Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Jules Etienne DUBERNARD

[848]. DUBERNARD, Jules-Etienne, massacré au Thibet, né à Ussel (Corrèze) le 8 août 1840, commença ses études au collège de Brive, et après un court séjour au petit séminaire de Servières, entra au grand séminaire de Tulle. Il n'y resta qu'une année, et se présenta tonsuré au Séminaire des M.-E. le 11 décembre 1860. Ordonné prêtre le 10 janvier 1864, il partit pour le Thibet le 15 mars suivant. Il débuta à Kiangka. Chassé ainsi que tous les autres missionnaires du Thibet par les païens, il dut se retirer à Pamoutang.
Add this
    [848]. DUBERNARD, Jules-Etienne, massacré au Thibet, né à Ussel (Corrèze) le 8 août 1840, commença ses études au collège de Brive, et après un court séjour au petit séminaire de Servières, entra au grand séminaire de Tulle. Il n'y resta qu'une année, et se présenta tonsuré au Séminaire des M.-E. le 11 décembre 1860. Ordonné prêtre le 10 janvier 1864, il partit pour le Thibet le 15 mars suivant. Il débuta à Kiangka. Chassé ainsi que tous les autres missionnaires du Thibet par les païens, il dut se retirer à Pamoutang. Un an après, Mgr Chauveau lui confia le poste de Tse-kou, où presque tout était à organiser ; il y demeura quarante ans. Au début, la plupart des chrétiens étaient d'anciens esclaves dont le missionnaire eut bien de la peine à régler la vie, même dans les choses les plus ordinaires, habitués qu'ils étaient à n'avoir aucune initiative. Il fonda les petites chrétientés de Yarmé, Chiamé, Dragnira.
    En 1876 ou 1877, ayant vu les Lyssous emmener en esclavage plusieurs centaines d'habitants païens des villages voisins de Tse-kou, il prit avec lui deux domestiques chargés de sel, condiment rare et apprécié des sauvages, suivit la troupe victorieuse, et quand celle-ci fit le partage des esclaves, il en racheta le plus grand nombre possible en les payant avec du sel.
    Il construisit à Tse-kou un presbytère, des écoles, et une église qu'il dédia au Sacré-Cœur. Après cette vie bien remplie, Dieu lui accorda la grâce et l'honneur de sceller sa foi de son sang. Il fut massacré le 26 juillet 1905 par des païens qu'avaient soudoyés les lamas ; c'était aux environs de Tse-kou d'après quelques-uns, et selon d'autres, non loin d'A-ten-tse. Son corps, exhumé le 1er février 1906, fut transporté à Tse-kou où il repose aujourd'hui.
    On a raconté un fait extraordinaire qui se passa après sa mort. Un botaniste anglais, presbytérien de religion, qui se trouvait au Thibet lors de la persécution, réussit à échapper au massacre : \ J'ai été sauvé par le bon M. Dubernard, affirma-t-il. Pendant que j'errais tout seul, dans les montagnes, le Père m'apparut quatre nuits de suite ; sans dire un mot, il m'indiquait de son bras la direction que je devais suivre. Sans ce secours, je serais certainement tombé aux mains des lamas. " La Salle des Martyrs du Séminaire des M.-E. conserve le calice du vénérable martyr.
    Notes bio-bibliographiques. - C.-R., 1879, p. 27 ; 1881, p. 36 ; 1882, p. 34 ; 1884, p. 58 ; 1885, p. 53 ; 1887, p. 87 ; 1888, p. 82 ; 1889, pp. 81, 83 ; 1891, p. 99 ; 1892, p. 106 ; 1894, p. 134 ; 1895, p. 141 ; 1896, p. 122 ; 1898, p. 106 ; 1899, p. 128 ; 1900, p. 100 ; 1901, p. 104 ; 1902, p. 119 ; 1905, p. 77 ; 1906, p. 96.
    A. P. F., xliv, 1872, p. 453 ; lxxviii, 1906, p. 44. - M. C., v, 1873, Voyage de Tse-kou à Ta-so (Thibet) ; visite aux Lyssous, pp. 498, 512 ; vii, 1875, p. 354 ; ix, 1877, Station de Tse-kou, pp. 106, 334 ; xxxvii, 1905, Sa mort, p. 518. - A. M.-E., 1906, pp. 6 et suiv. - Sem. rel. Tulle, 1887, p. 568 ; 1907, Notice, pp. 301 et suiv. - Bull. Soc. Géog. [Paris], 6e sér., x, 1875, Les sauvages Lyssous du Lou-tze-kiang, p. 65.
    Nos miss. pat. et sav., p. 52. - Hist. miss. Thibet, Tab. alph. - Les miss. cath. franç., iii, p. 343. - Du Tonk. aux Indes, p. 202.
    Notice nécrologique. - C.-R., 1906, p. 295.
    Portrait. - A. P. F., lxxviii, 1906, p. 82. - A. M.-E., 1906, p. 2. - Du Tonk. aux Indes, p. 202.


    "
    • Numéro : 848
    • Année : None