Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Modeste DUVAL

DUVAL Modeste (1910 - 1994)
Add this
    DUVAL Modeste

    (1910 - 1994)


    [3533] DUVAL Modeste, Joseph, Almire, François, est né le 10 février 1910 à St Cyr-en-Pail, diocèse de Laval (Mayenne). Il fit ses études au Petit Séminaire de Laval, entra au Grand Séminaire en 1928, et le 11 octobre 1932, à la fin de son service militaire, il entra aux Missions Étrangères de Paris. Il fut ordonné prêtre le 7 juillet 1935. Destiné au service des Procures, il s'embarqua pour Hongkong le 20 septembre 1935 et devint assistant du Père Vircondelet, procureur général. Il fut appelé pour quelques mois à Saigon, pour remplacer le Père Moreau, procureur de la région.

    Enfin, en 1939, à sa demande, il fut affecté à la mission de Pakhoi, en Chine du Sud. Mgr. Pénicaud, son évêque, le nomma professeur au Petit Séminaire de Pakhoi, où il débuta comme surveillant. En raison de la guerre du Japon, il fut obligé d'aller se réfugier à Fort-Bayard avec quelques séminaristes. Revenu à Pakhoi, il fut nommé directeur du Séminaire en 1941 par Mgr. Dewazières, le nouveau vicaire apostolique. Il s'adonna avec beaucoup de compétence et de dévouement à la formation spirituelle et humaine des séminaristes. Tous les soirs, il leur faisait une allocution spirituelle.

    En 1952, le Séminaire comptait jusqu'à 65 séminaristes. Mais en septembre 1952, le raz de marée communiste vint submerger toute la Chine. Le Père Duval ne put continuer son rôle de formateur du futur clergé chinois. Il continua à vivre encore quelque temps sous la persécution communiste. L'une des accusations portées contre les missionnaires étrangers consistait à les rendre responsables de la mort d'un nombre importants d'enfants orphelins. En effet, les autorités communistes trouvèrent les cimetières où les enfants avaient été enterrés. Les communistes allèrent même jusqu'à forcer les missionnaires à déterrer ces enfants : oeuvre macabre par excellence; mais il savait bien que le jour de l'expulsion des missionnaires ne tarderait pas. Il dut affronter la mascarade du tribunal populaire et le 20 novembre 1953, il fut expulsé de Chine.

    Arrivé à Hongkong, il se repose quelque temps et fait un séjour à l'hôpital. Le 15 janvier 1954, il reçoit son affectation à la mission de Hué. Il s'y rend aussitôt et s'installe comme professeur à l'Institut de la Providence.

    Là il retrouve des séminaristes, ceux du diocèse de Hué et également ceux d'autres diocèses, qui venaient suivre les cours du programme français. L'année 1954 fut l'année de la défaite de l'armée française à Dien Bien Phu et la division du Viêt-nam en deux, de part et d'autre du 17ème parallèle. Il passa vingt ans dans ce collège, où il enseigna les mathématiques et fut un professeur estimé et aimé. De plus, comme il était bricoleur, il rendait beaucoup de services à ses élèves pour leurs cadenas, leurs clés ou leur montres. Il était l'homme multi-services du collège.

    Le Père Duval savait suivre l'évolution des nouvelles mathématiques, et il ne manqua pas de partager sa connaissance des mathématiques modernes avec des professeurs des lycées de Hué et même de certains universitaires.

    À partir de 1968, il vint loger au collège Jeanne d'Arc, chez les Soeurs de St Paul de Chartres, où il célébrait l'Eucharistie, entendait les confessions, et eut à donner des cours dans les classes terminales.

    Au cours de ces années relativement calmes, il eut cependant à connaître un certain nombre d'événements qui marquèrent sa vie missionnaire. Ce fut d'abord, en 1960, l'établissement de la hiérarchie dans l'Église du Viêt-nam et l'arrivée du premier archevêque vietnamien à Hué. Mgr. Ngo Dinh Thuc, frère du Président Ngo Dinh Diêm, qui fut installé dans des festivités extraordinaires. Le Père Duval se félicita de voir la prise en charge totale des responsabilités ecclésiales par l'Église locale.

    En 1963, la ville de Hué fut particulièrement troublée par l'opposition des bouddhistes au régime en place : suicides par le feu, morts par la répression, campagne contre le Président, originaire de cette ville. Par bonheur, le jour du coup d'État, l'archevêque n'était plus à Hué, car il était parti à Rome pour participer à une Commission préparatoire du Concile. En février 1966, ce fut la mort brutale du Père Valour, à l'âge de 43 ans. Puis en 1968, nouveau coup dur avec la mort du Père Cressonnier et Pierre Poncet, tués à Hué vers la fin des batailles qui suivirent l'attaque de la ville par les troupes du Nord. Également deux Bénédictins du monastère de Thien-An : les Pères Urbain et Guy, furent sauvagement massacrés avec des centaines de vietnamiens, y compris plusieurs prêtres et séminaristes.

    En 1970, c'est la mission montagnarde de Cua, près du 17ème parallèle qui fut incendiée. Le Père Neyroud, grièvement atteint, réussit à se faire évacuer par hélicoptère dans un hôpital américain et rentra définitivement en France.

    Le 31 mars 1972, le Père Audigou est tué à Cam-lo. Enfin, en 1975, ce fut l'occupation du Sud Viêt-nam par les troupes du Nord, et ce fut le début de l'expulsion des missionnaires. Le 6 septembre, le Père Duval et plusieurs de ses confrères furent conduits sous escorte jusqu'à Saigon. De là, il arriva en France le 11 septembre, après 40 ans de vie missionnaire, en Chine et au Viêt-nam.

    Comme l'archevêque de Brazzaville cherchait un professeur de mathématiques, le Père Duval accepta d'aller à Congo-Brazzavile et il partit le 11 janvier 1976. Nommé au Petit Séminaire Saint Jean, il continua ainsi son ministère d'éducateur auprès de futurs prêtres. Il n'eut pas que des consolations, car il se trouvait dans une ambiance différente de l'Asie. Il fut souvent déçu et même désarçonné par la rencontre d'une nouvelle civilisation et le tempérament de ses élèves. Il trouva aussi le climat du Congo éprouvant, avec les moustiques et le danger du paludisme.

    Il fut également très affecté par la mort d'un collègue et ami, le Père Girard, prêtre vendéen Fidei Donum et professeur de français. Après la mort du Père Girard, il dut assumer le poste de préfet des études. Le Père Duval, malgré les difficultés et les épreuves, travailla jusqu'au bout sans se décourager, comptant beaucoup sur le travail silencieux de l'Esprit dans les âmes.

    Mais en 19(??), on diagnostiqua un cancer à l'estomac, et il dut rentrer en France pour une opération chirurgicale. Il s'en alla alors en convalescence dans notre maison de Montbeton. Se sentant mieux, il osa retourner à Brazzaville, mais dès 1992, il se vit forcé de rentrer en France, de rejoindre Montbeton. C'est à l'hôpital de Montauban qu'il décéda le 21 janvier 1994. D'une grande délicatesse et d'un grand respect des autres, il fut un bon missionnaire, pieux et dévoué dans l'accomplissement de son devoir quotidien.



    Références biographiques

    AME 1935 p. 237 + photo. CR 1935 p. 241. 1936 p. 228. 1939 p. 97. 213. 1947 p. 42. 338. 1948 p. 63. 1949 p. 68. 1960 p. 50. 1961 p. 47. 1962 p. 60. 1963 p. 75. 1964 p. 39. 1965 p. 69. 1966 p. 77. 1967 p. 61. 1969 p. 65. 66. 1974-76 p. 231. BME 1932 p. 724. 1935 p. 623. 827. 908. 1937 photo p. 32. 1939 p. 655. photo p. 321. 1941 p. 186. 1940 photo p. 513. 1948 p. 35. 42. 45. 185. 316. 317. 1949 p. 303. 643. photo p. 505. 1950 p. 629. 1952 p. 770. 1953 p. 617. 618. 621. 1954 p. 83. 84. 186. 275. 787. 1955 p. 780. 1956 p. 356. 358. 1957 p. 552. 1958 p. 260. 1961 p. 863. Hir n° 132/2. 133/2. 165. 175/2. EC1 N° 248. 318. 321. 545. 548. 551. 678. EC2 N° 6/C3 - 7P200 - 8P241. 242 - 14P439 - 54P207 - 56P282 - 57P304 - 85P131. 132 - 86P180 - 87P219 - 89P275 - 90/C2 p. 305. 308 - 92P21 - 94/C2 p. 82 - 95P112. 101P314 - 104P53 - 111P283 - 118P141 - 127P73 - 95/C2 - 200/C2.

    • Numéro : 3533
    • Année : None