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Charles Joseph Hyacinthe GERNOT

[794]. GERNOT, Charles-Joseph-Hyacinthe, naquit le 4 novembre 1836 à Joppécourt, (Moselle, act. Meurthe-et-Moselle). Il fit ses études classiques au petit séminaire de Metz, son cours de philosophie au grand séminaire de cette ville, y reçut la tonsure, et entra au Séminaire des M.-E. le 17 septembre 1858. Ordonné prêtre le 25 mai 1861, il partit le 9 août suivant pour la Cochinchine occidentale, arriva à Saïgon le 28 janvier 1862, et reçut sa destination pour Mi-tho, chef-lieu d'un district de 2 300 chrétiens.
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    [794]. GERNOT, Charles-Joseph-Hyacinthe, naquit le 4 novembre 1836 à Joppécourt, (Moselle, act. Meurthe-et-Moselle). Il fit ses études classiques au petit séminaire de Metz, son cours de philosophie au grand séminaire de cette ville, y reçut la tonsure, et entra au Séminaire des M.-E. le 17 septembre 1858. Ordonné prêtre le 25 mai 1861, il partit le 9 août suivant pour la Cochinchine occidentale, arriva à Saïgon le 28 janvier 1862, et reçut sa destination pour Mi-tho, chef-lieu d'un district de 2 300 chrétiens. A la suite d'un rapport documenté qu'il adressa en 1863 à Mgr Lefebvre, les religieuses de Saint-Paul de Chartres installèrent un orphelinat à Mi-tho en 1864.
    Cette même année, il fut nommé à Cai-mong avec le titre, qu'il garda jusqu'en 1865 seulement, de provicaire pour les provinces de l'ouest. Ce district, qui s'étendait alors de Vinh-long à Cai-bong, comptait environ 1 800 chrétiens, et possédait un petit couvent de religieuses Amantes de la Croix.
    Par le développement qu'il donna à ce couvent, et par la formation apostolique des religieuses, le missionnaire augmenta notablement le nombre des catholiques du district.
    Il prit l'initiative hardie d'envoyer ces religieuses enseigner aux néophytes les vérités chrétiennes. Le succès répondit à cette innovation : en quelques années, 1 250 catéchumènes furent baptisés. De 1880 à 1910, les religieuses ont instruit 4 500 néophytes. Il leur donna aussi une bonne formation d'institutrices. En 1875, les religieuses tenaient 8 écoles recevant 382 élèves ; en 1910, elles avaient 1 orphelinat, 44 écoles et 1 890 enfants. Gernot leur enseigna quelques notions de médecine, qui leur permirent de s'occuper des enfants moribonds et de les baptiser ; on a noté que, dans l'espace de 30 ans, elles ont baptisé 13 000 enfants. En 1885, il confia à quelques-unes le soin d'un modeste hôpital installé à Cai-mong.
    En même temps, il avait construit pour elles un couvent et une chapelle qu'il devait agrandir ou reconstruire plus tard.
    Il conçut le projet d'une autre œuvre très importante et la commença en 1871 : la formation de jeunes gens catéchistes. En 1874, il en avait 26 suffisamment instruits, qu'il envoyait dans les villages chrétiens ou païens. Mgr Colombert jugea bon de transférer ailleurs cette institution qui disparut, mais qui a été reprise.
    De 1868 à 1870, il avait construit la plus belle et la plus vaste église qu'on eût alors élevée en Cochinchine (Eglise, grav., M. C., 1877, p. 141. - A. M.-E., 1905, p. 15) ; de 1877 à 1881, il bâtit un presbytère (Presbytère, grav., A. M.-E., 1908, p. 8) ; de 1890 à 1892, il édifia une chapelle en l'honneur de N.-D. de Lourdes ; en 1904, il réédifia la chapelle du couvent (Couvent, grav., A. M.-E., 1905, p. 15 ; Chapelle, grav., A. M.-E., 1908, p. 8). Il établit dans sa paroisse la dévotion à Saint-Antoine, dévotion qui rayonna dans le vicariat.
    Il prêchait beaucoup et bien, donnait souvent des retraites à sa paroisse et à d'autres paroisses de la mission, et entendait de très nombreuses confessions. Durant de longues années, les évêques lui confièrent la formation de presque tous les jeunes missionnaires.
    Ajoutons qu'il avait été nommé provicaire général en 1873, et qu'en 1878, en 1894 et en 1898, lors de l'absence ou de la mort des vicaires apostoliques, il gouverna la mission. Dès le début de sa carrière, il avait eu d'excellentes relations avec les autorités annamites et françaises ; il avait reçu à Cai-mong la visite du vice-roi Phan-tan-giang et celle de l'amiral de La Grandière. Il continua toute sa vie ces bons rapports.
    Son action pour le bien matériel de ses chrétiens fut aussi laborieuse et efficace. Il propagea la culture du caféier, du cacaoyer, du mangoustanier, du sapotier ou sapotillier. Par son initiative et avec l'aide de l'administration civile, un canal fut creusé, reliant deux bras du Mékong, et rendant de très grands services à la batellerie indigène ; une route fut construite, et un pont jeté sur l'arroyo de Cai-mong.
    Après 52 ans de cette vie apostolique si bien remplie, il mourut à Cai-mong le 26 mai 1912, et fut enterré dans l'église de cette paroisse.
    Notes bio-bibliographiques. - C.-R., 1877, p. 33 ; 1878, p. 36 ; 1886, pp. 205, 209 ; 1896, p. 224 ; 1897, p. 177 ; 1898, p. 171 ; 1899, p. 220 ; 1900, p. 167 ; 1907, p. 213 ; 1911, p. 172. - A. P. F., xli, 1869, p. 142. - A. S.-E., xxiii, 1872, p. 516. - M. C., ii, 1869, p. 25 ; xxvi, 1894, p. 476 ; xliii, 1911, pp. 193, 197. - A. M.-E., 1903, p. 106 ; 1905, p. 11 ; 1908, pp. 10 et suiv. ; 1911, p. 149 ; 1913, Notice, p. 70. - Miss. Quinhon. Mém., 1905, p. 55.
    Plants et planteurs, p. 2. - Les miss. cath. franç., ii, p. 488. - La Coch. rel., ii, p. 454.
    Notice nécrologique. - C.-R., 1912, p. 464.
    Portrait. - M. C., xxxviii, 1906, p. 453. - A. M.-E., 1913, p. 57.


    • Numéro : 794
    • Année : None