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Julien FERRÉ (1883-1922)

[2922] FERRE Julien, Charles Missionnaire Cochinchine Occidentale - Saigon -----------------------
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    Julien, Charles FERRÉ naquit le 26 Février 1883, à Drouges, paroisse de la La Guerche-de-Bretagne, diocèse de Rennes, département de l'Ille-et-Vilaine. Il était le troisième enfant d'une famille de sept garçons. Il fit ses études primaires à la Guerche, faisant ses huit kms matin et soir pour se rendre à l'école. À douze ans, il entra au Petit Séminaire de Vitré où il se montra élève intelligent, appliqué et travailleur. Il passa ensuite au Grand Séminaire de Rennes où il reçut la tonsure le 5 Juin 1903.

     

    Le 10 septembre 1903, il entra au Séminaire des Missions Étrangères, où on lui confia la charge d'infirmier. Pour des raisons de santé, il fut exempté du service militaire. Il reçut les ordres mineurs le 24 septembre 1904 ; sous-diacre le 23 décembre 1905, diacre le 10 mars 1906, il fut ordonné prêtre le 22 septembre 1906, et reçut sa destination pour le Vicariat Apostolique de la Cochinchine Occidentale qu'il partit rejoindre le 5 décembre 1906.

     

    En fait, il s'embarqua le 26 décembre 1906 pour Pondichery. Son Vicaire Apostolique lui avait demandé de faire une année de stage, dans cette mission, afin d'apprendre le tamoul, car à Saigon, la communauté Pondichérienne étant assez nombreuse, il paraissait important qu'un missionnaire s'occupât  d'elle.

     

    M. Ferré débarqua à Saigon le 26 février 1908, et fut envoyé à Mac-Bac, chez M.Frison, pour l'étude de la langue viêtnamienne. Il y resta un an. En 1909, il fut nommé vicaire à la Cathédrale de Saigon, pour s'occuper des Indiens. Or, certains d'entre eux, fort infatués de leur titre de citoyens français refusaient d'écouter le pasteur nommé pour être à leur service. Ils ne voulaient reconnaitre que le Curé de la Cathédrale ; ce comportement engendra très vite une situation pénible, quasi insoluble. Aussi en 1912, après une retraite à Hong-Kong, M. Ferré s'en alla travailler chez les Viêtnamiens.

     

    Il s'installa à Cumi, puis, en 1913, à Lagi, succédant à M. David, nommé à Thala. Craint des "mauvais chrétiens", il déploya un dévouement sans bornes pour ses fidèles, n'hésitant pas parfois, pour les aider, à faire à cheval, et en forêt, un trajet de  soixante kms jusqu'à Phan-thiêt. À Lagi, Il réunit les matériaux de charpente pour la future église  et fabriqua de beaux meubles, grâce à son goût très sûr.

     

    En mai 1915, en raison de la guerre, M. Ferré fut rappelé à Saigon, et pris comme soldat ; mais, suite à une seconde visite médicale, il fut reconnu inapte à faire campagne, sans pour autant être réformé définitivement. Déjà remplacé à Lagi, Mgr le nomma alors curé de Tan-Hung à quinze kms de Saigon, puis de Cho-Dui. en lui demandant de reprendre du ministère auprès des Indiens.

     

    En 1916, il devint directeur de l'Imprimerie de la Mission, à Tân-Dinh ; en 1918, il s'installa au Séminaire, et tout en s'occupant des Indiens, il fut aumônier de l'hôpital militaire, et chargé de l'enseignement religieux au pensionnat français des Soeurs de St Paul de Chartres à Saigon. Au début de mars 1920, pour refaire sa santé, il s'embarqua pour la France.

     

    M. Ferré eût toujours le souci de se cultiver. Il avait une bibliothèque variée et bien garnie. Tenace, doué d'un grand esprit pratique et d'une vive intelligence, s'il aimait avoir le dernier mot, il avait aussi bon coeur, et savait se montrer accueillant.

     

    Au début de 1921, une intervention chirurgicale, à l'hôpital St. Joseph, à Paris, fut jugée nécessaire, pour remédier à une éventration, suite de l'opération de l'appendicite subie vingt ans plus tôt. Bien remis de son opération, il passa l'été en préparatifs divers en vue de rejoindre sa mission ; au mois d'octobre 1921, il fit ses adieux à Drouges, mais à la veille de son départ pour Marseille, ne pouvant plus conserver aucun aliment, le médecin diagnostiqua une obstruction du pylore. L'opération révéla un cancer.

     

    Dès qu'il pût voyager, il partit pour Marseille "pour être plus près du bâteau"; il y fut hospitalisé durant quelques jours, puis alla à Montbeton, toujours avec l'espoir de guérir. Au début de l'été 1922, il voulut  revoir sa Bretagne, mais arrivé à Paris, sans forces pour continuer sa route, il rentra à Montbeton. La veille de la Pentecôte, il reçut le sacrement des malades, puis se rendit à Lourdes demander la guérison ou la résignation. Cette dernière grâce lui fut accordée. Le 18 août 1922, à Montbeton, il rendit son âme Dieu.

     

    Références biographiques

    AME 1907 p. 62. 1922 p. 199.

    CR 1906 p. 275. 1915 p. 108. 1922 p. 111. 258.

    EC1 N°  1. 4. 8. 9. 15. 16. 21.

     

     

     

     

     

    • Numéro : 2922
    • Pays : Vietnam
    • Année : 1906