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Joseph albert Apollone GRANDPIERRE

[ 1292 ] GRANDPIERRE Joseph, Albert, Appolone Missionnaire Kouang-tong .- Pakhoi - Nazareth --------------- Joseph, Albert, Appolone GRANDPIERRE naquit le 18 avril 1853 à Fédry, diocèse de Besançon, département de la Haute-Saône.
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    [ 1292 ] GRANDPIERRE Joseph, Albert, Appolone

    Missionnaire

    Kouang-tong .- Pakhoi - Nazareth

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    Joseph, Albert, Appolone GRANDPIERRE naquit le 18 avril 1853 à Fédry, diocèse de Besançon, département de la Haute-Saône.

    Le 24 septembre 1873, il entra laïque, au séminaire des Missions Etrangères. Tonsuré le 30 mai 1874, minoré le 19 septembre 1874, sous-diacre le 19 décembre 1874, diacre le 22 mai 1875, ordonné prêtre le 11 mars 1876, il reçut sa destination pour la préfecture apostolique du Kouang-tong, qu'il partit rejoindre le 20 avril 1876.

    M.Grandpierre fut d'abord envoyé au nord-est de la mission, à Tchou-hang, dans le district de Kya-yn. Le 21 décembre 1877, M.Hervel lui succeda dans ce poste. Mais, ce fut principalement à la frontière du Tonkin que M.Grandpierre passa sa vie missionnaire, dans un territoire qu'on appelait \les cinq cantons indépendants," une enclave appartenant à l'empire d'Annam, mais séparée du Tonkin, et dont faisaient partie les centres de Tchoc-chan et Lo-fao.

    En 1883, c'est à Tchoc-chan, région insalubre, que M.Grandpierre construisit une chapelle et une résidence, sans se laisser impressionner ni par les soldats chinois en poste à la frontière tonkinoise, ni par les bandes de pirates. En 1885, la guerre au Tonkin l'obligea à se réfugier avec ses chrétiens à l'île aux Cerfs, dans la baie d'Along. La paix revenue, il entreprit des démarches qui permirent aux chrétiens de rentrer chez eux, mais un grand nombre restèrent au Tonkin où ils étaient installés. En 1887, en raison de la position géographique de Tchoc-chan, des évènemnts politiques au Tonkin et du conflit franco-chinois, pour un temps, il dut quitter son district. En 1888, sa chapelle de Tchoc-chan, sur la frontière du Tonkin, fut le théâtre d'une attaque nocturne, dirigée probablement par les miliciens du voisinage. Au bruit des coups de feu, il sauta du premier étage de sa résidence dans le jardin appelant ses chrétiens au secours.

    M.Grandpierre présent à la cérémonie des obsèques de Mgr. Puginier, à Hanoï, le 28 avril 1892, donna la troisième absoute. Au début de 1893, Mgr.Chausse lui confia M.Veaux, qui fit auprès de lui sa formation pastorale durant une année. En 1894, avec l'aide de M.Ruel, M.Grandpierre avait en charge les 800 chrétiens que comptaient alors les deux districts de Tchoc-chan (Tchouk-shan) et de Lo-fao. L'année suivante, il fut un peu inquiété par les pirates.En 1896, les rapports entre la Chine et le Tonkin devenant meilleurs, les agitations des pirates sur la frontière cessèrent. De plus, un mandarin catholique, parlant français, ancien élève du collège de Naples,et interprète du vice-roi à Canton pendant de longues années, fut placé à Tong-hin, à côté de Mong-kai. Il aida M.Grandpierre à fonder la chrétienté de Tong-hin. Le missionnaire y installa une pharmacie, un orphelinat, une école de français, une maternité; mais tous ces établissements furent fort éprouvés par le typhon du 10 août 1904; c'était pendant le séjour que M.Grandpierre fit en France du 17 mai au 27 novembre 1904.

    En 1899, M.Pénicaud fit auprès de lui sa formation apostolique, et assura la visite des chrétientés des "Cent Mille Monts" .Cette même année, M.Grandpierre fonda à Lo-fao, un Institut de religieuses chinoises "Filles de la Charité" destinées aux oeuvres d'assistance et d'éducation chrétienne auprès des populations aborigènes et hakkas, qui, en 1901, demandèrent catéchistes et livres de prière. En 1902, il reçut M. Rossillon comme vicaire, et avec l'aide de ce dernier, orphelinats, écoles, noviciat des vierges chinoises prirent un développement important à Lo-fao.

    En avril et mai 1903, des bandes rebelles parcoururent les districts de Tchoc-chan et de Lo-fao; sur les frontières du Tonkin et du Kouang-si; elles livrèrent combat contre les soldats gouvernementaux chinois. Par mesure de sécurité, M.Grandpierre fit élever une grande tour au milieu du village de Lo-fao. Dans son compte-rendu de 1905, il notait les efforts des chrétiens, des notables et maitres d'école pour la bonne marche des chrétientés des districts de Tchak-shan (Tchoc-chan) et de Lo-fao; grâce à son influence, il obtint du mandarin de Tong-hin la publication d'un avis invitant les parents à confier à l'orphelinat les bébés filles qu'une coutume barbare vouait à la mort.

    En 1907, M.Grandpierre établit à Tong-hing, ville qu'un ruisseau sépare de Mong-kai (Moncay), une communauté des "Soeurs de St.Paul de Chartres". Pour les "Soeurs de la Charité" de Lo-Fao, il composa un règlement. Sous sa direction, M.Richard, jeune missionnaire faisait sa formation pastorale. Les écoles de son district comptaient alors plus de cent vingt garçons, et 93 filles. Les chrétientés de Tong-hing, Tchouk-shan, Lo-fao, Long-pin étaient l'objet de tous ses soins, tandis qu'à Pang-shing, sous préfecture nouvelle, malgré des oppositions, un mouvement de sympathie vers le christianisme prenait corps.

    En 1910, la maladie obligea M.Grandpierre à s'absenter. Avant même la création du vicariat apostolique du "Kouang-tong occidental & Haïnan", en 1920 et confié à Mgr. Auguste Gauthier, en 1921, M. Grandpierre quitta Tchouk-shan et Lao-Fo, pour consacrer ses dernières années, à la maison de Nazareth, à Hong-Kong. où il fut agrégé en 1919, au titre de directeur puis comme économe. C'est là qu'il célébra ses noces d'or sacerdotales, le 19 mars 1926.

    Le 20 juillet 1930, Mgr. Deswazières ordonna prêtre, dans la chapelle de Nazareth, François-Xavier Yun que M.Grandpierre avait baptisé à Tchouk-Shan, mais, immobilisé dans sa chambre par la maladie, il ne put que s'unir par la prière à cette belle cérémonie.

    Après la Noël de 1931, souffrant d'une anémie pernicieuse, il demanda à entrer à l'hôpital à Hong-Kong. Jusqu'au bout, il resta ce qu'il avait été: énergique et gai. La veille de sa mort, il riait avec les confrères, annonçant que le grand départ serait pour le lendemain. De fait, dans la matinée du dimanche 24 janvier 1932, la maladie progressant très rapidement, M.Grandpierre s'endormit dans le Seigneur. Les funérailles eurent lieu à Nazareth; sa dépouille mortelle fut conduite au cimetière du sanatorium de Béthanie.


    Mars 1998

    Bibliographie

    Revue Indochine 1904. "Les Montagnards des Cent Mille Monts" p.242-243. 390
    Références bio-bibliographiques

    AME 1904 p. 367. 1911 p. 111. 1919-20 p. 531. 1932 p. 100. CR 1876 p. 45. 1883 p. 33. 1884 p. 90. 1885 p. 62. 1886 p. 76. 1887 p. 119. 1888 p. 104. 1889 p. 343. 1892 p. 144. 309. 1894 p. 164. 1895 p. 174. 1896 p. 148. 1897 p. 122. 1899 p. 163. 1901 p. 124. 1903 p. 120. 121. 129. 1905 p. 114. 1907 p. 154. 155. 1908 p. 119. 120. 1909 p. 125. 126. 1910 p. 128. 1924 p. 72. 1927 p. 82. 1931 p. 131. 1932 p. 307. 312. 416. 1935 p. 103. 1940 p. 63. 1948 p. 156. 196. 1949 p. 69. 216. BME 1926 p. 261. 1930 p. 509. 1932 p. 233. 1934 p. 465. 542. 1933 p. 391. 1937 p. 436. 1941 p. 333. EC1 N° 237. EC2 N° 190/332.

    Mémorial GRANDPIERRE Joseph, Albert, Appolone page
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    • Numéro : 1292
    • Année : None