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Léon Henri DUJON

DUJON Léon (1919-1990) [3795] DUJON Léon, Henri, Marc, André, est né le 30 novembre à Sallanches, diocèse d'Annecy (Haute-Savoie), de parents restaurateurs savoyards, dans une famille de 5 enfants. Léon fit ses études primaires à Sallanches et ses études secondaires à La Roche-sur-Foron où il obtint, de la part du Supérieur, une lettre testimoniale judicieusement élogieuse (1931-1938).
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    DUJON Léon

    (1919-1990)


    [3795] DUJON Léon, Henri, Marc, André, est né le 30 novembre à Sallanches, diocèse d'Annecy (Haute-Savoie), de parents restaurateurs savoyards, dans une famille de 5 enfants.

    Léon fit ses études primaires à Sallanches et ses études secondaires à La Roche-sur-Foron où il obtint, de la part du Supérieur, une lettre testimoniale judicieusement élogieuse (1931-1938).

    Il fut admis aux Missions Étrangères le 12 septembre 1938, au Séminaire de Bièvres, séjour qu'il interrompra au cours de l'occupation allemande, en 1943, pour franchir clandestinement la frontière espagnole et rejoindre en Afrique, puis en Angleterre, aux États-Unis et au Canada la R.A.F au titre d'officier navigateur-pilote; ceci lui valut la considération de ses confrères, à son retour à la Rue du Bac, après la guerre, en 1945. Il y fut ordonné sous-diacre le 21 décembre 1946, diacre le 22 mars 1947 et prêtre le 29 juin 1947.

    Agrégé à la Société des M.E. le 14 novembre 1947, il partit pour la mission de Kontum où il avait été affecté le 24 décembre 1947, transporté sur le paquebot Chantilly avec le Père Beysselance et quelques religieuses de St Paul. Mgr. Sion, vicaire apostolique de Kontum, envoya le Père Dujon chez les Banhars, à Konsomluh, remplacer le Père Giffard, bien que Léon fût à peine remis d'une opération de l'appendicite subie à l'hôpital militaire de Pleiku, et que par ailleurs, la région fût soumise aux incursions continuelles des Viêt-minh qui pratiquaient le terrorisme vis-à-vis de la population montagnardes. Cela valut au Père Dujon d'avoir à décamper plusieurs fois, pour ne pas risquer d'être \enlevé".

    Le Père Dujon s'était déjà familiarisé avec la langue banhare, quand, au retour du Père Giffard, Mgr. Sion l'envoya à Phuong-Hòa, sur la rive gauche du fleuve Bia, pour y apprendre le vietnamien -ce qu'il fit très volontiers.

    En 1951, le Père Giffard ayant été nommé procureur de la mission de Kontum, le Père Dujon reprit en mains le district de Konsomluh. Il se trouvait en plein élément Jolong, responsable de 15 villages d'inégale valeur chrétienne. Il était, au dire d'un jeune confrère venu le rejoindre plus tard, un missionnaire pieux et zélé, entièrement dévoué à ses ouailles, notamment aux malades. Vis-à-vis des secours octroyés par le Catholic Relief Service, le Père Dujon restait circonspect, évitant de faire de ses paroissiens des assistés.


    Première captivité et reprise fructueuse de l'apostolat :

    Le 28 janvier 1954, les Viêt-minh occupèrent le district du Père Dujon, ce qui obligea celui-ci à se replier sur Pleiku. Par ailleurs, le 5 février 1954, ce furent l'évêque et 7 Pères qui furent invités, par ordre militaire, à évacuer Kontum et à se réfugier à Pleiku. Au mois de mars suivant, le Père Dujon est désigné pour remplacer le curé d'An-Khê, communauté vietnamienne importante de 3.000 fidèles. Il aura le regret de ne pouvoir y rester longtemps, car An-Khê à son tour, sera évacué. C'est alors que, sur la piste qui relie An-Khê à Pleiku, le convoi civil et militaire, pourtant composé du prestigieux bataillon de l'U.N.U, le G.M.100 qui s'était illustré en Corée, a été anéanti par un commando Viêt-minh qui brûla les chars et emmena plus de 1.000 prisonniers, parmi lesquels se trouvait le Père Dujon. Celui-ci en reviendra seulement en juillet 1954, après les Accords de Genève, amaigri mais nullement démoralisé. Un repos de 15 jours, à Dalat, lui suffira pour remettre la main à la charrue. Il prêche des retraites de 4 jours à ses ouailles de Kon-Long-Buk et de Kon-Sobai, sans négliger d'encourager ses confrères par de fraternelles visites, nécessitant des heures de marche. Il aura la sagesse d'interrompre cette vie épuisante en prenant un congé en France, du 24 mai 1958 au 21 avril 1959.

    À son retour, envoyé dans la région Nord de Dak-To, il y créa le centre de Dak-Chu, chez les montagnards Jeh, dont il apprit rapidement la langue.

    Plus tard, en 1962, il est curé du district de Dak-Cho et fonde un nouveau district près de Dak-Sut où les demandes de baptême affluent de toutes parts.

    En 1962, c'est à Dak-Kola qu'il est chef de district avec 8 villages dont 3 nouvellement convertis. Le nombre des chrétiens passera de 206 à 579. De même, en 1963, on comptera 63 baptêmes à Dak-Kola avec 648 catéchumènes.


    Deuxième captivité et reprise du travail :

    Cependant, en 1965, l'insécurité grandissante forçât plusieurs missionnaires à quitter provisoirement leurs postes; quant au Père Dujon, resté sur place, il fut enlevé par les Viêt-côngs du 23 au 24 février 1965, relâché le 25 et repris le 28, avant d'être libéré le 2 août 1965 (sa captivité a été décrite par Christian Simonnet, dans son livre "Les Tigres auront plus pitié" (pages 318-319). Quant à l'intéressé, il déclara au retour de cette sévère épreuve qu'"un truc comme ça vaut toutes les retraites !"

    Quoiqu'il en soit, son retour auprès des chrétiens de Dak-Kola fut un réconfort pour tous. Le Père Dujon en profita pour regrouper les districts de Dak-Cho, de Kong-Honong et de Dak-Kola, autour de celui de Dak-To, ce qui contribua à redonner confiance aux populations malgré les ruines passées et les sombres perspectives d'avenir.

    Le danger était omniprésent. C'est ainsi que le 16 avril 1947 le Père Dujon, un peu trop pressé de partir en Land-Rover, avant le déminage des pistes par les spécialistes, sur le chemin de Kontum à Dak-To, sauta sur une mine, avec son véhicule. Il fut projeté à 15 mètres de là, avec plusieurs côte enfoncées et son auto en pièces. Convoqué à Saigon (où il était allé chercher des matériaux de rechange) par le Délégué apostolique, il en aurait attendu autre chose de que belles paroles...


    Troisième captivité et reprise des activités missionnaires :

    En 1972, toute la région de Dak-To tomba aux mains des Viêt-côngs. Le Père Dujon et son compagnon, le Père Arnould, furent séparés de leurs chrétiens et emmenés dans la forêt, à l'Est, vers Ngoc-Linh, du côté de Kon-Pia et de Kon-Kola (où le Père Bonnet avait été tué en 1962). Dans le même temps, les Pères Carat et Brice étaient emmenés dans ce même secteur, mais séparément, jusqu'au mois de juillet 1972, au moment de leur libération. Celle-ci leur sera annoncée le 9 juillet, avant la mise en route du 17 juillet vers Dak-Tu où les Pères Dujon et Arnould les retrouvent, le 1er août, accompagnés de petites soeurs montagnardes de Dak-To. Le départ définitif se fera le 18 août et l'arrivée à Kontum le dimanche 27 août 1972, à la grande joie de l'évêque, Mgr. Seitz, et de toute la population chrétienne.

    Une fois de plus, les Pères Dujon et Arnould se retrouvent à 170 km au Sud-est du Kontum, avec un groupe de réfugiés de la région de Dak-To, expédié dans la province de Cheo-Reo Phu-Bôn, un camp de 8.000 personnes, comprenant à la fois des Sedang et des Joraï, dans des conditions très pénibles. Les deux missionnaires partageaient avec les gens leur faibles ressources et leur insécurité.


    L'expulsion :

    Les événements vont se précipiter. Le 10 mars 1975, la ville de Kontum est occupée, sans combat, par les troupes de l'armée populaire. L'ordre est donné à toutes les personnes déplacées de regagner leurs villages d'origine. Aussi, dès le 1er avril, le Père Dujon accompagne-t-il le long cortège de ses paroissiens, réfugiés à 150 km au Sud de Kontum. Une marche pénible les amène à Kontum le 12 avril. Les missionnaires doivent résider à l'évêché -ce ne sera que le 12 août que viendra l'ordre de départ définitif pour les 7 prêtres M.E.P. Le voyage sous haute surveillance se fera en trois étapes pour franchir les 900 km de Kontum à Saigon... C'est le 15 août que se fera l'embarquement sur une caravelle d'Air-Laos, à destination de Bangkok. Aucune explication n'accompagnera cette expulsion.

    Toutefois le comité révolutionnaire de Kontum publiera un communiqué accusant les missionnaires d'une série de crimes imaginaires, méritant chacun la mort "qui leur a été épargnée par l'"indulgence du Peuple""

    À son retour en France, le Père Dujon passa quelque temps dans sa famille, éprouvée par plusieurs deuils.

    Mais dès le mois de janvier 1976, Léon Dujon se portait volontaire, à 56 ans, pour l'Indonésie où il aurait rejoint plusieurs confrères du Viêt-nam -cependant, ce projet ne pouvant aboutir, il restera 2 ans au service du diocèse d'Annecy, comme curé de Lagiettaz, puis de Verchaix.

    En 1978, il fut appelé à Paris, pour participer au service de l'Économat de la Rue du Bac.

    Enfin, en novembre 1980, il obtint de partir pour l'île Maurice.


    Missionnaire à l'île Maurice (1980-1989) :

    Arrivé le 29 novembre 1980, Léon Dujon fut bientôt affecté à la cure de la paroisse de Chamarel, au Sud-ouest de l'île, véritable "poste de broussard" tombé en désuétude dans un paysage boisé accidenté au pied du Piton de la Rivière Noire (828 m). L'église dédiée à Ste Anne était surtout fréquentée le 26 juillet pour la fête patronale. Le presbytère, relativement confortable, fut bientôt cédé à trois religieuses dont le Père Dujon alla occuper le logement plus fruste. Cependant, cette paroisse de Chamarel avait deux annexes à desservir. L'une, Case Noyale, distante de 4 km, par une route en lacets, parcourue à toute vitesse par la camionnette Toyota. La chapelle sert de centre catéchistique où les religieuses réunissent les enfants. Le Père Dujon y lancera bientôt un groupe charismatique qui redonnera vie à la paroisse et facilitera bien des régularisations matrimoniales. L'autre annexe, située à 8 km de la première en longeant le littoral, comportait une ancienne église détruite par un cyclone. Léon Dujon s'employa à la reconstruire solidement et avec goût. Elle fut inaugurée par le pro-nonce Mgr. Marchetto, au milieu d'une nombreuse assistance de prêtres et de chrétiens.

    Le Père Dujon ne négligea pas pour autant les relations avec le centre touristique situé au pied du promontoire de la Morne et de ses falaises de 500 m. Prise de contact et relations amicales récompensées par quelques dons généreux, pour la construction de l'église.

    Cependant, cette activité tous azimuts, finit par éprouver sérieusement la santé de Léon : difficultés respiratoires, paralysie momentanée d'un bras. Tout présageait un coeur fatigué à l'extrême. Un retour en France s'avérait indispensable pour soins médicaux. Il eut lieu en septembre 1989.


    Retour au pays (1989-1990) :

    Dès son arrivée, Léon Dujon dut subir une opération importante, acceptée avec impatience, et complétée par une courte convalescence à Lauris. L'infatigable Père Dujon méditait déjà une dernière visite à l'île Maurice, quand son médecin le fit déchanter en le faisant de nouveau hospitaliser à Necker, pour insuffisance cardiaque.

    Son intention était enfin de se retirer sagement à Lauris. Toutefois, auparavant, il voulut retourner une fois en Haute-Savoie, à St Gervais... C'est là, comme au terme d'un pèlerinage aux sources, que le Seigneur l'attendait, à Annemasse, pour le rappeler à Lui, le 17 décembre 1990.


    Références biographiques

    CR 1947 p. 128. 1948 p. 103. 104. 1949 p. 110. 1952 p. 45. 1955 p. 43. 1957 p. 49. 1960 p. 53. 1961 p. 50. 1962 p. 61. 1963 p. 75. 1965 p. 71. 72. 1966 p. 82. 85. 1967 p. 65. 67. 1968 p. 58. 1969 p. 71. 72. AG80-82 p. 31. 80-83 p. 88. AG82 p. 250. 251. AG85 p. 234. BME 1948 p. 110. 1949 p. 55. 1951 p. 700. 1954 p. 791-793. 944. 1053. 1955 p. 49. 50. 901. 1957 p. 634. 1958 p. 658. 1959 p. 79. 552. EPI 1962 p. 401. 402. 1965 p. 568. 1966 p. 132. 271. Enc. PdM. 2P2. 8P2. R.MEP 1965 n°140 p. 47. 1966 n°143 p. 56. 1961 n°118 p. 28. Hir. n° 126. 154/2. 171/1. 172/1. 262. 266/2. EC1 N° 383. 455. 459. 562. 564. 642. 660. 751. 752. 757. 768. 775. NS. 2P47. 4P117. 118. 16P55. 23P270. 271. 26P21. 28P82. 29P116. 34P237. 43P196. 44P232. 45P265. 50P74. 53P177. 54P196. 207. 55P249. 56P266. 278. 57P303. 60/C2 p. 52. 56. 61P85. 66/C2. 67P266. 275. 278. 68P307. 70P26. 74P153. 79P307. 83P78. 79. 84P113. 85P131. 133. 86P180. 87P219. 89/C2 p. 276. 277. 90P305. 98/C2 p. 209. 113P347. 119P182. 188. 120P215. 124P343. 187/252. 199/C2. 203/C2. 243/C2.

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    • Numéro : 3795
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