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François marie GEFFROY

[1062 ] GEFFROY François - Marie Missionnaire COCHINCHINE ORIENTALE --------- [1062] François-Marie GEFFROY naquit le O4 Juillet 1843 à TREMEL, diocèse de St. BRIEUC, département des CTES-DU-NORD (CTES D'ARMOR). En 1857, il entra en huitième , au Collège de TREGUIER, en 1860, à 17 ans, il commença sa sixième au Collège de PONT-CROIX, et en 1865, il passa au Grand Séminaire de QUIMPER, où il fut tonsuré le 10 Août 1867.
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    [1062 ] GEFFROY François - Marie

    Missionnaire

    COCHINCHINE ORIENTALE

    ---------

    [1062] François-Marie GEFFROY naquit le O4 Juillet 1843 à TREMEL, diocèse de St. BRIEUC, département des C_TES-DU-NORD (C_TES D'ARMOR). En 1857, il entra en huitième , au Collège de TREGUIER, en 1860, à 17 ans, il commença sa sixième au Collège de PONT-CROIX, et en 1865, il passa au Grand Séminaire de QUIMPER, où il fut tonsuré le 10 Août 1867.

    Le O5 Octobre 1867, il entra au Séminaire des Missions Etrangères. Minoré le 19 Décembre 1868, Sous-Diacre le 22 Mai 1869, Diacre le 28 Octobre 1869, il fut ordonné prêtre le 11 Juin 1870, et reçut sa destination pour la COCHINCHINE ORIENTALE (Quinhon) . Il quitta Paris le O6 Juillet 1870, et s'embarqua à MARSEILLE le 10 Juilllet suivant, pour rejoindre sa mission.

    M.GEFFROY apprit la langue viêtnamienne à XOAI, petite chrétienté proche de GIA-HUU, où se trouvaient alors l'Evêché et la Procure. Il eût un peu de peine à s'accoutumer au régime alimentaire du pays, car la table de Mgr CHARBONNIER était d'une frugalité desespérante, et , dit-il \le riz et la nourriture viêtnamienne me répugnaient, mais il fallut bien m'y habituer".

    Au bout de un an d'étude de langue, il fut désigné pour prendre en main l'administration du district de NHATRANG, qui comprenait alors toute la province de KHANH-HOA. Pendant deux mois,attendant une barque pour rejoindre son poste, il resta à GIA-HUU, auprès de son Evêque qui lui donnait quotidiennement ses instructions. M. GEFFROY raconte : " J'étais jeune et sans expérience, et j'allais au loin et pour longtemps, dans un pays où il n'y avait pas eu de missionnaire en permanence depuis le temps de Mgr. d'ADRAN. M.MURCIER était mort deux ans auparavant, après quinze jours seulement de présence au BINH-THU+N, voisine de KHANH-HOA. Il tremblait donc, le bon Evêque, de la responsabilité qu'il prenait de me lancer aussi loin. Je ne le revis que six ans après, il ne se possédait pas de joie de me revoir!.."

    A la fin de 1871, M. GEFFROY arriva au KHANH-HOA (Nhatrang). L'état du district était déplorable ; la persécution de TU-DUC avait laissé partout des traces. Les chrétiens sans défense subissaient des tracasseries diverses telles que faire des "corvées superstitieuses", et entendre tous les mois, dans la maison communale,la lecture officielle du "décalogue" de l'empereur MING-MANG, dont le cinquième commandement proscrivait toute religion étrangère. M.GEFFROY interdit à ses chrétiens toute complaisance suspecte. Par bonheur, un haut mandarin prudent et avisé,chef de la province prit sa défense et refusa d'accepter les plaintes des Lettrés. M.GEFFROY fit faire des copies de son passeport délivré par la Cour de HUE, l'autorisant à prêcher la religion, et en adressa un exemplaire à chacune des sous-préfectures de la province. Ainsi obtint il qu'on le laissât tranquille !

    Vers la fin de 1872, une entente cordiale s'était établie entre lui et les mandarins Ceux-ci l'invitaient , et lui les recevait souvent. " Ma chrétienté centrale HADUA était à peine à 500 mètres de leur résidence.,ecrit il. De là, dix ans auparant, on entendait distinctement les cris de douleur arrachés aux confesseurs de la foi par les tortures du prétoire.. " Les temps étaient changés !..

    A la fin de 1879, M.GEFFROY quitta le KANH-HOA et fut nommé à GiA-HUU. " C'était une chrétienté modèle, raconte-t-il.. Les autres postes laissaient à désirer. XOAI était divisé en deux partis que je ne pus jamais réconcilier. Dieu s'en chargea en 1885, car il ne s'en échappa pas plus de 4 ou 5 chrétiens sur 100. " A peine installé à GIA-HUU, M.GEFFROY se trouva aux prises avec la famine qui suivit les inondations de 1878. "Les orphelinats de GOTHI et de GIA-HUU ne désemplissaient pas...Chaque matin,dit-il, dans l'allée des tamariniers qui va de l'église au couvent, on trouvait trois, quatre, cinq enfants déposés là pendant la nuit et près de mourir."

    Les massacres de 1885 annéantirent ce beau district. Début mai 1885,MM. POIRIER et GARIN, de la province du QUANG-NGAI arrivèrent chez M.GEFFROY pour faire leur retraite ; deux mois plus tard, ils étaient mis à mort.. Les évènements se précipitant, il envoya une jonque à TOURANE pour mettre le Général de COURCY au courant de la situation. Les rebelles capturèrent la barque, au large du QUANG-NGAI, et jetèrent tout le monde à la mer. Une seconde barque dut rebrousser chemin. Alors M. GEFFROY partit de nuit pour TOURANE et de là à HUE où il trouva M.LACASSAGNE envoyé de QUINHON par Mgr.VAN CAMELBEKE, dans le même but. Le général ne daigna pas leur accorder les quelques instants d'audience qu'ils sollicitaient, et il leur fit savoir que le bâteau qui devait emporter ses dépêches était en rade à TOURANE et que le mieux qu'ils avaient à faire, était d' en profiter .

    Laissons M.GEFFROY raconter son voyage de retour :.." Nous partimes de TOURANE dans la nuit du 3 au 4 août 1885. Rien à signaler en longeant la côte du QUANG-NAM où les massacres n'avaient pas encore commencé et celle du QUANG-NGAI où ils étaient achevés ; ..il n'en fut pas de même quand nous atteignîmes la hauteur du BONGSON, préfecture septentrionale du BINH-DINH. De hautes colonnes de fumée m'indiquaient clairement que tout mon district était en feu !..Je regrettais mon voyage puisque je n'avais pû sauver mes chrétiens, et je.pleurais à chaudes larmes. Deux ou trois heures plus tard, nous fûmes accostés par un courrier qui nous transmit la nouvelle du massacre général des chrétiens au BINH-DINH : Monseigneur, les Pères du Séminaire et les confrères des environs s'étaient réfugiés à QUINHON avec plus de 7000 chrétiens....Par dessus les dunes de PHUONG-PHI, nous vîmes des brasiers ardents : GOTHI,XOMNAM,LANGSONG.. étaient en flammes !."

    Quelques temps après M.GEFFROY eût des détails sur l'annéantissement de son district. Jugeant la situation intenable, ses vicaires, M. DUPONT, et le P. NHUT essayèrent de gagner QUINHON. M. GEFFROY raconte: " L'exode commença le 2 ou le 3 Août; Les pères s'avançaient en priant, à la tête d'une colonne de 2.000 personnes, hommes, femmes et enfants ; ils arrivèrent péniblement à dépasser la colline de HOI-DUC, à 15 kms de GIA-HUU. Ils furent cernés à l'entrée de la plaine de PHU-TRANG, et massacrés jusqu'au dernier..." C'est là que mourut M.DUPONT .

    Par deux fois encore, M.GEFFROY intervint pour essayer de sauver ce qui restait des chrétiens du KHANH-HOA et du BINH-THUAN. Après ces évènements tragiques,sans se décourager,M. GEFFROY fit revivre GIA-HUU. Il organisa les nouvelles chrétientés du BONG-SON, les visitant régulièrement, très soucieux de la formation spirituelle de ses fidèles. On ne pouvait pas s'endormir à ses catéchismes car sa grande facilité d'élocution en viêtnamien et sa riche expérience lui permettaient des comparaisons et des anecdotes qui tenaient l'attention en éveil !

    Ayant une connaissance peu commune des caractères chinois, et possédant parfaitement la langue viêtnamienne, il forma beaucoup de jeunes missionnaires., leur donnant de sages conseils tel que : "Soyez plus larges que rigides"

    M.GEFFROY tenait fort à ses opinions, mais il ne gardait jamais du ressentiment contre ses contradicteurs : " Jamais, disait il, je n'oserai monter à l'autel, la rancune au coeur " !.

    A la fin de décembre 1917, il se sentit sérieusement fatigué, et ne se fit aucune illusion sur un dénouement prochain . Le 25 Janvier 1918, après avoir célébré la messe, déjeuné, récité les petites heures, fait l'aumône à un pauvre, il s'évanouit. Revenu à lui, il raconta tranquillement à son vicaire ce qui lui était advenu. Vers neuf heures, ses poumons commencèrent à s'engorger..A 11h 1/2 du soir de ce même jour, Il rendit tranquillement son âme à Dieu après avoir reçu les derniers sacrements.

    M.GEFFROY repose au pied de ce "Monument des Martyrs", élégant et précieux mausolée sous lequel il avait placé les ossements de ses chrétiens de GIA-HUU massacrés en 1885.


    GEFFROY

    François

    (1843 - 1918)

    [1062]

    Références biographiques
    AME 1912 p. 288. 1917-18 p. 346. 1919-20 p. 74 (art.). 1926 p. 167. 172. CR 1872 p. 51. décembre 1876 p. 29. décembre 1877 p. 31. 32. 1880 p. 60. décembre 1884 p. 103. 1885 p. 86. 218. 242. 1887 p. 146. 1888 p. 129. 1889 p. 145. 1890 p. 120. 122. 1891 p. 157. 1892 p. 159. 313. 315. 1894 p. 308. 1895 p. 215. 1896 p. 193. 195. 1897 p. 162. 165. 1900 p. 160. 1901 p. 159. 286. 382. 1902 p. 193. 1903 p. 183. 1904 p. 185. 1905 p. 155. 1907 p. 369. 1912 p. 403. 1914 p. 86. 1916 p. 126. 1918 p. 77. 153. 1919 p. 148. 168. 1935 p. 313. 1948 p. 152. 1949 p. 194 sq. BME 1931 p. 606. 607. 763.



    Février 1994


    Mémorial GEFRROY François-Marie page

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    • Numéro : 1062
    • Année : None