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Jean Baptiste ETCHEVERRY (1907-1975)

ETCHEVERRY Jean-Baptiste (1907-1975)
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    [3449]  ETCHEVERRY Jean-Baptiste, est né le 28 mars 1907 à St Étienne de Baigorry, au diocèse de Bayonne (Pyrénées Atl.). Il fit ses études primaires dans sa paroisse, et ses études secondaires au collège d'Hasparren et au Petit Séminaire de Belloc. Entré au Séminaire des Missions Étrangères le 11 septembre 1925, il fut ordonné prêtre le 19 décembre 1931. Il quitta la France le 22 avril 1932 pour rejoindre la mission de Kweiyang, en Chine. Il passa par Hanoi et Kunming. Là, il dut attendre une caravane pour le Kouitchéou, province chinoise dont la capitale est Kweiyang. Le voyage prit 18 jours, par étape, par monts et par vaux, à pied, à cheval, en chaise à porteurs...

    Il se mit aussitôt courageusement à l'étude de la langue et s'initia aux us et coutumes du pays. Il logeait au Grand Séminaire avec son maître de langue, un catéchiste chinois, sous la direction du supérieur du séminaire qui aidait souvent le jeune Père dans ses difficultés linguistiques.

    Il fut nommé à Tin Fan, vicaire du Père Puech. Il se lança presque sans ménagement dans le ministère, et au bout de quelques mois, son curé dut quitter le district pour raison de santé, et le jeune Père le remplaça. Ce ne fut pas facile à cause des brigands qui sillonnaient le pays. Puis peu à peu, la situation se détériora. Les troupes communistes firent leur apparition, saccageant tout sur leur passage. Le Père licencia son école, et un beau jour, il se décida à fuir. Pendant son absence, sa résidence fut complètement pillée et son église dévastée. Il revint pour réparer les dégâts, et put continuer ses occupations nombreuses et variées : catéchisme, messes et sacrements, soins aux malades, et visites de chrétiens résidant loin de son presbytère, essayant d'intercéder pour ses chrétiens victimes d'injustices ou de sévices divers.

    En 1936, rappelé dans la ville de Kweiyang, il fut nommé directeur du Pré-Séminaire ou Probatorium, une institution destinée à préparer les candidats au sacerdoce aux études des Petit et Grand Séminaires, en les habituant aux caractères romains, aux déclinaisons du latin, etc. choses étranges pour des jeunes ne connaissant que les caractères chinois. En 1939-40, les classes furent supprimées, en raison de la construction de nouveaux bâtiments. C'est à cette époque que l'armée japonaise, arrivée dans le pays, se mit à bombarder ces nouvelles constructions qui lui paraissaient louches. Heureusement les dégâts ne furent pas importants et les constructions furent terminées pour accueillir jusqu'à 70 élèves. Le Père y continua son oeuvre jusqu'en 1947, date à laquelle il prit son premier congé en France.

    Après six mois de séjour en France, il repartit pour le Kouitchéou et fut nommé procureur de la mission. Être procureur à cette époque n'était pas chose facile, en raison de l'instabilité de la monnaie, d'une inflation galopante et des perspectives de banqueroute. La situation demandait que le Père se retira pour laisser la place à un procureur chinois.

    En 1950, les troupes "régulières" se retirèrent, après avoir rançonné la ville et particulièrement la mission. Et un beau soir, sans coup férir, les communistes occupèrent la ville. Ce fut alors le début des confiscations de propriétés : écoles, rizières, églises, presbytères, etc. Il y eut aussi des interrogatoires très longs et des dénonciations mensongères. Finalement, le Père Etcheverry, d'accord avec son évêque, Mgr. Larrart, dut quitter le poste devenu invivable. Le 2 mai 1951, il déposa sa demande à la police. Ce n'est que le 15 septembre qu'il put quitter Kweiyang après de multiples interrogatoires et enquêtes. Puis après une visite à Hankéou, Chunking et Canton, il arriva à Hongkong le 3 octobre et quitta Hongkong pour la France le 21 novembre 1951.

    Il devint alors aumônier à Fontaudin, près de Pessac, en Gironde, jusqu'en 1964. De 1964 à 1966, il remplit le même poste d'aumônier à Tigery, dans l'Essonne, au convent des Soeurs du Cénacle. Puis de 1966 à 1974, il redevint curé de paroisse à Thénieux, au diocèse de Bourges. Comme son coeur donnait des signes de faiblesse, il se retira dans notre maison de Montbeton. Ce ne fut pas pour longtemps, car il préféra s'en aller dans son pays natal et c'est à St Étienne de Baigorry qu'il mourut presque subitement le 9 mai 1975.

    Il fut un missionnaire de grande générosité. Il savait parler franchement, et cela lui valut l'amitié de tous : confrères, chrétiens et autres. Peut-être un peu sévère et ami de la discipline, il resta toujours fidèle aux convictions qui modelèrent sa jeunesse. Il fut un peu désorienté par l'après Concile, spécialement en liturgie. Mais il remplit toujours, dans l'obéissance et la soumission, ses activités sacerdotales. Il repose maintenant dans le cimetière de St Étienne de Baigorry.

     

    Références biographiques

     

    AME 1932 p. 96. photo p. 137.

    CR 1932 p. 311. 1935 p. 80. 81. 1947 p. 37. 1951 p. 27. 1974-76 p. 262.

    BME 1925 p. 714. 1932 p. 311. 553. 559. 562. 698. photo p. 481. 1933 p. 373. 619. photo p. 775. 1934 p. 131. 342. 496. 1935 p. 430. 1936 p. 742. 818. 1937 p. 650. 724. 1938 p. 688. 1940 p. 690. 1948 p. 18. 1949 p. 585. 1951 p. 707. 1952 p. 54. 60.

    ECM 1945 p. 97.

    MDA 1948 p. 94.

    EC1 N°  91. 238. 243. 457. 462. 506. 508. 760. NS. 68P297. 86/C2.

    MEM 1975 p. 50.

     

    • Numéro : 3449
    • Pays : Chine
    • Année : 1932