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Fernand FABRE (1908-1999)

[3480]. FABRE Fernand (1908-1999) né à Cran-sac (Aveyron) le 20 janvier 1908, ordonné prê-tre à Rodez le 29 juin 1932, admis au Séminaire des Missions Étrangères en 1932, fut destiné au service des procures. Il fut dabord affecté à la procure de Hong-Kong, en 1933 ; à celle de Saï-gon, de 1935 à 1946 puis à celle de Marseille, de 1946 jusquen 1967. Il fut ensuite nommé à la procure de Lille, quil dirigea jusquen 1970. Il se retira ensuite à la maison daccueil de Lauris de 1971 à 1997, puis au sanatorium Saint-Raphaël de Montbeton, où il mourut le 28 octobre 1999.
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    Adrien, Fernand FABRE, fils de Léon-Pierre et de Falguières Albina-Philomène, naquit le 20 janvier 1908, au lieu dit La Treille, commune de Cransac, canton d'Aubin, département de l'Aveyron. Il fut baptisé le 9 février 1908, à Cransac, paroisse du diocèse de Rodez. Son père agriculteur, né à Maleville, non loin de Villefranche de Rouergue, vint s'installer; comme mineur, près de la ville de Cransac, dans le Bassin Houiller Aveyronnais, alors en pleine expension. En 1903, il épousa, en l'église de Cransac, Albina Falguières. De leur union, naquirent quatre enfants, tous des garçons, qui reçurent dans leur famille, une solide éducation chrétienne, sens de la rigueur, du devoir, du dévouement et l'amour du travail bien fait.

     

    Après ses études primaires à Cransac et à Lalo, M. Fernand Fabre fut envoyé, en octobre 1920, au Collège-Petit Séminaire de Graves, près de Villefranche-de-Rouergue, pour y parcourir le cycle de l'enseignement secondaire d'alors. En octobre 1925, il se dirigea vers le Grand Séminaire de Rodez où il fit ses études de philosophie et de théologie, interrompues en 1929-30 par le service militaire au 3ème R.I.A.à Hyères, dans le Var. Sous-diacre le 29 juin 1931, diacre le 26 mars 1932, il fut ordonné prêtre, à Rodez, le 29 juin 1932.

     

    Dans sa lettre du 22 juin 1932, rédigée au grand séminaire de Rodez, alors qu'il commençait la retraite spirituelle préparant à l'ordination sacerdotale, il demandait à Mgr. de Guébriant "son admission dans la Société des Missions Etrangères". Il y faisait part de ses motivations. Je le cite : .." Pourquoi ai-je tourné mes regards vers la rue du Bac ? Pour plusieurs des raisons que vous nous avez exposées, vous-même, Monseigneur, récemment à Rodez, et que vous nous présentiez comme les caractéristiques de la Société dont vous êtes le Supérieur aimé et vénéré. Là, on reste séculier ; on est sûr d'être missionnaire au plein sens du mot; la Société a des charges, des responsabilités écrasantes ; elle s'attaque au bloc païen, le plus compact..".

     

    Admis le 30 juin 1932, il entra au séminaire des Missions Etrangères, le 15 septembre 1932. Au soir du dimanche 2 juillet 1933, au retour de la réception solennelle à Notre Dame par le Cardinal Archevêque de Paris, de Mgr.Tong, premier évêque viêtnamien sacré à Rome le 11 juin précédent, Mgr. de Guébriant donna leur destination aux dix-neuf jeunes partants. M.Fernand Fabre était envoyé à Hong-Kong pour le service des Procures. Le 18 septembre 1933, au séminaire des Missions Etrangères, et selon le cérémonial accoutumé, eût lieu, la cérémonie du départ. Le 22 septembre 1933, avec le groupe des partants, il s'embarqua à Marseille à destination de Hong-Kong.

     

    Dans un interwiew à Lauris en 1997, M. Fernand Fabre résumait ainsi son activité missionnaire : "J'ai aidé et servi les missionnaires".mais, dans les procures, "On n'était pas missionnaire dans le sens missionnaire qu'on entend.." Assistant-Procureur, il se mit à l'entière disposition de ses supérieurs ; il consacra la plus grande partie de son temps à accueillir les confrères de la Société, les missionnaires de divers Instituts de passage à Hong-Kong, les malades venus se soigner ou prendre un temps de repos, dans cette colonie anglaise. Il allait les recevoir à bord des bâteaux, il les aidait dans les diverses démarches administratives, s'occupant de leurs bagages à dédouaner ou à enregistrer, de leurs billets de transport, puis de leur embarquement vers leurs destinations respectives. Il fallait prévoir leur hébergement à la Procure. Que dire du temps passé à faire, en ville, et pour les missions et les missionnaires travaillant à l'intérieur de la Chine, des commissions et des achats fort divers, et à en assurer l'expédition. A tout cela, s'ajoutaient le courrier, la tenue rigoureuse des comptes financiers des diverses missions et des missionnaires. Tel fut, pendant deux ans, le travail missionnaire de M. Fernand Fabre à la Procure de Hong-Kong.

     

    En 1935, M. Biotteau, pour raison de santé, demissionna de sa charge de Procureur Général. Pour lui succéder, Le Conseil Central nomma M. Vircondelet qui prit ses fonctions à compter du 1er décembre 1935. Cela nécessita quelques changements dans le personnel des Procures ; ainsi, M. Fernand Fabre fut envoyé à Saïgon comme assistant procureur, où, jusqu'en avril 1946, il travailla sous la direction de M.Pierre Moreau, procureur. Comme à Hong-Kong, il servit les missions et les missionnaires avec le même dévouement, malgré les difficultés crées par la guerre et l'occupation japonaise.

     

    Après le coup de force japonais du 9 mars 1945 contre la présence française en Indochine, des manifestations de plus en plus violentes se déroulèrent au Viêtnam. Organisées par le mouvement révolutionnaire"viêtminh", soutenues par les autorités japonaises, elles visaient surtout les Européens et les missionnaires que les occupants nippons avaient contraints au regroupement dans des camps et des quartiers spéciaux dans certaines grandes villes.

     

    Les 24 et 25 juillet 1945, des chasses à l'homme s'organisèrent en plein Saïgon. Le 22 août 1945, le gouvernement révolutionnaire "viêtminh"prit le pouvoir. Le dimanche 2 septembre 1945, la cure de Saïgon et la procure furent attaquées, au cours d'une grande manisfestation. M.Tricoire, vicaire à la Cathédrale de Saïgon, fut sauvagement assassiné, alors qu'il essayait de mettre en sûreté dans le presbytère, deux Frères des Ecoles Chrétiennes. M.Soullard, curé de la Cathédrale, MM. Moreau et Fabre, procureurs furent blessés ; arrêtés, ils furent relâchés le lendemain.

     

    Chassés du centre de la ville de Saïgon, le 23 septembre 1945, les forces viêtminh se regroupèrent en banlieue, assassinant deux prêtres viêtnamiens ; le surlendemain, la cité Héraud proche fut attaquée; 200 français et 100 viêtnamiens y furent massacrés. L'agitation gagna les provinces. Le 30 septembre 1945, à l'Hôtel de ville de Saïgon, les dirigeants viêtminh décidèrent d'assassiner Mgr. Cassaigne, vicaire apostolique, et désignèrent même son assassin.

     

    Nommé procureur à Marseille, M.Fernand Fabre s'embarqua à Saigon, en avril 1946 ; il fit la traversée, dit-il, "logé en quatrième classe. Nous étions environ une quarantaine".. Très importante était la procure des Missions Etrangères de la rue Nau, à Marseille.: ..." Là, on avait tous les départs des missionnaires plus également ceux des autres congrégations." Là, débarquaient aussi tous ceux qui rentraient de mission, qui pour un congé, qui pour des soins médicaux, et parfois pour un retour définitif. On sortait de la guerre, mais c'était encore le temps des restrictions, des "tickets de pain et des cartes de ravitaillement."

     

    Comme dans les postes précédents et avec le même dévouement, M. Fernand Fabre, doué d'un grand sens pratique, et ennemi des dépenses inutiles, s'acquitta, dans un esprit de service, de sa charge de procureur qu'il connaissait bien. Il demandait que, comme dans toutes les maisons communes, chacun en respecte le règlement.

     

    Et puis arriva le jour où le transport aérien supplanta le bâteau. Etait il encore necessaire de garder une procure à Marseille ? Après 22 ans passés à la tête de cette maison, il revint à M. Fernand Fabre d'en assurer la fermeture, le 13 juillet 1967. Il partit alors à Lauris (Vaucluse), car entre temps, il avait réussi à récupérer pour la Société, le château sis en ce village, et offert aux Missions Étrangères; trois armées l'avaient occupé pendant la guerre. Il travailla à son aménagement comme maison de repos pour les confrères.

     

    En février 1968, M. Fernand Fabre fut nommé à la tête de la Procure de Lille. Celle-ci recevait surtout des étudiants des Missions Etrangères qui suivaient des cours à l'Université ou qui faisaient des stages d'initiation à la médecine, un savoir très utile pour les missionnaires en poste dans les districts isolés. Mais, en 1970, il lui fut demandé de fermer cette maison qu'il quitta le 16 janvier 1970; proposition lui fut faite se rendre à Montbeton, où il pourrait peut être faire des prospections pour une aumônerie ou un poste qui lui permettrait d'avoir une certaine activité sacerdotale. Ce fut, pour le Conseil Central de la Société, l'occasion de lui exprimer, dans une lettre du 12 janvier 1970, gratitude et remerciements pour la tâche accomplie : ..."Permettez-moi de vous dire, cher Père Fabre, notre grande reconnaissance à tous pour votre dévouement dans les procures. Votre travail n'a pas toujours été facile : vous l'avez toujours fait cependant en esprit de service pour les Missions. Veuillez donc agréer l'expression de la reconnaissance de tous, celle du Père Supérieur d'abord, et celle de tous ceux (et je suis parmi eux) qui ont bénéficié de vos services..."

    Mr. Fernand Fabre passa quelques temps au sanatorium St.Raphaël de Montbeton ; en 1971, il revint à Lauris ; il y resta jusque vers le 20 septembre 1997. Durant cette période, il accepta d'assurer parfois des interims, ainsi, dans le diocèse de Rodez, en 1977. À sa demande, en septembre 1997, il rentra à Montbeton où, se sachant atteint d'un cancer au colon, gardant ses habitudes de piété profonde, il décéda le 28 octobre 1999.

     

     

    AME 1933 p. 251, 237 (photo).

    CR 1933 p. 251, 55 ; 1947 p. 116.

    BME 1932 p. 723 ; 1933 p.723 ; 1933 p. 724, 959 ; 1935 p. 1 (photo), 196, 909 ; 1936 p. 840 ; 1937 p. 32 (photo) ; 1939 p. 664 ; 1948 p. 220.

    EC1 n° 270-75, 444-46.

    NS n° 6 p. 161 ; 28 p. 69 ; 108 p. 184.

    EC2 1946 p. 60.

    HIR n° 137.

     

     

    • Numéro : 3480
    • Pays : Chine Vietnam
    • Année : 1933