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Joseph Henri eugène GUILBAUD

GUILBAUD Joseph (1882 - 1962)
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    GUILBAUD Joseph

    (1882 - 1962)


    [2910] GUILBAUD Joseph est né le 29 août 1882 à Mormaison, diocèse de Luçon (Vendée). En 1894, il entra au Petit Séminaire de Chavagnes, puis, en 1902, au Grand Séminaire de Luçon. Il fut admis aux Missions Étrangères et arriva au Séminaire, rue du Bac, le 8 septembre 1904. Il fut ordonné prêtre le 22 septembre 1906 et s'embarqua pour la mission du Yunnanfu (Kunming) le 14 novembre suivant. Il fit escale à Haiphong, au Tonkin, puis remonta la vallée du Fleuve Rouge pour arriver à Laokay. Là, sur le point de franchir la frontière chinoise, il rejoignit le Père Guyomard et tous les deux voyagèrent par caravane jusqu'à Yunnanfu.

    Pendant deux mois, il étudia la langue chinoise, et fut envoyé à Longky pour continuer cette étude. Longky était un poste situé à une vingtaine d'étapes au nord de Yunnanfu. En 1908, Mgr. de Gorostarzu, le nouveau vicaire apostolique du Yunnan, l'appela à l'évêché pour devenir procureur de la mission. En 1910, il dut aller à Yongpé, poste laissé vacant par le meurtre du Père Mérigot. Il y resta jusqu'en 1914. Ce poste était à 18 jours de marche de Yunnanfu. Mais en 1914, à la déclaration de la grande guerre, il alla s'installer à Ta-in-Tse, poste central d'où il pouvait facilement aller visiter les postes laissés sans pasteur. En décembre 1919, il quitta ce poste pour la cathédrale de Yunnanfu, où il dut seconder le curé.

    En 1924, son évêque lui confia de nouveau la Procure, et l'aumônerie des Soeurs de St Joseph de Chartres. À cette époque, la construction du chemin de fer venait d'être terminée par les Français, et le Procureur dut assurer l'accueil des nouveaux missionnaires venus de France. Il fallait aussi les héberger et préparer les caravanes de porteurs qui devaient les emmener avec leurs bagages jusque dans leurs missions. Le Procureur dut aussi s'acquitter d'expéditions de colis aux missionnaires des Missions avoisinantes, ce qui lui prenait tout son temps. Il remplit parfaitement son rôle à la satisfaction de tous.

    En 1928, il fut nommé à Tongtchouang, poste situé à une dizaine d'étapes au nord de Yunnanfu. Il y résida jusqu'en 1933. C'est alors qu'envisageant de prendre un congé en France, il partit pour le pays natal en compagnie de son évêque, Mgr. de Gorostarzu, qui avait bien besoin de prendre du repos lui aussi. Celui-ci tomba malade durant le voyage, et dut s'arrêter à Penang, en Malaisie. Il mourut à l'hôpital de Penang le 27 mars 1933. Alors le Père Guilbaud rentra seul en France, où il resta jusqu'en décembre 1934. En 1935, il fut nommé curé de la paroisse de l'Immaculée Conception de Yunnanfu.

    À l'arrivée des Rouges en 1950, le Père Guilbaud était toujours curé de l'Immaculée Conception. Il vint s'installer à l'évêché. À cette date, Mgr. Derouineau fut arrêté le 18 août 1951. Quant au Père Guilbaud, il fut un peu plus tard arrêté lui aussi avec le Père Decroocq. Ils furent accusés du meurtre de 200 orphelins, dont ils s'étaient occupés dans le cadre de l'Oeuvre de la Sainte Enfance. On les enferma dans une même chambre pendant 150 jours, où ils eurent à souffrir de la faim, du manque de sommeil et des moqueries de la soldatesque. Enfin, le 24 avril 1952, les deux prisonniers furent évacués sur Hongkong, où ils arrivèrent le 12 mai.

    Après quelques semaines de repos, le Père Guilbaud dut subir une grave opération. Au terme de sa convalescence, à la mi-juillet, il s'embarqua pour aller refaire sa santé en France. Mgr. Cazeau, évêque de Luçon, lui confia l'aumônerie de Noirmoutier, puis celle de St Pierre du Chemin. Toutefois, très affaibli, il se retira définitivement chez sa soeur à Mormaison. Vers la fin du mois de mars 1962, son état empira et il reçut le sacrement des malades. Le 4 avril, il rendit son âme à Dieu, après avoir gardé sa lucidité jusqu'au bout. Les obsèques eurent lieu le vendredi 6 avril. Les Pères Favreau, Charrier, Revaux, Graton, tous anciens missionnaires de Chine représentaient la Société. De nombreux paroissiens, et une vingtaine de prêtres assistèrent à la Messe de Requiem. Le Père repose maintenant dans le cimetière paroissial.



    Références biographiques

    AME 1907 p. 62. 1908 p. 56. 1921 p. 178 (art.). 1933 p. 235. CR 1906 p. 275. 1908 p. 140. 1912 p. 142. 1919 p. 49. 50. 1920 p. 33. 1926 p. 181. 1931 p. 102. 103. 1932 p. 107. 1933 p. 87. 265. 1935 p. 74. 76. 1936 p. 77. 1939 p. 74. 1947 p. 262. 1950 p. 42. 1951 p. 26. BME 1924 p. 328. 1928 p. 170. 1929 photo p. 496. 1933 p. 568. 1935 p. 122. 349. 1936 p. 285. 1938 p. 255. 1949 p. 112. 236. 299. 517. 775. 1951 p. 643. 1952 p. 53. 423. 424. 579. 646. 706. 1956 p. 807. 812. EPI juil/1962 : notice. p. 604. MDA 1949 p. 48. 49. 192. La Croix du 08.05.1952. EC1 N° 266. 300. 301. 509. 519. 525. 603. 714.

    • Numéro : 2910
    • Année : None