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Jean François GLEYO

[218]. GLEYO, Jean-François, naquit le 25 février 1734 dans la paroisse Saint-Michel, à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord), et fit ses études au collège de cette ville. On a souvent écrit qu'il avait appartenu à la Compagnie de Saint-Sulpice, et avait été directeur de la petite communauté d'Issy ; les registres de Saint-Sulpice ne portent pas son nom. Il aurait été ordonné prêtre à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
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    [218]. GLEYO, Jean-François, naquit le 25 février 1734 dans la paroisse Saint-Michel, à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord), et fit ses études au collège de cette ville. On a souvent écrit qu'il avait appartenu à la Compagnie de Saint-Sulpice, et avait été directeur de la petite communauté d'Issy ; les registres de Saint-Sulpice ne portent pas son nom. Il aurait été ordonné prêtre à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
    Il était au Séminaire des M.-E. en 1763, et le 4 août, on lui permettait \ de retenir l'honoraire de ses messes pour payer les frais de sa thèse de licence ". Il quitta Paris le 14 février 1764 pour l'Extrême-Orient. Quand il arriva à Macao, le procureur des M.-E., Le Bon, venait d'apprendre sa nomination de vicaire apostolique du Siam ; il se fit provisoirement remplacer à la procure par Gleyo, en attendant son successeur, Romain, qui arriva en 1766.
    Le missionnaire se rendit alors au Se-tchoan (1767). Il étudia le chinois à Chouang-mong-tse, et fut ensuite chargé du district de Gan-io. En 1769, lorsque la persécution éclata, il fut, le 30 mai, arrêté à Yun-tchang (appelé aussi Yuin-tchang), enchaîné, emprisonné, torturé, parce qu'il était prédicateur du christianisme et refusait de nommer les catholiques qui lui avaient donné l'hospitalité, et les néophytes convertis par lui. Il subit les supplices des soufflets, de la bastonnade, de l'écrasement des os ; il fut enfermé dans une prison infecte où régnait une maladie contagieuse.
    Le 6 juin, on le fit partir pour Tchen-tou ; delà, après des interrogatoires assez nombreux, on le renvoya à Yun-tchang dans le courant du mois d'août. Il devait y rester en prison durant 9 années malgré les efforts de l'évêque Pottier, pour obtenir sa libération. Pendant cette captivité, il fut favorisé de grâces qu'il a racontées dans un manuscrit in-8 comptant 448 pages, chacune de 35 à 38 lignes, et qui sont connues sous le nom de Visions et Révélations de M. Gleyo. Ces récits sont moins intéressants qu'on pourrait le croire, et, sauf deux ou trois, ils répètent presque tous les mêmes choses. La valeur de ces visions et révélations a été discutée par les contemporains et les amis mêmes de Gleyo, excepté par Moÿe qui leur attribuait une grande autorité.
    Le missionnaire fut délivré de prison en 1777, au mois de juillet, grâce aux démarches d'un ancien jésuite portugais, le P. da Rocha, membre du tribunal des mathématiques, ami du vice-roi du Se-tchoan, envoyé par l'empereur pour lever la carte du Kien-tchang. Après sa délivrance, il partit pour Soui fou et pour le Yun-nan, où il administra les chrétientés de Long-ki et des environs. En 1785, il fut rappelé par Mgr Pottier qui le priait de prendre soin des chrétientés du Se-tchoan oriental et du Kouy-tcheou. Quand il reçut cette lettre, il était trop souffrant pour pouvoir se mettre en route ; il mourut à Long-ki, préfecture de Tchao-tong (Yun-nan), le 6 janvier 1786, laissant une réputation de piété et même de sainteté qui subsiste encore.
    Notes bio-bibliographiques. - N. L. E., i, De Macao au Se-tchoan, p. 27 ; Ib., Relation de la persécution de 1769-77, pp. 44, 51 ; Ib., pp. 89, 92, 94, 97 et suiv., 109, 157, 161, 179, 249 et suiv., 285 et suiv., 303 et suiv. ; Ib., Voyage chez les Lolos, pp. 305, 316 ; Ib., pp. 393, 438 ; ii, pp. 15, 172 et suiv. ; Ib., Arrestation de Mgr de Saint-Martin et de plusieurs missionnaires, p. 191 ; Ib., pp. 223, 272, 294, 344, 455 et suiv. ; iii, p. 145 ; iv, pp. 39, 340, 383, 498 ; v, p. 91. - L. E. et C. (édit. 1783), xxvi, Extrait de la relation de la persécution qu'a essuyée M. Glayot [Gleyo], p. 355. - L. E. et C. (édit. 1819), xiii, Sa délivrance, p. 521. - L. E. (P. L.), iv, p. 340. - Sem. rel. Saint-Brieuc, 1872, Notice, p. 430.
    Nouv. des miss. or. 1785-1786, 2e part., p. 132. - Hist. chois. tir. des L. E. et C., pp. 303 et suiv. - Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. - Lett. à l'év. de Langres, pp. 189, 190, 193, 195, 198, 203 et suiv. - Hist. des Saints de Bretagne, v, Notice, p. 465.


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    • Numéro : 218
    • Année : None