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camille eugène DOUCET

DOUCET Camille (1853-1917) [1317] DOUCET Camille, Eugène, est né à Chevron, commune de Mercury-Gemilly, au diocèse de Tarentaise le 16 novembre 1853, fils de Claude Doucet et de Christine Miège.
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    DOUCET Camille

    (1853-1917)


    [1317] DOUCET Camille, Eugène, est né à Chevron, commune de Mercury-Gemilly, au diocèse de Tarentaise le 16 novembre 1853, fils de Claude Doucet et de Christine Miège.

    De 1866 à 1873, il fait ses études secondaires au Petit Séminaire de Moutiers, puis entre au Séminaire des Missions Étrangères de Paris le 10 septembre 1873, y est ordonné prêtre le 23 décembre 1876 et est destiné à la Corée. Parti de Paris le 25 janvier 1877, avec le Père Achille Robert, il commence par se rendre à Ing-Kow en Mandchourie en mars 1877, puis à Tcha-Keou (N.D des Neiges) où réside son vicaire apostolique, Mgr. Ridel, qui cherche une occasion pour rentrer en Corée, où les Pères Blanc et Deguette ont pu pénétrer en mai 1876. Les Pères Doucet et Robert commencent l'étude de la langue coréenne à Tcha-kéou, puis en septembre 1877 s'embarquent avec Mgr. Ridel sur une jonque chinoise qui doit les conduire à l'île de Tai-chong, non loin de la côte de la province coréenne du Hoang-hai. Arrivés aux abords de l'île de Tae-chong, ils doivent attendre avec beaucoup d'appréhension que la barque coréenne sur laquelle ils doivent passer finisse par arriver au rendez-vous. Finalement, les émissaires coréens arrivent et se font reconnaître. Le transbordement se fait dans la nuit du 18 au 19 septembre. Le 23 septembre, la barque se trouve dans le delta du fleuve Han et les Pères Doucet et Robert mettent pied à terre sur la rive droite du fleuve, non loin de la localité qui s'appelle Paik-chon, dans l'arrondissement de Yon-baik de la province du Hoang-hai, tandis que Mgr. Ridel reste sur la barque pour poursuivre son voyage sur le fleuve jusqu'à Séoul même.

    Les Pères Doucet et Robert passent leur première nuit sur le sol coréen dans le hameau de Pa-neung-ri, composé de 5 maisons chrétiennes et situé à 2 km du rivage. Dans l'une des 5 paillotes du village, ils habitent une pièce basse, étroite et obscure où ils passent soit 2 mois, dans le cas du Père Robert parti dans le nord-est du pays en décembre 1877, soit près de 4 mois, dans le cas du Père Doucet qui quitte cette région de Paik-chon en fin janvier 1878 pour aller donner les sacrements aux chrétiens du nord-ouest de la province du Hoang-hai. Il se trouve dans les montagnes Kou-wol, qui séparent les bourgades de Eun-youl et de An-ak, quand il apprend que Mgr. Ridel a été capturé à Séoul le 28 janvier 1878 et emprisonné. Le Père Doucet est lui-même dans une situation précaire et échappe de peu à la capture. En juin 1878, il fait un voyage de 50 lieues pour aller rencontrer le Père Robert et passer cinq jours avec lui. Puis ils font ensemble la visite des chrétiens de la région de Kok-san, dans le nord-est de la province du Hoang-hai, et des alentours de Pyong-gang dans les montagnes du nord de la province de Kang-won.

    Le Père Doucet fait seul la visite des chrétiens des provinces septentrionales de la Corée durant l'été de 1878, puis redescend vers le sud pour aller à Sak-nyung, près du point de jonction des trois provinces du Hoang-hai, du Kyong-ki et du Kang-won, rencontrer le Père Robert qui, chargé des séminaristes, y réside temporairement. De là, le Père Doucet se rend dans la province du Choung-chong, dans le centre-ouest du pays, où il se trouve en décembre 1878, passe dans le sud-est de la Corée où il est atteint de la variole à Taegu et est contraint de s'arrêter à Kyong-ju où il est pendant deux semaines entre la vie et la mort. Après avoir pris un petit mois de repos, il poursuit sa tournée de visites des villages chrétiens et se trouve à Pâques 1879 dans la province du Chon-la, dans le sud-ouest du pays, où le Père Blanc, provicaire, a fait préparer pour lui une maison où il puisse se reposer un peu.

    C'est là que le Père Doucet apprend l'arrestation du Père Deguette en mars 1879, tandis que lui-même échappe de peu à la capture, doit se cacher et redevient sérieusement malade. Comme les Pères Mutel et Liouville sont arrivés en renfort en novembre 1880 et prennent rapidement leur part dans le travail missionnaire, le Père Doucet peut concentrer son activité sur la province du Choung-chong, parcourant son vaste district durant la majeure partie de l'année sans avoir de résidence fixe, s'arrêtant durant les mois très chauds et très humides de l'été dans quelque chrétienté retirée et tranquille. C'est ainsi qu'il passe l'été de 1881 à Sokkilli dans la région de Sosan, celui de 1882 à Nopeunmi près de Hap-tok, ceux de 1883 à 1887 à Mok-pang près de Kosan dans la province du Chon-la-Nord, celui de 1889 à Sodeulkol près de Mok-chon, mais on le trouve aussi à Kan-yang-pol, près de Yé-san. Se dévouant ainsi aux chrétientés de la province du Choung-chong, qui ont été particulièrement éprouvées par les persécutions de 1839 et de 1866, le Père Doucet peut, bonan malan, donner de 150 à 200 baptêmes d'adultes.

    Rappelé à Séoul en 1890 où il est, en 1890-1892, chargé de la partie \intra-muros" de la ville, il voit mourir Mgr. Blanc, vicaire apostolique, le 21 février 1890, puis il représente la mission de Corée au Synode de Nagasaki en mai 1890. Il est alors pour le Père Coste, qui, tout provicaire et supérieur de la mission qu'il soit, n'a qu'une connaissance limitée de la Corée, une sorte de bras droit et un conseiller expérimenté, et il le reste jusqu'au retour en Corée, en février 1891, de Mgr. Mutel qui est devenu le successeur de Mgr. Blanc.

    Chargé en mai 1892 de l'établissement d'une nouvelle paroisse à Séoul, mais "extra-muros", le Père Doucet fait construire la première église digne de ce nom dans le quartier de Yak-hyon et l'inaugure en mai 1893. Il y construit aussi, puis agrandit une école de garçons et une école de filles qu'il confie à des religieuses. Il a en outre la charge de nombreuses dessertes dans la partie nord de la province du Kyong-ki, la province qui entoure Séoul. À la suite du décès du Père Coste, il assure également la charge de provicaire de Mgr. Mutel. En 1901, il voit la superficie de son district se réduire considérablement par la création de la paroisse de Kai-song, à 70 km au nord-ouest de Séoul. Il en va de même en 1910, lorsqu'est fondée la paroisse de Haing-ju, à une vingtaine de kilomètres, au nord-ouest également.

    La diminution du nombre de ses dessertes permet au Père Doucet de mieux s'occuper de son poste de Yak-hyon ou Séoul-extra-muros. D'autre part, il devient de plus en plus un personnage écouté dont l'avis est largement recherché tant dans l'Église que dans la Société. Et le 17 novembre 1913, il devient le premier missionnaire de Corée à pouvoir fêter ses soixante ans. Les Coréens ont l'habitude de célébrer par une grande fête l'heureux "patriarche" qui réussit à passer le cap de la soixantaine. C'est ce que ne manquèrent pas de faire les paroissiens du Père Doucet pour leur pasteur.

    Mais, tout en poursuivant son travail avec acharnement, courage et austérité, le Père Doucet perd peu à peu ses forces et, à la suite d'une tournée dans ses dessertes durant le carême de 1917, il rentre chez lui très fatigué. Il tient cependant à faire toutes les célébrations de la semaine sainte, mais doit s'aliter immédiatement après Pâques, atteint de pneumonie. Le samedi après Pâques, il est transporté à l'évêché de Séoul et y reçoit les derniers sacrements le jeudi 19 avril 1917. Il décède le soir même, sans secousse, sans agonie, vers 21 heures. Les funérailles du Père Doucet sont célébrées le samedi 21 avril et ses restes sont inhumés au cimetière de la mission de Séoul, dans le quartier de Yong-san.

    Références bio-bibliographiques

    AME 1891 p. 407. 1902 p. 280. 1911 p. 211sq. 1917-18 p. 589. 386. 1923 p. 20. 22. 23. 1926-27 p. 367. 1939 p. 201. CR 1877 p. 49. 1879 p. 9. 1880 p. 9. 1884 p. 39. 40. 1885 p. 21. 1886 p. 11. 173. 1887 p. 19. 20. 1888 p. 14. 265. 1889 p. 16. 312. 1890 p. 15. 25. 1891 p. 17. 24. 252. 1892 p. 271. 1893 p. 33. 34. 1895 p. 43. 1896 p. 373. 1897 p. 40. 1899 p. 66. 1900 p. 61. 1901 p. 69. 1902 p. 75. 76. 1905 p. 39. 1906 p. 53. 1908 p. 41. 1909 p. 54. 1910 p. 55. 1911 p. 48. 1913 p. 58. 1917 p. 22. 23. 211. 1922 p. 209sq. 1936 p. 207. 208. 1934 p. 235. 1936 p. 273. BME 1926 p. 134. 1931 p. 282. 712. 797. 1932 p. 447. 1934 p. 39. 105. 1936 p. 42. 1938 p. 457. 1951 p. 387. 390. 395. 404. 463. 472. 473. 540sq. 1953 p. 473.


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    • Numéro : 1317
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