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Jean Marcel DUBOIS

DUBOIS Jean (1879-1939) [2670] DUBOIS Jean, Marcel, est né le 1er mars 1879 à Blaignac, diocèse de Bordeaux (Gironde). Il fit ses études à l'École Apostolique de Bordeaux. Il entra aux Missions Étrangères le 11 septembre 1897, et fut ordonné prêtre le 28 septembre 1902. Il partit pour le Setchuen méridional le 12 novembre 1902.
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    DUBOIS Jean

    (1879-1939)


    [2670] DUBOIS Jean, Marcel, est né le 1er mars 1879 à Blaignac, diocèse de Bordeaux (Gironde). Il fit ses études à l'École Apostolique de Bordeaux. Il entra aux Missions Étrangères le 11 septembre 1897, et fut ordonné prêtre le 28 septembre 1902. Il partit pour le Setchuen méridional le 12 novembre 1902.

    Arrivé à Suifu le 28 février 1903, il fut envoyé à Semong, pour apprendre le chinois et se former à la pratique du ministère. En décembre 1903, il fut nommé à Hong-la, où il ne resta qu'une année. En 1903, il partit pour le lointain Kientchang. Il visita successivement les districts de Loukou et de Tetchang, où il donna une preuve de son grand dévouement pour ses chrétiens. En 1908, Mgr. Chatagnon le rappela à Suifu où il demeura plusieurs années, puis en 1912, il fut nommé à Jen-tchéou, un des plus vastes districts de la mission. Il resta là jusqu'à sa mort en 1939.

    À cette époque, la région était envahie et pillée par des bandes de brigands, \Les brigands, écrivait-il, occupent tous les villages et saccagent tout, mais je les calme avec mon phonographe. En pleine rue, je leur donne des séances, et tous se bousculent pour entendre la musique et les boniments de la machine extraordinaire; ils n'ont jamais vu pareille merveille." C'est ainsi que M. Dubois devint populaire dans la région.

    Dès la première année, il eut le bonheur de baptiser 15 adultes. Tous les ans, il baptisera ainsi deux cents, même trois cents païens. Là où n'existaient que deux résidences, à Jentchéou et à Yunhien, il y a maintenant 6 districts, où travaillent aujourd'hui 7 prêtres chinois. Pendant 27 années consécutives, le missionnaire, pour ainsi dire perdu dans la brousse, a consacré sa vie à fonder et à développer des stations de nouveaux chrétiens en ville et surtout à la campagne. Il a connu non seulement les fatigues dans de longues courses à travers son immense district, mais aussi les persécutions. Ainsi à Tchou-ien-piou, gros village de la sous-préfecture de Tsin-ien, les protestants, jaloux de ses succès, lui tendirent des embûches abominables. Invité à venir à leur chapelle, le Père s'y rendit sans aucune défiance. Mais à peine avait-il franchi le seuil qu'une troupe d'adeptes se jeta sur lui et l'accabla de coups... M. Dubois, blessé et ayant eu ses lunettes brisées, se trouvait dans l'obscurité et il eut grand peine à retrouver la sortie. Il alla se plaindre au pasteur, mais celui-ci, indifférent aux souffrances du Père, alla jusqu'à l'accuser faussement d'être venu avec ses chrétiens pour saccager sa chapelle. Le Consul de France intervint, mais le Père ne put recevoir aucun dédommagement.

    Il eut mille peines à s'établir à Tsin-ien, car les notables de cette ville lui faisaient une opposition acharnée. Le 27 décembre 1924, il écrivit : "Un petit rayon de soleil vient de briller dans le ciel gris de Tsin-ien. L'Enfant Jésus commence à avoir pitié de cette ville : une famille s'est convertie, le chef en convertira d'autres. Grâce à lui, la population entière est venue assister au feu d'artifice à l'occasion de la fête de Noël. Le mandarin présidait entouré de tous les notables. L'achat des maisons, tant désiré, va enfin se conclure à l'amiable; voilà dix ans que j'attendais cet heureux événement. Que de tribulations ! Mais voilà déjà 360 baptêmes pour cette année. Encore un petit effort et on arrivera à 400." Le Père dut alors établir des écoles dans les villages et marchés où se trouvaient ces nouveaux chrétiens. L'entretien de ces écoles lui coûtait cher, et il compta beaucoup sur la Providence pour trouver les fonds nécessaires.

    M. Dubois fut toujours d'une santé délicate, qui l'obligeait à un régime très sobre. Il a pu cependant accomplir sa lourde tâche et supporter les fatigues d'un long et laborieux apostolat, presque sans aucune défaillance. Toutefois, à partir de 1927, il fut atteint d'une maladie d'estomac qui le fit beaucoup souffrir jusqu'à la mort. Il dut aller à Tchentu pour l'ablation d'une tumeur très douloureuse. Cette opération ne lui supprima pas les douleurs d'estomac, mais lui redonna un peu de santé. Au mois de mai, Mgr. Renault le prit avec lui pour la visite pastorale. À Loui-kiang, M. Pangaud, missionnaire de ce district, étant atteint de la fièvre typhoïde, M. Dubois resta au chevet du malade et pendant plusieurs semaines le soigna avec le plus grand dévouement. Puis, après la guérison de M. Pangaud, M. Dubois l'accompagna jusqu'à Tze-liu-taing.

    Pour retourner à Suifu, M. Dubois se sentit fatigué. Il se mit quand même en route, le voyage fut très pénible, en raison des pluies torrentielles. Arrivé à bout de forces, ce fut au tour du Père Pangaud de soigner son confrère. L'état de M. Dubois devint si alarmant qu'on fit venir le médecin de la mission, mais malgré les piqûres à l'éther, le mal s'aggrava. Alors, M. Dubois n'eut que le temps de se confesser, de recevoir le sacrement des malades, et il expira le 3 juillet 1939 à l'évêché de Suifu. Mgr. Renault présida les obsèques et M. Dubois fut enterré dans le cimetière de San-kouan-léou. Pendant 36 années, il travailla avec zèle pour l'Église qui est en Chine.


    Références biographiques

    AME 1903 p. 58. 316 (art). 1908 p. 59 (art). 1939 p. 38. 39. 50 (art). 1910, articles : p. 47. 202. 225. 1911, articles : p.53. 161. 1913 p. 49 (art). 1917 p. 49. 1919-20 p. 359 (art). 1922 p. 86. 1934 p. 25 (art). 1935 p. 146 (art). 153. 220 (art). 1936 p. 80 (art). 1937 p. 22 (art). 222 (art). 224. 226. 255 (art). 1938 p. 178 (art). 1939 p.178 (art). 1939 p. 12 (art). 16. 17. 24 (art). 128 (art).174 (art). 223 (art). 236. 249. 262. 1940 p. 49. CR 1902 p. 302. 1912 p. 107. 503. 1914 p. 50. 51. 1917 p. 48. 1918 p. 31. 34. 1919 p. 40. 1922 p. 47. 1923 p. 61. 1924 p. 45. 1925 p. 52. 1926 p. 53. 1928 p. 54. 1929 p. 72. 1930 p. 82. 84. 1931 p. 79sq. 1932 p. 86. 87. 1933 p. 69. 1934 p. 53. 54. 1935 p. 52. 53. 1936 p. 56. 355. 1937 p. 60. 1938 p. 59. 1939 p. 53. 54. 56. 220. 262. BME 1924 p. 785. 789. 1926 p. 565. 1927 p. 753. 1928 p. 560. 1929 p. 173. 490. 553. 1931 p. 60. 517. 742. 743. 1932 p. 454. 535. 1933 p. 532. 1934 p. 412. 490. 635. 782. 783. 859. 862. 1935 p. 47. 343. 423. 1936 p. 104. 355. 486. 442. 495. 888. 1937 p. 118. 425. 572. 640. 837. photo p. 428. 1938 p. 444. 513. photo p.497. 859. 1939 p. 21. 559. 642sq. 1940 p. 118. 156. 1956 p. 476. EC1 N° 406.



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    • Numéro : 2670
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