. 139/2. EC1 N° 319. 410. 434. 445. 543. 599. 604. 743. 748. NS. 2P50. 3P88. 4P116. 6/C3. 9P274. 277. 10P302. 11P335. 16P51. 19P152. 32/C2. 37/C2. 38P49.51. 57P305. 86/C2. 90P305. 91P334. 124P342.

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    • Numéro : 3681
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