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Auguste FAISANDIER (1882-1911)

FAISANDIER Auguste (1882- 1968)
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    [2949] FAISANDIER Auguste, est né à Cagnes, dans la commune de Saint-Germain-Laprade, au diocèse du Puy (Haute-Loire), le 8 septembre 1882, d'une famille d'agriculteurs très chrétienne. Il avait un oncle paternel, qui était missionnaire en Inde, dans la Mission de Madurai, et qui devint évêque de Trichinopoly. Il était Jésuite. Bel exemple pour le petit Auguste, pourtant enfant assez turbulent, qui ne s'intéressait guère au catéchisme du dimanche, à tel point que sa mère l'envoya au Petit Séminaire de la Chartreuse, où se trouvait déjà son frère Joseph. C'est dans cette institution, dirigée par un grand ami des Missions, le Chanoine Bringer, que les deux frères se décidèrent à être missionnaires. Auguste, après son entrée aux Missions Etrangères, reçut la tonsure le 26 septembre 1903, et les Ordres Mineurs le 23 septembre 1905.

     

    Avec d'autres séminaristes, il est envoyé en Malaisie le 6 décembre 1906, pour éviter la  conscription décrétée par la Loi de Séparation. Il termina donc ses études au Collège général de Penang, et fut ordonné prêtre le 7 juillet 1907. Dès le 10 juillet, il prit le bateau pour l'Inde, à destination de Mysore, la Mission où il fut affecté, et où il rejoignit son frère Joseph.

     

    Dans la ville de Bangalore, il se mit à l'étude du tamoul. En 1908, il fut envoyé à Chikmagalur, au milieu des plantations de café, où il ne resta qu'un an. Car en 1909, il est transféré dans un autre coin de cette immense territoire de mission, dans les mines d'or de Kolar, à Coromandel. Ce ne fut qu'un poste de transit pour lui, car Mgr. Baslé, son évêque, l'envoya cette année-là dans les montagnes du Sud-Ouest, dans le district de Vayitri. C'était vraiment la brousse ; forêts où il tombe une pluie abondante pendant la Mousson, une faune variée, depuis les fourmis blanches ou rouges, les sangsues jusqu'à l'éléphant sauvage, les tigres, les panthères, les bisons etc. Pays de montagnes et de vallées, habitées par des aborigènes ou gens de tribus primitives : les Panniers, les Ouralis, les Kurichis, vivant des produits de la forêt. Pays de plantations de café, de cardamone et de poivre, dans lesquelles le missionnaire doit s'occuper des coolies et ouvriers agricoles parmi lesquels quelques chrétiens. Le ministère est rude, la vie bien inconfortable ; au temps de la Mousson, il faut souvent dormir dans de pauvres masures avec un parapluie ouvert, dans l'humidité et la crainte des reptiles. Le Père Faisandier se disait très heureux de supporter tout cela "pour le Bon Dieu", comme il disait !

     

    Dans ces conditions de vie difficiles, il attrapa la fièvre typhoïde, et Mgr. Baslé qui vint le voir sur place décida de le transférer. Il l'envoya alors sur le plateau de Hassan, au Nord-Ouest, dans le district de Mudigiré.

     

    Survint la déclaration de la grande guerre de 1914, le 2 août. Le Père Faisandier est mobilisé comme bien d'autres, et retourne en France, où il devint interprête pour les troupes britanniques.

     

    Après l'armistice du 11 novembre 1918, il revint en Inde. Il fut nommé curé d'Arsikere, centre ferroviaire sur la ligne Bangalore-Poona. En 1922, quand le Père Studer fut nommé vicaire général, on fit appel au Père Faisandier pour devenir "manager" de la plantation de café de la Mission, sur la montagne de Yerkaud, près de Salem. Il restera là une quarantaine d'années, jusqu'à l'âge de la retraite. Même à 70 ans, on le voit arpenter les collines et faire le tour de sa plantation, ce qui signifiait une longue marche à pieds par des sentiers plutôt cahoteux. Il avait une bonne santé, heureusement. Il prenait grand soin de ses ouvriers, leur assurait la messe et les sacrements. Il ne manquait jamais la réunion hebdomadaire des planteurs du coin, qui avait lieu à Balmadès, chez le Père Modeste Cappelle. Le prêtre en charge de la plantation de Salem également se joignait à eux, ainsi que le Père de celle de Bangalore. Joyeuse compagnie, pour quelques heures de détente. Il eut beaucoup de peine quand son frère Joseph mourut le 23 novembre 1932; au court d'un fort orage dans la montagne de Yerkaud, il perdit son chemin, et on le retrouva dans une grotte très malade. On le transporta à Bangalore, et c'est là qu'il mourut entre les bras de son frère.

     

    En 1961, à l'âge de 79 ans, le Père Faisandier quitta la plantation et la laissa entre les mains d'un Père indien, le Père Joseph Roy. Il vint alors s'établir dans la ville de Mysore, à la demande du Père A. Fleury, alors supérieur local, qui lui demanda de le remplacer au Saint Mary's Home pour l'accueil des confrères des Missions Etrangères. Le 7 juillet 1967, il fut heureux de célébrer son jubilé de diamant sacerdotal. Dans son homélie de la Messe, célébrée à la Cathédrale de Mysore, Mgr. M. Fernandes remercia le Père de sa grande fidélité au service du diocèse. Il mourut le 18 juin 1968 d'une crise cardiaque. Il fut un vrai missionnaire, toujours disponible, charitable, zélé et fidèle au cours d'une vie toute donnée à Dieu et aux âmes.

     

     

    Références biographiques

    AME 1907 p. 381.

    CR 1907 p. 326. 1934 p. 242. 243. 245. 1961 p. 91. 1962 p. 106. 1964 p. 71. 1965 p. 138. 1966 p. 182. 1967 p. 128.

    BME 1923 photo p. 69. 1932 p. 964. photo p. 807. 1936 p. 682. 874. 1937 p. 639. 1939 p. 365. photo p. 303. 1952 p. 769. 1953 p. 308. 1955 p. 918. 1956 p. 983. 1957 p. 561. 1101.

    Epi 1963 p. 722.

    Enc. PdM. 14P4.

    EC RBac N° 619. 773.

    NS 8P249. 250. - 11P322. - 14P443.

     

     

     

     

    • Numéro : 2949
    • Pays : Inde
    • Année : 1907