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Joachim ENJOBERT DE MARTILIAT

[147]. MARTILIAT ou MARTILLAT ou MARTILLIAT (Enjobert DE), Joachim, appartenait à une ancienne famille d'Auvergne, signalée à Hermant et à Champeix (Puy-de-Dôme) au XIIIe siècle, à Clermont depuis 1566. Guillaume, trésorier de France à Riom, acheta en 1587 la terre de Martiliat.
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    [147]. MARTILIAT ou MARTILLAT ou MARTILLIAT (Enjobert DE), Joachim, appartenait à une ancienne famille d'Auvergne, signalée à Hermant et à Champeix (Puy-de-Dôme) au XIIIe siècle, à Clermont depuis 1566. Guillaume, trésorier de France à Riom, acheta en 1587 la terre de Martiliat.
    Joachim de Martiliat naquit en 1706 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), vint à Paris, au séminaire de Saint-Sulpice le 18 octobre 1726 ; il en sortit bachelier en Sorbonne, le 1er septembre de l'année suivante, avec cette note : \ bon esprit ". Se sentant appelé à l'apostolat lointain, il entra au Séminaire des M.-E., y resta fort peu de temps, et partit le 2 septembre 1727, n'étant encore que tonsuré. Deux ans plus tard, il arriva à Canton, logea à la procure des M.-E., se mit avec ardeur à l'étude de la langue et de l'écriture chinoises, et fut à cette époque nommé par le Séminaire des M.-E. supérieur du Collège général ; il refusa. Au commencement de 1731, il alla recevoir les ordres mineurs et sacrés à Juthia, fut ordonné prêtre le 12 mars, puis il regagna la Chine avec l'autorisation de se rendre au Se-tchoan.
    Il partit pour cette mission en février 1732, s'installa à Hia-se-hiang ; mais le vicaire apostolique de la mission, le lazariste Mullener, alléguant que de Martiliat était venu dans cette province sans l'autorisation du représentant de la Propagande à Canton, lui refusa tout pouvoir et le pria de s'en aller.
    Sans trop discuter avec l'évêque, de Martiliat resta au Se-tchoan ; mais en 1733, les ordres de Mullener le forcèrent de s'éloigner ; il se fixa pendant quelque temps à Tsuen-ki-chi, dans le Hou-kouang, avec le prêtre chinois André Ly. La persécution ayant éclaté, il en profita pour retourner au Se-tchoan (1734) où l'évêque le toléra. Dès lors, il travailla activement, visita un certain nombre de chrétientés, et fit des conversions. Le Journal de ses travaux, dont une grande partie est conservée dans les archives du Séminaire des M.-E., nous permet de le suivre dans ses courses apostoliques.
    En 1736, il lui faut de nouveau lutter pour demeurer au Se-tchoan que Mullener, sur l'ordre dit-il de la Propagande, le prie de quitter. Il finit par obtenir de rester, et adresse au Séminaire des M.-E. et à Rome de longs mémoires, destinés à prouver qu'il doit être permis à la Société d'envoyer des prêtres reprendre possession des districts du Se-tchoan évangélisés autrefois par ses missionnaires. Il a gain de cause en 1737.
    Le 2 octobre 1739, il est nommé évêque d'Ecrinée, vicaire apostolique du Yun-nan, et sacré par Mullener à Hia-se-hiang le 23 juillet 1741. Il fait sans résultat quelques tentatives d'évangélisation vers le Yun-nan.
    En 1744, à la mort du dominicain Maggi, vicaire apostolique du Se-tchoan, successeur de Mullener, il est nommé, tout en gardant la direction du Yun-nan, supérieur du Hou-kouang, du Se-tchoan et du Kouy-tcheou. C'est ainsi que, de la mission dont il a été si longtemps repoussé, il devient le chef.
    Il débuta par un mandement (9 octobre 1744) qui ordonne d'obéir à la bulle Ex quo singulari sur les Rites. Il signala les commencements de son administration par deux règlements importants : l'un du 1er novembre 1744, pour les Vierges chinoises, a été et est encore actuellement la base des règles de cette pieuse institution ; il paraît avoir été en partie emprunté aux constitutions posées par les Dominicains dans la province du Fo-kien ; le second, pour les Catéchistes, date de la fin de l'année 1744. Il adressa à Rome plusieurs mémoires pour essayer d'obtenir que tout le Se-tchoan fût confié aux M.-E.
    La persécution qui, en 1745 et 1746, fit des martyrs au Fo-kien, eut un écho au Se-tchoan. De Martiliat, très souffrant, trouvant difficilement un asile chez les chrétiens, partit le 1er septembre 1746 pour Macao où il séjourna environ une année. Par un acte du 1er décembre 1747, il nomma Jean-Baptiste Maigrot procureur des M.-E. à Macao, provicaire du Yun-nan, du Kouy-tcheou et du Se-tchoan, et laissa ses pouvoirs sur le Hou-kouang à l'évêque de Macao. Le 6 janvier 1748, il s'embarqua à Canton pour rentrer en Europe.
    Il reçut de Louis XV l'abbaye de Mores, au diocèse de Langres.
    Il s'occupa activement du Règlement général et des difficultés pendantes entre les vicaires apostoliques et les directeurs du Séminaire des M.-E. ; il écrivit à ce sujet plusieurs mémoires très importants, et obtint gain de cause contre les directeurs, par un arrêt du Grand Conseil royal daté du 23 octobre 1750. Le procès ayant été poursuivi, un arrêt du 2 août 1751 débouta Martiliat de ses demandes. Il voulut alors s'adresser au roi Louis XV, et composa un mémoire qui ne fut pas présenté, ou pas pris en considération (Voir DAVOUST).
    Quelques mois plus tard, il partit pour Rome, afin d'y gérer la procure des M.-E., ce qu'il expliqua aux vicaires apostoliques par une lettre du 24 janvier 1752. Il eut à la Propagande une influence réelle, et obtint qu'un décret du 8 janvier 1753 confiât définitivement le Se-tchoan aux M.-E. Il fit élire Lacere vicaire apostolique de cette mission et administrateur du Yun-nan. Lui-même fut nommé prélat domestique du Souverain Pontife et assistant au trône pontifical. Il était dans les meilleurs termes avec l'ambassadeur de France, de Choiseul, qui le reçut dans sa villa à quelque distance de Rome ; avec plusieurs cardinaux, notamment le cardinal Valenti, secrétaire d'Etat ; le cardinal Porto-Carrero, ambassadeur du roi d'Espagne ; le bailli de Solar, ministre de Malte. Il mourut de phtisie à Rome, le 24 août 1755, et fut enterré dans le tombeau de Maigrot, à l'église de La Trinité-des-Monts. La Société des M.-E. lui doit d'avoir gardé les missions du Se-tchoan, et de l'avoir aidé à conserver les bases essentielles de sa Constitution.
    Armes. - D'azur à 3 épis de blé (probablement) d'or.
    Bibliographie. - (Règle des Vierges chinoises). - Imprimerie de Nazareth, 1905, Hong-kong, in-18, pp. 74.
    Id. - Imprimerie de la Sainte-Famille, Cha-pin-pa (Se-tchoan oriental).
    Pièces relatives à la Constitution de la Société des M.-E.
    De la part de Mgr de Martiliat :
    Sommaire pour M. l'Evêque d'Ecrinée, et autres Evêques François, Vicaires Apostoliques pour les Missions-Etrangères. Contre les Directeurs du Séminaire de ces Missions. - De l'imprimerie de J. Lamesle, Pont-Saint-Michel, au Livre Royal, 1750, in-8, pp. 6.
    Mémoire pour les Evêques François, Vicaires Apostoliques dans les Royaumes de Siam, Chine, Tonquin, Cochinchine, et leurs Co-adjuteurs, missionnaires François en ces Royaumes. Contre les Directeurs du Séminaire des Missions-Etrangères, établi à Paris, rue du Bacq, faubourg Saint-Germain. - De l'imprimerie de J. Lamesle, Pont-Saint-Michel, au Livre Royal, 1751, in-8, pp. 210.
    Sommaire contenant les prétentions des évêques, Vicaires Apostoliques François et de leurs Missionnaires résidants dans les Royaumes de Chine, Tonquin, Siam et Cochinchine, qui font le sujet des contestations qu'ils ont avec les Supérieur et Directeurs de leur Séminaire des Missions-Etrangères établi à Paris. - De l'imprimerie de Gissey, rue de la Vieille-Boucherie, 1751, in-8, pp. 4.
    De la part du Séminaire des M.-E. :
    Consultation de MM. de Héricourt et Le Merre, touchant les prétentions des Evêques français, Vicaires Apostoliques dans les Indes Orientales, et leurs Missionnaires, sur le Séminaire des Missions-Etrangères établi à Paris [15 janvier 1750]. - Chez N. H. Nyon, imprimeur du Parlement, rue Mignon Saint-André des Arcs, Paris, 1788, in-8.
    Actes primitifs, concernant l'Etablissement du Séminaire des Missions-Etrangères, sa constitution et la forme de son gouvernement. Contre les prétentions nouvelles de M. de Martilliat, évêque d'Ecrinée. - De l'imprimerie de P. G. Simon, imprimeur du Grand Conseil, rue de la Harpe, à l'Hercule, 1750, in-fol., pp. 30.
    Mémoire signifié et actes primitifs concernant l'établissement du Séminaire des Missions-Etrangères, sa constitution et la forme de son gouvernement. Contre les prétentions nouvelles de M. l'évêque d'Ecrinée. - De l'imprimerie P. G. Simon, imprimeur du Grand Conseil, rue de la Harpe, à l'Hercule, 1750, in-4, pp. 30.
    Jugement de MM. les Commissaires généraux nommés par arrêt du Conseil d'Etat du Roi, du 2 août 1751, rendu entre les Evêques, Vicaires apostoliques François, et leurs Missionnaires ès Royaumes de Chine, Tonquin, Cochinchine et Siam. Et les Supérieur et Directeurs du Séminaire des Missions-Etrangères établi à Paris. Concernant les droits des Parties à l'égard dudit Séminaire [2 août 1751].
    Notes bio-bibliographiques. - N. L. E., i, p. 48. - B. O. P., 1891, p. 424. - A. M.-E., 1909, p. 258.
    Acta rev. vic. ap. miss. Se-tchouan, p. 1. - Docum. hist., Tab. alph. - Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. - Lett. à l'év. de Langres, pp. 188, 191, 224. - Journ. d'A. Ly, Tab. alph. - Nobiliaire d'Auvergne, ii, p. 391. - La Franc. pont., ii, p. 702.
    Portrait. - Peint à l'huile, est au Séminaire des M.-E. [Une lettre de Mgr de Martiliat, en date du 3 mars 1753, annonce l'envoi de son portrait à son frère. Nous ignorons d'où provient celui que le Séminaire possède.]


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    • Numéro : 147
    • Année : None