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Claude Louis GUERRIN

[ 858 ] GUERRIN Claude, Louis, Léon Missionnaire Kouang-tong et Kouang-si --------------
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    [ 858 ] GUERRIN Claude, Louis, Léon

    Missionnaire

    Kouang-tong et Kouang-si

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    Claude, Louis, Léon GUERRIN naquit le 18 décembre 1837, à Besançon, paroisse St.Pierre, diocèse de Besançon, département du Doubs. Il fit ses études classiques au collège St. François Xavier et ses études de philosophie et de théologie à St. Sulpice à Paris. Ordonné prêtre le 22 décembre 1860, il dût accepter, avant son entrée aux Missions Etrangères, deux ans de probation comme surveillant puis comme professeur de sixième au Collège St. François Xavier à Besançon. Son oncle, évêque de Langres étant malade, il dût faire une troisième année. Son père en sollicita même une quatrième.

    C'est alors que, devant cette situation, M.Claude Guerrin s'échappa sans prévenir personne, dans la nuit du 29 au 30 septembre 1863. Il arriva à la rue du Bac, le 1er octobre 1863, et fit son entrée au séminaire des Missions Etrangères le 3 octobre 1863. L'année suivante, il reçut sa destination pour la préfecture apostolique du Kouang-tong & Kouang-si qu'il partit rejoindre le 15 juillet 1864. Son oncle, évêque de Langres, assista à la cérémonie du départ.

    Arrivé à Canton le 1 septembre 1864, M.Guerrin fut accueilli par son compatriote Mgr.Philippe Guillemin, qui l'envoya apprendre la langue cantonnaise dans la chrétienté de Kwai-tchao comptant alors 100 à 150 fidèles. Ayant reçu comme consigne de ne pas sortir de jour chez les non-chrétiens, et de faire bonne garde la nuit à cause des voleurs, \Décidément, je suis fait pour être chartreux !" écrivait il, le 3 décembre 1864. Dans une correspondance du 12 octobre 1865, après avoir exposé les difficultés du travail missionnaire en Chine, il soulignait l'importance des diverses oeuvres d'assistance sociale. et des écoles. Puis, il succéda à M. Delsahut à Yung-kei, dans la contrée de Chaun-tak, à proximité de Macao.

    En 1867, rappelé à Paris, comme représentant des missions de Kouang-tong & Kouang-si, Se-tchoan occidental, oriental, méridional, Yunnan, Kouy-tcheou, et Thibet, M.Guerrin fut reçu directeur au séminaire, le 16 septembre 1867, succédant à M. Voisin. Le 17 juillet 1870 la France déclara la guerre à la Prusse. En raison des défaites militaires françaises, et en prévision du blocus de Paris, un groupe de directeurs resta au séminaire, tandis qu'un autre groupe partit en province. Les aspirants furent licenciés excepté une dizaine. Le 21 septembre 1870, l'ambulance installée dans les locaux du séminaire reçut 34 malades. Resté à Paris, M.Guerrin se fit aumônier volontaire et accompagna les brancardiers du 7ème arrondissement pendant les sorties et les combats dans la banlieue parisienne.

    Lors de la Commune, M. Guerrin resta au séminaire avec un groupe de directeurs, et quelques aspirants, tandis que, le 23 mars 1871, un autre groupe de directeurs prit le chemin de Bordeaux, pour garder le contact avec les missions. Le 2 mai 1871, M.Guerrin se présenta au Commissaire de Police puis à la Préfecture de Police pour réclamer certains objets, calice et papiers appartenant au séminaire, et pris dans une maison particulière. Arrêté, il fut conduit à Mazas d'abord, puis il passa à la cellule N°22 de la Roquette. Avec ses co-détenus, l'abbé Guebels et deux frères des Ecoles Chrétiennes, il organisa la vie de détenu, qu'il décrivit ainsi: "C'était parfait! Quelle bonne retraite en perspective: récitation de l'office divin, méditation, chapelet, examen de conscience. Tout se faisait à heure fixe, y compris le temps de silence...si bien que je commençais à bénir le commissaire de l'avenue de Breteuil...de m'avoir procuré ce précieux moyen de sanctification". Le 23 mai 1871, il écrivait encore :"A la Roquette, cette vie de réclusion complète fut assez monotone, mais pour moi-même sans ennui et comme un avant-goût de la vie cartusienne."

    En application du "décret des otages" pris par la Commune, le 5 avril 1871, le procureur de la Commune Raoul Rigault fit arrêter des suspects, des prêtres, et Mgr.Darbois, archevêque de Paris. Ce dernier fut transféré à la Roquette le 23 mai 1871, ainsi qu'une quarantaine d'otages, arrêtés la veille. M. Guerrin retrouva ainsi MM.Perny et Houille, arrivés avec Mgr Darboy. A la Roquette, M.Guerrin qui avait comme voisin de cellule M.Chevriaux, proviseur du lycée de Vanves et père de famille, s'offrit pour prendre sa place au moment de l'appel des condamnés et ainsi mourir à sa place. Mais ni l'un ni l'autre ne furent désignés.

    Le 27 mai 1871, un cri retentit :"les portes sont ouvertes, sauvez-vous" ! .M.Guerrin sortit alors avec les survivants qui profitèrent du désarroi des derniers jours de la Commune, mais son confrère M.Houille fut arrêté par les Fédérés sur le boulevard Richard Lenoir, et massacré avec d'autres prisonniers.

    Rentré à la rue du Bac, M.Guerrin fut secrétaire du Conseil, archiviste et bibliothécaire. Le 30 août 1875, il fit une retraite à Solesme. De 1875 à 1880, il se rendit dix fois en Belgique pour visiter la stigmatisée Louise Lateau de Bois d'Haine dont la seule nourriture était l'Eucharistie. Le 19 mars 1877, son oncle, l'évêque de Langres, mourut subitement, en officiant. En 1880, ayant quitté le séminaire et la Société, et après avoir remis à M.Delpech la somme de cinquante mille francs pour la fondation de l'Oeuvre des Partants, il franchit le seuil de la Grande Chartreuse, le 4 juillet de la même année. "Je me trouvais parfaitement bien au séminaire, notail il. Je n'y ai pas eu de désagrément et sans cette vocation j'aurais été heureux de passer toute ma vie avec les chers confrères. Mais Dieu ayant parlé, il faut agir."

    Procureur à la Grande Chartreuse, M.Guerrin reçut en 1890, la visite de M.Eugène Spuller, homme politique français, proche collaborateur de Gambetta et deux fois ministre de l'Instruction Publique. Il entreprit une fondation de l'Ordre à Rosières, en Suisse. Expulsés de la Grande Chartreuse, le 29 avril 1903, les religieux s'en furent à Victoria, puis à Farneta et à la Gervara en Italie, et enfin à la Valsainte, en Suisse. C'est là que sur l'ordre de son supérieur, M.Guerrin, -Dom Léon-Marie Guerrin- rédigea ses "Souvenirs d'arrestation et de captivité". Le 14 juin 1928, il s'endormit dans la paix du Seigneur.


    Mars 1998


    Notes Bio-bibliographiques


    Missions Catholiques 1873, p.142.566. - 1880, p.400
    Semaines Religieuses de: Besançon 1876, p.218; de Bourges 1868, p.74;
    de St.Brieuc,1873,p.8; de Lyon, 1871, 2° part.p.474;d' Angers 1868,p.505;
    de Vannes 1873,p.732; de Lorraine 1873 p.998 - 1877 p.316
    Ann.Franc-comtois : II.p.483.- III.p.59.285.363.- IV. p.139.- V. 61.- XII.p.8
    Intermédiaire des chercheurs & des curieux: 1893.p.57
    Histoire de l'Institut de St.Maur p.421
    A.Launay, "Histoire de la Société des M.E" cf. table alph.
    Abbé Amodru : "La Roquette" 1871. Laroche Libr.66, rue Bonaparte, p.40. 44-45
    P.Compagnon: "Le Culte de N.D.de Lourdes" p.2
    H.de Beauséjour : "Missionnaire & Chartreux. Dom Léon-Marie GUERRIN
    (1837-1928) in-8.340 p. Vesoul. Imprim.M.Pon.1930

    Références bio-bibliographiques

    AME 1911 p. 29. 30. 1938 p. 59. CR 1871 p. 15. 18. 19. 25. 1873 p. 4. 1873 p. 5. 1874 p. 3. 4. 1876 p. 6. 1878 p. 74. 1880 p. 94. 1902 p. 339. 1911 p. 278. 280. BME 1923 p. 270. 271. 1924 p. 165.

    Mémorial GUERRIN Claude, Louis, Léon page
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    • Numéro : 858
    • Année : None