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Arnaud Antoine GARNAULT

[231]. GARNAULT, Arnaud-Antoine, vicaire apostolique du Siam, né vers 1745 à Toulouse (Haute-Garonne), partit du Séminaire des M.-E. en décembre 1769. Il avait été destiné au Se-tchoan ; les circonstances firent qu'on le dirigea sur le Siam. Il y fut d'abord supérieur d'un séminaire que Mgr Le Bon essaya d'établir, pour remplacer celui qu'avaient détruit les Birmans. En 1775, il fut jeté en prison avec l'évêque et M.
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    [231]. GARNAULT, Arnaud-Antoine, vicaire apostolique du Siam, né vers 1745 à Toulouse (Haute-Garonne), partit du Séminaire des M.-E. en décembre 1769. Il avait été destiné au Se-tchoan ; les circonstances firent qu'on le dirigea sur le Siam. Il y fut d'abord supérieur d'un séminaire que Mgr Le Bon essaya d'établir, pour remplacer celui qu'avaient détruit les Birmans. En 1775, il fut jeté en prison avec l'évêque et M. Coudé, parce que trois officiers chrétiens avaient refusé de boire l'eau lustrale préparée par les bonzes, le jour de la prestation du serment de fidélité au roi Phajatak. Pour une raison analogue, il fut chassé du Siam en 1779 et se retira à Pinang.
    Il se rendit dans la région de Quedah en 1782, et y trouva quelques chrétiens fort ignorants, et des mahométans qui ne répondirent pas à son zèle. Nommé provicaire en 1785, il fut en cette même année ou en 1786 élu évêque de Métellopolis (ou Mitelopolis) et vicaire apostolique du Siam ; il reçut la consécration épiscopale à Pondichéry le 15 avril 1787, des mains de Mgr Champenois.
    Il se rendit alors à Pinang qui venait de passer sous la domination anglaise ; il y appela les chrétiens de la paroisse Saint-Michel de Quedah, et ses anciens élèves de Bangkok qu'il continua d'instruire. Il installa une petite imprimerie, et éleva, sous le vocable de l'Assomption, une église qui fut la première construite dans cette île.
    Craignant des difficultés à Bangkok de la part du gouvernement siamois, il ne voulait pas y retourner, ni y envoyer de missionnaires ; il comptait établir les principaux postes de la mission à Pinang, Quedah et Mergui. En 1791, il fit un voyage à Jong-selang, alors sous la direction du prêtre Raphaël ; il y retourna en 1793 et y baptisa la sœur du gouverneur. Il avait l'intention d'aller à Ligor ; la guerre ne le lui ayant pas permis, l'évêque laissa Rectenwald à Pinang, Cavé à Jong-selang, envoya Florens à Chantaboun, et se rendit, 1794, à Bangkok. Il fut en même temps curé de la paroisse Sainte-Croix, supérieur du séminaire, et s'occupa de l'administration générale de la mission. Il eut à lutter contre quelques Portugais qui refusaient de reconnaître son autorité, et en appelèrent à l'évêque de Macao. Ces ennuis furent augmentés, en 1798, par l'hostilité du roi, que des mandarins, irrités de n'avoir pu enlever deux filles chrétiennes, excitèrent contre l'évêque.
    Ses dernières années furent attristées par une très grande pénurie de prêtres et de ressources, conséquence de la Révolution française ; aussi rêvait-il au mode d'augmenter le nombre des aspirants que le Séminaire des M.-E. pouvait recevoir. Il est curieux de trouver dans sa lettre du 7 juillet 1807 l'indication précise des moyens que l'on devait employer beaucoup plus tard : \ Il faudrait s'arranger de manière que le Séminaire puisse recevoir soit ceux qui seraient déjà prêtres, soit ceux qui seraient dans les ordres seulement, ou même dans un état inférieur, pour les y former dans la même maison, à moins qu'on n'aimât mieux faire un second établissement pour la jeunesse, ce qui me plairait bien davantage, je veux dire, s'ils étaient séparés de maison ou tout au moins de quartier. " Pendant son épiscopat, qui dura près de 25 ans, il ordonna 8 prêtres indigènes.
    En 1810 il choisit E.-M.-J. Florens pour coadjuteur. S'étant rendu à Chantaboun pour y recevoir les vœux de quelques religieuses annamites, il mourut dans cette chrétienté le 4 mars de cette année-là. Il avait composé en siamois plusieurs écrits " ad docendam religionem, ad fovendam pietatem ". Sans doute c'est à lui qu'on doit, totalement ou partiellement, le catéchisme imprimé à Bangkok en 1796.
    Bibliographie. - (Enseignement chrétien). - Nai vat sancta Crus na : bangcoc, saccarat tee thai xat manut 1796 pi [Dans l'église de Sainte-Croix, Bangkok, ère de la rédemption du monde, année 1796], in-8.
    Notes bio-bibliographiques. - N. L. E., ii, p. 272 ; v, pp. 519, 526, 547, 552, 556 et suiv., 566 ; Ib., Persécution à Siam, p. 570 ; vi, pp. 360, 503. - A. M.-E., 1913, p. 93 ; 1914, p. 80.
    Nouv. des miss. or. 1785-1786, 1re part., pp. 5, 7. - Estrat. del. lett., ii, p. 215.
    Hist. gén. miss. cath., ii, 2e part., p. 642. - Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. - Hist. miss. Inde, Tab. alph. - Descrip. du roy. Thai, ii, pp. 263, 274, 278, 286. - Lett. à l'év. de Langres, pp. 298 et suiv., 348. - La Franc. pont., ii, p. 672.
    Collect., 14 août 1799 : n° 701 ; 30 avril 1808 : n° 465.


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    • Numéro : 231
    • Année : None