Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Jean BaptisteMarie GUERLACH

[1524]. GUERLACH, Jean-Baptiste-Marie, originaire de la paroisse Saint-Martin, à Metz (Moselle), naquit le 14 juillet 1858. Il fit ses premières études à la maîtrise de sa ville natale, et après la guerre de 1870, qui amena la conquête d'une grande partie de la Lorraine par l'Allemagne, il se rendit à l'institution Saint-Pierre-Fourier à Lunéville.
Add this
    [1524]. GUERLACH, Jean-Baptiste-Marie, originaire de la paroisse Saint-Martin, à Metz (Moselle), naquit le 14 juillet 1858. Il fit ses premières études à la maîtrise de sa ville natale, et après la guerre de 1870, qui amena la conquête d'une grande partie de la Lorraine par l'Allemagne, il se rendit à l'institution Saint-Pierre-Fourier à Lunéville. Il ne prit pas, comme on l'a écrit, ses inscriptions à la faculté de médecine de Paris ; mais, désireux de se consacrer à l'apostolat, il entra au séminaire de Saint-Sulpice où il resta deux ans, et y reçut la tonsure et les ordres mineurs. Il arriva au Séminaire des M.-E. le 6 septembre 1879. Prêtre le 4 mars 1882, il partit le 12 avril suivant pour la Cochinchine orientale.
    Pendant un séjour de cinq mois à Xoai où il étudia la langue annamite, il eut l'heureuse idée de prendre copie du dictionnaire bahnar de Dourisboure, qui sans cela eût été complètement perdu en 1885.
    A la fin de 1882, il fut envoyé dans la mission des sauvages et placé à Po'lei Jo'dreh.
    Bientôt son rôle devint prépondérant ; quoiqu'il ne fût pas le supérieur, il eut sur les chrétiens et sur les païens une grande influence, et c'est à lui qu'est dû, en majeure partie, le développement de cette mission qui végétait depuis plus de trente ans.
    En 1885, lors de la persécution qui sévit à l'occasion de la conquête du Tonkin par la France, il organisa la défense des chrétientés sauvages. Il conduisit une expédition jusqu'à la frontière du pays annamite, et mit en fuite un mandarin en train d'enrôler les tribus Ja-rai contre la mission.
    En 1887, ayant été pillé par ces mêmes tribus avec un explorateur français, le lieutenant Metz, il conçut le projet de mettre fin à ces pillages, ainsi qu'aux guerres continuelles que se faisaient entre eux les villages. Il réussit complètement par une double expédition contre les Ja-rai. En 1888, sur des recommandations officielles, il prêta son concours au baron de Mayréna ; mais quand il apprit que ce dernier était désavoué par la France, il cessa de le soutenir. Accusé de trahison pour ces faits, il se disculpa devant Rheinart, gouverneur général de l'Indo-Chine, et le fonctionnaire qui l'avait calomnié fut déplacé d'office.
    Il fut, en 1890, nommé supérieur intérimaire de la mission des sauvages. L'année suivante, il aida de tout son pouvoir les officiers de la mission Pavie, auxquels il servit de guide et d'interprète, et donna une longue hospitalité. Peu après, il rendit le même service aux officiers des colonnes envoyées pour arrêter les incursions des Siamois. En même temps, il travailla activement à la conversion des païens, et obtint plus de succès que ses prédécesseurs : de 1888 à 1894, il instruisit et baptisa plus de 1 200 néophytes.
    A la fin de son supériorat intérimaire, il reprit son poste de Po'lei Maria. Lors d'une épidémie de variole qui en 1895 ravagea le pays, il vaccina plus de 7 000 personnes. Venu en France en 1896, pour refaire ses forces épuisées, il donna de nombreuses conférences, s'efforçant d'intéresser ses auditeurs aux missions. Après son retour, il dirigea le district de Ro-hai composé de 1 500 chrétiens, et commença la construction d'une église. Il fut ensuite placé dans le district du Pokei, avec résidence à Kon-xo'nglok.
    En 1903, trop fatigué pour rester dans ce pays malsain, il fut chargé de la paroisse de Tourane et de l'aumônerie à l'hôpital militaire de cette ville ; il s'y fit une place à part dans l'estime des Européens. Les religieuses de Saint-Paul de Chartres ayant été exclues de l'hôpital, il les installa dans des bâtiments de la mission et les aida à établir une école et un ouvroir ; il posa également les fondations d'une grande et solide église. Il répondit victorieusement, en 1906, par une brochure L'Œuvre néfaste, à une série d'attaques publiées dans les journaux et dans un volume intitulé : Missionnaires d'Asie, leur œuvre néfaste, par Camille Paris.
    En 1908, il retourna dans la région sauvage et reprit son ancien poste de Ro-hai. L'année suivante, 1909, après la mort de Vialleton, il fut nommé provicaire et supérieur de la mission des sauvages ; il s'installa à Kon-tum. Il usa de son influence pour faire accepter l'administration française, dont les indigènes étaient loin de comprendre et de goûter tous les procédés. Il mourut à Kon-tum le 29 janvier 1912, après une carrière apostolique de 30 années remplies de travaux, de succès, et de services patriotiques. A sa mort, la mission des sauvages, dont le développement était dû, en partie, à son initiative, comptait 120 stations chrétiennes, 11 645 catholiques pratiquants, et 5 000 catéchumènes. Les lettres qu'il a publiées sont nombreuses et fort intéressantes. La partie de sa correspondance demeurée inédite est beaucoup plus considérable, et n'offre pas moins d'intérêt.
    Bibliographie. - \ L'Œuvre néfaste. " Les Missionnaires en Indo-Chine. Assassinat de Robert et d'Odend'hal. Mayréna, roi des Sédang. Dédié au F. Camille Paris, colon, en Annam. - Imprimerie commerciale, Saïgon, 1906, in-8, pp. 151 + err. et tab.
    Notes bio-bibliographiques. - C.-R., 1889, p. 155 ; 1890, p. 115 ; 1891, pp. 159 et suiv., 291 ; 1895, p. 206 ; 1896, p. 204 ; 1898, p. 160 ; 1905, p. 152 ; 1908, p. 186 ; 1910, p. 180 ; 1911, p. 161. - A. P. F., lxvi, 1894, La mission des Bahnars, p. 243 ; lxviii, 1896, Chez les Bahnars, p. 243 ; lxxv, 1903, p. 68 ; lxxxiv, 1912, Sa mort, p. 286.
    M. C., xvi, 1884, Chez les sauvages Bahnars, pp. 22, 40, 55, 69, 81, 100, 119, 393, 404, 416, 428, 435, 453, 464 ; xix, 1887, Mœurs et superstitions des sauvages Bahnars, pp. 441, 453, 466, 477, 489, 501, 513, 525 ; Ib., Captivité chez les Bahnars, pp. 538, 549, 562, 573, 586 ; xxiv, 1892, La mission des sauvages, p. 61 ; xxv, 1893, Visite aux princes annamites persécutés, pp. 241 et suiv. ; Ib., La variole chez les sauvages, p. 617 ; xxvi, 1894, Chez les sauvages de la Cochinchine orientale, Bahnars, Reungaos, Sedangs, pp. 9, 21, 32, 46, 70, 81, 94, 107, 115, 132, 140, 157, 169, 182, 189, 193, 206, 219, 241 ; xxvii, 1895, p. 397 ; xxxiv, 1902, p. 520 ; xxxvi, 1904, p. 169 ; xlii, 1910, pp. 266, 460 ; xliii, 1911, La mission des sauvages, p. 49 ; Ib., L'école des catéchistes bahnars, p. 447 ; xliv, 1912, Sa mort, p. 179.
    B. O. P., 1896, p. 562 ; 1897, pp. 655, 705, 795. - A. M.-E., 1898, Chez les sauvages Trong-kreng, p. 163 ; 1900, Démarche à Reu-haï, pp. 88, 119 ; 1901, Mariages et cérémonies des noces chez les Bahnars, p. 225 ; 1902, Tentative de révolte chez les sauvages, p. 107 ; Ib., pp. 201, 289 ; 1903, Funérailles chez les Bahnars, p. 193 ; 1904, Les sauvages de Kon-seunglok, pp. 225, 276 ; 1910, p. 275 ; 1911, pp. 115, 197. - Miss. Quinhon. Mém., 1904, pp. 23, 30 ; 1905, pp. 53, 78, 101 ; 1906, pp. 46, 49, 69 ; 1907, pp. [30], 45, 46, 47 ; 1908, pp. 3, 17, 33 ; 1909, pp. 2, 162 et suiv., 169 ; 1910, pp. 16, 49 ; 1911, pp. 19, 25 et suiv., 35, 63, 78, 104, 128 ; 1912, pp. 4, 41, 54.
    Courr. d'Haïphong, 1889, n° 232. - Annuair. petit sém. Saint-Pierre, 1896-97, p. 83. - Le Lorrain, 1885, n° du 5 avril ; 1887, n° du 28 avril ; 1888, Constitution de S. M. Marie Ier, n° du 4 sept. ; 1894, n° du 6 mars ; 1897, n° du 25 nov. ; 1912, Notice, n° du 27 avril. - La Croix de Lorraine, 1912, Notice, n° du 7 avril. - Rev. Indoch., i, pp. 575, 835.
    L'Œuvre des Missions en Indo-Chine, par J.-M. [J.-B. Saumont]. - Editions du Courrier d'Haïphong, 1906, in-4, pp. 30.
    Réponse à L'Œuvre Néfaste du R. P. Guerlach, par C. Paris. - Editions du Courrier d'Haïphong, 1906, in-8, pp. 13.
    Au Pays Moï, pp. 143 et suiv. - Le Tonk. actuel, p. 70. - L'aff. de Siam, p. 109. - Miss. Pavie, iii, pp. 321, 328, 361, 423, 865.
    Notice nécrologique. - C.-R., 1912, p. 402.
    Portrait. - M. C., xliv, 1912, p. 179. - A. M.-E., 1912, p. 281.


    "
    • Numéro : 1524
    • Année : None